Se mobiliser maintenant !
Aujourd’hui, l’intersyndicale du spectacle vivant sera reçue par la ministre de la Culture. Nous y porterons les revendications qui sont les nôtres depuis des mois : le refinancement du service public de la culture, la sauvegarde de l’emploi, le soutien aux équipes artistiques, la préservation des moyens de création et de diffusion et la défense d’un modèle culturel fondé sur la solidarité entre les territoires, les artistes et les publics. L’heure est désormais à la mobilisation. Trop de structures ne sont plus seulement confrontées à l’incertitude : elles sont engagées dans un combat vital. Les déprogrammations se multiplient, les annulations de projets s’accélèrent, les emplois disparaissent. Après de multiples relances, nous avons enfin obtenu un rendez-vous sur les critères de conventionnement et de renouvellement des équipes artistiques. Demain, nous attendons également des réponses précises sur l’avenir du Fonpeps. Mais chacun·e le voit : les alertes s’accumulent plus vite que les solutions. Dans cette période difficile, nous devons également préserver ce qui fait notre force : notre cohésion. Nous refusons d’opposer les équipes artistiques aux lieux, même si chacun·e doit prendre sa part de responsabilité face à la crise. C’est dans cet esprit que nous relançons un chantier essentiel autour de la Charte des bonnes pratiques professionnelles, afin de consolider les solidarités qui fondent notre écosystème et de mieux traverser ensemble les épreuves qui nous attendent. La mobilisation du Syndeac commence dès maintenant au festival Montpellier Danse et se poursuivra tout l’été avec l’intersyndicale. Cette année, nous investirons une dizaine de festivals partout en France pour rencontrer les publics, réunir les professionnel·les, dialoguer avec les élu·es et interpeller la presse locale comme nationale. Avignon constituera naturellement un temps fort de cette mobilisation. Mais parce que le service public de la culture se joue partout, dans chaque ville, chaque quartier et chaque territoire, c’est l’ensemble du pays que nous voulons mettre en mouvement. À l’approche des échéances présidentielles et législatives, nous avons la responsabilité de défendre ce que nous sommes. Si nous ne le faisons pas maintenant, nous risquons demain de regretter ce que nous n’aurons pas su protéger ensemble. Claire Guièze et Joris Mathieu Coprésidente et coprésident du Syndeac
Réunir les services publics de la culture, et livrer bataille !
Après les signaux des dernières années, maintenant nous y sommes. Partout sur le territoire, nos adhérents font face à des baisses de subventions parfois brutales, souvent imprévisibles, toujours déstabilisantes. Des projets s’arrêtent, d’autres sont fragilisés, les équipes sont mises sous tension, des équilibres patiemment construits sont remis en cause. Le spectacle vivant public est dans une zone d’incertitude profonde. Combien de temps encore pourrons-nous tenir sans réponse structurelle à cette crise ? Mais ce moment ne se résume pas à une crise budgétaire ; il est aussi celui d’une bataille culturelle inédite. Nous subissons de plein fouet les effets de ce qui se joue aujourd’hui en France comme ailleurs : la droitisation supposée de la société, la concentration des médias entre quelques mains, les stratégies d’influence de groupes puissants dessinent un paysage où les récits se durcissent, où les simplifications l’emportent, où l’exigence artistique est parfois disqualifiée. Le service public de l’art et de la culture est plus nécessaire que jamais. Nécessaire pour lire le monde tel qu’il est, dans sa complexité. pour rassembler, dans des espaces partagés, des publics que tout pourrait opposer, nécessaire pour continuer d’alerter, de questionner, de déplacer les regards ou encore pour faire territoire, partout, de zones périphériques des villes, dans tous les quartiers, dans la ruralité en permettant à chacune et chacun de se sentir concerné. Les attaques récentes et inédites – qu’il s’agisse du rapt des Éditions Grasset ou des travaux de la Commission d’enquête sur l’audiovisuel public de l’Assemblée nationale – montrent à quel point les enjeux culturels sont redevenus centraux. Ils ne sont plus périphériques. Ils sont politiques. Face à cela, nous n’avons plus le temps des divisions. Nous devons réunir les services publics de la culture entre eux. Nous devons, au sein même de notre profession, dépasser les clivages qui nous affaiblissent. Nous devons reconstruire des convergences, sans naïveté mais avec détermination. C’est le sens d’un des moments de rassemblement et de débat que nous organiserons lors du prochain Festival d’Avignon. Nous devons aussi livrer bataille des moyens. Nous devons (re)convaincre les responsables politiques, les élus, les journalistes, les penseurs que le spectacle vivant – comme l’ensemble des services publics de l’art et de la culture – contribue pleinement à la démocratie. Il est un lieu de circulation des idées, y compris des idées non dominantes. Mais aussi, il participe à la construction de récits alternatifs, absolument nécessaires dans un monde saturé par les logiques algorithmiques. La baisse des budgets alloués à la culture et au spectacle vivant est inédite par son ampleur et elle nous affaiblit dans cette bataille des idées, elles en est complice. Il nous faut aussi convaincre que nous avons un rôle à jouer dans la bataille culturelle à l’œuvre partout dans le monde. Alors, oui le secteur est attaqué et la crise est réelle. Mais n’oublions pas ce que nous sommes : un réseau unique, dense, engagé, présent sur l’ensemble du territoire, des artistes et des équipes qui, chaque jour, font vivre un service public de la culture accessible, volontaire et une capacité collective à tenir, à inventer, à résister. Le Syndeac est prêt à livrer ces batailles. Avec vous Pour le bureau, Claire Guièze et Joris Mathieu, coprésidents
