Rapport « Musiques ! » La presse en parle

Les premières retombées du rapport « Musiques ! Des enjeux publics aux logiques privées » soulèvent le débat : tant mieux ! Les adhérent·es du Syndeac sont prêt·es à échanger pour construire demain une filière musicale plus juste. Le rôle du CNM à cet égard est essentiel. Depuis la création du Centre national de la musique en 2020, le Syndeac participe et contribue à la vie de cet établissement public via ses instances (au Conseil d’administration pendant 2 ans), ses commissions d’attribution des aides ou ses différentes concertations (place des musiques classique et contemporaine, droit de tirage, évaluation des aides sélectives, etc.). Notre syndicat y défend l’idée que, pour être « la maison commune de toutes les musiques », le CNM doit embrasser la logique d’intérêt général qui découlent de son statut d’établissement public sous la tutelle de l’État. Un premier rapport, publié en 2023, exposait cette idée. Notre toute dernière publication l’approfondit, et élargit l’analyse aux différents mécanismes de financements de la filière musicale. De là, 15 propositions pour transformer ensemble l’écosystème de la création musicale. Des propositions dont la presse se fait l’écho Une analyse au scalpel du fonctionnement du champ musical, des conclusions édifiantes sur les points de faiblesse du Centre national de la musique (CNM), de la Sacem et de l’Etat pour mieux suggérer un catalogue d’une quinzaine de propositions  Nicole Vulser, Le Monde, article du 13 juillet le Syndeac pose les bases vers une réforme du service public de la musique, avant qu’il ne soit trop tard.  Olivier Lamm, Libération, article du 7 juillet LIRE LE RAPPORT

15 propositions pour une filière musicale plus juste

Dans un nouveau rapport, nous dénonçons, chiffres à l’appui, les mécanismes marchands qui imprègnent les politiques publiques musicales et les grandes institutions du secteur. Malgré les nombreux enjeux publics de la musique – première pratique culturelle des Français·es -, les logiques privées (visibilité, rentabilité, etc.) dominent la filière. Nous formulons 15 propositions pour une filière musicale plus juste. Après un premier livret sorti en 2023 – Création musicale : pour une politique publique à la hauteur des enjeux  – et fort d’un afflux de nouveaux membres issus du champ musical, le Syndeac continue son travail d’analyse et de propositions pour la filière musicale. Ce travail, dense et chiffré, est particulièrement porté par le groupe Musique du Syndeac, représentatif de l’écosystème musical puisque composé d’artistes musicien·nes, de directions de festivals, de SMAC, d’ensembles, de CNCM, de compagnies musicales et de salles de spectacles pluridisciplinaires. LIRE LE RAPPORT DES CONSTATS De l’État au CNM en passant par la Sacem et les établissements labellisés, le Syndeac fait un constat simple : les logiques marchandes guident les politiques publiques musicales et influencent le soutien des grandes institutions du secteur. Parallèlement, l’État ne propose pas de vision stratégique à moyen et long terme pour la création musicale, pour les artistes vivant·es : une partie importante du budget du ministère est consacré au “répertoire”, c’est-à-dire à la musique dite classique. Dans ce cadre, le rapport du Syndeac met en avant 3 idées fortes : La politique publique de la musique doit permettre aux habitant·es de découvrir des artistes qu’iels ne connaissent pas plutôt que des artistes qu’iels connaissent déjà Les aides financières du secteur doivent privilégier une logique de redistribution plutôt que de répartition L’État doit consolider l’écosystème de la création musicale en dépassant les débats esthétiques et en renforçant l’engagement des institutions clés dans le soutien aux artistes vivant·es DES CHIFFRES CLÉS De la politique de financement de la création musicale par l’État au soutien financier du Centre national de la musique en passant par la politique d’action culturelle de la Sacem, le rapport présente de nombreuses analyses sourcées et chiffrées.  Quelques exemples : 1,9 millions € : montant cumulé des 133 aides attribuées par le CNM aux trois majors=> est-il légitime qu’un établissement public soutienne dans ces proportions 3 multinationales ? 21 218€ : les droits d’auteur qu’il faut toucher chaque année en moyenne pour se présenter au Conseil d’administration de la Sacem=> un problème criant de représentativité des auteur·ices et compositeur·ices qui font vivre la filière musicale Entre 2% et 10% : part de compositeur·ices vivant·es dans les progs des opéras et des orchestres=> des chiffres largement insuffisants pour des entreprises labellisées du service public 18% : la part des crédits déconcentrés de l’État qui soutient des projets musicaux portés par des femmes=> la parité des moyens de création et de production est une urgence et une exigence de service public. 66% : c’est la part de “musiques actuelles” que le CNM exige pour aider un festival de musique=> un critère ubuesque pour un établissement public qui prétend être la “maison commune de toutes les musiques” NOS 15 PROPOSITIONS Pour un Centre national de la musique qui soit une vraie maison commune :1° Élargissement du champ de la taxe sur la billetterie à toutes les esthétiques et déplafonnement de la taxe2° Fin des barrières à l’entrée économiques et esthétiques des aides du CNM3° Instaurer un plafond à 300 000 € d’aides par an par structure ; idem pour le droit de tirage4° Rendre les instances du CNM réellement représentatives de la filière musicale5° Généraliser le plafonnement de la prise en compte des cachets dans le calcul des aides6° Lancer trois études inédites pour renforcer le rôle d’observatoire du CNM (rôle des EA, pluris et CNCM)  Pour des opéras et des orchestres davantage promoteurs de la création musicale :1° Réforme des CDC des opéras et orchestres (50% de compositeur·ices vivant·es, 50% de femmes, EAC)2° Transformation de maisons d’opéras en laboratoires de création, avec l’appui du ministère3° Promotion de nouvelles modalités de créa-prod-diff d’œuvres opératiques (type Co[opéra]tive) Pour une Sacem qui réaffirme son soutien historique à toutes les créations musicales1° Concertation pour fléchir la politique d’action culturelle de la Sacem2° S’investir dans les instances de la Sacem pour pallier l’inadaptation structurelle du CA3° Consolider la présence du Syndeac dans la filière musicale en adhérant à Tous Pour la musique4° Améliorer encore la base de données en ligne de l’action culturelle des OGC Pour un État plus à l’écoute de la filière et qui respecte ses engagements1° Orienter en priorité son soutien vers les équipes artistiques féminines2° Débureaucratiser les processus de demandes de soutien des dispositifs du ministère et de ses opérateurs

