La ponction d’au moins 8,5 milliards d’euros du budget des collectivités porterait un coup fatal au secteur culturel
Dans le cadre de la présentation du budget 2025 du ministère de la Culture, Rachida Dati s’est targuée de présenter un budget constant pour son ministère. Devant la commission des affaires culturelles du Sénat, la ministre de la Culture a réaffirmé que « pas un euro pour la culture ne manquerait pour les territoires ». Le secteur culturel, en moyenne 4 fois plus soutenu par les collectivités territoriales que par l’État, semble pourtant exposé à des baisses de financement drastiques. D’ores et déjà dénoncée par les associations nationales de collectivités territoriales, la demande d’économie de l’ordre de 8,5 milliards d’euros, bien au-delà des 5 milliards initialement annoncés, adressée aux collectivités territoriales dans le cadre de la loi de finances 2025 menace la capacité à pouvoir maintenir les services et équipements publics, en particulier parmi les 450 plus grandes collectivités qui seraient mises à contribution. Hormis la méthode des coupes, par définition brutale, elle est surtout injustifiable : la part de la dette locale des collectivités reste stable depuis 20 ans, aux environs de 9 % du PIB, quand celle de l’Etat a explosé. Le financement des collectivités territoriales était déjà jugé « à bout de souffle » par la Cour des comptes en 2022. L’accumulation des pressions sur leur budget de fonctionnement, assortie d’une baisse de 800 millions d’euros du FCTVA qui grippera l’investissement public (porté à 70% par les collectivités) entraînera une modulation des budgets qui se répercutera sur le service public de la culture : restriction des créneaux des bibliothèques, suppression de temps périscolaires, annulation de festivals, et mise à mal de tout le secteur de la création artistique, disparition d’associations culturelles… Alors que certaines collectivités seront tentées et contraintes de se recentrer sur leurs compétences obligatoires, faut-il rappeler l’importance des politiques culturelles aux ambitions émancipatrices, la nécessité de la présence artistique sur les territoires au plus proche des populations, la richesse et la diversité des propositions des équipes artistiques, dans les salles de spectacle, comme dans les territoires ruraux ou dans les quartiers prioritaires, l’importance des équipements culturels, des événements qui font partie de l’agenda culturel d’un territoire et dont l’ensemble génèrent à la fois de la création, de l’attractivité et des emplois non délocalisables, plus que jamais menacés. Aussi, nous, organisations professionnelles du spectacle vivant, dénonçons cette demande d’économie drastique faite aux collectivités territoriales. En effet les premières tendances qui émergent des différentes collectivités territoriales pour leur budget 2025 laissent craindre des conséquences parfois irréversibles pour le secteur culturel, déjà en proie à une crise systémique d’ampleur (crise sanitaire, réchauffement climatique, inflation, etc.). A l’heure où le projet de loi de finances est examiné par les deux chambres du Parlement, nous demandons à ce que le niveau des économies puisse être revu à la baisse pour ne pas contraindre les collectivités territoriales à effectuer des choix parfois cornéliens dans leur budget. Nous demandons au Gouvernement de bien mesurer l’effet de ces possibles décisions notamment en matière d’emploi et de retombées économiques, mais aussi sur les conséquences que de telles coupes auraient pour la création artistique, le lien social ou la vitalité démocratique sur l’ensemble des territoires. Nous demandons enfin aux collectivités territoriales de travailler leurs prévisions 2025 en concertation avec les professionnels. Bien conscients du contexte