La nouvelle Commission européenne néglige gravement la question culturelle

Ursula von der Leyen a annoncé hier la nomination des 26 commissaires européens constituant sa nouvelle équipe. Ces nominations entreront en fonction après validation des candidatures par le Parlement européen. Nous saluons la parité qui a présidé à la constitution de cet exécutif autour de la présidente de la Commission européenne.
 
Cette dernière a confié à Mariya Gabriel la direction générale de la recherche et de l’innovation ainsi que de l’éducation, de la jeunesse, des sports et de la culture. Cependant, le mot « culture » ne figure pas dans le titre de son nouveau portefeuille : « Innovation et jeunesse ». L’absence d’un portefeuille « Culture » ainsi dénommé donne l’impression d’une démission face aux enjeux de la lutte contre la montée des populismes en Europe que l’ancienne Commission et l’ancien Parlement avaient à juste titre priorisée.


Les acteurs culturels se sont mobilisés sans relâche ces cinq dernières années pour une meilleure représentativité de leur secteur, source de cohésion entre les peuples européens, aussi la disparition explicite de la Culture dans l’organigramme politique de la Commission nous semble particulièrement préoccupante.


Le plaidoyer en faveur d’une Europe plus inclusive reposant sur la Culture a été entendu à la fin de la présidence Junker et reconnu par les engagements du Parlement européen dans le cadre de l’élaboration du budget dédié à la Culture. Les stratégies européennes se sont fait l’écho d’un retour de l’Art et à la Culture, avec le soutien engagé de l’exécutif européen.  

                                                                                                          
Alors que les dernières élections européennes ont montré un léger reflux des votes populistes, ce signe d’abandon du secteur de l’Art et de la Culture entre en contradiction manifeste avec la volonté des peuples européens. Nous ne pouvons nous satisfaire d’un seul commissariat à l’innovation et à la jeunesse dans lequel les Arts et la Culture seront marginalisés ! Nous interpellons la Présidente de la Commission pour que la Culture retrouve sa mission politique émancipatrice et qu’elle figure explicitement dans l’organigramme de la Commission.

 
Le Syndeac avec tous les acteurs et réseaux européens concernés vont reprendre leur plaidoyer pour une Europe responsable et citoyenne, incluant la Culture comme ciment de la construction entre les peuples. 


Le Syndeac appelle à une mobilisation politique à l’occasion du débat qu’il organisera le 28 octobre prochain à la Maison de l’Europe à Paris, pour approfondir ces enjeux. 

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