Texte de l’intersyndicale Culture lu lors de la plénière du Coreps Pays de la Loire le 25 juin 2025

Le 25 juin 2025, s’est tenue l’assemblée plénière du Coreps (Comité Régional des Professions du Spectacle) des Pays-de-la-Loire. Cette instance de dialogue social s’est reformée dans toutes les régions à l’issue de la crise sanitaire, afin que toutes les parties prenantes, État, collectivités et syndicats se rencontrent régulièrement pour dialoguer sur les questions professionnelles d’emploi, de formation ou de protection sociale dans les secteurs du spectacle vivant, du cinéma et de l’audiovisuel. Trois groupes de travail sont actifs depuis trois ans. Le Coreps des Pays-de-la-Loire est co-présidé par la DRAC et le Conseil Régional. Les syndicats de salarié·e·s et d’employeur·euses du spectacle vivant et de l’audiovisuel ont lu en propos liminaire de l’assemblée plénière leur position commune pour réfuter la co- présidence de cette instance par le Conseil Régional des Pays-de-la-Loire. Les représentant·es des syndicats ont ensuite quitté la plénière du Coreps. En effet, sans aucune consultation préalable, à l’occasion du vote de son budget 2025, les 19 et 20 décembre 2024, le Conseil Régional des Pays-de-la-Loire a effectivement voté une baisse drastique du budget culture, et a supprimé ainsi tous les dispositifs de partenariat avec les structures culturelles. Quasiment toutes les structures de diffusion et de production ont donc subi une baisse de 100% de leur financement régional, avec des conséquences désastreuses pour l’emploi et la richesse culturelle du territoire ligérien. Texte de l’intersyndicale Culture à l’occasion de la plénière du Coreps des Pays-de-la-Loire du 25 juin 2025 Ne pas se taire Nous, représentant·e·s des organisations syndicales de structures employeuses et desalarié·e·s de la Région des Pays-de-la-Loire, GRue Fédération des Arts de la Rue, SCENE ENSEMBLE, SCC, SFA, SMA, SN3M, SNAM, SPIAC, SYNAVI, SYNDEAC, SYNPTAC-CGT, nous tenons à délivrer une parole commune et unitaire à l’occasion de cette assemblée plénière du COREPS. Nous avons, depuis la création de cette instance, œuvré à sa mise en place et à son fonctionnement en participant aux comités de pilotage, plénières et groupes de travail. Il nous a semblé que cet espace de dialogue et de concertation pouvait être important pour nos métiers et le développement d’une idée simple que nous pensions partager avec tous les organismes présents autour de la table : la reconnaissance des services que la Culture apporte à la population de nos territoires. Ce postulat de base s’appuie sur l’application pleine et entière de la loi NOTRe reconnaissant la Culture comme compétence partagée par toutes les collectivités et l’État. Conformément aux statuts du COREPS, nous espérions élaborer des « préconisations » pour améliorer l’accès des Ligériennes et Ligériens à la Culture sous toutes ses formes. Aujourd’hui nous nous levons devant vous pour vous le dire solennellement : nous constatons que ce consensus autour de la question culturelle a volé en éclat. Chaque jour les attaques contre nos métiers, contre les salarié.es et les structures de notre secteur se font plus dures. Les coupes budgétaires pleuvent et la précarité qu’elles engendrent nous fait perdre le sens de nos actions au détriment de ce service public qu’est la Culture. Le COREPS est co-présidé par la Région des Pays-de-La-Loire, qui a démantelé son service culturel. Cette co-présidence constitue peu ou prou la seule action de cette collectivité territoriale en matière de Culture hormis les opérations de communication qu’elle organise et la sauvegarde du patrimoine. Nous ne pouvons accepter ce démantèlement qui fragilise une filière et fait perdre par la même occasion toute légitimité à cette instance. La Région des Pays- de-la Loire nous a envoyé un message très clair au travers du vote de son budget des 19 et 20 décembre 2024 et par la communication dont elle a usé à cette occasion. Elle a montré le peu de considération qu’elle a pour les actrices et acteurs de la Culture. Pire encore, elle a montré son désir de mettre à bas l’idée que la culture est utile aux habitantes et habitants des Pays- de-la-Loire avec une rhétorique toujours plus proche de celle de l’extrême droite. Lorsque les conditions du dialogue ne