économique que la France traverse actuellement, nous sommes persuadés que d’autres options sont possibles. les signataires Fédération Nationale des arts de la Rue – FNARLes Forces Musicales – Syndicat professionnel des opéras, orchestres et festivals d’art lyriquePROFEDIM – Syndicat professionnel des Producteurs, Festivals, Ensembles, Diffuseurs Indépendants de Musique@SMA – Syndicat des Musiques ActuellesSUD Culture – Syndicat « Solidaires, Unitaires et Démocratiques » de la CultureSNSP Syndicat National des Scènes PubliquesSyndicat des Cirques et Compagnies de Création – SCCSynavi – nationalSyndeac – Syndicat national des entreprises artistiques et culturellesSN3M-FO – Syndicat National des Musiciens et du Monde de la MusiqueCgt Spectacle
Hénin-Beaumont – le laboratoire culturel de l’extrême droite

Le Syndeac exprime son soutien au directeur du théâtre l’Escapade d’Hénin-Beaumont qui a tenté de maintenir une programmation indépendante de spectacles vivants pour les habitants de ce territoire. Le Syndeac est mobilisé dans la lutte contre l’extrême droite et dans la remise en cause des libertés fondamentales de création, d’expression et de programmation. La progression du RN et de ses idées au sein des membres du Gouvernement actuel implique de nos adhérentes et adhérents une mobilisation sans faille. Les libertés de création, d’expression et de programmation, qui fondent l’engagement de service public, sont aujourd’hui attaquées frontalement. Le théâtre de l’Escapade, situé à Hénin-Beaumont, ville dirigée par le maire extrême droite Steeve Briois depuis 2014, connaît une grave crise résultant d’une reprise en main politique par l’équipe municipale. La saison 2025 est menacée et les équipes artistiques programmées sont aujourd’hui dans l’incertitude des engagements passés avec la direction du théâtre. Tout le secteur de la création artistique est évidemment en alerte. D’abord à l’échelle régionale, car un théâtre qui ferme ou qui bascule sous le contrôle de l’extrême droite, c’est un écosystème local qui est attaqué. Mais évidemment, dans le contexte d’une extrême droite de plus en plus influente au niveau national, le modèle « Hénin-Beaumont » qui est tant vanté par Marine Le Pen qui en a fait sa circonscription législative, nécessite un regard des plus attentifs. Les libertés fondamentales de la République et celles qui ont été reconnues par la loi relative à la liberté de création, sont aujourd’hui menacées. Les libertés de création, d’expression et de programmation, qui fondent l’engagement de service public et qui s’inscrivent dans l’Etat de droit, sont aujourd’hui bafouées. Plutôt qu’une attaque frontale contre la programmation, le Maire préfère utiliser une stratégie détournée qui consiste à muter des personnels et à en imposer d’autres choisis pour leur proximité politique avec l’équipe municipale. Comme le fait Giorgia Meloni en Italie, la mise au pas des institutions culturelles ne se fait pas au grand jour par le débat et la controverse mais dans une forme de discrète brutalité.. La volonté d’imposer un nouveau cahier des charges sans aucune concertation avec les autres collectivités territoriales qui financent le projet ainsi qu’avec la direction du théâtre qui le met en œuvre, constitue également une atteinte profonde à la mission de service public. Le service public de la culture, qui porte les valeurs républicaines du respect de chacun dans l’expression de ses idées et garantit aux artistes et aux programmateurs un espace propice à cette expression dans le domaine de l’art, est clairement remis en cause dans ce laboratoire culturel de l’extrême droite. Le Syndeac annoncera en 2025 des initiatives fortes pour mobiliser les services publics et affirmer le sens profond du service public de la culture.
