Plaidoyer pour un refinancement de la création et du service public et de la culture

Les organisations de salariĂ©s et d’employeurs de la branche du spectacle vivant public s’adressent ensemble aux parlementaires membres des commissions culture et des finances de l’AssemblĂ©e nationale et du SĂ©nat dans le cadre de la prĂ©paration de la loi de finances pour 2025. Depuis plusieurs années, nos organisations alertent sur la dĂ©gradation du service public des arts et de la culture, qui fait Ă©cho Ă  celle de tous les services publics dans notre pays. La culture est un puissant levier de dĂ©veloppement et de cohĂ©sion pour les territoires et leurs habitants. Le spectacle vivant propose des moments rares et prĂ©cieux : nous faisons vivre des Ă©motions Ă  des populations de classes sociales diffĂ©rentes, d’opinions politiques variĂ©es, de tous genres, en situation de handicap ou non, jeunes ou en fin de vie
 Nous sommes un service public d’une densitĂ© incroyable : nous proposons des spectacles dans les villes, dans les campagnes, dans des salles dĂ©diĂ©es, dans des gymnases, sous des chapiteaux, dans l’espace public
 Nous nous adressons Ă  toutes et tous, sans aucune forme d’exclusive. Nous proposons des actions de mĂ©diation et nous sommes les opĂ©rateurs de l’éducation artistique et culturelle. Nous ne sommes pas dĂ©localisables et reposons sur l’humain. Notre force repose sur l’emploi des artistes et techniciens, qui reprĂ©sente la part essentielle du coĂ»t d’un spectacle et des actions culturelles que nous dĂ©ployons. Depuis fĂ©vrier dernier et l’annonce par Bruno Le Maire de coupes budgĂ©taires sans prĂ©cĂ©dent pour le MinistĂšre de la culture, mais Ă©galement pour d’autres politiques publiques essentielles comme l’éducation nationale, la recherche, la transition Ă©cologique et les financements des collectivitĂ©s territoriales, nos organisations de salariĂ©s et d’employeurs ont dĂ©cidĂ© de mener une bataille ensemble pour promouvoir le service public de la culture. Nous abordons, toujours dĂ©terminĂ©s, la prĂ©paration budgĂ©taire pour la Loi de finances 2025 sous le double prisme du budget du ministĂšre de la Culture, et de celui des financements des collectivitĂ©s territoriales. Nous sommes Ă©galement trĂšs attentifs Ă  celui de l’Éducation nationale et des financements de tous les services publics. Dans ce contexte, la branche du spectacle vivant porte plusieurs revendications prĂ©cises Ă  l’attention des parlementaires. Le rĂ©tablissement intĂ©gral de la coupe budgĂ©taire de fĂ©vrier 24 dans les socles des programmes et des actions impactĂ©s ; nous demandons en particulier que les 96 millions amputĂ©s au programme 131 dĂ©diĂ© au spectacle vivant soient intĂ©gralement rĂ©tablis. L’ensemble des organisations de la branche demande un refinancement de ce programme Ă  hauteur de 100 millions d’euros, lesquels seront Ă©quitablement rĂ©partis entre les lieux, les festivals et les Ă©quipes artistiques des compagnies conventionnĂ©es comme des compagnies indĂ©pendantes d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral. Ces financements poursuivront plusieurs objectifs – apurement des dĂ©ficits, amĂ©lioration des salaires du secteur, soutien Ă  l’emploi durable, et refinancement de la politique en faveur de la crĂ©ation artistique. Nous insistons sur le fait que ce financement peut ĂȘtre gagĂ© sans difficultĂ© sur les crĂ©dits attribuĂ©s Ă  la part individuelle du Pass