Rapport « Musiques ! » La presse en parle

Les premiĂšres retombĂ©es du rapport « Musiques ! Des enjeux publics aux logiques privĂ©es » soulĂšvent le dĂ©bat : tant mieux ! Les adhĂ©rent·es du Syndeac sont prĂȘt·es Ă  Ă©changer pour construire demain une filiĂšre musicale plus juste. Le rĂŽle du CNM Ă  cet Ă©gard est essentiel. Depuis la crĂ©ation du Centre national de la musique en 2020, le Syndeac participe et contribue Ă  la vie de cet Ă©tablissement public via ses instances (au Conseil d’administration pendant 2 ans), ses commissions d’attribution des aides ou ses diffĂ©rentes concertations (place des musiques classique et contemporaine, droit de tirage, Ă©valuation des aides sĂ©lectives, etc.). Notre syndicat y dĂ©fend l’idĂ©e que, pour ĂȘtre « la maison commune de toutes les musiques », le CNM doit embrasser la logique d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral qui dĂ©coulent de son statut d’établissement public sous la tutelle de l’État. Un premier rapport, publiĂ© en 2023, exposait cette idĂ©e. Notre toute derniĂšre publication l’approfondit, et Ă©largit l’analyse aux diffĂ©rents mĂ©canismes de financements de la filiĂšre musicale. De lĂ , 15 propositions pour transformer ensemble l’écosystĂšme de la crĂ©ation musicale. Des propositions dont la presse se fait l’écho Une analyse au scalpel du fonctionnement du champ musical, des conclusions Ă©difiantes sur les points de faiblesse du Centre national de la musique (CNM), de la Sacem et de l’Etat pour mieux suggĂ©rer un catalogue d’une quinzaine de propositions  Nicole Vulser, Le Monde, article du 13 juillet le Syndeac pose les bases vers une rĂ©forme du service public de la musique, avant qu’il ne soit trop tard.  Olivier Lamm, LibĂ©ration, article du 7 juillet LIRE LE RAPPORT