Le Syndeac dépasse le seuil des 500 membres
Ce lundi 16 septembre 2024, le conseil national a examiné de nouvelles demandes d’adhésion au Syndeac, comme il le fait habituellement. En acceptant ces adhésions de ce jour, le Syndeac a dépassé le seuil symbolique des 500 adhérentes et adhérents. Déjà premier syndicat de la branche du spectacle vivant public depuis plusieurs années, le Syndeac s’est développé depuis 5 ans et a progressé en nombre de structures adhérentes et de salariés membres des entreprises, de façon significative (nous sommes passés de 380 il y 5 ans à 500 aujourd’hui). La parité entre équipes artistiques et lieux reste à l’équilibre et confirme, à lui seul, que le Syndeac représente une part significative de l’écosystème du spectacle vivant public. Depuis plusieurs années, le Syndeac a ouvert des débats et proposé un certain nombre de thèmes à la réflexion collective : Nous l’avons fait sur la dénomination du « service public des arts et de la culture » et au-delà, sur la convergence des intérêts entre tous les services publics victimes des politiques trop libérales ; La mutation écologique est un chantier que nous avons largement engagé et pour lequel nous poursuivons aujourd’hui des travaux opérationnels susceptibles de produire des effets concrets ; L’égalité entre les femmes et les hommes reste une priorité absolue de l’action syndicale, et le comptage des programmations des théâtres publics a constitué notre grand chantier, duquel d’autres orientations sont envisagées pour progresser plus vite vers la parité, qui reste un objectif à atteindre. Notre dernier comptage sera rendu public fin octobre 2024. La lutte contre les discriminations ethnoraciales et l’insuffisante représentativité de la société française sur les scènes publiques sera l’un de nos prochains chantiers. Nous avons aussi, au cours de ces années, veiller à renforcer nos services auprès de nos adhérentes et adhérents, et en particulier mieux les représenter : C’est particulièrement vrai pour nos adhérents issus de la filière musicale. Nous avons à cet égard refondé notre ligne syndicale en faveur d’une politique de la création musicale ; Nous ferons de même pour les arts visuels de service public qui traversent nombre de difficultés proches de celles du spectacle vivant, même si le modèle économique de la création diffère sensiblement ; Et nous développerons, dans les mois qui viennent, une offre spécifique de formations sur de multiples thématiques (RH, connaissance des collectivités territoriales, la lutte contre les VHSS et les discriminations ethnoraciales, et d’autres sujets encore…..) tout cela afin de de répondre mieux aux besoins de celles et ceux que nous représentons. Le Conseil national se réjouit de ce dynamisme que les crises ont sans doute renforcé. L’unité syndicale et intersyndicale, dans ces moments critiques, reste au cœur de notre méthode et de notre action.
Nouvelle assemblée nationale : trois orientations prioritaires
Nouvelle assemblée Nationale, nos organisations formulent trois orientations prioritaires. Le soulagement que nous avons ressenti le 7 juillet au soir était réel : le RN ne serait pas au Gouvernement et il y avait de quoi se sentir mieux. Nous savions cependant, au vu des résultats et de la progression continue de l’extrême droite et de ses idées, que nous entrions dans une turbulence parlementaire à haut risque. Le fait est là. Le soulagement fut donc de courte durée. Les partenaires sociaux que nous sommes ont vécu avec beaucoup de violence ces 7 dernières années. Qu’on en juge : nous avons négocié et signé deux accords sur l’assurance chômage des salariés intermittents du spectacle, d’abord rejetés par les organisations interprofessionnelles et méprisés par le Gouvernement. Nous sommes confrontés à des négociations salariales intenables en raison d’un contexte où les budgets s’effondrent, et de nombreux salariés de notre secteur souffrent d’un niveau de revenu particulièrement bas. La réforme des retraites imposée au forceps, a totalement ignoré les spécificités du secteur culturel et provoquera une plus grande précarité des métiers artistiques et techniques du spectacle vivant. Au moment où l’Assemblée nationale s’installe, il nous semble essentiel de rappeler trois