sont pas réunies, il faut le dire, le dénoncer, ne pas faire comme si de rien n’était et surtout : Ne Pas Se Taire. Nous ne pouvons pas continuer à cautionner, par nos présences, cette politique de l’autruche ! Pour que le Coreps puisse fonctionner et répondre aux enjeux sociétaux et à l’urgence devant laquelle nous nous trouvons, il lui faut immédiatement redéfinir ses objectifs et son fonctionnement. Depuis la création de cette instance, la situation a fortement basculé. Aujourd’hui, le secteur culturel n’a plus le même visage, surtout dans notre région. Pour répondre à l’urgence, il devient indispensable de créer des espaces où la parole des professionnels et de leurs organisations syndicales est respectée et surtout où elle est prise en compte et puisse être suivie d’effets. C’est un plan social sans précédent qui est en cours, et de nombreux salarié.es vont perdre leur emploi. Nous avons la responsabilité collective d’être à la hauteur ! Les rencontres et forums organisés ces derniers mois faisant la promotion de l’auto- entreprenariat et de l’entrée massive de fonds privés dans le secteur public ne sont pas des réponses à la crise. Il nous apparaît qu’au contraire ce sont des modèles économiques vecteurs de précarité et poussant à la « survie » les professionnel.les de nos secteurs d’activité. Ces fausses solutions sont des remises en cause et des attaques directes du système redistributif qu’est le salariat. Nous ne pouvons pas nous y résigner. Nous demandons aujourd’hui à la Mme la Ministre de la Culture d’entendre les demandes portées par notre intersyndicale nationale de mettre en place des groupes de travail identiques sur l’ensemble du territoire national pour plus d’efficacité. Un courrier a été adressé dans ce sens à la ministre, nous attendons toujours la réponse… Nous demandons enfin à la Région d’assumer son vote de décembre 2024 et son discours contre un service public de la Culture émancipateur pour toutes les Ligériennes et tous les Ligériens en se retirant de la co-présidence du Coreps. Nous considérons qu’il y a une contradiction fondamentale et insultante entre ces décisions
Lieux intermédiaires : une extinction programmée d’ici 2026 ?

Le Syndeac alerte sur les risques sérieux de fermeture de nombreux lieux intermédiaires de résidence, de création et de transmission en France d’ici 2026. Les coupes budgétaires de l’État couplées à celles des collectivités ont créé une tension budgétaire maximale, dont les conséquences sont immédiates sur certains lieux dont l’économie était déjà extrêmement précaire. L’Échangeur à Bagnolet, le théâtre régional des Pays de la Loire, le Studio Théâtre à Alfortville, le réseau des scènes découvertes en Auvergne-Rhône-Alpes sont quelques exemples parmi de nombreux autres lieux clairement menacés dans leurs fonctionnements. La maison des écrivains et de la littérature en Île-de-France, elle, est mise en liquidation judiciaire faute de financements du ministère de la Culture. Ces lieux ressources, souvent créés et gérés par des équipes artistiques, sont pourtant des maillons essentiels de l’émergence et du repérage de nouveaux talents, de consolidation de parcours d’artistes et d’accès à la culture pour les habitantes et les habitants des territoires où ils œuvrent. Ils sont aussi des espaces de travail indispensables mis à disposition d’un grand nombre d’équipes artistiques qui sont par ailleurs fortement fragilisées par la diminution de leurs aides financières et par leurs faibles perspectives d’activités la saison prochaine. L’interdépendance entre les institutions culturelles labellisées, les équipes artistiques et les lieux intermédiaires de résidences de création, est une évidence qui n’est plus à démontrer. Tout comme l’est désormais l’effondrement programmé de cet écosystème. Ce maillage culturel a été le fruit d’une longue construction depuis la seconde moitié du XXème siècle, permettant d’articuler le travail d’une grande diversité de lieux de tailles et de missions complémentaires. Nous constatons à présent que détruire cet édifice, qui n’est rien de moins que la partie contemporaine de notre patrimoine culturel, pourrait bien être le résultat d’une seule année. Nous appelons l’État à prendre des mesures d’urgence pour la sauvegarde de l’ensemble de l’écosystème de la création.