Montpellier Danse : une après-midi forte autour de « Ce que peut la danse »

La journée du 24 juin à Montpellier a été marquée par un temps fort consacré à la danse et à son rôle dans les politiques publiques, dans le cadre du festival Montpellier Danse à l’Agora – Cité Internationale de la Danse Une présentation collective d’ampleur L’après-midi, à 15h, la présentation publique de l’initiative « Ce que peut la danse : 20 propositions pour un aménagement chorégraphique territorial » a rassemblé un public nombreux autour d’un projet collectif porté par de nombreux acteurs du secteur chorégraphique : A-CCN / A-CDCN, LAPAS, Chorégraphes associé·es, Sillage-S, Réunion des opéras de France (ROF), Entredanse, Thalie Santé, L’Office National de la diffusion artistique (ONDA), avec l’appui des ressources du CN D. Ce moment a donné à voir un travail de fond engagé depuis plusieurs mois par le groupe danse du Syndeac. Pour l’occasion,  un live streaming était organisé et a réuni environ 250 personnes, hors public présent sur place. Au-delà des chiffres, c’est surtout la dynamique collective et l’énergie de la rencontre qui ont marqué cette étape, portée par une forte mobilisation des structures et des relais sur les réseaux. https://youtu.be/nI69zcMAZ8g Un travail de plaidoyer structuré Cette présentation s’inscrit dans une démarche nationale de concertation qui a permis de partager les grands axes du plaidoyer : la place de la danse dans la société la permanence artistique et les conditions de création les circulations des œuvres et des artistes sur les territoires lire le livret (pdf) Une journée marquée par une forte intensité La rencontre s’est conclue dans une atmosphère particulièrement forte, notamment avec une clôture dansée devenue un moment marquant de la journée. En amont, la matinée avait été consacrée à une conférence de presse du Syndeac, revenant sur la situation préoccupante du service public de la culture et les risques pesant sur le secteur du spectacle vivant. Les échanges ont rappelé la nécessité de défendre les conditions de création et de diffusion, essentielles à la vitalité artistique et à la présence de la culture sur l’ensemble des territoires. Une dynamique qui se poursuit à Avignon Dans la continuité de cette journée, la mobilisation autour de la danse se poursuit tout au long de l’été dans plusieurs festivals en France. À Avignon, La belle scène saint-denis accueille le Syndeac pour un second temps de présentation de la campagne « Ce que peut la danse ». Ce nouveau rendez-vous permettra de prolonger les échanges engagés autour de la place de la danse dans les politiques publiques et de partager les travaux du groupe danse du Syndeac. Il sera également l’occasion de présenter un nouvel outil de la campagne : une série de cartes conçues pour nourrir le dialogue avec les collectivités territoriales et les élu·es.