orientations fondamentales pour nos organisations sur lesquelles nous interpellons les députés républicains. La démocratie du dialogue social doit être remise sur le devant, et les corps intermédiaires doivent être respectés. Nous demandons qu’aucune réforme de l’assurance chômage ne soit engagée avant même d’évaluer les effets probablement désastreux de la précédente et que l’accord unanime du 27 octobre 2023 soit ainsi repris. Nous sommes toutes et tous convaincus que le délitement politique est, pour une part essentielle, le produit du démembrement des services publics engagé depuis des décennies et gravement accentué ces dernières années. Nous appelons à une refondation de leurs objectifs et nous appelons à des convergences pour les sauver et redonner aux citoyens, notamment les plus modestes, confiance dans notre pacte d’équité territoriale. Le service public de l’art et de la culture, fondé sur l’intérêt général, se mobilisera totalement en faveur de cet objectif au cours des deux prochaines années. Enfin, les coupes budgétaires contre les services publics, et notamment celui de la culture, ne peuvent plus être acceptées. Une nouvelle politique budgétaire et fiscale permettrait de répondre aux enjeux financiers sans anéantir les services publics. Les salaires, et traitements, et l’emploi en général ont besoin d’une politique volontariste reposant sur une affectation de moyens directs. Nous serons tous et toutes, particulièrement attentifs aux premières décisions budgétaires du prochain gouvernement. Nous demandons le rétablissement des crédits coupés en 2024 et un abondement de 150 millions de crédits issus de la part individuelle du Pass culture, sur lequel la Cour des comptes a dressé un bilan sévère, en les fléchant vers l’emploi, la création, l’aide directe aux équipes artistiques, et la permanence artistique et technique sur l’ensemble du territoire. La responsabilité de la nouvelle Assemblée est écrasante. Elle a deux ans pour éviter de voir le risque de l’extrême droite revenir. Aux nouveaux députés, qui prennent place à l’Assemblée Nationale, nous demandons de la clarté et de la lucidité : notre modèle social, nos services publics sont les garants d’une démocratie vivante. Ils ont besoin d’une politique volontariste et de moyens supplémentaires. Les signataires : Fédération Nationale des Syndicats du Spectacle, du Cinéma, de l’Audiovisuel et de l’Action Culturelle CGT – CGT Spectacle F3C CFDT – Communication Conseil Culture CFDT FNAR – Fédération nationale des Arts de la rue LES FORCES MUSICALES – Syndicat professionnel des Opéras, Orchestres et Festivals lyriques PROFEDIM – Syndicat professionnel des Producteurs, Festivals, Ensembles, Diffuseurs Indépendants de Musique SCC – Syndicat des cirques et compagnies de création SFA CGT – Syndicat Français des Artistes-interprètes SNAM CGT – Union Nationale des Syndicats d’Artistes Musiciens (Enseignants et Interprètes) de France CGT SNAPAC – CFDT – Syndicat national des Artistes et des Professionnels de l’animation, du Sport et de la Culture SNMS CGT – Syndicat National des Metteuses et Metteurs en Scène SNSP – Syndicat National des Scènes publiques SUD – Culture – Syndicat « Solidaires, Unitaires et Démocratiques » de la Culture SYNAVI – Syndicat National des Arts Vivants SYNDEAC – Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles SYNPTAC CGT – Syndicat National des Professionnel·le·s du Théâtre et des Activités Culturelles
Tous et toutes mobilisées pour la culture et contre l’extrême droite !
Le 20 juin doit être massif ! Rendez-vous à 14h00 devant la cinémathèque française à Bercy ▪ Remise en cause des libertés de création, de programmation, de diffusion et de la presse ;▪ Privatisation de l’audiovisuel public et remise en cause des services publics ;▪ Suppression du ministère de la Culture ;▪ Développement d’un imaginaire national raciste, xénophobe et anti-LGBTQi+ ;▪ Reprise en main de l’autorité de régulation de la communication audiovisuel et numérique en nommant la direction de l’ARCOM ;▪ Reprise en main des théâtres, opéras, orchestres en changeant à dessein les directions comme l’a fait Meloni en Italie ;▪ Réorganisation des financements publics aux acteurs culturels sur fond de clientélisme ;▪ Menaces sur l’intermittence