Municipales 2026 : un outil construit, une vigilance à tenir, une mobilisation à amplifier

👉 Retrouvez ici l’ensemble de la newsletter publique Les élections municipales qui viennent de se tenir constituent un moment de vérité pour le service public de la culture. Elles confirment ce que nous pressentions : la culture est désormais un terrain de tensions politiques fortes, où se jouent des choix structurants pour les années à venir — en matière de financement, de liberté de création et d’égalité d’accès aux œuvres. Dans ce contexte, le Syndeac n’est pas resté spectateur. Nous avons collectivement construit, avec nos partenaires, un outil inédit à l’échelle du secteur : un dispositif d’interpellation, d’analyse et de positionnement face aux candidates et candidats. Cet outil, fondé sur des engagements clairs — budgets, politiques artistiques, éducation artistique et culturelle, respect de la liberté de création — a permis de remettre la culture au cœur du débat public local, là où elle était trop souvent marginalisée. Ce travail est loin d’être anecdotique. Il marque une évolution stratégique de notre action syndicale. Il démontre que nous sommes capables, ensemble, de produire des instruments concrets d’influence, de peser dans le débat démocratique et de rendre visibles les enjeux du service public de la culture auprès des citoyennes et des citoyens. Nous nous en réjouissons collectivement, mais nous ne devons pas nous tromper de diagnostic. Ces élections nous livrent aussi des enseignements exigeants. D’abord, elles confirment la fragilité croissante de notre écosystème. Dans de nombreux territoires, les signaux sont préoccupants : annonces de baisses budgétaires, remises en cause implicites ou explicites des missions de service public, tentations de conditionnement politique de la programmation. Ce que nous observons depuis plusieurs mois — et que nous dénonçons — s’inscrit désormais dans des dynamiques locales concrètes. Ensuite, elles révèlent une recomposition politique qui appelle à la lucidité. Là où des forces hostiles aux valeurs que nous portons accèdent à des responsabilités, les risques sont immédiats : atteintes à la liberté de création, pressions sur les équipes, fragilisation des projets artistiques et des lieux. Le Syndeac sera sans ambiguïté sur ce point. Enfin, elles nous obligent à renforcer notre capacité d’action collective. L’outil que nous avons construit n’est qu’un point de départ. Il devra être consolidé, enrichi, et surtout inscrit dans la durée. Il doit devenir un levier permanent de dialogue, mais aussi de rapport de force, avec les exécutifs locaux. Dans ce moment, notre responsabilité est claire. Nous serons pleinement aux côtés de nos collègues dont les situations pourraient se tendre dans les mois à venir. Le Syndeac exercera une vigilance active et organisée sur l’ensemble du territoire. Ni aucun établissement, ni aucune équipe ne doivent se retrouver isolés face à des décisions ou des pressions contraires aux principes fondamentaux du service public de la culture. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Depuis sa création, notre syndicat porte un projet constant : celui de la vitalité et du développement du service public du spectacle vivant, au service de la création artistique et de son appropriation par toutes et tous. Ce cap ne varie pas. Il est aujourd’hui plus que jamais mis à l’épreuve. Nous appelons donc à la mobilisation. Mobilisation des adhérentes et adhérents, pour faire remonter les situations, partager les informations, organiser les solidarités. Mobilisation des réseaux professionnels, pour construire des réponses collectives à la hauteur des enjeux. Mobilisation des partenaires publics, pour rappeler que la culture n’est pas une variable d’ajustement, mais un pilier de l’intérêt général. Le moment que nous traversons impose de conjuguer deux exigences : la clarté politique et la solidité professionnelle. Nous ne céderons ni sur l’une, ni sur l’autre. Les municipales 2026 ne sont pas une fin. Elles ouvrent une séquence. À nous d’en faire un point d’appui pour renforcer, partout, le service public de la culture. Pour le bureau, Claire Guièze et Joris Mathieu Coprésidente et coprésident du Syndeac
Tenir ensemble face au désengagement