Les coupes budgétaires du ministère de la Culture sont hélas une réalité

Communiqué unitaire des organisations syndicales du spectacle suite aux prises de parole de la ministre de la Culture Rachida Dati Les coupes budgétaires du ministère de la Culture sont hélas une réalité. Il y a quelques jours, Rachida Dati a affirmé sur France Inter qu’il n’y avait pas de nouvelles coupes budgétaires touchant le ministère de la Culture avant de tenir des propos hautement méprisants à l’encontre des comédien·nes et des artistes qui ont pris la défense de notre secteur lors de la dernière cérémonie des Molières. Le déni de la ministre de la Culture quant à la réalité des coupes budgétaires ne peut que nous faire réagir après des mois de mobilisations. Les coupes existent bel et bien, elles sont documentées, massives et concernent à la fois le budget du ministère et celui des collectivités, à toutes les échelles. Elles impactent autant le spectacle vivant et tout le champ de l’éducation artistique et culturelle que l’audiovisuel public. Nous le réaffirmons de nouveau : un plan de licenciement massif s’annonce, pour une part visible car les licenciements vont s’accélérer, et pour une grande part invisible car des embauches de salarié·es intermittent·es ne se feront plus, les privant par ricochet de leur allocation chômage. Les lieux, les compagnies, les festivals, sont aujourd’hui gravement menacés, ce qui les empêche de mener à bien leur mission de service public. Alors qu’en parallèle, le ministère de la Culture consulte les organisations syndicales et leur demande de choisir quels volets du FONPEPS peuvent être supprimés ou quels critères d’accès durcis, les déclarations de Monsieur le premier Ministre François Bayrou ne laissent aucun doute sur ce qui attend les professionnel·les de la Culture dans le budget 2026 en préparation…. La situation est grave et nous sommes très inquiets. Nous n’avons d’autre choix que de poursuivre et amplifier la mobilisation. Nous invitons tous·tes les professionnel·les, artistes, personnels techniques et administratifs, enseignant·es, mais également les publics et l’ensemble des usagers des services publics de la Culture à se rassembler. L’intersyndicale de la CCNEAC appelle donc à des marches festives entre le 22 et le 25 mai en soirée et en week-end, pour permettre à toutes les personnes qui veulent que la culture reste un bien commun, de participer à la mobilisation. organisations signataires CGT SPECTACLE FO SN3M FÉDÉRATION NATIONALE DES ARTS DE LA RUE LES FORCES MUSICALES SCÈNE ENSEMBLE SYNDICAT DES MUSIQUES ACTUELLES SYNAVI SYNDEAC SYNDICAT DES CIRQUES ET COMPAGNIES DE CRÉATION
Coupes budgétaires au ministère de la Culture : l’Usep-sv interpelle le Premier ministre

Communiqué de presse de l’USEP-SV Comme l’an passé, à la veille de la cérémonie des Molières, dont le but est d’honorer le théâtre, le ministère des finances annonce une nouvelle « annulation de crédits » de 48 millions sur le programme création, et de près de 100 millions sur le budget du ministère de la culture. Comme l’an passé, la loi de finances à peine votée, est déniée. Comme l’an passé, les ajustements techniques mis en œuvre pour absorber cette coupe ne cacheront pas la réalité : le ministère de la culture est maintenant une cible de Bercy. Ces coupes à répétition fragilisent tous les services publics, et celui de la culture pour ce qui nous concerne. Nous ne pouvons plus réaliser les missions d’intérêt général qui nous sont confiées à force d’attaques budgétaires conséquentes de l’entêtement des gouvernements en matière de politique fiscale. Le dogme de la baisse des impôts provoque l’effondrement des services publics, telle est bien la réalité. L’Usep-SV interpelle le Premier ministre et le ministre des finances. Le ministère de la culture, qui pèse hélas seulement 0,6 % du budget de l’État, n’est ni responsable de la dette, ni comptable des errements budgétaires de cette présidence. La coupe annoncée ce samedi est la coupe de trop ! Beaucoup de compagnies, de salles de spectacles, de festivals ne passeront pas l’année. Si le projet du Gouvernement est d’engager un plan social massif dans le spectacle vivant et la culture, le transfert vers les dépenses sociales sera immédiat ! Est-ce réellement le projet gouvernemental ? Nos entreprises se battent au contraire pour l’emploi, pour l’emploi pérenne, et revendiquent à cet égard, la sauvegarde des crédits du FONPEPS. Si le ministère nous affirme que les dépenses de guichets seront assurées, quels autres programmes seront impactés ? La pérennisation du FONPEPS à partir de l’an prochain, sans remettre en cause son enveloppe ni son périmètre, est pour nous une priorité. Seul dispositif en faveur de l’emploi dans le secteur, il fait partie d’un accord global en 2016 dans le cadre des négociations assurance chômage : nous demandons au Gouvernement de respecter les engagements pris. La culture est un choix, ce n’est manifestement pas celui de ce gouvernement.