15 propositions pour une filiĂšre musicale plus juste

Dans un nouveau rapport, nous dĂ©nonçons, chiffres Ă  l’appui, les mĂ©canismes marchands qui imprĂšgnent les politiques publiques musicales et les grandes institutions du secteur. MalgrĂ© les nombreux enjeux publics de la musique – premiĂšre pratique culturelle des Français·es -, les logiques privĂ©es (visibilitĂ©, rentabilitĂ©, etc.) dominent la filiĂšre. Nous formulons 15 propositions pour une filiĂšre musicale plus juste. AprĂšs un premier livret sorti en 2023 – CrĂ©ation musicale : pour une politique publique Ă  la hauteur des enjeux  – et fort d’un afflux de nouveaux membres issus du champ musical, le Syndeac continue son travail d’analyse et de propositions pour la filiĂšre musicale. Ce travail, dense et chiffrĂ©, est particuliĂšrement portĂ© par le groupe Musique du Syndeac, reprĂ©sentatif de l’écosystĂšme musical puisque composĂ© d’artistes musicien·nes, de directions de festivals, de SMAC, d’ensembles, de CNCM, de compagnies musicales et de salles de spectacles pluridisciplinaires. LIRE LE RAPPORT DES CONSTATS De l’État au CNM en passant par la Sacem et les Ă©tablissements labellisĂ©s, le Syndeac fait un constat simple : les logiques marchandes guident les politiques publiques musicales et influencent le soutien des grandes institutions du secteur. ParallĂšlement, l’État ne propose pas de vision stratĂ©gique Ă  moyen et long terme pour la crĂ©ation musicale, pour les artistes vivant·es : une partie importante du budget du ministĂšre est consacrĂ© au “rĂ©pertoire”, c’est-Ă -dire Ă  la musique dite classique. Dans ce cadre, le rapport du Syndeac met en avant 3 idĂ©es fortes : La politique publique de la musique doit permettre aux habitant·es de dĂ©couvrir des artistes qu’iels ne connaissent pas plutĂŽt que des artistes qu’iels connaissent dĂ©jĂ  Les aides financiĂšres du secteur doivent privilĂ©gier une logique de redistribution plutĂŽt que de rĂ©partition L’État doit consolider l’écosystĂšme de la crĂ©ation musicale en dĂ©passant les dĂ©bats esthĂ©tiques et en renforçant l’engagement des institutions clĂ©s dans le soutien aux artistes vivant·es DES CHIFFRES CLÉS De la politique de financement de la crĂ©ation musicale par l’État au soutien financier du Centre national de la musique en passant par la politique d’action culturelle de la Sacem, le rapport prĂ©sente de nombreuses analyses sourcĂ©es et chiffrĂ©es.  Quelques exemples : 1,9 millions € : montant cumulĂ© des 133 aides attribuĂ©es par le CNM aux trois majors=> est-il lĂ©gitime qu’un Ă©tablissement public soutienne dans ces proportions 3 multinationales ? 21 218€ : les droits d’auteur qu’il faut toucher chaque annĂ©e en moyenne pour se prĂ©senter au Conseil d’administration de la Sacem=> un problĂšme criant de reprĂ©sentativitĂ© des auteur·ices et compositeur·ices qui font vivre la filiĂšre musicale Entre 2% et 10% : part de compositeur·ices vivant·es dans les progs des opĂ©ras et des orchestres=> des chiffres largement insuffisants pour des entreprises labellisĂ©es du service public 18% : la part des crĂ©dits dĂ©concentrĂ©s de l’État qui soutient des projets musicaux portĂ©s par des femmes=> la paritĂ© des moyens de crĂ©ation et de production est une urgence et une exigence de service public. 66% : c’est la part de “musiques actuelles” que le CNM exige pour aider un festival de musique=> un critĂšre ubuesque pour un Ă©tablissement public qui prĂ©tend ĂȘtre la “maison commune de toutes les musiques” NOS 15 PROPOSITIONS Pour un Centre national de la musique qui soit une vraie maison commune :1° Élargissement du champ de la taxe sur la billetterie Ă  toutes les esthĂ©tiques et dĂ©plafonnement de la taxe2° Fin des barriĂšres Ă  l’entrĂ©e Ă©conomiques et esthĂ©tiques des aides du CNM3° Instaurer un plafond Ă  300 000 € d’aides par an par structure ; idem pour le droit de tirage4° Rendre les instances du CNM rĂ©ellement reprĂ©sentatives de la filiĂšre musicale5° GĂ©nĂ©raliser le plafonnement de la prise en compte des cachets dans le calcul des aides6° Lancer trois Ă©tudes inĂ©dites pour renforcer le rĂŽle d’observatoire du CNM (rĂŽle des EA, pluris et CNCM)  Pour des opĂ©ras et des orchestres davantage promoteurs de la crĂ©ation musicale :1° RĂ©forme des CDC des opĂ©ras et orchestres (50% de compositeur·ices vivant·es, 50% de femmes, EAC)2° Transformation de maisons d’opĂ©ras en laboratoires de crĂ©ation, avec l’appui du ministĂšre3° Promotion de nouvelles modalitĂ©s de crĂ©a-prod-diff d’Ɠuvres opĂ©ratiques (type Co[opĂ©ra]tive) Pour une Sacem qui rĂ©affirme son soutien historique Ă  toutes les crĂ©ations musicales1° Concertation pour flĂ©chir la politique d’action culturelle de la Sacem2° S’investir dans les instances de la Sacem pour pallier l’inadaptation structurelle du CA3° Consolider la prĂ©sence du Syndeac dans la filiĂšre musicale en adhĂ©rant Ă  Tous Pour la musique4° AmĂ©liorer encore la base de donnĂ©es en ligne de l’action culturelle des OGC Pour un État plus Ă  l’écoute de la filiĂšre et qui respecte ses engagements1° Orienter en prioritĂ© son soutien vers les Ă©quipes artistiques fĂ©minines2° DĂ©bureaucratiser les processus de demandes de soutien des dispositifs du ministĂšre et de ses opĂ©rateurs