Cela fait maintenant plusieurs mois que nous n’avons plus vraiment de ministre de la Culture concentrée sur sa fonction. C’est probablement une des raisons majeures pour laquelle aucune des revendications essentielles portées par l’intersyndicale n’a été entendue ni suivie d’effets dans le projet de loi de finances qui a été adopté en janvier. Pourtant le travail des organisations syndicales durant cette séquence a été exemplaire : constructif et collégial. Pourtant nos préoccupations exprimées rejoignaient largement celles des services du ministère, aussi bien au sein de la DGCA (Direction générale de la Création artistique) que dans les DRAC (Directions régionales de l’action culturelle). Pourtant grâce à notre travail syndical auprès des groupes parlementaires, un certain nombre de ces revendications avaient été soutenues par des propositions d’amendements au sein des commissions Culture à l’assemblée comme au Sénat. Notre ministre, si tant est qu’elle ait eu la volonté de le faire, n’a visiblement pas pesé politiquement dans les discussions avec le Premier ministre et Bercy, lors de l’élaboration de la copie finale du budget. Elle n’a pas appuyé les amendements proposés par les parlementaires et n’a donc rien obtenu pour défendre « son » budget, qui est en fait le nôtre. Mais soyons honnêtes, la ministre ne porte pas seule la responsabilité de ce budget catastrophique pour notre service public. Les partis d’opposition, qui ont pourtant activement participé aux discussions avec le Premier ministre afin d’aboutir à ce qui a été nommé « un budget de consensus » n’ont pas davantage porté les mesures d’ajustement nécessaires pour protéger et sauvegarder nos emplois et nos missions. Nous l’avons également dénoncé, en interpellant directement les responsables de ces partis, sur leur absence totale de prise en considération des enjeux de financement de la politique culturelle. Fort de ce constat, nous avons pris l’initiative de nous adresser au premier ministre, par l’intermédiaire d’une lettre ouverte, afin qu’il prenne la juste mesure de la situation budgétaire alarmante de notre secteur et donc de sa grande responsabilité au moment de faire son choix pour nommer un ou une nouvelle ministre en remplacement de l’actuelle.sables de ces partis, sur leur absence totale de prise en considération des enjeux de financement de la politique culturelle. Plus que jamais, la politique de soutien au spectacle vivant doit retrouver sa place dans la conception des projets des partis politiques. C’est l’ambition que porte notre campagne pour le service public de la culture, menée avec nos collègues de l’USEP-SV dans le cadre des élections municipales. Notre questionnaire a été adressé à plus de 500 candidates et candidats, dans 160 villes ciblées, dont nous analyserons les données. Il reste accessible, en quelques clics sur le site dédié, à tous les autres candidats et candidates qui souhaitent y répondre. La réussite de cette campagne dépend aussi beaucoup de vous. Nous avons besoin de votre relai pour transmettre le questionnaire au plus grand nombre et nous avons besoin de votre implication pour donner de la visibilité à notre communication, qui quotidiennement met en avant les engagements que nous portons durant les municipales. Au-delà d’un simple questionnaire pour mesurer l’engagement des différentes candidatures, la plate-forme impeccablement mise en œuvre par l’équipe permanente du Syndeac est un véritable outil de pédagogie pour sensibiliser les candidates et candidats aux enjeux de notre secteur. Cette démarche est essentielle mais nous sommes conscients que le service public de la culture ne retrouvera pas toute l’attention qu’il mérite, sans s’engager par ailleurs solidairement dans un projet commun avec l’ensemble des autres services publics. C’est tout le sens de notre implication dans la campagne Pour les services publics locaux, portée par le collectif Nos services Publics aux côtés d’une coalition de plus de 25 organisations syndicales et d’ONG dont le SYNDEAC est devenu désormais un des acteurs moteurs. Plus que jamais nous devons faire la démonstration qu’unis et solidaires, nous représentons une véritable force avec laquelle les élus des différents niveaux de collectivités doivent dialoguer et négocier. Et cette démonstration de solidarité, c’est en premier lieu à nous-mêmes que nous la devons. Car les difficultés individuelles auxquelles sont confrontées nos différents services publics comme nos différentes structures culturelles ne trouveront de résolution que par l’action collective. C’est pourquoi nous vous donnons rendez-vous le 04 mars, à Aubusson, pour manifester en nombre, notre soutien à la Scène Nationale d’Aubusson, dont l’existence même est remise en cause, à compter de l’été prochain, si aucune solution n’est trouvée pour faire face à la volonté de désengagement du Département dans le financement de son bâtiment. A travers cette première action de l’année, intitulée « Ensemble pour la Culture, Ensemble pour la Scène Nationale d’Aubusson », nous manifesterons également notre soutien à toutes les autres structures qui sont menacées dans leur existence, par la même remise en cause du financement de leurs bâtis. Ce jour-là, nous inviterons également celles et ceux qui ne peuvent pas venir sur place, à manifester leur solidarité, par une courte prise de parole et la réalisation d’une photo à l’issue des représentations et en présence du public debout. D’autres actions sont en cours d’élaboration, pour les prochains mois. Ces actions seront toutes menées sous l’intitulé générique «Ensemble pour la Culture ». Elles s’inscriront ainsi dans la continuité de nos actions « Debout pour la Culture », menées la saison dernière. Elles en reprendront l’esprit et certaines modalités d’actions, mais elles se concentreront sur des problèmes ciblés et prendront donc la forme de rassemblements physiques, en des lieux définis et sur des motifs de mobilisation ciblés. Restons mobilisés et solidaires. Pour le bureau, Claire Guièze et Joris Mathieu, coprésidente et coprésident du Syndeac VENIR À AUBUSSON LE 4 MARS
Nous mobiliser et mobiliser au-delà de nous-mêmes !

