Disparition d’Ousmane Sy

Le collectif FAIR-E et l’équipe du Centre Chorégraphique National de Rennes et de Bretagne rendent hommage à Ousmane Sy.

Le Syndeac partage la peine de cette disparition brutale et s’en fait l’écho avec émotion.


Ses interventions et son implication dans les réflexions sur la danse, initiées par le groupe de travail dédié du Syndeac en septembre dernier à Chaillot, témoignaient aussi de sa générosité et de son ouverture aux autres. 


À leurs côtés, nous tenons à témoigner de notre soutien auprès de sa famille, de ses proches, de ses collaboratrice·eur·s.

 

Disparition d’Ousmane Sy

 

Le CCN de Rennes et de Bretagne, dirigé par le Collectif FAIR-E, a le regret d’annoncer la disparition d’un de ses artistes codirecteurs, Ousmane Sy, la nuit du 26 au 27 décembre. Toute l’équipe se joint à la douleur de sa famille, de ses proches et amis, des groupes Wanted Posse, Serial Stepperz et Paradox-sal, qui remercient les messages et témoignages sobres, ainsi que le respect dont on lui fait part.

 

Ousmane Sy, 45 ans, codirigeait le CCN de Rennes et de Bretagne avec le collectif FAIR-E, depuis janvier 2019. Depuis ses premiers footworks il y a bientôt trente ans, il s’est attaché à traduire en danse sa fascination pour le mouvement concerté d’une équipe de football. Son univers artistique, présent sur des terrains multiples, se compose de passements de jambes, de courses croisées, d’échanges transversaux entre le dance floor et la scène et d’un irrépressible désir de dépassement de soi à travers le groupe.

 

Un pied dans le club, l’autre dans le battle : c’est entre ces espaces d’expression qu‘Ousmane, dit « Babson » a revendiqué son appartenance à la house jusqu’à en devenir un des ambassadeurs majeurs en France. En décrochant le titre du « Battle of the year » en 2001 avec Wanted Posse, il a porté la « French touch » au sommet de la scène internationale en transposant, au centre du défi, la gestuelle androgyne inspirée des boîtes de nuit new-yorkaises. Loin de s’interrompre aux frontières du plan Marshall, sa danse s’intéresse progressivement à ce que la rythmique house porte d’histoires croisées et de filiations afro-descendantes. Ainsi naît l’« Afro House Spirit », style contemporain empreint de l’héritage des danses traditionnelles africaines et antillaises.

 

Par la mise en scène, l’instigateur des soirées All 4 House, s’est appliqué à accorder les cheminements individuels des danseuses du groupe Paradox-sal, qu’il a formé à la house depuis des années, au cours d’une création en plusieurs actes. Les interprètes y relatent leurs féminités en mouvement ; de la quête de reconnaissance de leurs pairs, dans Fighting spirit, au passage de l’intime à l’émancipation, avec Queen Blood. Ousmane Sy a poursuivi par le geste chorégraphique une recherche esthétique influencée autant par le corps de ballet, que l’esprit freestyle du hip hop ou les combinaisons tactiques du sport à onze, traversé par la conviction que l’identité s’accomplit au service de l’entité.

 

Le Collectif FAIR-E (composé de Bouside Ait Atmane, Iffra Dia, Johanna Faye, Céline Gallet, Linda Hayford, Saïdo Lehlouh, Marion Poupinet), le bureau et l’équipe du CCNRB.

 

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