Le Syndeac au MaMA 2025 : focus sur les CNCM

Le Syndeac a une nouvelle fois participĂ© Ă  la convention MaMA, le rendez-vous professionnel des musiques actuelles, pour y dĂ©fendre le modĂšle d’un service public de la crĂ©ation musicale. Cette annĂ©e, zoom sur les CNCM (centres nationaux de crĂ©ation musicale) ! Philippe Gordiani, directeur de CĂ©sarĂ© et Nadia Ratsimandresy, directrice du Grame / photo Syndeac Temple professionnel des musiques actuelles, la convention MaMA est assez Ă©loignĂ©e des enjeux de politiques publiques : les dĂ©bats sur les algorithmes de Deezer ou sur la “transition Ă©cologique” des tournĂ©es de BeyoncĂ© sont plus frĂ©quents que ceux sur le financement public du secteur musical ou sur l’importance du renouvellement des esthĂ©tiques. Mais, depuis trois ans, nous prenons notre bĂąton de pĂšlerin et dĂ©battons, dĂ©fendons, promouvons un autre modĂšle : celui d’un service public de la crĂ©ation musicale. L’exemple des CNCM Ă  cet Ă©gard est trĂšs parlant. Nous avons organisĂ© le dĂ©bat suivant : “Accueil d’artistes, studios, expĂ©rimentations : c’est quoi un Centre national de la crĂ©ation musicale ?” Deux professionnel(le)s ont pris la parole pour faire connaĂźtre les CNCM et convaincre les jeunes artistes de la pertinence fine de ces structures dans l’écosystĂšme musical : Philippe Gordiani, compositeur et directeur de CÉSARÉ – Centre national de crĂ©ation musicale de Reims, adhĂ©rent du Syndeac et prĂ©sident de l’Association des CNCM Nadia Ratsimandresy, compositrice et directrice du GRAME – Centre national de crĂ©ation musicale de Lyon Les premiers Ă©changes ont permis de dĂ©sacraliser la notion de “crĂ©ation” musicale : personne n’est dĂ©positaire du mot « crĂ©ation », aucune esthĂ©tique, aucun(e) artiste. Les CNCM insistent sur l’importance de l’accompagnement sur le temps long des artistes : donner du temps pour que les crĂ©atrices et crĂ©ateurs trouvent “leur” son, “leur” musique On travaille la curiositĂ©, peu importe si on appelle ça ‘musiques contemporaines’, ‘musiques de crĂ©ation’ ou autre chose. RĂ©sidences, outils technologiques de pointe, studios de rĂ©pĂ©tition et d’enregistrement : les CNCM ont toutes les cartes pour accompagner les artistes dans leur recherche musicale, dans les expĂ©rimentations sonores qu’elles et ils veulent mener. Les CNCM : un exemple d’une politique publique de la crĂ©ation musicale AprĂšs avoir dĂ©crit les missions des CNCM, Philippe Gordiani et Nadia Ratsimandresy ont soulignĂ© une diffĂ©rence fondamentale entre leurs structures et l’immense majoritĂ© des structures de musiques actuelles : les CNCM n’ont pas pour objectif d’ĂȘtre lucratifs et rentables – ils sont financĂ©s par de l’argent public (État, collectivitĂ©s) et mĂšnent Ă  ce titre des missions de service public. Les CNCM offrent un espace de libertĂ© crĂ©ative oĂč les artistes peuvent expĂ©rimenter sans contrainte commerciale. La mise en oeuvre d’une politique publique de la musique permet aux CNCM de soutenir la crĂ©ation musicale pour elle-mĂȘme : l’objectif n’est pas de crĂ©er un album pour faire une tournĂ©e de 300 concerts, mais d’aider les jeunes artistes Ă  trouver leur langage musical, leur forme d’expression artistique. Les CNCM mĂšnent par ailleurs de nombreuses actions d’éducation artistique et culturelle auprĂšs des habitantes et habitants de leur territoire, loin de l’image des compositeurs et compositrices enfermĂ©s dans une tour d’ivoire. Retrouvez notre publication sur la crĂ©ation musicale ici !