Ces dernières semaines, notre syndicat a fait la démonstration de sa belle vitalité démocratique. De très nombreuses candidatures au Conseil national se sont exprimées et nos élections ont abouti à la désignation d’un nouveau bureau, très largement renouvelé, paritaire dans sa composition et représentatif de la diversité de nos structures adhérentes. Nous vous remercions pour la confiance que vous nous avez accordée. Les résultats de vos votes nous donnent un mandat clair pour tenir, durant les trois prochaines années, une ligne politique et des orientations stratégiques que nous avons déjà commencé à tracer en 2025. Les trois années à venir seront toutes marquées par des échéances électorales capitales. Nous voulons fixer un cap stratégique offensif pour défendre les financements et les intérêts de notre service public de la culture. Si nous voulons y parvenir, nous devrons commencer par renforcer la solidarité entre tous les membres du syndicat et favoriser la participation collective. Nous sommes convaincus que notre capacité à résister face aux attaques idéologiques, aux restrictions budgétaires et aux remises en question de nos missions passera avant tout par cette capacité à nous mobiliser solidairement et à mobiliser largement au-delà de nous-mêmes. En ce mois de janvier, avec le bureau, nous vous proposerons de nouvelles modalités de travail pour articuler notre action nationale à partir des contributions des délégations régionales. Alors mobilisons-nous et soyons toutes et tous présents à nos prochaines réunions de délégations en région. Car c’est la force du collectif qui donnera toute sa légitimité à notre bureau nouvellement élu et, surtout, qui nous donnera une véritable capacité d’action. Si la cohésion de notre syndicat sera déterminante pour faire entendre notre voix, l’enjeu d’une liaison intersyndicale renforcée l’est tout autant. Comme nous l’avons fait ces derniers mois, nous serons pleinement investis dans ce dialogue, que ce soit au niveau de l’USEP-SV (Union syndicale des employeurs du secteur public du spectacle vivant) ou avec les syndicats de salariés. Cette dynamique collective s’est déjà nettement affirmée dans nos prises de position, et nous entendons la renforcer, par souci de construire des actions convergentes, plus durables et plus efficaces dans la défense de notre service public. Alors que notre organisation syndicale est en permanence rattrapée par le traitement des urgences que génère l’instabilité politique, la défense de la liberté de création et de la pluralité des expressions sera un combat à mener au quotidien. Face aux tentatives de plus en plus courantes d’instrumentalisation de la culture à des fins populistes ou identitaires, nous devrons faire front pour refuser toute censure et toute récupération politique. Grâce à l’action de notre nouveau pôle de formation, nous renforcerons notre lutte contre toutes les formes de discrimination, qu’elles soient raciales, sexistes, sexuelles ou d’opinions. Grâce au renforcement de notre pôle juridique, nous placerons le droit au cœur de notre action, sans hésiter à mener des procédures partout où nos structures adhérentes pourront s’appuyer sur des jurisprudences pour s’opposer à des faits explicitement illégaux, qu’ils relèvent de la censure directe, de la pression politique ou de décisions arbitraires de baisse de financements. Enfin, à l’occasion des prochaines échéances électorales, à commencer par les municipales de 2026, nous réclamerons de la clarté politique à toutes les personnes qui brigueront un mandat. Leurs programmes en matière de politique culturelle seront passés au crible et nous serons sans concession sur les déclarations d’intention générale qui franchissent nos lignes rouges. Alors que certains candidats et candidates, se revendiquant pourtant républicains, expriment déjà clairement leur volonté de formaliser avec leur parti des alliances avec l’extrême droite, nous refuserons la banalisation de l’emploi du terme de « l’union des droites » – qui ne cherche qu’à minimiser la portée du compromis avec les idées les plus réactionnaires – et nous continuerons à exiger, au contraire, des gages explicites d’adhésion au barrage républicain. Nous vous invitons donc à nous retrouver en ce début d’année dans nos différentes réunions de groupes de travail, afin de coordonner notre action syndicale. Et nous profitons de ce premier édito de l’année pour remercier très chaleureusement toutes les adhérentes et tous les adhérents, ainsi que les membres de l’équipe permanente, qui animent et font vivre avec engagement, tout au long de l’année, ces différentes commissions. Bien à vous toutes et tous, Pour le bureau, Claire Guièze et Joris Mathieu, coprésidente et coprésident du Syndeac
Une victoire juridique et des combats à mener