du Spectacle et destruction des droits sociaux élémentaires en visant les populations les plus fragiles et immigrées ;▪ Remise en cause des libertés syndicales et associatives. Ces grandes lignes sont le projet du Rassemblement National pour nos secteurs L’extrême droite étant aux portes du pouvoir, nos organisations mesurent leurs responsabilités dans ce moment déterminant pour la démocratie, pour toutes les travailleuses et travailleurs que nous représentons, pour nos secteurs et pour la France. Face au danger extrême qui nous guette, nos organisation appellent l’ensemble des acteurs culturels à se constituer en collectif, à systématiser les assemblées générales sur les lieux de travail ou ailleurs, dans toutes les villes de France et à participer aux manifestations unitaires contre l’extrême droite et organiser la mobilisation. Nous appelons l’ensemble du secteur à se mobiliser le jeudi 20 juin prochain et les jours suivants, à Paris et dans toute la France, pour défendre le service public et ses moyens, lutter contre la réforme d’assurance chômage, pour la prise en compte de notre accord du 27 octobre 2023, et pour lutter contre l’extrême droite et ses idées ! Nous appelons tous les salarié·es à investir massivement nos lieux de travail : organisation d’agoras, discussion autour de nos revendications pour inciter nos collègues à rejoindre la mobilisation et à aller voter les 30 juin et 7 juillet ! Les syndicats signataires CGT-SPECTACLE |F3C CFDT|FNAR | PROFEDIM | SCC | SFA CGT |SFR CGT | SNAM CGT | SNAP CGT | SNJ CGT | SNAPAC CFDT | SNMS CGT | SPIAC CGT | CGT FRANCE TÉLÉVISIONS | CGT FRANCE MEDIAS MONDE | CGT INA | CGT RADIO FRANCE | CGT CULTURE | FNAR | SNSP | SUD CULTURE | SYNAVI | SYNDEAC | SYNPTAC CGT ? carte des mobilisations sur tout le territoire national : lc.cx/ContreAusteriteCulturelleExtremeDroite
Lutter contre l’extrême droite en renforçant les services publics, dont celui du spectacle vivant

Lutter contre l’extrême-droite en renforçant les services publics, dont celui du spectacle vivant Abasourdis par le score de l’extrême droite dans notre pays, et extrêmement inquiets de ce qui pourra sortir des élections législatives qui se tiendront à la suite de la dissolution de l’Assemblée nationale décidée par le président de la République, nous tenons à rappeler ici le sens de notre mission, de notre travail et par conséquent de notre engagement pour la culture. Depuis plusieurs années, et surtout depuis la suppression par décret de plus de 10% du budget du ministère de la culture en février dernier, nous sommes mobilisés pour dire notre exigence de moyens pour le service public de la culture. Salariés et employeurs de notre secteur se mobilisent ensemble pour dénoncer l’affaiblissement des services publics et la protection sociale (assurance chômage.) Dans la situation de crise politique aigüe que nous traversons, et alors que le risque d’arrivée au pouvoir d’une majorité d’extrême-droite porteuse de divisions et d’intolérance de l’autre n’a jamais été aussi élevé, nous appelons les citoyen.nes et les organisations syndicales et associatives à se mobiliser en faveur des candidats qui s’y opposeront tout en s’engageant concrètement à rompre avec les baisses de moyens des services publics et à défendre notre secteur. Nos valeurs d’intérêt général se déclinent chaque jour dans nos actions : la liberté de création, la liberté de programmation et la diversité artistique, pour toutes et tous, dans tous les territoires de la République en France. Ainsi plus que jamais restons unis et appelons à la mobilisation ! Rejoignons massivement les manifestations prévues le 13 juin et le week-end du 15 juin ! Ici, la carte des mobilisations. Les signataires Fédération Nationale des Syndicats du Spectacle, du Cinéma, de l’Audiovisuel et de l’Action Culturelle CGT – CGT Spectacle F3C CFDT – Communication Conseil Culture CFDT FNAR – Fédération nationale des Arts de la rue LES FORCES MUSICALES – Syndicat professionnel des Opéras, Orchestres et Festivals lyriques PROFEDIM – Syndicat professionnel des Producteurs, Festivals, Ensembles, Diffuseurs Indépendants de Musique SCC – Syndicat des cirques et compagnies de création SFA CGT – Syndicat Français des Artistes-interprètes SNAM CGT – Union Nationale des Syndicats d’Artistes Musiciens (Enseignants et Interprètes) de France CGT SNAPAC -CFDT – Syndicat national des Artistes et des Professionnels de l’animation, du Sport et de la Culture SNSP – Syndicat national des scènes publiques SNMS CGT – Syndicat National des Metteuses et Metteurs en Scène SNSP – Syndicat National des Scènes publiques SUD – Culture – Syndicat « Solidaires, Unitaires et Démocratiques » de la Culture SYNAVI – Syndicat National des Arts Vivants SYNDEAC – Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles SYNPTAC CGT – Syndicat National des Professionnel·le·s du Théâtre et des Activités Culturelles