Suppression des CESER : le Syndeac appelle les parlementaires à s’y opposer

Dans le cadre du projet de loi de simplification de la vie économique examiné cette semaine en commission spéciale de l’Assemblée nationale, plusieurs amendements portés par le groupe de la Droite Républicaine ont été adoptés visant à supprimer les Conseils économiques, sociaux et environnementaux régionaux (CESER). Sous couvert de rationalisation budgétaire, le Président Macron et les partis politiques composant son Gouvernement signent une nouvelle offensive extrêmement préoccupante contre les rares espaces restants qui garantissent l’expression de notre société civile organisée. Les Conseils économiques sociaux et environnementaux régionaux (CESER) regroupent un panel circonstancié d’organisations professionnelles, de syndicats, de représentants et représentants du secteur associatif, culturel, de l’ESS, des organisations de jeunesse, des ONG. Toutes et tous participent activement à la construction des politiques publiques régionales et viennent éclairer par des avis et rapports fouillés nos grands élus et élues sur les décisions politiques et les réformes à conduire. Cette instance exigeante où la concertation, le débat voire le périlleux exercice du compromis se déploient tous les jours, constitue le diapason de notre démocratie sociale à l’échelle régionale. La faire disparaître reviendrait à piétiner une nouvelle fois les corps intermédiaires, les partenaires sociaux et condamner notre capacité à co-construire les politiques publiques de demain. Dans un contexte de coupes budgétaires drastiques des collectivités territoriales sur le secteur culturel, la parole et la combativité des conseillères et conseillers CESER auprès des élus sont essentielles pour défendre un service public des arts et de la culture. Aussi, le Syndeac dénonce cette nouvelle tentative qui vise à faire disparaître l’expression de la société civile et de l’ensemble des acteurs, organisations, syndicats et associations qui la représentent. Nous appelons l’ensemble des parlementaires à voter contre ce texte et à rappeler le caractère essentiel du débat démocratique institutionnalisé dans notre pays.
L’USEP-SV appelle le Parlement à ouvrir une concertation nationale sur l’éducation artistique et culturelle (EAC).
L’USEP-SV* demande que les commissions Culture de l’Assemblée nationale et du Sénat organisent une conférence nationale sur l’éducation artistique et culturelle en vue de réaffirmer ses missions, de repenser son financement, et d’associer à la fois les professionnels de la culture et les collectivités territoriales. Le refus de toute concertation depuis la mise en œuvre du Pass culture, par les Gouvernements successifs et la SAS Pass culture, le contournement systématique du Conseil National des Professions de la Culture qui réunit pourtant tous les opérateurs qualifiés pour en débattre, les multiples dérives incontrôlées de la SAS justifient maintenant que le Parlement reprenne la main après les multiples rebondissements et annonces ministérielles sur ce dispositif. A peine nommée, la nouvelle présidente de la SAS Pass culture annonce une réforme des conditions de déploiement du Pass culture (part individuelle). Après que des rapports de la Cour des Comptes et de l’Inspection Générale des Affaires Culturelles (IGAC) aient dénoncé des dysfonctionnements graves et une importante gabegie budgétaire, ces annonces, menées une nouvelle fois sans aucune concertation avec les professionnels et les collectivités territoriales, ne répondent en rien de ce que nous dénonçons depuis l’origine. La question est celle de la médiation, que seuls les professionnels de service public (trop souvent écartés des discussions sur le sujet) en lien avec les collectivités territoriales, sont en mesure d’accomplir et qui sont les premières sacrifiées dans le contexte budgétaire actuel. Réforme du Pass culture – l’USEP-SV appelle le parlement à ouvrir une concertation nationale sur l’éducation artistique et culturelle (EAC). Sous une forme d’habillage, ces annonces sont essentiellement budgétaires et réduisent de moitié le montant de la part individuelle, ce que nous considérons comme une première étape vers la remise en cause définitive de cette mesure. De même, la bonification de ce montant pour les familles socialement démunies, part sans doute d’une louable intention, mais elle sera une usine à gaz et ne contribuera en rien à lever les freins sociaux et psychologiques qui entravent les pratiques culturelles.. Plutôt que de s’obstiner à sauver un « marqueur » des quinquennats du président de la République, il est grand temps de repenser une vision globale en matière d’Éducation Artistique et Culturelle, adossées aux professionnels qui la feront vivre et d’ouvrir le débat sur le service public de la culture et particulièrement sa mission fondatrice d’éducation artistique et culturelle qui ne se limite pas à des dispositifs financiers. * L’USEP-SV est le regroupement de trois organisations d’employeurs du spectacle vivant public : Scène Ensemble, Les Forces Musicales et le Syndeac
Coupes budgétaires du département de l’Hérault : indignation des acteurs du spectacle vivant public.