Après deux années de procédure, la Région Auvergne-Rhône-Alpes a donc été condamnée, ce 14 octobre, pour « refus irrégulier de versement de financement culturel ». Cette décision rappelle de manière importante, que s’il n’existe pas de droit acquis au versement d’une subvention, qui relève bien de la discrétion de la collectivité, celle-ci ne peut pour autant se désengager entièrement de ses obligations sans avoir préalablement rompu formellement une convention pluriannuelle d’objectifs, sur la base d’arguments légalement recevables. En la matière, des prises de parole critiques envers les orientations politiques d’une collectivité ne sont pas un motif légalement recevable. Cette décision constitue un signal fort en faveur de la liberté d’expression et de l’indépendance des institutions culturelles. Elle réaffirme que les financements publics ne peuvent être utilisés comme instruments de pression politique et qu’ils doivent rester fondés sur des critères transparents, équitables et respectueux du principe d’égalité entre les acteurs culturels. Cette décision constitue une jurisprudence majeure dont le Syndeac se saisira pour apporter un soutien juridique à l’ensemble de ses structures adhérentes confrontées à des difficultés comparables à celles rencontrées par le TNG. Cette victoire juridique est la démonstration que l’action syndicale peut compter sur la force du collectif et s’appuyer sur le droit pour faire face aux pressions politiques et financières engagées par certains élus. Le principe de libre administration n’est pas un sésame qui donnerait les pleins pouvoirs à certains élus autoritaristes, et qui les autoriserait à ne pas respecter les lois afin de réduire au silence toute expression critique ou tout projet de création qui contrarie leurs orientations idéologiques. Mais cette victoire juridique et symbolique ne saurait masquer le danger qui se profile : l’affaiblissement programmé du service public de la culture. Plus que jamais, nous devons être mobilisés, ne pas renoncer à nos libertés face à ces pressions explicites et implicites, ne pas accepter le contexte économique et politique avec fatalité. Nous devons refuser ce “new-normal” qui voudrait s’affirmer comme une évidence et nous imposer, avec brutalité, une forme d’auto-censure. Précisément parce que nous ressentons quotidiennement que cette “nouvelle normalité” gagne du terrain, nous devons redoubler d’initiatives pour la combattre. A ce titre, le projet de loi de finances 2026, tel qu’il a été initialement présenté, est un véritable danger. Pour ne parler que de sa partie “culture”, l’effondrement programmé des crédits occasionnerait une nouvelle violente chute de notre activité de service public. La précarité financière deviendrait telle, que le pouvoir politique – traduit alors en “bon-vouloir” de subvention – en sortirait largement renforcé quand la capacité des acteurs culturels à défendre leurs libertés de création et de programmation serait, elle, encore affaiblie face aux tentatives de contrôle idéologique des esprits et des récits. Ce budget serait un boulevard ouvert au mouvement réactionnaire, qui pourrait transformer la politique culturelle, après les prochaines échéances électorales, en un pur programme de propagande. Il s’agirait d’un mouvement de recul, sans précédent, qui nous renverrait à l’époque où l’art et la culture devaient plaire à la cour et s’en remettre aux “mécènes”. Pour défendre nos services publics et les dynamiques associatives, le Syndeac a mené un travail de plaidoyer depuis plusieurs semaines pour faire entendre nos arguments. Ensuite, avec l’intersyndicale, nous avons adressé une alerte sur l’état du secteur culturel public en demandant une révision profonde du budget de la culture en rappelant le rôle inédit du Parlement dans la préparation du budget 2026. Enfin avec les deux organisations employeurs du spectacle vivant public réunis au sein de l’USEP, nous avons écrit à la Ministre de la culture pour demander à être reçu et entendu au plus vite. Ce projet de loi de finances 2026 est à rebours de tous les discours officiels, il tourne le dos à la jeunesse, aux droits culturels et aux territoires populaires. S’il devait être adopté en l’état, sans amendements significatifs, alors il faudra unanimement nous mobiliser, sans faire passer les urgences du présent avant les enjeux d’un futur bien trop proche. Pour le bureau, Claire Guièze et Joris Mathieu Coprésidente et coprésident du Syndeac
Alerte sur l’emploi

En plus de la baisse déjà alarmante des prévisions d’activité des équipes artistiques, cette rentrée est marquée par plusieurs nouvelles menaces qui pèsent de plus en plus lourdement sur l’emploi dans notre secteur. Comme nous le dénoncions, les annulations de crédits du ministère de la Culture, décidées lors des rectificatifs budgétaires 2025, empêchent désormais le ministère de financer les mesures de soutien à l’emploi du FONPEPS. La DGCA ne peut plus verser les aides, déjà validées et dues, à partir de septembre. Cette situation affecte tout notre secteur et aura un impact immédiat sur la capacité des employeurs à maintenir des emplois durables et à organiser des représentations dans des lieux aux économies fragiles, souvent proches des habitants et en zones rurales. C’est d’autant plus inacceptable que cette situation était prévisible et identifiée, et qu’elle survient alors que, comme le souligne le sénateur Fabien Gay dans son rapport récent, 211 milliards d’aides à l’emploi sans contrepartie ni surveillance ont été accordés aux entreprises, alors que le FONPEPS ne représente que 70 millions de dépenses. Le Syndeac utilisera tous les moyens légaux pour que l’État respecte ses obligations face à cette dépense inévitable. Nous vous encourageons à participer massivement à l’enquête flash que nous avons lancée pour collecter des données sur votre structure. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a confirmé qu’il maintient la lettre de cadrage de son prédécesseur sur une possible réforme de l’assurance chômage. Cette lettre précise que les annexes VIII et X seront incluses dans les négociations, ce qui est une ligne rouge pour notre syndicat. Nous nous opposerons, avec toutes les organisations professionnelles (employeurs et salariés), à toute augmentation des heures travaillées requises pour l’indemnisation et à toute réduction du taux d’indemnisation. La suppression de la part collective du Pass Culture pour le second semestre 2025 laisse un vide culturel immense dans les écoles et le parcours éducatif des jeunes, entraînant des annulations massives de sorties scolaires et de projets en classe. Cela affecte également l’emploi direct des artistes et des éducateurs artistiques. Bien que cela ne soit pas surprenant, cela ne diminue pas notre colère partagée avec nos collègues de l’éducation nationale. Nous critiquons vivement le manque de supervision et de contrôle de ce dispositif, qui a remplacé progressivement d’autres financements croisés entre la culture et l’éducation nationale, permettant à certains opérateurs de bénéficier de fonds publics de manière disproportionnée, certains recevant jusqu’à un million d’euros. Cela démontre que confier la gestion de l’éducation artistique à une S.A.S. privée mène à une impasse. Il est grand temps de changer de cap ! Face à l’urgence de réorienter les budgets fixés pour 2025, nous sommes pleinement engagés avec les organisations professionnelles, les services publics et le secteur associatif et social. La survie de notre secteur, de ses emplois et de leur impact social est en jeu. La détérioration des conditions d’accès aux services publics doit cesser immédiatement. Pour cela, nous devons renforcer nos alliances avec d’autres services publics et continuer à dialoguer avec nos concitoyens. Ainsi, nous co-organisons des débats à travers la France d’ici fin novembre. Hier, à Sault, le 24 septembre, nous avons discuté du pouvoir des mots et de la transformation des récits en information. Le 24 novembre, à Nancy, nous aborderons les liens entre sciences, information et complotisme. Le 1er octobre, à Saint-Nazaire, nous accueillerons des collègues de la police et de la justice pour parler de la fragilisation de leurs relations et des menaces sur notre démocratie. À Marseille, le 6 octobre, la santé sera au centre des discussions, et nous examinerons ce qu’implique une politique publique bienveillante. Le 1er octobre à Sète et le 13 octobre à Valenciennes, nous défendrons respectivement un service public d’éducation artistique et culturelle, et une politique qui lie rénovation urbaine et accès à la culture. À Montpellier, nous parlerons de l’impôt et des recettes de l’État pour financer ses politiques publiques. Enfin, à Paris, le 27 novembre, nous conclurons cette série de débats au Carreau du Temple pour envisager nos services publics comme le cœur de nos villes. Pour le bureau, Claire Guièze et Joris Mathieu, coprésidente et coprésident du Syndeac
Parler est un devoir moral. Se taire devient la règle.

Plus un jour ne passe, sans que nous ne recevions un appel de collègues – artistes ou à la direction d’une institution culturelle – pour nous faire part d’une pression reçue, d’une menace de sanction budgétaire brandie, d’une campagne diffamatoire sur les réseaux sociaux, ou d’un conseil bienveillant de ses pairs à ne pas s’exposer, à ne pas dire le fond de sa pensée ou à ne pas se risquer à s’associer à telle ou telle déclaration. Ici, c’est un représentant de l’État qui prend la parole en public pour critiquer les intentions d’une artiste dont le spectacle serait supposément subversif. Là ce sont des courriers virulents d’associations qui dénoncent une prise de parole, à la fin d’un spectacle, sur les bombardements à Gaza ou pour évoquer les coupes budgétaires. Ailleurs, une direction d’école d’art jugée trop wokiste par des élus ou encore un journaliste attaqué personnellement par une ministre sur son plateau de télévision. Il ne s’agit pas de phénomènes isolés et le tableau d’ensemble est sans appel : quotidiennement, la liberté d’expression perd du terrain et une chape de silence plombe davantage la société française. Si le titre de cet édito paraphrase une citation d’un livre d’Élie Wiesel et Jorge Semprun : “Se taire est interdit. Parler est impossible.”, ce n’est pas pour créer un parallèle avec ce qui est incomparable. Élie Wiesel et Jorge Semprun, 50 ans après avoir survécu aux camps de concentration, dialoguent dans cet ouvrage sur l’impossibilité à mettre des mots sur l’innommable, alors que le devoir de transmettre la mémoire des événements est pourtant impérieux. Si nous convoquons cette citation, c’est simplement qu’elle traduit littéralement, dans un tout autre contexte, l’état auquel nous semblons