15 propositions pour une filière musicale plus juste

Dans un nouveau rapport, nous dénonçons, chiffres à l’appui, les mécanismes marchands qui imprègnent les politiques publiques musicales et les grandes institutions du secteur. Malgré les nombreux enjeux publics de la musique – première pratique culturelle des Français·es -, les logiques privées (visibilité, rentabilité, etc.) dominent la filière. Nous formulons 15 propositions pour une filière musicale plus juste.

Après un premier livret sorti en 2023 – Création musicale : pour une politique publique à la hauteur des enjeux  – et fort d’un afflux de nouveaux membres issus du champ musical, le Syndeac continue son travail d’analyse et de propositions pour la filière musicale. Ce travail, dense et chiffré, est particulièrement porté par le groupe Musique du Syndeac, représentatif de l’écosystème musical puisque composé d’artistes musicien·nes, de directions de festivals, de SMAC, d’ensembles, de CNCM, de compagnies musicales et de salles de spectacles pluridisciplinaires.

DES CONSTATS

De l’État au CNM en passant par la Sacem et les établissements labellisés, le Syndeac fait un constat simple : les logiques marchandes guident les politiques publiques musicales et influencent le soutien des grandes institutions du secteur. Parallèlement, l’État ne propose pas de vision stratégique à moyen et long terme pour la création musicale, pour les artistes vivant·es : une partie importante du budget du ministère est consacré au “répertoire”, c’est-à-dire à la musique dite classique.

Dans ce cadre, le rapport du Syndeac met en avant 3 idées fortes :

La politique publique de la musique doit permettre aux habitant·es de découvrir des artistes qu’iels ne connaissent pas plutôt que des artistes qu’iels connaissent déjà

Les aides financières du secteur doivent privilégier une logique de redistribution plutôt que de répartition

L'État doit consolider l’écosystème de la création musicale en dépassant les débats esthétiques et en renforçant l’engagement des institutions clés dans le soutien aux artistes vivant·es

DES CHIFFRES CLÉS

De la politique de financement de la création musicale par l’État au soutien financier du Centre national de la musique en passant par la politique d’action culturelle de la Sacem, le rapport présente de nombreuses analyses sourcées et chiffrées. 

Quelques exemples :

1,9 Millions €

Montant cumulé des 133 aides attribuées par le CNM aux trois majors

→ Est-il légitime qu’un établissement public soutienne dans ces proportions 3 multinationales ?

21 218 €

Les droits d’auteur qu’il faut toucher chaque année en moyenne pour se présenter au Conseil d’administration de la Sacem

→ Un problème criant de représentativité des auteur·ices et compositeur·ices qui font vivre la filière musicale

entre
2 et 10%

Part de compositeur·ices vivant·es dans les progs des opéras et des orchestres

→ Des chiffres largement insuffisants pour des entreprises labellisées du service public

18%

La part des crédits déconcentrés de l’État qui soutient des projets musicaux portés par des femmes

→ La parité des moyens de création et de production est une urgence et une exigence de service public.

66%

C’est la part de “musiques actuelles” que le CNM exige pour aider un festival de musique

→ Un critère ubuesque pour un établissement public qui prétend être la “maison commune de toutes les musiques”

4 piliers, 15 PROPOSITIONS

Nous portons ces exigences devant quatre acteurs clés de la filière : l’État, la Sacem, le Centre national de la Musique et  les opéras et les orchestres. Faites défiler le carrousel pour découvrir l’ensemble des propositions.

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