culture dans le programme 361. Les parlementaires pourront consulter les trois rapports (Cour des Comptes, SĂ©nat, IGAC) qui contestent le bien-fondĂ© de ce financement et montrent son inefficacitĂ©. Le FONPEPS a enfin pris sa vraie vitesse de croisiĂšre, avec un taux de consommation Ă©gal Ă  100 %. Nous demandons que les crĂ©dits soient intĂ©gralement budgĂ©tĂ©s en crĂ©dits de paiement au BP 24 pour en assurer la pleine maĂźtrise, soit 56 Millions d’euros. Nous demandons par ailleurs que des corrections au dispositif rĂ©glementaire arrĂȘtĂ© en janvier 2023 puissent ĂȘtre apportĂ©es pour s’adapter mieux Ă  la rĂ©alitĂ© de l’emploi du secteur. Nous demandons enfin, que les crĂ©dits d’impĂŽts du spectacle vivant soient rĂ©tablis en tant que tel (et non pas sous forme de dĂ©ductions fiscales qui font perdre l’intĂ©rĂȘt de la mesure au plus grand nombre de nos membres) ; nous demandons Ă©galement que les dispositions Ă©largies l’an dernier s’étendent au champ chorĂ©graphique et aux spectacles de plein-air. Nous sollicitons la suppression de “et faisant appel aux services rĂ©guliers d’un groupe de musiciens.” de l’article 281 quater du Code GĂ©nĂ©ral des impĂŽts. Cette mention fait peser sur le cirque de crĂ©ation une disparitĂ© de traitement. Enfin, nous souhaitons la confirmation, dans les plus brefs dĂ©lais, de pouvoir continuer Ă  bĂ©nĂ©ficier de rĂ©gimes de TVA particuliers adaptĂ©s Ă  nos activitĂ©s, Ă  savoir le taux rĂ©duit Ă  5,5% et particulier Ă  2,1%. En parallĂšle, nous sollicitons toujours la mise en Ɠuvre de notre accord professionnel unanime du 27 octobre 2023, relatif Ă  l’assurance chĂŽmage des intermittents du spectacle. Alors qu’une nouvelle nĂ©gociation sur l’assurance chĂŽmage devrait s’ouvrir dans les prochains mois, nous rĂ©affirmons la nĂ©cessitĂ© de ne pas fragiliser les annexes 8 et 10 mais au contraire que nos propositions d’amĂ©liorations puissent ĂȘtre entendues. Notre secteur traverse une phase particuliĂšrement critique, consĂ©quence d’insuffisances budgĂ©taires notoires. Le ministĂšre de la culture estime, lui-mĂȘme, que 70 % des labels seront en dĂ©ficit en 2025. Les Ă©quipes artistes sont victimes d’une rĂ©duction drastique du disponible artistique qui freine Ă  la fois la production et la diffusion, pourtant au cƓur du projet dit « mieux produire mieux diffuser » dont, ensemble, nous avons contestĂ© la mise en Ɠuvre incohĂ©rente et inĂ©quitable sur l’ensemble du territoire. La crise menace la diversitĂ© artistique. Quand la baisse programmĂ©e des spectacles varie entre 25 et 50 % selon les lieux, l’émergence est clairement menacĂ©e. La crise sociale sera la consĂ©quence de la crise budgĂ©taire. Mais Ă  l’inverse d’autres secteurs, le spectacle vivant ne licencie pas, il n’embauche plus. C’est un modĂšle unique et enviĂ©, garant de la crĂ©ation et de la richesse culturelle de notre pays, qui est menacĂ© aujourd’hui. Dans le contexte des dĂ©ficits publics, les 0,8 % du budget de la culture ne pĂšsent hĂ©las pas lourd tandis que toute nouvelle coupe accĂ©lĂ©rerait la catastrophe. Les collectivitĂ©s territoriales, qui sont nos premiĂšres partenaires publiques, ont-elles aussi besoin de retrouver de l’air. Elles sont en premiĂšre ligne des services publics, c’est-Ă -dire des besoins vitaux de la population. De tels besoins ne peuvent ĂȘtre assurĂ©s sans les ressources nĂ©cessaires Ă  une politique publique ambitieuse et redistributive. Annexe sur