réduits. C’est aussi pour donner sa pleine mesure à l’alerte que nous lançons. Pour dire – et nous dire avant tout à nous-mêmes – qu’il n’est plus permis de relativiser, au nom de quelconques prétextes, la gravité de ce que nous vivons de plein fouet pour certain.es et que nous ne pouvons pas ignorer pour les autres. La réunion des droites extrêmes est aux portes du pouvoir à l’échelle européenne et au-delà. Elle y a même déjà accédé dans plusieurs pays. Et si elle parvient à étendre son influence, à contaminer l’espace politique, c’est autant par le trouble institutionnel qu’elle provoque, que par le silence qu’elle veut imposer à celles et ceux qui pourraient lui faire barrage. Notre Histoire, la mémoire de cette France pour une part collaborationniste, pour une autre résistante mais surtout pour une majorité silencieuse, doit nous encourager à sortir complètement de notre réserve. Partout où la liberté de parole est entravée, où l’intimidation a déjà fait son œuvre au point de fabriquer des mécanismes d’auto-censure, il est indispensable que nous nous rassemblions pour faire front. Ne laissons plus rien passer sous silence. Ne craignons pas les représailles, même si elles existent. Malgré les signaux alarmants, n’agissons pas comme si la défaite de la pensée était acquise. Car aussi bruyante qu’elle soit, l’extrême droite n’est pas dominante dans notre pays. Ensemble, nous saurons faire reculer ces menaces qui individuellement nous font trembler. Soyons nombreux à nous mobiliser dans les débats publics que nous organisons dans toute la France. Parce que parler doit rester possible et que se taire n’est en aucun cas une option, faisons en sorte que les festivals de cet été, soient la caisse de résonance de notre totale liberté de parole.
Affronter les contrevérités

Tenons-nous le pour dit : nous vivons une époque où la vérité est allègrement falsifiée. Où le Premier ministre et Bercy prétendent pouvoir faire des coupes drastiques dans les budgets des services publics sans en fragiliser le fonctionnement. Où une ministre de la culture peut affirmer à une journaliste qu’il ne faut pas se fier aux publications du Journal officiel. Où certains présidents et présidentes de collectivités peuvent retirer les soutiens financiers aux équipes artistiques et aux lieux de création tout en expliquant que leurs budgets ne sont pas en baisse. L’exercice de nos métiers se heurte à cette forme de déni institutionnel, qui se mue même en violence quand certains discours passent la ligne rouge en dénonçant les dépenses publiques inutiles ou en pourfendant la dangerosité du wokisme culturel. Et bien sûr, ça nous épuise de devoir affronter quotidiennement ces contre-vérités. Ça nous atteint psychologiquement de devoir subir les effets de cette crise économique qui n’existerait pas. Mais surtout, ça nous déstabilise de travailler dans un climat où règne désormais la peur. Une peur bien concrète : celle de la perte des emplois. Une peur plus diffuse : celle que le pouvoir de subvention s’exerce de plus en plus librement comme une menace, et puisse s’abattre avec encore plus de radicalité si nous faisons entendre une voix contestataire. Il y a deux ans, nous nous alarmions déjà de la culture de la peur qui s’installait dans la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Aujourd’hui cette situation s’est banalisée et étendue à l’ensemble du territoire. Cette peur est constitutive de toutes les crises économiques et démocratiques. Elle est, de fait, un instrument puissant de division du collectif, puisqu’elle renvoie chacune et chacun à des enjeux de survie individuelle. Soyons clairs et nets, personne, parmi nous, n’est indifférent aux situations vécues par les collègues les plus immédiatement impactés par la crise. Tout le monde se sait concerné par l’effondrement généralisé de notre écosystème. Et tout le monde a conscience d’être sous la menace d’un budget 2026 encore plus contraint, qui promet 40 nouveaux milliards d’économies de dépenses publiques. Quant aux enjeux de solidarité, ils s’expriment sincèrement unanimement. Mais à l’épreuve de la gestion quotidienne de la crise économique, cette unité vole facilement en éclats. Non pas tant par désolidarisation entre nous mais parce qu’à notre échelle – soyons sincères – il n’existe en réalité aucune solution viable pour neutraliser les effets dramatiques des coupes budgétaires. Nos adhérentes et adhérents à la direction des structures ne pourront pas, sans décisions politiques et budgétaires favorables, préserver le nombre, la qualité des spectacles et les conditions de travail. Nous devons faire l’exercice difficile d’accepter cette réalité sans chercher à la falsifier, sans chercher à se raconter des histoires selon lesquelles nous pourrions “être plus inventifs” pour amortir cette crise. Les chiffres que nous avons sous les yeux sont sans équivoque. Chaque euro de coupe dans les subventions d’équilibre a un effet démultiplicateur, qui se traduit par une diminution des recettes d’activité des structures (moins de recettes de billetterie pour les organisateurs et moins de recettes de ventes de spectacles pour les producteurs). En conséquence la chute libre s’accélère