La Cour des comptes pointe l’urgence d’une rĂ©forme du CNM

Alors que le Conseil d’administration du Centre national de la musique (CNM) a adoptĂ© en fin d’annĂ©e son budget 2025 et la rĂ©forme de ses commissions d’aides – contre l’avis des principales organisations professionnelles -, la Cour des Comptes analyse dans un rapport les forces et faiblesses de cet opĂ©rateur de l’État et appelle clairement Ă  sa rĂ©forme. Les adhĂ©rentes et adhĂ©rents du Syndeac, qu’il s’agisse de lieux de crĂ©ation-diffusion, d’équipes artistiques ou de festivals, sont au travail pour que la musique bĂ©nĂ©ficie, au mĂȘme titre que les autres disciplines artistiques, d’une vĂ©ritable politique publique. Plusieurs analyses de la Cour des comptes rejoignent le constat fait par le Syndeac dans sa publication de 2023, CrĂ©ation musicale : pour une politique publique Ă  la hauteur des enjeux  AprĂšs avoir rappelĂ© le contexte trĂšs spĂ©cifique dans lequel le CNM est nĂ© (au dĂ©but de la crise sanitaire de 2020), le rapport de la Cour des comptes souligne les difficultĂ©s du CNM Ă  exercer son activitĂ© “en rythme de croisiĂšre”. La Cour y trouve plusieurs causes : objectifs mal dĂ©finis, moyens disponibles mal utilisĂ©s, manque de donnĂ©es fiables, gouvernance peu adaptĂ©e
 La Cour des comptes n’impute toutefois pas toute la responsabilitĂ© au seul CNM et pointe les manquements de l’État et du ministĂšre de la Culture Ă  cet Ă©gard. Le Syndeac ressort du rapport les Ă©lĂ©ments suivants : La crise sanitaire, bien gĂ©rĂ©e, a dĂ©stabilisĂ© la gestion “en pĂ©riode normale” du CNM La Cour a fait les comptes : ce sont au total 320 millions d’euros d’aides exceptionnelles que le CNM a versĂ©s pendant la crise COVID, soit environ 20% des crĂ©dits totaux de relance attribuĂ©s Ă  la culture par l’État. Le CNM s’est “parfaitement acquittĂ© de son rĂŽle” pendant la crise en mettant rapidement et efficacement Ă  disposition les crĂ©dits exceptionnels malgrĂ© le fait qu’il n’ait pas Ă©tĂ© créé pour cela. Cela ne s’est toutefois pas fait sans heurts en interne, la crise ayant “laissĂ© le personnel, aux dires mĂȘmes de la direction, exsangue”. Fin 2023, le CNM disposait d’un reliquat important de ces “crĂ©dits exceptionnels” estimĂ© Ă  105 millions d’euros. La Cour pointe l’importance de ce reliquat et indique que cela “ne rĂ©sulte pas d’une carence du CNM, mais d’un surdimensionnement des dotations au regard des besoins rĂ©els, l’État ayant doublonnĂ© certains dispositifs d’aides du CNM avec des dispositifs gĂ©nĂ©raux [de l’État]”. Le fait est que ces fonds exceptionnels, gardĂ©s par le CNM aprĂšs la crise sanitaire avec l’accord de l’État, ont “percutĂ© durablement les Ă©quilibres originels” envisagĂ©s pour l’établissement. En effet, le CNM a utilisĂ© prĂšs des deux-tiers de ces reliquats pour abonder ses dispositifs d’aides pĂ©rennes. Cet accroissement budgĂ©taire inattendu a Ă©tĂ© au coeur des dĂ©bats sur le budget 2025 et la rĂ©forme des aides (cf. plus bas). L’absence de vision stratĂ©gique de l’État impacte directement l’activitĂ© du CNM En Ă©numĂ©rant les 11 missions qui sont attribuĂ©es au CNM depuis sa crĂ©ation, la Cour des comptes ne manque pas de pointer du doigt l’absence de hiĂ©rarchisation au sein de ces objectifs. Elle souligne que “ce foisonnement [d’objectifs] tĂ©moigne en creux de l’absence de choix du gouvernement et du lĂ©gislateur, ainsi que le dĂ©faut d’une politique explicite de la filiĂšre musicale”. Si la Cour estime que la cotutelle DGMIC-DGCA exercĂ©e sur le CNM est une bonne chose en soi, elle dĂ©nonce sans ambages l’absence de vision stratĂ©gique globale du ministĂšre de la Culture en matiĂšre de politique publique de la musique. Ainsi, “[Cette tutelle] ne saurait cependant dispenser le ministĂšre de dĂ©finir une politique de la filiĂšre musicale, elle-mĂȘme composante d’une politique de la musique plus vaste. MalgrĂ© des relances, la dĂ©lĂ©gation Ă  la musique n’a pas Ă©tĂ© en mesure de fournir les Ă©lĂ©ments constitutifs de la politique de la musique dans le spectacle vivant alors qu’elle est chargĂ©e de l’élaborer, au sein de la DGCA, avec divers opĂ©rateurs, dont le CNM.” Et la Cour conclut : “il n’existe pas de politique publique formalisĂ©e de la filiĂšre musicale”. Un constat que le Syndeac partage Ă©videmment et qu’il a explicitĂ© dans sa publication CrĂ©ation musicale : pour une politique publique Ă  la hauteur des enjeux?«  Ce “pilotage stratĂ©gique lacunaire” s’incarne aussi dans une certaine lenteur de l’État Ă  dĂ©finir un cadre structurant d’activitĂ© pour le CNM. Ainsi, créé en 2020, le CNM et son PrĂ©sident n’ont reçu leur premiĂšre lettre de mission qu’en octobre 2021 et n’ont signĂ© qu’en juin 2024 leur premier contrat d’objectifs et de performances (2024-2028). Nulle surprise, dans ce cadre, Ă  constater par exemple que l’éducation artistique et culturelle, mission de service public s’il en est, est complĂštement absente du CNM : une “invisibilisation […] d’autant plus paradoxale que l’EAC a un lien fort avec la filiĂšre musicale et qu’elle constitue une prioritĂ© du ministĂšre”.   Le manque de donnĂ©es fiables et transparentes empĂȘche la crĂ©ation d’une vision “partagĂ©e” de la politique du CNM La Cour interroge le manque d’élĂ©ments chiffrĂ©s et consolidĂ©s dans le secteur, d’un bout Ă  l’autre de la chaĂźne : de la situation Ă©conomique rĂ©elle des structures Ă  l’utilisation et au effet levier rĂ©el des aides distribuĂ©es. Si l’observation de la filiĂšre est l’un des axes prioritaires du CNM et que des avancĂ©es significatives sont Ă  noter, la Cour constate notamment qu’il “manque toujours des donnĂ©es exhaustives sur le spectacle vivant et la musique enregistrĂ©e, qu’il s’agisse de la frĂ©quentation, du chiffre d’affaires, de la ventilation par esthĂ©tiques ou types d’acteurs ou de l’emploi”. De maniĂšre plus prĂ©gnante, le rapport s’inquiĂšte de “l’éclatement entre les donnĂ©es publiques et privĂ©es”. En premier lieu, la Cour des comptes ne peut que dĂ©noncer l’absence de donnĂ©es disponibles objectives du marchĂ© de la musique enregistrĂ©e : chaque annĂ©e, c’est en effet le Syndicat national de l’édition phonographique (SNEP), reprĂ©sentant des plus gros labels, qui divulgue lui-mĂȘme les meilleures ventes, les grands chiffres de l’annĂ©e, la situation du secteur
 Or, “le SNEP n’entend pas que le CNM reprenne sa mission d’analyse du marchĂ©â€ Ă©crit la Cour : un problĂšme d’objectivation des donnĂ©es qui pourrait remettre en cause les