Ce que peut la danse : un plaidoyer, des outils, des débats – lancement le 24 juin à Montpellier

Avec une multitude d’acteurs du secteur chorégraphique, nous lançons une campagne et un plaidoyer en 20 propositions pour redonner à la danse la place qu’elle mérite dans les politiques publiques. Présentation le 24 juin à Montpellier Danse. La danse remplit les salles. Elle s’invite à l’école, à l’hôpital, sur les places des villages, dans les studios et jusque sur les réseaux sociaux. Elle se pratique à tous les âges, partout, par des millions de personnes. La France est une terre de danse, et cela se voit. Pourtant, dans les programmations, on la voit de moins en moins. Pourtant, auprès des élu·es, on la connaît mal. Le champ chorégraphique traverse une crise qui n’a rien d’un accident passager : elle est structurelle, profonde, et elle fragilise tout l’écosystème : des équipes artistiques aux lieux en passant par les réseaux. La danse ne disparaît pas d’un coup. Elle s’efface doucement et silencieusement des priorités des politiques culturelles. C’est précisément ce mouvement que nous voulons enrayer ! D’un plan à une refondation En 2020, déjà, le secteur tirait la sonnette d’alarme. Une tribune, puis un premier « Plan en faveur de la danse » élaboré avec l’A-CCN, l’A-CDCN, LAPAS et Chorégraphes associé·es, présenté à la Délégation à la danse du ministère de la Culture et partagé à Avignon en 2021. Six ans plus tard, le constat s’est aggravé. Alors le ton change. Il ne s’agit plus seulement d’alerter : il s’agit d’engager une refondation, et de l’engager maintenant. Pour y parvenir, une démarche collective de grande ampleur a réuni artistes, chorégraphes, équipes, festivals, CCN, CDCN, scènes nationales et conventionnées, chercheur·euses, syndicats et institutions. Un séminaire national, organisé en mai 2026 au Théâtre Louis Aragon, est venu enrichir et actualiser cette réflexion. De ce chantier est né un livret-plaidoyer : « Ce que peut la danse – 20 propositions pour un aménagement chorégraphique territorial ». La danse n’est pas qu’une affaire de culture Voilà le cœur de l’argument. La danse touche à l’éducation et à la jeunesse. À la santé publique et au bien-être. À l’inclusion sociale, à l’égalité, à la recherche, à l’aménagement du territoire. Elle est à la croisée de tout cela. Une politique de la danse digne de ce nom ne peut donc pas rester l’affaire d’un seul ministère. Elle doit être transversale, ambitieuse, interministérielle. C’est tout le sens de la première proposition du plaidoyer : un Plan national interministériel pour la danse associant l’État, les collectivités territoriales et l’ensemble des ministères concernés. 20 propositions, trois grandes priorités Le livret déroule un diagnostic en trois temps : la danse au cœur de la société, de l’œuvre à la permanence artistique, repenser les circulations dans les territoires,  avant de le synthétiser en vingt propositions concrètes, déclinées à court et à long terme. Trois priorités s’en dégagent : Une politique nationale ambitieuse :  rééquilibrer durablement les financements, sécuriser les moyens des structures et des compagnies, simplifier l’action publique, et porter une attention réelle aux territoires ruraux et ultramarins. Une danse mieux diffusée, partout : généraliser des dispositifs comme « Danses en territoires », créer des programmes de chorégraphes associé·es, renforcer le rôle des CCN et des CDCN, inscrire une véritable « compétence danse » dans les contrats d’objectifs des scènes. Parce qu’aujourd’hui, le déséquilibre est criant : en 2023, la danse ne pesait que 19 % de la programmation des artistes associés en scènes nationales, contre 46 % pour le théâtre. Des parcours reconnus et sécurisés : construire un continuum de soutien aux auteur·ices-chorégraphes, de la recherche à la transmission. Créer un référentiel métier du chorégraphe. Mieux rémunérer les interventions artistiques et réformer les statuts pour reconnaître enfin tous les temps de travail. en quelques chiffres Ils disent l’essentiel. La danse ne représente que 4 % des représentations du spectacle vivant et 5 % du public. Les crédits dédiés aux résidences chorégraphiques ont reculé de 24 % entre 2021 et 2024. La part des femmes à la direction des CCN reste toujours très faible (16%) et n’a pas évolué depuis 2018. Une création foisonnante, des publics au rendez-vous  et des moyens qui se contractent. L’écart est devenu intenable. FAIRE SAVOIR ET CONVAINCRE AvANT LES ÉCHÉANCES ÉLECTORALES À un an de la présidentielle, à l’approche des législatives, le moment est choisi. Le plaidoyer s’adresse aux responsables publics, aux ministères, aux collectivités et aux élu·es des territoires. Il ne se contente pas de décrire un problème : il propose des leviers, des dispositifs, des engagements partagés. Autour de ce livret, deux autres outils viendront prolonger le dialogue : une série de 10 cartes à destination des élu·es et technicien·nes, présentée au Festival d’Avignon le 9 juillet, et plusieurs ouverts au grand public, partout en France au cours de second semestre 2026. Trois rendez-vous, un même mouvement. Faire connaître, faire reconnaître, et bâtir ensemble une politique à la hauteur de ce que peut la danse. Rendez-vous le mercredi 24 juin, de 15h à 16h30, salle Béjart (Agora, Cité internationale de la danse à Montpellier), pour la présentation du livret dans le cadre du Festival Montpellier Danse. 🎟️ inscription : pro@agora-cid.com   Le livret sera disponible sur place, à emporter et à faire circuler.