Le Syndeac plus que jamais au travail auprĂšs des associations d’Ă©lus

Les 9 et 10 octobre, le Syndeac a rencontrĂ© successivement deux associations d’élus : France Urbaine, qui reprĂ©sente les grandes villes et mĂ©tropoles, et l’AMRF, qui reprĂ©sente les maires ruraux. Un travail de dialogue et de pĂ©dagogie mutuelle rendu encore plus nĂ©cessaire compte tenu du contexte budgĂ©taire. Les collectivitĂ©s territoriales sont les premiers financeurs du service public de la culture (70% contre 30% pour l’État). La Cour des comptes a confirmĂ© il y a quelques mois dans un rapport que ce financement reprĂ©sentait 2,5 milliards d’euros pour le spectacle vivant public. Malheureusement, nous assistons Ă  une dĂ©multiplication de baisses de subventions de la part de collectivitĂ©s qui sont confrontĂ©es elles-mĂȘmes Ă  une diminution de leurs ressources. Les collectivitĂ©s territoriales sont les premiers financeurs du service public de la culture (70% contre 30% pour l’État). La Cour des comptes a confirmĂ© il y a quelques mois dans un rapport que ce financement reprĂ©sentait 2,5 milliards d’euros pour le spectacle vivant public. Malheureusement, nous assistons Ă  une dĂ©multiplication de baisses de subventions de la part de collectivitĂ©s qui sont confrontĂ©es elles-mĂȘmes Ă  une diminution de leurs ressources. Fabienne Chognard, directrice du DĂŽme – scĂšne conventionnĂ©e d’Albertville et vice prĂ©sidente du Syndeac, lors de la “masterclass culture” de France Urbaine Ă  Lyon. Partager les constats est un dĂ©but, faire bloc commun dans les propositions est la suite logique. Cette cure d’austĂ©ritĂ© contraint des collectivitĂ©s mĂȘme volontaristes Ă  restreindre leurs investissements dans les politiques publiques de la culture sous peine de ne plus pouvoir assurer les politiques liĂ©es Ă  leurs compĂ©tences obligatoires. Bien entendu, ces problĂ©matiques de finances locales s’ajoutent aux problĂ©matiques budgĂ©taires dĂ©jĂ  nombreuses de notre secteur. Aussi, au-delĂ  des constats, le Syndeac a portĂ© auprĂšs de France Urbaine et de l’AMRF diffĂ©rentes propositions budgĂ©taires. Elles ont trouvĂ© des Ă©chos favorables, notamment celle portant sur un reflĂ©chage massif (100 millions d’euros) des crĂ©dits allouĂ©s Ă  la part individuelle du Pass Culture : celle-ci, dĂ©crite comme largement dysfonctionnelle dans l’ensemble des rapports rĂ©cents, est restĂ©e intouchĂ©e dans le budget 2024 comme au moment des coupes de fĂ©vrier 2024. De nombreux Ă©lus et Ă©lues considĂšrent notre proposition comme justifiĂ©e : nous la portons donc partout autant que possible. La bataille budgĂ©taire qui s’ouvre dans le cadre du projet de loi de finances 2025 va ĂȘtre intense : le Syndeac est prĂȘt Ă  mener cette bataille. Mais aussi… Les dĂ©partements, eux aussi en grande difficultĂ©, sont de plus en plus contraints de se retirer de projets et soutiens culturels, aussi volontaristes soient-ils en la matiĂšre. Le dialogue, lĂ  aussi, est ouvert avec les DĂ©partements de France ainsi qu’avec Culture·Co, le rĂ©seau national pour la culture dans les dĂ©partements, avec qui une rencontre est prĂ©vue le 17 octobre. Enfin, le Syndeac est heureux d’annoncer qu’il sera Ă  nouveau partie prenante du prochain CongrĂšs des maires de France. AprĂšs une participation l’an dernier Ă  un forum sur l’éducation artistique et culturelle en prĂ©sence d’une centaine de maires, nous prendrons cette annĂ©e la parole le 21 novembre prochain sur un sujet brĂ»lant, dont nous nous rĂ©jouissons qu’il soit au menu des maires : “Les communes face Ă  une offre de spectacle vivant sous tension”, prouvant que la situation est Ă©galement critique du cĂŽtĂ© des collectivitĂ©s qui se proposent d’en parler.

CESER : faire de la culture un sujet régional capital !