Le Syndeac au MaMA, le débrief : émergence, temps long et création musicale

InvitĂ© Ă  participer Ă  deux “Grands dĂ©bats” du MaMA, le Syndeac a soulignĂ© le rĂŽle essentiel des financements publics pour soutenir la recherche, l’expĂ©rimentation musicale et accompagner l’émergence dans les lieux de spectacle. ? Photo : Vincent Moisselin Deux de nos adhĂ©rents ont pris part Ă  des Grands DĂ©bats au MaMA 2024, permettant au syndicat de dĂ©velopper les grandes lignes de son positionnement quant au soutien de la crĂ©ation et de la diffusion musicales, dans une logique de service public. Dans un premier dĂ©bat consacrĂ© au rĂŽle du live et des lieux de spectacle dans la dĂ©couverte de “nouveaux talents”, LoĂŻc GuĂ©nin, adhĂ©rent compositeur et musicien, directeur de la compagnie Le Phare Ă  Lucioles et de l’espace hybride Le Milieu, a d’abord soulignĂ© le rĂŽle essentiel du temps long dans le champ des musiques de crĂ©ation. Les musiques de crĂ©ation ont bien sĂ»r besoin du live, mais pour y arriver, elles ont besoin d’un temps de recherche, de rĂ©sidence, d’accompagnement par les lieux et les festivals qui « produisent » ces « nouveaux talents » LoĂŻc GuĂ©nin Ce recentrage du dĂ©bat autour du nĂ©cessaire accompagnement de la recherche et de l’expĂ©rimentation musicales a permis d’interroger l’idĂ©e mĂȘme d’avoir toujours besoin de “nouveaux talents” : Nous n’accompagnons pas les artistes que nous accueillons en rĂ©sidence pour en faire des vedettes mais pour les aider Ă  chercher, Ă  essayer, Ă  continuer de pouvoir essayer ; on ne parle pas de “nouveaux talents”, dans le sens oĂč il n’y a pas vraiment de personnification des artistes, mais plutĂŽt de nouvelles pistes, de nouvelles Ă©critures LoĂŻc GuĂ©nin Ces propos sont une passerelle naturelle vers la question du financement de la crĂ©ation musicale, puisque seule une politique publique affirmĂ©e et assumĂ©e de service public peut accompagner les structures proposant un soutien massif aux prises de risque artistiques. Face Ă  des interlocuteurs internationaux s’interrogeant sur le modĂšle français du financement du secteur musical, Élodie Le Breut, adhĂ©rente et directrice de l’A.M.I., a directement fait Ă©cho Ă  ces propos. Soutenir la diversitĂ© artistique, c’est permettre aux artistes de chercher – et c’est lĂ  que la fragilitĂ© est la plus grande dans les modĂšles de financements. Comment on finance ça, alors que ça ne donne pas tout de suite un produit, quelque chose qui tourne ? Élodie Le Breut Le rĂŽle de l’État, qui doit impulser une stratĂ©gie nationale Ă  cet endroit, est essentiel, de mĂȘme que celui du Centre national de la musique (CNM). Or, il apparaĂźt aujourd’hui que soutenir le temps long de crĂ©ation et de recherche, soutenir “la R&D du champ musical, comme le dirait le secteur industriel”, n’est pas l’inclinaison la plus franche des pouvoirs publics. Replay du dĂ©bat avec LoĂŻc GuĂ©nin Le live joue-t-il toujours son rĂŽle de dĂ©couvreur de nouveaux talents ? Replay du dĂ©bat avec Élodie Le Breut Quel financement pour la crĂ©ation musicale?