Une mobilisation collective pour l’avenir du champ chorégraphique

Fragilisation des réseaux, précarité économique, déficit de reconnaissance institutionnelle : le secteur chorégraphique se structure pour répondre à une période de tensions sans précédent. UN SÉMINAIRE NATIONAL C’est dans cette perspective que nous avons organisé avec d’autres associations une journée de réflexions et d’ateliers un séminaire le 11 mai dernier au Théâtre Louis Aragon. Ce temps de travail avait pour ambition de formuler des propositions concrètes à destination des partenaires institutionnels, dans la perspective des prochaines échéances présidentielles. Ces propositions s’adressent au ministère de la Culture ainsi qu’aux collectivités territoriales, mais également à d’autres ministères concernés — notamment ceux de la Santé, du Travail et de l’Éducation Un travail engagé depuis plusieurs années Cette démarche s’inscrit dans la continuité d’un travail inter-associatif et intersyndical engagé dès 2021, réunissant le SYNDEAC, l’ACCN, l’A-CDCN, LAPAS et Chorégraphes Associés autour de l’élaboration de propositions en vue d’un « Plan pour la danse ». Ces réflexions faisaient elles-mêmes suite à une démarche prospective initiée par le groupe de travail Danse du Syndeac, notamment à travers une tribune publiée en 2020. Les propositions issues de ce travail collectif ont été présentées à la DGCA dans la perspective d’un « Plan pour la danse 2023-2033 », puis rendues publiques lors de nos journées professionnelles à Avignon en juillet 2021, à travers le document Plan pour la danse : un aménagement chorégraphique du territoire. Aujourd’hui, cette dynamique s’élargit à de nouveaux acteurs et opérateurs du champ chorégraphique. De la concertation élargie à la restitution Cette démarche rassemble une grande diversité d’acteurs — artistes, programmateurs, administrateurs, chorégraphes, CCN, CDCN, scènes nationales, festivals, syndicats et associations professionnelles — auxquels s’associent des représentants d’institutions nationales telles que le Centre national de la danse, la Réunion des Opéras de France, Thalie Santé, l’Association des Chercheurs en danse, Entredanse, Sillage/s ou l’Office national de diffusion artistique. Le Syndeac déploie donc la campagne « Ce que peut la danse » pour mieux faire connaître l’ampleur de la danse aujourd’hui et défendre une politique publique ambitieuse, transversale et territoriale, à partir du plaidoyer de 18 propositions porté avec l’ensemble du secteur, présenté au Festival Montpellier Danse le 24 juin 2026.  Autour de ce plaidoyer, deux outils viennent déployer et renforcer le dialogue avec les élu.es et le grand public, et mettre en lumière la danse aujourd’hui : 10 cartes pour sensibiliser élus et techniciens, présentées à la Belle Seine-Saint-Denis le 9 juillet 2026, et plusieurs débats pour ouvrir la discussion au grand public à partir du second semestre.