Le Syndeac renforce sa prĂ©sence dans 8 rĂ©gions, dont la Nouvelle-Aquitaine, pour inscrire la culture parmi les prioritĂ©s rĂ©gionales et promouvoir des politiques publiques transversales, liant culture, services publics, transports, santĂ© et sport, au sein des CESER Qu’est que le Conseil Ă©conomique, social et environnemental rĂ©gional ? 1 Le conseil Ă©conomique, social et environnemental rĂ©gional (CESER) est une assemblĂ©e consultative placĂ©e auprĂšs du conseil rĂ©gional et de son prĂ©sident. Il en existe 22 en France, rĂ©partis sur l’ensemble des rĂ©gions mĂ©tropolitaines et ultramarines. Remplissant une mission de consultation auprĂšs des instances politiques de la rĂ©gion, ses membres sont issus pour la grande majoritĂ© des mondes Ă©conomique, social, environnemental, Ă©ducatif et associatif et Ă©mettent des avis sur les orientations structurantes pour la rĂ©gion. 1 Chaque CESER est composĂ© de quatre « collĂšges » reprĂ©sentant quatre catĂ©gories socioprofessionnelles : les entreprises et activitĂ©s non salariĂ©es ; les organisations syndicales de salariĂ©s ; les organismes et associations participant Ă  la vie collective de la rĂ©gion et des personnalitĂ©s qualifiĂ©es participant au dĂ©veloppement rĂ©gional. Les membres des collĂšges sont nommĂ©s par le PrĂ©fet de rĂ©gion pour six ans renouvelables aprĂšs dĂ©signation des organismes et associations appelĂ©s Ă  siĂ©ger. 1 Les modalitĂ©s d’intervention du CESER sont multiples. Il est obligatoirement saisi pour donner son avis, avant leur examen par le conseil rĂ©gional, sur : les contrats de plan État-RĂ©gion (CPER) ; les documents de planification et schĂ©mas directeurs intĂ©ressant la rĂ©gion ; les diffĂ©rents documents budgĂ©taires de la rĂ©gion ; les orientations gĂ©nĂ©rales dans les domaines sur lesquels le conseil rĂ©gional est appelĂ© Ă  dĂ©libĂ©rer ; les orientations en termes d’environnement. Il peut Ă©galement ĂȘtre saisi par le prĂ©sident du conseil rĂ©gional pour des demandes d’avis ou d’Ă©tudes sur tout projet Ă©conomique, social, culturel ou environnemental intĂ©ressant la rĂ©gion.Le CESER peut aussi, de sa propre initiative (auto-saisine), Ă©mettre des avis sur toute question relevant des compĂ©tences de la rĂ©gion. Un certain nombre d’initiatives relevant de la dĂ©mocratie directe, comme l’auto-saisine citoyenne via les mĂ©canismes de pĂ©tition sont progressivement Ă  l’Ɠuvre dans certains CESER. Nouvelle mandature 2024 -2029 : le Syndeac pleinement investi au sein des Conseils Ă©conomiques, sociaux et environnementaux rĂ©gionaux. 1 En tant que premier syndicat employeur, reprĂ©sentatif du secteur du spectacle vivant public en France, le Syndeac s’est attachĂ© depuis plusieurs mandatures Ă  porter l’ensemble des sujets de politiques publiques culturelles au sein de cette instance. Dans l’ensemble des rapports et avis relevant des politiques culturelles rĂ©gionales, notre syndicat se veut ĂȘtre force de proposition constructives. Un travail d’ampleur est Ă©galement Ă  l’Ɠuvre pour valoriser les liens manifestes qui existent entre la culture et les autres secteurs d’activitĂ©s (transport, santĂ©, sport) dans une approche transversale d’amĂ©lioration des services publics. 1 Depuis 2024, le Syndeac obtient un siĂšge supplĂ©mentaire en Nouvelle-Aquitaine, et porte maintenant Ă  8 (Ile-de-France, Grand Est, Centre Val-de-Loire, Bretagne, Occitanie, Nouvelle-Aquitaine, Hauts-de-France, Auvergne-RhĂŽne-Alpes) le nombre de nos reprĂ©sentants amenĂ©s Ă  siĂ©ger au sein de cette assemblĂ©e consultative. Suivant les prĂ©conisations ministĂ©rielles et dans la droite ligne de son engagement syndical vers davantage de paritĂ© et de reprĂ©sentativitĂ© dans le secteur culturel, le Syndeac s’est attachĂ© Ă  proposer une majoritĂ© de femmes dans l’ensemble des rĂ©gions. 1 Les nouvelles reprĂ©sentantes du SYNDEAC au sein des Conseils Ă©conomiques, sociaux et environnementaux rĂ©gionaux (CESER) ont entamĂ© leur mandat en participant activement Ă  l’Ă©laboration des feuilles de route de ces assemblĂ©es consultatives. L’ensemble des reprĂ©sentantes et reprĂ©sentants du Syndeac travaille avec influence et prĂ©cision pour faire Ă©merger les sujets culturels et les enjeux de services publics comme prioritaires parmi les travaux des diffĂ©rentes commissions.