Le budget du ministère de la Culture ne sauvera pas le déficit de l’État

Paris, le 14 mai 2024 La culture devient le premier facteur d’ajustement pour les départements face à l’explosion des dépenses sociales non compensées par le budget de l’Etat. Depuis plusieurs semaines, le Syndeac observe une multiplication de réductions brutales de subvention en provenance des départements à l’égard de plusieurs scènes labellisées. Ces baisses s’ajoutent au contexte extrêmement difficile pour la majorité de ses membres. Le Syndeac demande aux départements concernés de revenir sur ces décisions lourdes de conséquences pour les structures qui font vivre la culture sur le territoire français. Le Syndeac observe depuis quelques semaines une multiplication de réductions brutales de subventions à l’encontre de ses membres, notamment en provenance de départements. En moins d’une semaine, quatre structures adhérentes ont rendu public des coupes budgétaires importantes et sans aucun préavis permettant de les anticiper : Le 19 avril, le Théâtre de la Cité – CDN Toulouse Occitanie, apprend une coupe de 80% de sa subvention départementale, soit une baisse de financement de 190 000 euros en pleine saison. Le 22 avril, la Maison des Arts de Créteil est amputée de 150 000 euros sur ses subventions départementales, ce qui la contraint à retarder l’ouverture de sa saison 2024-2025 en novembre et annuler 6 spectacles. Cela représente 6 à 8 semaines de déprogrammation sur les deux salles de la structure. Le conseil départemental de l’Hérault annonce au début du mois la fermeture du service de prêts de matériels techniques et scéniques (HMS) impactant plus de 300 événements sur le territoire soit 500 000 spectateurs. En 2022, les prêts via ce dispositif ont été chiffrés à 1,6 millions d’euros. Le Théâtre National de Nice – Centre Dramatique National Nice Côte d’Azur est également victime d’une coupe de 100 000 euros. La Commune – Centre dramatique national Aubervilliers a subi également une baisse, certes plus relative mais non négligeable de 25 000 euros. Ce mouvement récent dans les départements confirme une situation analysée conjointement par le Syndeac et les associations d’élus dans le cadre d’une rencontre organisée le 10 avril dernier. La situation plus particulière des départements, identifiée depuis près d’une décennie, se confirme aujourd’hui en raison de l’explosion des dépenses sociales non compensées par le budget de l’État et qui obligent ces collectivités à des coupes importantes ; la culture est souvent le premier facteur d’ajustement, ce que nous dénonçons évidemment. Ces coupes interviennent qui plus est dans un contexte inflationniste dont les effets sont aujourd’hui connus par le ministère de la culture. 45 % des labels de l’État sont en effet en déficit en 2023 – ce qui est totalement inédit – avec une certitude d’aggravation de leurs ressources au cours de l’année 2024. Le Syndeac demande aux départements ayant procédé à des coupes de revenir sur ces décisions lourdes de conséquences pour les structures qui font vivre la culture sur le territoire français. Nous devons peser collectivement sur les décisions du gouvernement qui ne peut espérer combler son déficit en condamnant le service public de la culture. Les coupes budgétaires, qu’elles proviennent de l’État ou des collectivités, provoquent un seul effet redoutable : la suppression d’emplois artistiques et techniques dans le spectacle vivant. Couper des subventions à la culture consiste à mettre en place un plan social de grande envergure à bas bruit, générant par ailleurs des conséquences sur les dépenses sociales.