Le Syndeac au MaMA 2025 : focus sur les CNCM

Le Syndeac a une nouvelle fois participé à la convention MaMA, le rendez-vous professionnel des musiques actuelles, pour y défendre le modèle d’un service public de la création musicale. Cette année, zoom sur les CNCM (centres nationaux de création musicale) ! Philippe Gordiani, directeur de Césaré et Nadia Ratsimandresy, directrice du Grame / photo Syndeac Temple professionnel des musiques actuelles, la convention MaMA est assez éloignée des enjeux de politiques publiques : les débats sur les algorithmes de Deezer ou sur la “transition écologique” des tournées de Beyoncé sont plus fréquents que ceux sur le financement public du secteur musical ou sur l’importance du renouvellement des esthétiques. Mais, depuis trois ans, nous prenons notre bâton de pèlerin et débattons, défendons, promouvons un autre modèle : celui d’un service public de la création musicale. L’exemple des CNCM à cet égard est très parlant. Nous avons organisé le débat suivant : “Accueil d’artistes, studios, expérimentations : c’est quoi un Centre national de la création musicale ?” Deux professionnel(le)s ont pris la parole pour faire connaître les CNCM et convaincre les jeunes artistes de la pertinence fine de ces structures dans l’écosystème musical : Philippe Gordiani, compositeur et directeur de CÉSARÉ – Centre national de création musicale de Reims, adhérent du Syndeac et président de l’Association des CNCM Nadia Ratsimandresy, compositrice et directrice du GRAME – Centre national de création musicale de Lyon Les premiers échanges ont permis de désacraliser la notion de “création” musicale : personne n’est dépositaire du mot « création », aucune esthétique, aucun(e) artiste. Les CNCM insistent sur l’importance de l’accompagnement sur le temps long des artistes : donner du temps pour que les créatrices et créateurs trouvent “leur” son, “leur” musique On travaille la curiosité, peu importe si on appelle ça ‘musiques contemporaines’, ‘musiques de création’ ou autre chose. Résidences, outils technologiques de pointe, studios de répétition et d’enregistrement : les CNCM ont toutes les cartes pour accompagner les artistes dans leur recherche musicale, dans les expérimentations sonores qu’elles et ils veulent mener. Les CNCM : un exemple d’une politique publique de la création musicale Après avoir décrit les missions des CNCM, Philippe Gordiani et Nadia Ratsimandresy ont souligné une différence fondamentale entre leurs structures et l’immense majorité des structures de musiques actuelles : les CNCM n’ont pas pour objectif d’être lucratifs et rentables – ils sont financés par de l’argent public (État, collectivités) et mènent à ce titre des missions de service public. Les CNCM offrent un espace de liberté créative où les artistes peuvent expérimenter sans contrainte commerciale. La mise en oeuvre d’une politique publique de la musique permet aux CNCM de soutenir la création musicale pour elle-même : l’objectif n’est pas de créer un album pour faire une tournée de 300 concerts, mais d’aider les jeunes artistes à trouver leur langage musical, leur forme d’expression artistique. Les CNCM mènent par ailleurs de nombreuses actions d’éducation artistique et culturelle auprès des habitantes et habitants de leur territoire, loin de l’image des compositeurs et compositrices enfermés dans une tour d’ivoire. Retrouvez notre publication sur la création musicale ici !