100 propositions des maires ruraux pour la culture

Dans le cadre du Printemps de la ruralitĂ©, l’Association des maires ruraux de France (AMRF) a rĂ©cemment publiĂ© 100 propositions pour la culture qui ne sont pas sans rappeler, Ă  maints endroits, les constats et les positions du Syndeac. Dans son Ă©dito de fĂ©vrier 2024, Michel Fournier, prĂ©sident de l’AMRF, souhaitait que “les ruraux” aient confiance en leur crĂ©ativitĂ© et en la qualitĂ© de leurs prestations artistiques. Un mois aprĂšs le lancement de la concertation du Printemps de la ruralitĂ© – aujourd’hui en rade – , l’AMRF adoptait une motion “Culture” lors de leur assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale. Cette motion se dĂ©cline aujourd’hui dans une contribution contenant pas moins de 100 propositions. Ce qui saute aux yeux, ce sont les nombreux constats partagĂ©s entre les maires ruraux et le Syndeac, malgrĂ© des prĂ©occupations quotidiennes et des activitĂ©s professionnelles trĂšs diffĂ©rentes. Au-delĂ  des points de convergence dans les constats et dans plusieurs prĂ©conisations formulĂ©es Ă  l’État, cette contribution de l’AMRF confirme que le travail du Syndeac auprĂšs des associations d’élus, des collectivitĂ©s territoriales et des Ă©lus locaux, imprĂšgne. L’utilisation de l’expression “service public de la culture” a par exemple largement pris racine dans le vocabulaire des responsables politiques – ce n’était pas gagnĂ©. NĂ©cessaire engagement des collectivitĂ©s sur le temps long via des financements pluriannuels, volontĂ© d’en finir avec les appels Ă  projets, besoin accru de mettre les professionnels et professionnelles de la culture autour des tables de concertation : autant de sujets dont les maires ruraux sont dĂ©sormais prĂȘts Ă  se saisir. Le Syndeac continue donc de travailler avec l’AMRF afin de les y aider. Quelques exemples de propositions de l’AMRF Proposition n°11 Mettre en place des formations rĂ©ciproques artistes/Ă©lus pour amĂ©liorer la comprĂ©hension des champs d’actions de chacun afin de mieux travailler ensemble et mieux rĂ©flĂ©chir au bĂ©nĂ©fice de l’élaboration des politiques culturelles.   Proposition n°15 Conforter la prĂ©sence des Ă©lus ruraux dans les conseils d’administration des scĂšnes conventionnĂ©es, ou dans les comitĂ©s ad hoc dĂ©diĂ©s Ă  l’action hors-les-murs.   Proposition n°23 Donner aux collectivitĂ©s territoriales les moyens financiers de remplir leurs missions de service public de la culture.  Proposition n°30 Financer les politiques territoriales par des crĂ©dits de fonctionnement stables permettant de dĂ©velopper une vision pluriannuelle de la dĂ©pense et d’offrir un libre emploi des crĂ©dits, contrairement Ă  un flĂ©chage par projet. Proposition n°38 Revoir les critĂšres d’évaluation des dispositifs vers plus de souplesse, de qualitatif et moins de quantitatif, en tenant compte des processus mis en Ɠuvre. Il s’agit par exemple de veiller Ă  ne pas « normer » les actions Ă  travers les dispositifs tels que les Microfolies ou le Pass Culture, dont les Ă©lus mesurent la difficultĂ© de les faire correspondre Ă  leur territoire.  Proposition n°40 Revitaliser les DRAC face Ă  leur manque de ressources humaines, financiĂšres et matĂ©rielles.  Proposition n°68 Renforcer le soutien aux compagnies Ă  travers des conventions d’implantation. Proposition n°85 Garantir la co-dĂ©finition des Ă©chelles pertinentes de collaboration en matiĂšre culturelle – collectivitĂ©s, professionnels de la culture et DRACs – pour garantir une dĂ©finition gĂ©ographique et sociale corrĂ©lĂ©e Ă  la rĂ©alitĂ© des usages et de l’espace vĂ©cu des populations et des artistes.