Création musicale : Le Syndeac en débat à la convention MaMA

L’annĂ©e derniĂšre, le Syndeac organisait un dĂ©bat au MaMA autour des enjeux de politique publique de la crĂ©ation musicale. Dans la lignĂ©e de cet Ă©vĂ©nement et de son engagement renouvelĂ© dans le champ musical, le Syndeac sera l’invitĂ© de deux Grands DĂ©bats lors de la prochaine Ă©dition du MaMA (16-18 octobre 2024). Depuis la publication en novembre 2023 de son livret “CrĂ©ation musicale : pour une politique publique Ă  la hauteur des enjeux”, le Syndeac a engagĂ© un travail de fond visant Ă  faire de la dĂ©fense de la crĂ©ation musicale un chantier aussi reconnu et valorisĂ© par la puissance publique que la dĂ©fense de la crĂ©ation dans les autres disciplines artistiques. Cette publication mais aussi la prĂ©sence du syndicat dans davantage d’évĂšnements professionnels du champ musical, sa participation aux concertations du Centre national de la musique, ses travaux auprĂšs des partenaires, rĂ©seaux et fĂ©dĂ©rations oeuvrant dans le secteur musical, ont permis au Syndeac de retrouver une forme de lĂ©gitimitĂ© actualisĂ©e dans un champ disciplinaire qu’il avait parfois, par le passĂ©, dĂ©sinvesti. Aujourd’hui, au contraire, la dynamique syndicale dans le secteur musical est rĂ©elle – comme en atteste le rĂ©cent dĂ©placement au festival Musica. Financement de la crĂ©ation musicale, rĂŽle des lieux de spectacle vivant comme dĂ©couvreurs de talents : la parole du Syndeac sera bien reprĂ©sentĂ©e lors des dĂ©bats Ă  la convention MaMA, preuve que la dynamique syndicale enclenchĂ©e depuis 2022 poursuit sa belle lancĂ©e. Deux rendez-vous Ă  ne pas manquer Le live joue-t-il toujours son rĂŽle de dĂ©couvreur de nouveaux talents ? ? Jeudi 17 octobre ? 16h00 Ă  17h00 ? LycĂ©e Jacques Decour (Paris 9e) LoĂŻc GuĂ©nin, compositeur, musicien, directeur de la Cie Le Phare Ă  Lucioles et directeur de l’espace hybride Le Milieu (84), adhĂ©rent du Syndeac, participera au dĂ©bat en savoir plus Quel financement pour la crĂ©ation musicale ? ? Vendredi 18 octobre ? 11h30 Ă  12h30 ? LycĂ©e Jacques Decour (Paris 9e) Élodie Le Breut est directrice de l’A.M.I. (Aide aux musiques innovatrices), structure situĂ©e Ă  Marseille (13). AdhĂ©rente du Syndeac, elle sera prĂ©sente au dĂ©bat pour s’exprimer sur ce sujet EN SAVOIR PLUS