La Cour des comptes pointe l’urgence d’une réforme du CNM

Alors que le Conseil d’administration du Centre national de la musique (CNM) a adopté en fin d’année son budget 2025 et la réforme de ses commissions d’aides – contre l’avis des principales organisations professionnelles -, la Cour des Comptes analyse dans un rapport les forces et faiblesses de cet opérateur de l’État et appelle clairement à sa réforme. Les adhérentes et adhérents du Syndeac, qu’il s’agisse de lieux de création-diffusion, d’équipes artistiques ou de festivals, sont au travail pour que la musique bénéficie, au même titre que les autres disciplines artistiques, d’une véritable politique publique. Plusieurs analyses de la Cour des comptes rejoignent le constat fait par le Syndeac dans sa publication de 2023, Création musicale : pour une politique publique à la hauteur des enjeux  Après avoir rappelé le contexte très spécifique dans lequel le CNM est né (au début de la crise sanitaire de 2020), le rapport de la Cour des comptes souligne les difficultés du CNM à exercer son activité “en rythme de croisière”. La Cour y trouve plusieurs causes : objectifs mal définis, moyens disponibles mal utilisés, manque de données fiables, gouvernance peu adaptée… La Cour des comptes n’impute toutefois pas toute la responsabilité au seul CNM et pointe les manquements de l’État et du ministère de la Culture à cet égard. Le Syndeac ressort du rapport les éléments suivants : La crise sanitaire, bien gérée, a déstabilisé la gestion “en période normale” du CNM La Cour a fait les comptes : ce sont au total 320 millions d’euros d’aides exceptionnelles que le CNM a versés pendant la crise COVID, soit environ 20% des crédits totaux de relance attribués à la culture par l’État. Le CNM s’est “parfaitement acquitté de son rôle” pendant la crise en mettant rapidement et efficacement à disposition les crédits exceptionnels malgré le fait qu’il n’ait pas été créé pour cela. Cela ne s’est toutefois pas fait sans heurts en interne, la crise ayant “laissé le personnel, aux dires mêmes de la direction, exsangue”. Fin 2023, le CNM disposait d’un reliquat important de ces “crédits exceptionnels” estimé à 105 millions d’euros. La Cour pointe l’importance de ce reliquat et indique que cela “ne résulte pas d’une carence du CNM, mais d’un surdimensionnement des dotations au regard des besoins réels, l’État ayant doublonné certains dispositifs d’aides du CNM avec des dispositifs généraux [de l’État]”. Le fait est que ces fonds exceptionnels, gardés par le CNM après la crise sanitaire avec l’accord de l’État, ont “percuté durablement les équilibres originels” envisagés pour l’établissement. En effet, le CNM a utilisé près des deux-tiers de ces reliquats pour abonder ses dispositifs d’aides pérennes. Cet accroissement budgétaire inattendu a été au coeur des débats sur le budget 2025 et la réforme des aides (cf. plus bas). L’absence de vision stratégique de l’État impacte directement l’activité du CNM En énumérant les 11 missions qui sont attribuées au CNM depuis sa création, la Cour des comptes ne manque pas de pointer du doigt l’absence de hiérarchisation au sein de ces objectifs. Elle souligne que “ce foisonnement [d’objectifs] témoigne en creux de l’absence de choix du gouvernement et du législateur, ainsi que le défaut d’une politique explicite de la filière musicale”. Si la Cour estime que la cotutelle DGMIC-DGCA exercée sur le CNM est une bonne chose en soi, elle dénonce sans ambages l’absence de vision stratégique globale du ministère de la Culture en matière de politique publique de la musique. Ainsi, “[Cette tutelle] ne saurait cependant dispenser le ministère de définir une politique de la filière musicale, elle-même composante d’une politique de la musique plus vaste. Malgré des relances, la délégation à la musique n’a pas été en mesure de fournir les éléments constitutifs de la politique de la musique dans le spectacle vivant alors qu’elle est chargée de l’élaborer, au sein de la DGCA, avec divers opérateurs, dont le CNM.” Et la Cour conclut : “il n’existe pas de politique publique formalisée de la filière musicale”. Un constat que le Syndeac partage évidemment et qu’il a explicité dans sa publication Création musicale : pour une politique publique à la hauteur des enjeux?«  Ce “pilotage stratégique lacunaire” s’incarne aussi dans une certaine lenteur de l’État à définir un cadre structurant d’activité pour le CNM. Ainsi, créé en 2020, le CNM et son Président n’ont reçu leur première lettre de mission qu’en octobre 2021 et n’ont signé qu’en juin 2024 leur premier contrat d’objectifs et de performances (2024-2028). Nulle surprise, dans ce cadre, à constater par exemple que l’éducation artistique et culturelle, mission de service public s’il en est, est complètement absente du CNM : une “invisibilisation […] d’autant plus paradoxale que l’EAC a un lien fort avec la filière musicale et qu’elle constitue une priorité du ministère”.   Le manque de données fiables et transparentes empêche la création d’une vision “partagée” de la politique du CNM La Cour interroge le manque d’éléments chiffrés et consolidés dans le secteur, d’un bout à l’autre de la chaîne : de la situation économique réelle des structures à l’utilisation et au effet levier réel des aides distribuées. Si l’observation de la filière est l’un des axes prioritaires du CNM et que des avancées significatives sont à noter, la Cour constate notamment qu’il “manque toujours des données exhaustives sur le spectacle vivant et la musique enregistrée, qu’il s’agisse de la fréquentation, du chiffre d’affaires, de la ventilation par esthétiques ou types d’acteurs ou de l’emploi”. De manière plus prégnante, le rapport s’inquiète de “l’éclatement entre les données publiques et privées”. En premier lieu, la Cour des comptes ne peut que dénoncer l’absence de données disponibles objectives du marché de la musique enregistrée : chaque année, c’est en effet le Syndicat national de l’édition phonographique (SNEP), représentant des plus gros labels, qui divulgue lui-même les meilleures ventes, les grands chiffres de l’année, la situation du secteur… Or, “le SNEP n’entend pas que le CNM reprenne sa mission d’analyse du marché” écrit la Cour : un problème d’objectivation des données qui pourrait remettre en cause les

