Pour une concertation nationale sur le refinancement de la culture – les 600 premiers signataires de notre tribune

Le Syndeac publie une première liste de 600 élus et personnalités politiques demandant une concertation sur refinancement de la politique culturelle.

Parmi les premiers signataires :

Aurélien Rousseau, Delphine Batho, François Ruffin, Aurélien Le Coq, Olivier Faure, Jérôme Guedj, Pouria Amirshahi, Thomas Portes, Boris Vallaud, Aurélien Taché, Raphaël Glucksmann, Manuel Bompard, Sarah Legrain, Elsa Faucillon, Sophie Taillé-Polian, Cyrielle Châtelain, Clémentine Autain, Dominique Voynet, Delphine Lingemann, Nadège Abomangoli, Clémence Guetté, Arnaud Deslandes, Florian Sitbon, Frédéric Fauvet, Sofienne Karroumi, Stéphane Ducourtioux, Abdel Sadi, Jean-François Debat, Yann Galut, Stéphane Roudaut, Thierry Repentin, Gil Avérous, Patrice Leclerc, Laurence Ruffin, Romain Bossis, Sylvain Robert, Philippe Buisson, Grégory Doucet, Benoît Payan, Michaël Delafosse, Frédéric Marquet, Mathieu Klein, Johanna Rolland, Stéphanie Von Euw, Nathalie Appéré, Nicolas Mayer-Rossignol, Victor Bonnot, Régis Juanico, Philippe Laurent, Emmanuel Denis, Virginie de Carvalho, Laurent Melin, Laurent Degallaix, Cédric Van Styvendael, Arnaud Robinet, Xavier Bertrand, Hervé Morin, Jérôme Durain, Valérie Pécresse, Florence Portelli, Bertrand Veau, Gaëlle Le Stradic, Delphine Benassy, Dominique Poirout, Najat Vallaud-Belkacem, Fabien Roussel, Pierre Dharréville, Marine Tondelier, Thomas Dossus, Ian Brossat, Sylvie Robert, Laure Darcos, Monique de Marco, Catherine Morin-Desailly, Martine Aubry, Aurélie Filippetti, Françoise Nyssen

Pour une concertation nationale sur le refinancement de la culture

Le spectacle vivant traverse aujourd’hui la pire crise de son histoire.

Partout en France, des coupes budgétaires brutales fragilisent les lieux de création, de diffusion, les équipes artistiques, les festivals et les emplois qui les font vivre.

Dans le même temps, jamais les salles n’ont accueilli autant de spectateurs et spectatrices, jamais les artistes n’ont autant contribué à réunir, créer de nouveaux récits, imaginaires, renforcer le dialogue et le lien social.

Aujourd’hui, ce paradoxe nous oblige.

La culture n’est pas une dépense accessoire que l’on peut ajuster au gré des contraintes budgétaires. Elle est un investissement démocratique, économique et territorial. Elle crée des emplois non délocalisables, participe à l’attractivité des territoires, nourrit l’émancipation des citoyens et citoyennes et constitue un espace indispensable de liberté, de débat et de création.

La culture représente une part modeste de la dépense publique, mais elle produit des effets considérables sur la vie économique, l’attractivité des territoires, l’éducation, le tourisme, le lien social et la vitalité démocratique.

Les décisions qui la concernent ne peuvent être prises sans une réflexion collective à la hauteur de ces enjeux. Et pourtant, les réductions des financements publics se succèdent et se conjuguent aux effets durables de l’inflation.

Ces arbitrages ne peuvent remplacer un véritable choix politique.

L’avenir de notre politique culturelle méritent un débat de fond, associant l’ensemble des acteurs concernés et reposant sur une vision partagée des missions que nous souhaitons confier au service public de la culture.

Nous appelons le Gouvernement à ouvrir sans délai une concertation nationale associant l’État, les différents ministères concernés par l’action culturelle, les collectivités territoriales, les organisations professionnelles et l’ensemble des acteurs du secteur.

Cette concertation devra permettre de définir les ambitions que notre pays entend porter pour sa politique culturelle au XXIᵉ siècle. Elle devra examiner les conditions d’un financement pérenne de la culture, conforter l’engagement de l’État et garantir aux collectivités territoriales les moyens d’exercer pleinement leurs responsabilités.

Nous affirmons qu’aucune politique culturelle ambitieuse ne pourra être conduite sans redonner aux collectivités territoriales une véritable autonomie fiscale et budgétaire. Parce qu’elles sont les premières partenaires de la création, de la diffusion artistique et de l’action culturelle de proximité, elles doivent retrouver des marges de décision et des capacités financières à la hauteur des missions qu’elles assument.

À l’heure où notre démocratie est confrontée à de profondes fractures, nous avons besoin d’une politique culturelle forte, pensée collectivement.

Les choix à venir nous engageront sur notre capacité à créer, transmettre, débattre et faire société.

Nous appelons à construire un nouveau pacte de confiance entre l’État, les collectivités territoriales et les acteurs de la culture, fondé sur une ambition partagée, des responsabilités clairement assumées et des moyens durables.

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