L’annonce du département de l’Hérault de la suppression complète des budgets consacrés aux acteurs de la culture, signe la mort de toute ambition culturelle de ce département. La violence et la brutalité d’une telle décision génèrent une frayeur pour tous les défenseurs d’une politique culturelle au service de tous et toutes. Les organisations de la branche des entreprises artistiques et culturelles expriment leur indignation face une telle décision unilatérale. Elles craignent que le vent mauvais inauguré en Pays de la Loire par Mme Morançais, fasse des émules dans le pays, quelle que soit la couleur politique. La mission sociale des départements est capitale car elle donne aux citoyens une porte d’entrée formidable et symbolique du service public, dont celui de la culture, auquel nous sommes tant attachés. Nos organisations sont pleinement conscientes de la situation particulière des départements, victimes de transferts massifs de charges non compensés par l’Etat, au titre des politiques sociales. La parole de l’Etat n’a pas été respectée, et cela depuis des années, notamment vis-à-vis des départements. La situation financière à laquelle ses élus font face est inédite et les pousse à des décisions radicales dont la culture fait les frais, au titre des politiques dites facultatives et pourtant vitales. Au lendemain de la réunion de la commission mixte paritaire en charge de trouver un accord sur la loi de finances, nous alertons ses membres pour qu’ils réexaminent la situation des collectivités territoriales, et particulièrement des départements, notamment pour garantir les politiques culturelles si essentielles au lien social.Il nous faudra, après cette épreuve du budget, réinterroger la question des compétences et exiger à nouveau que la culture ne soit plus jamais une variable d’ajustement. La ministre de la Culture, Rachida Dati, ne peut plus continuer à ignorer l’ampleur de l’effondrement des budgets publics dans nos secteurs. La situation exige le refinancement urgent du service public du spectacle vivant, faute de quoi notre secteur sera broyé. LES SIGNATAIRES CGT SpectacleFNAR – Fédération nationale des Arts de la rueFO SN3M – Syndicat National des Musiciens et du Monde de la MusiqueSCC – Syndicat des Cirques et Compagnies de Création –SCENE ENSEMBLE SFA CGT – Syndicat Français des Artistes-interprètesSNAM CGT – Union Nationale des Syndicats d’Artistes Musiciens (Enseignants et Interprètes) de France CGTSNLA – FO – Syndicat National Libre des Artistes Force Ouvrière SNMS CGT – Syndicat National des Metteuses et Metteurs en ScèneSMA – Syndicat des Musiques ActuellesSUD – Culture – Syndicat « Solidaires, Unitaires et Démocratiques » de la CultureSYNAVI – Syndicat National des Arts VivantsSYNDEAC – Syndicat national des entreprises artistiques et culturellesSYNPTAC CGT – Syndicat National des Professionnel·le·s du Théâtre et des Activités Culturelles
Communiqué commun suite au CNPS plénier du 14 janvier 2025
Mardi 14 janvier, à l’occasion du Conseil national des professions du spectacle (CNPS) plénier, nous avons pu nous adresser à la ministre de la Culture, Rachida Dati, sur la situation de la branche des entreprises artistiques et culturelles. Forts de notre unité, nous avons encore une fois sonné l’alarme quant à notre situation et notre avenir proche. Aujourd’hui, nous ne pouvons que redoubler d’inquiétude face à l’incertitude vertigineuse qui demeure sur les problématiques budgétaires et notamment les efforts demandés aux collectivités territoriales, même si le discours de politique générale du Premier ministre en a atténué le montant. Dans le contexte délétère que nous connaissons, dans lequel des villes, des régions et des départements annoncent des coupes budgétaires massives et brutales, il y a urgence à agir. Le désengagement financier de multiples collectivités territoriales, à toutes échelles, met à mal les financements croisés qui sont le fondement de notre politique culturelle décentralisée. Ces financements constituent pourtant le socle indispensable au maintien de notre diversité culturelle, à la richesse des propositions artistiques, et à l’accès à la culture de tous et toutes dans