ACCN | Discours d’Olivia Grandville à l’occasion des 40 ans des CCN

40 ans des CCN

L’Association des centres chorégraphiques nationaux a fêté la semaine dernière, les 40 ans de la création des CCN. A cette occasion, Olivia Grandville a prononcé un discours particulièrement fort, que le Syndeac relaie auprès de tous ses membres et au-delà. La place et le rôle du secteur chorégraphique reste au coeur des préoccupations syndicales. Olivia Grandville à l’occasion des 40 ans des CCN | ©️ David Fritz Goeppinger Bonjour à toutes et à tous Il y a 10 ans au moment de la célébration des 30 ans des CCN, le programme était festif, foisonnant, exclusivement chorégraphique et je ne pense pas qu’il ait donné lieu à quelques tables rondes ni auto-évaluations que ce soit. Aujourd’hui l’atmosphère n’est pas qu’à la fête.  En 10 ans les temps ont considérablement changé, pour le meilleur souvent, à travers les multiples questions qui agitent et refondent les valeurs de la société, mais pas que.  L’heure est à l’inquiétude et le monde de la culture n’y échappe pas au vu des récentes coupes claires dont le secteur est victime dans déjà deux régions. Alors 40 ans, c’est l’âge des bilans, et l’occasion aussi de se souvenir du contexte qui a vu naître ces institutions en 1984 à la faveur d’un grand mouvement d’espoir pour l’art et la culture, un vent joyeux qui a soufflé pendant un peu plus de 10 ans au tournant des années 80, porté par une vision politique qui voulaient inviter, je cite : « tous les hommes et les femmes de culture à venir partager leur savoir, à s’associer plus que jamais à la vie de la communauté… », pensant que « La cité tout entière en serait changée, et peut-être même le sens profond de la politique ». À la suite de ce discours de François Mitterrand et de la nomination de Jack Lang, le budget de la culture a doublé, celui consacré à la danse a été multiplié par 4 et les 12 premiers Centres chorégraphiques nationaux ont été créés dans un paysage qui comptait alors environ 80 compagnies répertoriées, toutes esthétiques confondues. Elles sont aujourd’hui presque 600, et les CCN ne sont passés qu’au nombre de 19, dont 3 femmes directrices contre 2 à l’époque. Les Centres dramatiques nationaux, eux, sont aujourd’hui 38, leurs missions, je cite : « des lieux où peuvent se rencontrer et s’articuler toutes les dimensions du théâtre : la recherche, l’écriture, la création, la diffusion, la formation. » Celles des CCN est en premier lieu, je cite encore « de permettre la recherche et l’expérimentation et de participer au renouvellement des formes chorégraphiques. » Il s’agit surtout de ne pas l’oublier, mais nous attendons toujours la suite. Ce travail de renouvellement des formes chorégraphiques, nous l’avons fait. À la faveur de cet élan, la France est devenue un carrefour des cultures chorégraphiques internationales, une terre d’accueil, dont témoigne le foisonnement stylistique qui occupe les plateaux d’aujourd’hui, rendant obsolètes les anciennes nomenclatures : classique, contemporain, hip-hop…Il serait Il serait d’ailleurs temps de cesser d’avoir peur de nommer les choses et de montrer autant d’inventivité dans la manière de définir nos esthétiques que la musique qui voyage de l’ambiant techno au latin-metal en passant par le minimalisme punk ou le disco expérimental….Toutes les danses c’est bien, mais il est quand même bon de savoir de quoi l’on parle, sous peine de tout uniformiser. La danse est polymorphe en effet et elle est partout.  La première image qui accueille le voyageur débarquant à l’aéroport d’Orly est une image de danseur, de même sur le fronton de la bourse de Paris. Car la danse est super « vendeuse » ! Les publicités des marques de luxe sur les murs du métro affichent des mises en scène chorégraphiques et on a pu voir le rôle majeur qu’elle a occupé dans la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques. En réalité depuis 40 ans que les actrices et les acteurs du monde chorégraphique œuvrent auprès des habitants ; en banlieue, en zone rurale, en ville ; des écoles primaires aux lycées, des universités aux hôpitaux, des comités d’entreprise aux associations, des prisons aux scènes de théâtre ; la danse s’est infiltrée partout, par le web, les réseaux, dans toutes les réalités sociales. Nous créons sans cesse du lien et des valeurs émancipatrices. Mais attention, nous ne sommes pas non plus des animateurs culturels ni des influenceuses de produits, il ne faudrait pas que la grande générosité de la danse se retourne contre elle et viennent étayer certains discours rances contre une culture jugée trop exigeante pour le soi-disant goût populaire, qui a surtout bon dos.   Et d’ailleurs le mot culture est resté le grand absent des débats politiques, sauf à détourner la notion de droits culturels pour mieux en exclure certaines. Et plus rare encore que le mot culture, ce sont les termes de création, créatrices, chercheurs qui frappent aujourd’hui par leurs absences. Car avant de parler de culture encore faut-il qu’elle s’invente et se crée. Pour qu’il y ait patrimoine et matrimoine, encore faut-il hériter de quelque chose. C’est pour cela qu’il existe des chercheuses, des scientifiques, des inventeurs de tous poils. C’est pour cela qu’il existe la recherche fondamentale et non pas uniquement la recherche appliquée et c’est pour cela qu’il existe des artistes. Penser la culture avant de penser l’art, c’est-à-dire la création, c’est comme penser le pain avant le blé, ça n’a juste aucun sens ! S’il existe des musées et des conservatoires, il faut aussi qu’il y ait aussi des transformatoires, c’est-à-dire des espaces dont la fonction n’est pas seulement de perpétuer une mémoire mais d’inventer les formes et les artistes de demain, de créer la mémoire du futur. S’il existe des musées et des conservatoires, il faut aussi qu’il y ait aussi des transformatoires, c’est-à-dire des espaces dont la fonction n’est pas seulement de perpétuer une mémoire mais d’inventer les formes et les artistes de demain, de créer la mémoire du futur. Les CCN ont été ces transformatoires pour la danse, à tel point que