et si nous n’avons pas encore de chiffres consolidés, nous pouvons d’ores et déjà estimer que les apports en production des lieux labellisés aux équipes artistiques auront probablement baissé en fin d’année de 30% à 50% par rapport à 2024. Le nombre de levers de rideaux en France aura certainement autant diminué en une seule année qu’au cours des 5 années précédentes cumulées. Nous l’avons déjà dit en début d’année, les responsabilités qui pèsent sur les employeurs sont démesurées et les problématiques insolubles. Cela ne relève plus de notre niveau de responsabilité de gérer une crise d’une telle ampleur. Il revient aux responsables politiques de prendre les décisions qu’imposent les restrictions budgétaires qu’ils et elles ont votées. Et malgré le climat de peur généralisé, les menaces directes ou indirectes qui pèsent individuellement sur chaque projet, qui entravent la possibilité de s’exprimer, nous toutes et tous qui formons ce syndicat, nous devons faire front ensemble et trouver le courage de dénoncer collectivement l’absence de solution à laquelle on nous demande de nous résoudre. Nous devons faire nombre et rendre visible notre alliance avec les élu·es républicains de tous bords qui refusent de sacrifier la culture sur l’autel de l’austérité budgétaire. Dans cette optique, nous vous invitons à réserver dès maintenant la date du 11 juillet au matin. Réunissons-nous ce jour-là à l’Opéra d’Avignon et invitez vos élu.es à vous accompagner pour participer à notre grand débat : « De quelle culture parlerons-nous en 2026 ? » Une photo, de l’ensemble des élu·es présent·es et “Debout pour la culture”, sera réalisée à l’issue de ce débat. Et d’ici-là, nous vous invitons à vous mobiliser et à vous impliquer pleinement dans l’organisation de tous les rassemblements, manifestations, rendez-vous publics, qui sont en cours dans vos régions.
Solidarités !

En élaborant la charte des bonnes pratiques professionnelles, en la soumettant à un débat approfondi avec consultation des associations de labels, des scènes conventionnées d’intérêt national, et des équipes artistiques, nous avons voulu élaborer un texte solide, consensuel et applicable par tous et toutes. Le long processus de maturation, puis de mise au vote, a permis une large mobilisation des adhérents et adhérentes, aboutissant à une quasi-unanimité en faveur des engagements adoptés. La charte a ainsi trouvé sa force par la légitimité de son élaboration et de son adoption. Le long processus de maturation, puis de mise au vote, a permis une large mobilisation des adhérents et adhérentes, aboutissant à une quasi-unanimité en faveur des engagements adoptés. La charte a ainsi trouvé sa force par la légitimité de son élaboration et de son adoption. Trois mois plus tard, la situation demeure critique. La loi de finances a été adoptée seulement en février et promulguée mi-mars. Les notifications et les acomptes ont tardé. Les villes, agglomérations, départements et régions ont voté leur budget, quasi partout en baisse, avec, ici et là, des coupes budgétaires d’une violence inouïe qui portent atteinte au service public de la culture et détruisent les emplois. À ces mauvaises nouvelles qui découlent toutes, exclusivement, d’une politique fiscale initiée dès 2017, s’en ajoutent d’autres. La part collective du Pass culture est gelée depuis le début d’année, stoppant net de nombreux projets. Alors que cette part « collective » est née notamment des nombreuses critiques que nous avons formulées sur la part individuelle dès sa création, elle reste insatisfaisante à bien des égards, quoique appréciée et bien appropriée par les enseignants et les artistes. Le budget du programme transmission est lui en forte baisse, de l’ordre de 20 %, ce qui impacte nombre de nos structures adhérentes. Nous agissons avec force sur tous les fronts : au cabinet de la ministre pour débloquer les crédits déconcentrés et sauvegarder le Fonpeps ; auprès des maires de France et de Régions de France, pour défendre les budgets, poursuivre nos chantiers communs, préparer Avignon et les élections municipales de l’an prochain. Mais inutile de se mentir : tout se tend. La situation devient critique. Le plan social est en œuvre. Dans les compagnies où on renonce à produire et où on licencie. Dans les salles de spectacle, où les départs de salariés ne sont plus remplacés. Tout cela nous ramène à notre charte. Et au-delà à notre convention collective. Plus la situation se complexifie, plus les solidarités doivent se concrétiser. C’était bien le sens de la charte ! Elle doit s’appliquer et les directions des salles de spectacle doivent mettre en oeuvre des engagements simples : ne pas négocier à la baisse les cachets, ne pas négocier les cessions, ne pas renoncer aux frais d’approche et faciliter autant que faire se peut les engagements de co-productions, fussent-ils sous réserve des budgets à venir ! Le bureau en appelle vraiment au sens des responsabilités de tous et toutes. Nous avons été concrètement solidaires pendant le Covid, nous devons retrouver ce sens d’être ensemble. Le Syndeac en est le symbole. Pour le bureau, Claire Guièze et Joris Mathieu, coprésidente et coprésident du Syndeac