100 millions d’euros en moins pour la culture

Le secteur du spectacle vivant est en crise. Cela fait un an maintenant que le Syndeac demande un refinancement de son écosystème. Les professionnels n’ont pas été entendus dans le cadre du projet de loi de finances pour 2024. La prétendue hausse du budget de la culture à 7%, n’a jamais concerné le spectacle vivant. A cet état de fait, vient s’ajouter la pire des nouvelles, celle d’une coupe budgétaire de près de 100 millions d’euros, appliquée au programme 131, celui qui concerne la création artistique. Le Gouvernement signe, par cette décision de Bruno Le Maire, la mort en nombre des structures et la disparition de l’originalité artistique et culturelle nationale. Le service public de l’art et de la culture est pour la première fois menacé, alors même que la nouvelle ministre de la culture, à peine nommée, s’en était fait la porte-parole lors de la cérémonie de ses vœux. Le « Printemps de la ruralité” n’aura pas lieu avec 100 millions d’euros de moins ! Le plan « mieux produire mieux diffuser », crédité de 9 millions d’euros, est mort à l’instant de cette suppression de crédits budgétaires. Telles sont les raisons du courrier que nous adressons à la ministre de la culture. Le Syndeac écrit aussi ce jour à tous les député.e.s, sénateurs et sénatrices membres des commissions culture de l’Assemblée nationale et du Sénat pour que, dès la semaine prochaine, ils et elles interpellent le Gouvernement sur cette décision gravissime. Le Syndeac interpelle enfin le Premier ministre en lui demandant de revenir sur des arbitrages tragiques dont les conséquences directes sur l’emploi seront visibles à court terme. Cette décision unilatérale gouvernementale, décidée quelques semaines après l’adoption de la loi de finances, avec recours à l’art 49-3 de la Constitution, contourne à nouveau les parlementaires, députés et sénateurs.
Le Syndeac et l’ASN interpellent le ministère sur l’indépendance de la direction de la Scène nationale de Brest
Le Syndeac et l’ASN se réjouissent de l’inauguration, ce 19 janvier 2024, du Quartz, Scène nationale de Brest, suite à des travaux importants de rénovation. Chaque fois qu’un équipement culturel est l’objet de travaux de réhabilitation, c’est en définitive l’affirmation d’une ambition au service de la culture et des publics que nous ne pouvons que saluer. Cette réouverture intervient après des événements datant tout juste d’un an et qui ont abouti au départ de l’ancienne directrice. Ils révélaient une gouvernance atypique, la Scène nationale étant un « service » au sein de Brest’aim, société d’économie mixte, le Syndeac et l’ASN ont dénoncé cette situation et demandé à ce que le ministère de la Culture agisse avec ses partenaires publics pour établir une gouvernance en conformité avec l’esprit et la lettre du label national. Bien qu’un rapport de l’inspection générale des affaires culturelles ait fait état de la nécessité d’aller vers une autonomie de la Scène nationale, la procédure de recrutement de la nouvelle direction a été initiée sans qu’il soit fait état d’une notable évolution. Elle reste inscrite dans le cadre antérieur, celle d’une direction déléguée relevant de l’autorité hiérarchique du Directeur Général de la SEM. À ce jour aucun élément ne permet de garantir l’autonomie de la direction en cours de recrutement pour la part relevant de la Scène nationale. Le Syndeac et l’ASN demandent que les partenaires publics expriment une position sans équivoque sur l’indépendance de la future direction en cours du Quartz dans le cadre de sa gouvernance singulière et de la coactivité des congrès. Ils profitent de cet événement inaugural pour saluer l’engagement des équipes de la Scène nationale au service des publics et des artistes.