Le Syndeac au MaMA, le débrief : émergence, temps long et création musicale

Invité à participer à deux “Grands débats” du MaMA, le Syndeac a souligné le rôle essentiel des financements publics pour soutenir la recherche, l’expérimentation musicale et accompagner l’émergence dans les lieux de spectacle. ? Photo : Vincent Moisselin Deux de nos adhérents ont pris part à des Grands Débats au MaMA 2024, permettant au syndicat de développer les grandes lignes de son positionnement quant au soutien de la création et de la diffusion musicales, dans une logique de service public. Dans un premier débat consacré au rôle du live et des lieux de spectacle dans la découverte de “nouveaux talents”, Loïc Guénin, adhérent compositeur et musicien, directeur de la compagnie Le Phare à Lucioles et de l’espace hybride Le Milieu, a d’abord souligné le rôle essentiel du temps long dans le champ des musiques de création. Les musiques de création ont bien sûr besoin du live, mais pour y arriver, elles ont besoin d’un temps de recherche, de résidence, d’accompagnement par les lieux et les festivals qui « produisent » ces « nouveaux talents » Loïc Guénin Ce recentrage du débat autour du nécessaire accompagnement de la recherche et de l’expérimentation musicales a permis d’interroger l’idée même d’avoir toujours besoin de “nouveaux talents” : Nous n’accompagnons pas les artistes que nous accueillons en résidence pour en faire des vedettes mais pour les aider à chercher, à essayer, à continuer de pouvoir essayer ; on ne parle pas de “nouveaux talents”, dans le sens où il n’y a pas vraiment de personnification des artistes, mais plutôt de nouvelles pistes, de nouvelles écritures Loïc Guénin Ces propos sont une passerelle naturelle vers la question du financement de la création musicale, puisque seule une politique publique affirmée et assumée de service public peut accompagner les structures proposant un soutien massif aux prises de risque artistiques. Face à des interlocuteurs internationaux s’interrogeant sur le modèle français du financement du secteur musical, Élodie Le Breut, adhérente et directrice de l’A.M.I., a directement fait écho à ces propos. Soutenir la diversité artistique, c’est permettre aux artistes de chercher – et c’est là que la fragilité est la plus grande dans les modèles de financements. Comment on finance ça, alors que ça ne donne pas tout de suite un produit, quelque chose qui tourne ? Élodie Le Breut Le rôle de l’État, qui doit impulser une stratégie nationale à cet endroit, est essentiel, de même que celui du Centre national de la musique (CNM). Or, il apparaît aujourd’hui que soutenir le temps long de création et de recherche, soutenir “la R&D du champ musical, comme le dirait le secteur industriel”, n’est pas l’inclinaison la plus franche des pouvoirs publics. Replay du débat avec Loïc Guénin Le live joue-t-il toujours son rôle de découvreur de nouveaux talents ? Replay du débat avec Élodie Le Breut Quel financement pour la création musicale?

Création musicale : Le Syndeac en débat à la convention MaMA

L’année dernière, le Syndeac organisait un débat au MaMA autour des enjeux de politique publique de la création musicale. Dans la lignée de cet événement et de son engagement renouvelé dans le champ musical, le Syndeac sera l’invité de deux Grands Débats lors de la prochaine édition du MaMA (16-18 octobre 2024). Depuis la publication en novembre 2023 de son livret “Création musicale : pour une politique publique à la hauteur des enjeux”, le Syndeac a engagé un travail de fond visant à faire de la défense de la création musicale un chantier aussi reconnu et valorisé par la puissance publique que la défense de la création dans les autres disciplines artistiques. Cette publication mais aussi la présence du syndicat dans davantage d’évènements professionnels du champ musical, sa participation aux concertations du Centre national de la musique, ses travaux auprès des partenaires, réseaux et fédérations oeuvrant dans le secteur musical, ont permis au Syndeac de retrouver une forme de légitimité actualisée dans un champ disciplinaire qu’il avait parfois, par le passé, désinvesti. Aujourd’hui, au contraire, la dynamique syndicale dans le secteur musical est réelle – comme en atteste le récent déplacement au festival Musica. Financement de la création musicale, rôle des lieux de spectacle vivant comme découvreurs de talents : la parole du Syndeac sera bien représentée lors des débats à la convention MaMA, preuve que la dynamique syndicale enclenchée depuis 2022 poursuit sa belle lancée. Deux rendez-vous à ne pas manquer Le live joue-t-il toujours son rôle de découvreur de nouveaux talents ? ? Jeudi 17 octobre ? 16h00 à 17h00 ? Lycée Jacques Decour (Paris 9e) Loïc Guénin, compositeur, musicien, directeur de la Cie Le Phare à Lucioles et directeur de l’espace hybride Le Milieu (84), adhérent du Syndeac, participera au débat en savoir plus Quel financement pour la création musicale ? ? Vendredi 18 octobre ? 11h30 à 12h30 ? Lycée Jacques Decour (Paris 9e) Élodie Le Breut est directrice de l’A.M.I. (Aide aux musiques innovatrices), structure située à Marseille (13). Adhérente du Syndeac, elle sera présente au débat pour s’exprimer sur ce sujet EN SAVOIR PLUS