Ces dernières semaines, notre syndicat a fait la démonstration de sa belle vitalité démocratique. De très nombreuses candidatures au Conseil national se sont exprimées et nos élections ont abouti à la désignation d’un nouveau bureau, très largement renouvelé, paritaire dans sa composition et représentatif de la diversité de nos structures adhérentes.
Nous vous remercions pour la confiance que vous nous avez accordée. Les résultats de vos votes nous donnent un mandat clair pour tenir, durant les trois prochaines années, une ligne politique et des orientations stratégiques que nous avons déjà commencé à tracer en 2025.
Les trois années à venir seront toutes marquées par des échéances électorales capitales. Nous voulons fixer un cap stratégique offensif pour défendre les financements et les intérêts de notre service public de la culture. Si nous voulons y parvenir, nous devrons commencer par renforcer la solidarité entre tous les membres du syndicat et favoriser la participation collective. Nous sommes convaincus que notre capacité à résister face aux attaques idéologiques, aux restrictions budgétaires et aux remises en question de nos missions passera avant tout par cette capacité à nous mobiliser solidairement et à mobiliser largement au-delà de nous-mêmes.
En ce mois de janvier, avec le bureau, nous vous proposerons de nouvelles modalités de travail pour articuler notre action nationale à partir des contributions des délégations régionales. Alors mobilisons-nous et soyons toutes et tous présents à nos prochaines réunions de délégations en région. Car c’est la force du collectif qui donnera toute sa légitimité à notre bureau nouvellement élu et, surtout, qui nous donnera une véritable capacité d’action.
Si la cohésion de notre syndicat sera déterminante pour faire entendre notre voix, l’enjeu d’une liaison intersyndicale renforcée l’est tout autant. Comme nous l’avons fait ces derniers mois, nous serons pleinement investis dans ce dialogue, que ce soit au niveau de l’USEP-SV (Union syndicale des employeurs du secteur public du spectacle vivant) ou avec les syndicats de salariés. Cette dynamique collective s’est déjà nettement affirmée dans nos prises de position, et nous entendons la renforcer, par souci de construire des actions convergentes, plus durables et plus efficaces dans la défense de notre service public.
Alors que notre organisation syndicale est en permanence rattrapée par le traitement des urgences que génère l’instabilité politique, la défense de la liberté de création et de la pluralité des expressions sera un combat à mener au quotidien. Face aux tentatives de plus en plus courantes d’instrumentalisation de la culture à des fins populistes ou identitaires, nous devrons faire front pour refuser toute censure et toute récupération politique. Grâce à l’action de notre nouveau pôle de formation, nous renforcerons notre lutte contre toutes les formes de discrimination, qu’elles soient raciales, sexistes, sexuelles ou d’opinions. Grâce au renforcement de notre pôle juridique, nous placerons le droit au cœur de notre action, sans hésiter à mener des procédures partout où nos structures adhérentes pourront s’appuyer sur des jurisprudences pour s’opposer à des faits explicitement illégaux, qu’ils relèvent de la censure directe, de la pression politique ou de décisions arbitraires de baisse de financements.
Enfin, à l’occasion des prochaines échéances électorales, à commencer par les municipales de 2026, nous réclamerons de la clarté politique à toutes les personnes qui brigueront un mandat. Leurs programmes en matière de politique culturelle seront passés au crible et nous serons sans concession sur les déclarations d’intention générale qui franchissent nos lignes rouges. Alors que certains candidats et candidates, se revendiquant pourtant républicains, expriment déjà clairement leur volonté de formaliser avec leur parti des alliances avec l’extrême droite, nous refuserons la banalisation de l’emploi du terme de « l’union des droites » – qui ne cherche qu’à minimiser la portée du compromis avec les idées les plus réactionnaires – et nous continuerons à exiger, au contraire, des gages explicites d’adhésion au barrage républicain.
Nous vous invitons donc à nous retrouver en ce début d’année dans nos différentes réunions de groupes de travail, afin de coordonner notre action syndicale. Et nous profitons de ce premier édito de l’année pour remercier très chaleureusement toutes les adhérentes et tous les adhérents, ainsi que les membres de l’équipe permanente, qui animent et font vivre avec engagement, tout au long de l’année, ces différentes commissions.
Bien à vous toutes et tous,
Pour le bureau,
Claire Guièze et Joris Mathieu, coprésidente et coprésident du Syndeac