notre pays. Oui, comme l’a déclaré Madame Dati, « tout désengagement de la culture est un coût pour toutes et tous et pour la cohésion sociale« . Dès lors, nous attendons du ministère des engagements politiques avec une traduction budgétaire concrète. Nous rappelons à cet égard que toute coupe budgétaire prive nos concitoyens et concitoyennes de l’accès aux services publics qui répondent à des besoins essentiels, la culture en faisant partie au même titre que l’éducation nationale. Le soutien annoncé à quelques acteurs « d’intérêt national », qui arriverait au moment où ceux-ci seraient « en péril », nous interroge : dans sa définition et dans ses effets potentiellement délétères. S’agit-il d’une nouvelle mesure risquant d’accroître une concentration de moyens au profit de quelques structures sans préserver la chaîne des différents acteurs et actrices intervenant de manière complémentaire dans la production et la diffusion des spectacles ? Cette annonce nous inquiète. Nous déplorons que notre demande de redéploiement d’une part des crédits du Pass Culture en faveur du programme de la création n’ait pas été plus débattue, alors même que la baisse du montant de la part individuelle est évoquée dans le rapport cinglant de la Cour des Comptes. Nous comptons sur des parlementaires pour soutenir cette proposition réaliste et responsable. La ministre a par ailleurs indiqué « qu’elle veillerait (…) à défendre le Fonds national pour l’emploi pérenne dans le spectacle (FONPEPS) », tout en étant particulièrement imprécise sur l’arbitrage budgétaire à obtenir. Nous attendons une traduction concrète de cet engagement par une inscription en loi de finances d’au moins 56 millions en crédit de paiement, correspondant au budget réalisé en 2024. Nous serons très vigilants que cette enveloppe ne soit soumise à aucune remise en cause, tant la situation de l’emploi du secteur est préoccupante. La situation actuelle, inédite, rend impérieuse la nécessité de travailler à un refinancement équitable de tous les acteurs et actrices de l’écosystème, afin d’éviter un effondrement d’ampleur du service public du Spectacle vivant, avec toutes ses conséquences sur l’emploi, la création, la diversité de l’offre culturelle et son maillage territorial. Il nous semble important de rappeler à cet égard que le budget de la nation consacré au ministère de la Culture pèse toujours moins de 1% du budget de l’Etat, et qu’il ne peut être tenu pour responsable du déficit structurel de ce dernier. Nous, organisations professionnelles expertes dans notre domaine, nous portons des solutions responsables et nous restons force de propositions sur des mesures de soutien à notre secteur (assurance chômage, Fonpeps, Pass Culture, …). Dans la mesure où elle s’est engagée à recevoir les partenaires sociaux, nous sollicitons la ministre pour discuter concrètement de nos propositions. Il en va de notre survie à toutes et tous et de celle d’un service public de la Culture. les signataires Fédération Nationale des Syndicats du Spectacle, du Cinéma, de l’Audiovisuel et de l’Action Culturelle CGT – Cgt Spectacle FNAR – Fédération Nationale des Arts de la Rue SN3M-FO – Syndicat National des Musiciens et du Monde de la Musique Les Forces Musicales Syndicat des Cirques et Compagnies de Création – SCC Scène Ensemble – organisation professionnelle des arts de la représentation SFA CGT – Syndicat Français des Artistes-interprètes Snam Cgt – Union Nationale des Syndicats d’Artistes Musicien·nes (Enseignant·es et Interprètes) de France CGT Syndicat National des Metteuses et Metteurs en scène – SNMS SMA – Syndicat des Musiques Actuelles SUD CULTURE – Syndicat « Solidaires, Unitaires et Démocratiques » de la Culture Synavi – national Syndeac – Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles Synptac cgt– Syndicat National des Professionnel·le·s du Théâtre et des Activités Culturelles
Le Syndeac appelle à un report du vote des budgets des collectivités territoriales