Loi immigration : consternation du spectacle vivant public
Suite au vote à l’Assemblée nationale de la loi relative à l’immigration, issue de la commission mixte paritaire, nous syndicats, associations représentatives du secteur du spectacle vivant, tenons à faire part au gouvernement, au nom de l’ensemble de nos adhérent·es, de notre profonde consternation. Nous désapprouvons totalement le contenu de cette loi qui aura, si elle était appliquée, des conséquences désastreuses dans l’exercice de nos métiers. Certains articles de cette loi s’opposent directement aux valeurs fondamentales sur la base desquelles se construit notre politique publique culturelle. L’universalisme de la France, son ouverture et sa politique d’accueil, son engagement à inclure et à intégrer par le partage des savoirs, sa constitution qui entend accorder à toutes et à tous de pouvoir accéder aux mêmes droits, seront grandement remis en cause. Nous ne pouvons accepter des mesures qui contribueront très concrètement et inévitablement à un repli de la société française sur elle-même. Nous ne pouvons accepter que nos étudiantes et étudiants étrangers, accueilli·es au sein de nos écoles supérieures nationales d’enseignement artistique, se voient soudainement traité·es différemment de leurs homologues nés sur le territoire français. Nous ne pouvons tolérer qu’ils et elles soient dans l’obligation de devoir payer – ou réserver – des « cautions financières de retour » afin de pouvoir intégrer nos écoles et accéder à nos formations. Nous rejetons l’idée d’appliquer de façon généralisée une majoration des droits d’inscription pour ces étudiantes et étudiants extra-communautaires. Nous ne pouvons accepter non plus que les artistes et ou technicien·nes étranger.es, avec lesquel·les nous travaillons, qui intègrent les distributions de nos spectacles, n’aient pas les mêmes droits sociaux que leurs collègues, au nom d’une intolérable « préférence nationale ». Cette idée empruntée à l’extrême-droite est totalement antinomique avec l’idée de produire des œuvres qui se nourrissent précisément de l’échange et de la rencontre avec l’autre. Quant à la spécificité de l’emploi artistique, et notamment sa discontinuité, elle rendra quasiment impossible l’intégration par le travail et l’accession à l’ouverture de droits sociaux minimaux. L’engagement de nos lieux d’arts et de culture, dans l’accueil des artistes en situation d’exil et demandeurs d’asiles politiques, comme ce fut récemment le cas avec le retour au pouvoir des Talibans en Afghanistan, ou suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, risque également d’être empêché par l’application de cette nouvelle loi. Au quotidien, dans l’exercice de nos missions de service public, nous oeuvrons à rassembler, sans aucune distinction d’origines sociales ou géographiques ni même de statut administratif. Nous travaillons, jour après jour, dans le cadre des droits culturels, à permettre une égalité d’accès à toutes et tous aux propositions artistiques qu’offre notre pays. Il est inimaginable que notre action sur le terrain, puisse être entravée par l’application d’une loi qui emprunte nombre de ses articles au programme de partis politiques extrémistes, que nous sommes par ailleurs engagé·es à combattre, tant la banalisation de leur idéologie contrevient aux valeurs humanistes qui sont les nôtres. L’image de la France, telle que notre vitalité artistique et culturelle a contribué à la construire aux yeux du monde entier, en serait profondément dégradée. La France, dans son histoire, a accueilli des milliers d’artistes étranger·es sur son sol, qui eux-mêmes ont enrichi notre culture. L’identité et la culture françaises ne sont pas figées. Elles vivent et se transforment significativement et positivement grâce à notre politique d’accueil et d’intégration. C’est pourquoi nous appelons à une mobilisation massive contre l’entrée en vigueur de cette loi, qui porte gravement atteinte aux droits des étranger·es en France. Signataires : ACCN · Association des centres chorégraphiques nationaux A-CDCN · Association des centres de développement chorégraphique nationaux ACDN · Association des centres dramatiques nationaux A-Cnarep · Association des centres nationaux des arts de la rue et de l’espace public ASN · Association des scènes nationales FASAP-FO · Fédération des arts, du spectacle, de l’audiovisuel et de la presse Fevis · Fédération des Ensembles Vocaux et Instrumentaux Spécialisés France festivals Fédération Communication Conseil Culture CFDT Les Forces musicales Profedim Territoires de cirque Syndicat national des Musiciens et du Monde de la Musique Force Ouvrière Syndicat national libre des artistes Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles Syndicat national des scènes publiques TÉLÉCHARGER LA VERSION PDF