Évaluer autrement : c’est possible ?

Le Syndeac a officiellement ouvert le chantier des « expĂ©rimentations Ă©valuatives ». AprĂšs deux ans de riches Ă©changes, notamment avec le monde universitaire, les membres du groupe de travail ÉvaluationS passent Ă  l’action. Les modalitĂ©s d’évaluation des structures de spectacle vivant public façonnent les relations que les professionnelles et les professionnels entretiennent avec les financeurs, avec leurs pairs et avec la population. Elles façonnent au quotidien la maniĂšre dont nos structures travaillent, crĂ©ent, produisent et diffusent. Aujourd’hui, les structures culturelles sont dans une immense majoritĂ© Ă©valuĂ©es sous l’unique angle quantitatif : combien de spectacles avez-vous créés, produits, diffusĂ©s ? combien de spectateurs sont venus dans votre salle ? combien de reprĂ©sentations de combien de spectacles avez-vous faites Ă  destination de combien de publics diffĂ©rents ? etc. Si les chiffres ont une utilitĂ©, ils ne rendent pas compte Ă  eux seuls de la richesse de notre activitĂ© et des valeurs – non quantifiables – que nous produisons. La mise en oeuvre des “expĂ©rimentations Ă©valuatives” a pour objectif, Ă  moyen terme, de montrer aux principaux partenaires financiers (collectivitĂ©s territoriales, État-DRAC) qu’il est tout Ă  fait possible d’Ă©valuer autrement nos structures sans que cela ne remette en cause le principe mĂȘme d’ĂȘtre Ă©valuĂ©. De nombreuses voies pour Ă©valuer autrement existent. Une dizaine de structures reprĂ©sentatives de notre diversitĂ© syndicale s’est portĂ©e volontaire pour ce chantier. Chaque structure va tenter d’expĂ©rimenter une nouvelle Ă©valuation de son travail en accord avec ses partenaires. AprĂšs une phase nĂ©cessaire de partage de l’initiative et de conviction, chaque duo (membre du Syndeac et partenaire) pourra construire ensemble les critĂšres d’évaluation qui lui semble le plus pertinent pour le projet. À un projet artistique “situĂ©â€, c’est-Ă -dire inscrit dans un territoire au service des habitantes et habitants, doivent en effet rĂ©pondre des critĂšres “situĂ©s” et une Ă©valuation “situĂ©e”. La vĂ©ritĂ© d’un territoire n’est pas celle d’un autre ; la vĂ©ritĂ© d’un projet artistique n’est pas celle d’un autre non plus. De nombreux travaux universitaires dĂ©jĂ  identifiĂ©s pourront servir d’exemple et de base de rĂ©flexions pour des Ă©valuations plus qualitatives. Plusieurs grands thĂšmes qu’il semble possible de “valoriser” dans une Ă©valuation imprĂšgnent ainsi dĂ©jĂ  nos rĂ©flexions :  l’objectivation des relations créées avec le public (cartes mentales, entretiens/sondages sur une saison, etc.) l’objectivation des relations créées avec le tissu local (cartographie des impacts territoriaux des projets, reprĂ©sentation dynamique des inter-relations sur un territoire, etc.) l’Ă©largissement de la gouvernance pour donner aux Ă©lu(e)s de la visibilitĂ© concrĂšte Ă  nos actions (reprĂ©sentantes et reprĂ©sentants des publics, des partenaires du champ social, des Ă©quipes artistiques, etc.)   Le Syndeac espĂšre bien entendu que de ces expĂ©rimentations sortiront de nombreux enseignements positifs et de nombreux exemples permettant d’en assurer la valorisation nationale pour une gĂ©nĂ©ralisation de la dĂ©marche.

Une lettre aux parlementaires et un faux billet de spectacle !