Alors que notre pays traverse une période extrêmement trouble, le Syndeac appelle expressément les élu·e·s territoriaux à reporter toute décision de coupes budgétaires motivées par un projet de loi de finances devenu caduc après la censure du gouvernement. Sans nier la gravité des enjeux budgétaires, le Syndeac estime que tout plan d’économies nécessite au préalable de prendre le temps d’une réflexion responsable, afin que ces économies ne conduisent pas à l’effondrement de tout un secteur d’activité. La situation gravissime provoquée par la décision de Madame Christelle Morançais en région Pays de la Loire de retirer la quasi totalité de ses financements à la culture (mais aussi au secteur associatif, sportif, social etc…) illustre les effets délétères d’une précipitation irréfléchie. Des milliers d’emplois risquent désormais d’être supprimés, des équipes artistiques et des lieux sont menacés de cessation d’activité et le service rendu à la population sera, de fait, profondément remis en cause. Telles sont les conséquences de projections budgétaires taillées à la serpe, sans discernement ni dialogue social préalable. A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Puisque nous sommes à présent dans l’inconnu budgétaire au niveau de l’État, nous en appelons à une reconduction tacite du budget 2024 en matière culturelle au sein des collectivités territoriales. Et nous attendons du prochain gouvernement qu’il prenne immédiatement des mesures pour protéger durablement le principe des financements croisés en n’abaissant pas les financements des collectivités territoriales. Nous voulons également rouvrir la discussion sur la compétence culturelle obligatoire des collectivités territoriales. Les financements croisés, qui sont au cœur des logiques de la décentralisation, permettent de sortir des risques clientélistes et favorisent au contraire les projets communs inscrits dans des dynamiques territoriales, hors de toute considération « politique ». C’est pourquoi nous condamnons fermement les propos qui ont été tenus et les annonces unilatérales de retrait qui ont été faites, par la région Pays de la Loire, le département des Yvelines ou précédemment par la région Auvergne-Rhône-Alpes. Au-delà de la casse sociale qu’elles provoquent, ces décisions remettent profondément en cause des principes essentiels au fonctionnement démocratique de nos institutions. L’art et la culture sont parties prenantes d’un projet de société désirable. Ils contribuent avec l’ensemble des autres services publics à l’élaboration de notre modèle républicain et au partage de ses valeurs. Le Syndeac est pleinement mobilisé, avec l’ensemble des services publics et des organisations syndicales concernées, pour défendre ce modèle de société chaque fois qu’il sera attaqué dans ses fondations, quels que soient les prétextes de ces attaques. Pour le bureau Claire Guièze, Joris Mathieu, co-présidents du Syndeac
Joris Mathieu et Claire Guièze, élus co-présidents du Syndeac
Suite à la démission de Nicolas Dubourg de la présidence du Syndeac, le Conseil national s’est réuni le lundi 9 décembre 2024 pour procéder à l’élection complémentaire de membres du bureau. Trois membres ont été élus au bureau, celui-ci étant ainsi composé paritairement entre les hommes et les femmes et entre les équipes artistiques et les lieux. Joris Mathieu, directeur du théâtre Nouvelle génération, CDN Claire Guièze, directrice adjointe du théâtre Dijon Bourgogne, CDN Fabienne Chognard, vice-présidente, directrice du Dôme théâtre, SCIN Albertville, Mélanie Perrier, Trésorière, Compagnie 2 minimum, Olivier Coulon-Jablonka, Compagnie Moukden Théâtre, Sandrine Mini, Théâtre Molière Sète, scène nationale archipel de Thau. Jérôme Montchal, directeur d’Equinoxe, Scène nationale de Chateauroux, Jérôme Bardeau, ASAR Joris Mathieu et Claire Guièze ont été élus par le bureau à la co-présidence, marquant ainsi la volonté du Conseil national de renforcer le collectif syndical et sa représentativité. Le bureau ainsi composé salue l’action de Nicolas Dubourg, ancien président, qui a porté l’action syndicale des 5 dernières années dans une période cumulant les crises. La situation actuelle du spectacle vivant, particulièrement grave, implique un renforcement de notre action. Le Conseil national du 20 janvier 2025 arrêtera ses grandes priorités pour la dernière année de ce mandat.