Pour sensibiliser une fois de plus les parlementaires rĂ©publicains sur la situation financiĂšre du spectacle vivant public, sĂ©nateurs et dĂ©putĂ©s, sĂ©natrices et dĂ©putĂ©es, ont reçu une lettre accompagnĂ©e d’un billet factice de spectacle au montant exorbitant de 100 euros. De nombreux lieux culturels font en effet face Ă  des hausses trĂšs importantes de leurs dĂ©penses dues Ă  l’inflation et sont par ailleurs victimes de coupes ou de baisses de leurs subventions publiques. Certains de nos interlocuteurs, y compris des Ă©lus locaux, proposent rĂ©guliĂšrement d’augmenter les prix des billets pour compenser les budgets des structures culturelles. Cette solution va Ă  l’encontre de notre mission de service public qui exige une accessibilitĂ© universelle Ă  la culture. Augmenter les tarifs des billets exclurait par exemple les familles Ă  faibles revenus de la culture, ce qui est aux antipodes de notre mission d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral. Pour sensibiliser le grand public Ă  cette problĂ©matique et Ă©viter d’en arriver Ă  une situation oĂč la culture deviendrait inabordable, nous avons lancĂ© l’opĂ©ration faux billet « Hors de prix ! ». Selon les donnĂ©es du ministĂšre de la Culture, la recette moyenne par billet vendu dans nos structures est de 13 Ă  14 €. Il nous apparaĂźt impĂ©ratif de maintenir ces tarifs accessibles grĂące Ă  l’argent public. Au dos du billet figurent des revendications Ă©manant d’une dĂ©claration commune signĂ©e par l’ensemble des organisations d’employeurs et de salariĂ©s de la branche du spectacle vivant public. Un code QR renvoie vers une pĂ©tition ayant le mĂȘme socle intersyndical. Ce texte affirme trois revendications claires :  Renoncement aux coupes budgĂ©taires de 100 millions annoncĂ©es sur la crĂ©ation. Refinancement du service public de la culture, des Ă©quipes artistiques et des lieux indĂ©pendants. Mobilisation du ministĂšre de la Culture en faveur de la sauvegarde du rĂ©gime de l’intermittence du spectacle. Le Syndeac a demandĂ© Ă  l’ensemble de ses adhĂ©rentes et adhĂ©rents de distribuer au public ce faux billet au prix symbolique de 100 €. Les autres organisations syndicales de la branche ont Ă©galement bĂ©nĂ©ficiĂ© d’un kit pour la fabrication et la distribution de ce flyer syndical sous forme de billet factice redirigeant vers la pĂ©tition intersyndicale.  Par ce courrier envoyĂ© aux parlementaires de l’AssemblĂ©e nationale et du SĂ©nat, accompagnĂ© du faux billet, nous sollicitons un  soutien pour prĂ©parer  les arbitrages budgĂ©taires de la loi de finances pour 2025 : refinancement de la culture et de la crĂ©ation artistique, par abondement du budget 2024 et apport de 50 millions d’euros supplĂ©mentaires en 2025. LIRE LA LETTRE ENVOYÉE AUX PARLEMENTAIRES

Le budget du ministĂšre de la Culture ne sauvera pas le dĂ©ficit de l’État

Paris, le 14 mai 2024 La culture devient le premier facteur d’ajustement pour les dĂ©partements face Ă  l’explosion des dĂ©penses sociales non compensĂ©es par le budget de l’Etat.  Depuis plusieurs semaines, le Syndeac observe une multiplication de rĂ©ductions brutales de subvention en provenance des dĂ©partements Ă  l’Ă©gard de plusieurs scĂšnes labellisĂ©es. Ces baisses s’ajoutent au contexte extrĂȘmement difficile pour la majoritĂ© de ses membres. Le Syndeac demande aux dĂ©partements concernĂ©s de revenir sur ces dĂ©cisions lourdes de consĂ©quences pour les structures qui font vivre la culture sur le territoire français. Le Syndeac observe depuis quelques semaines une multiplication de rĂ©ductions brutales de subventions Ă  l’encontre de ses membres, notamment en provenance de dĂ©partements. En moins d’une semaine, quatre structures adhĂ©rentes ont rendu public des coupes budgĂ©taires importantes et sans aucun prĂ©avis permettant de les anticiper :  Le 19 avril, le Théùtre de la CitĂ© – CDN Toulouse Occitanie, apprend une coupe de 80% de sa subvention dĂ©partementale, soit une baisse de financement de 190 000 euros en pleine saison.  Le 22 avril, la Maison des Arts de CrĂ©teil est amputĂ©e de 150 000 euros sur ses subventions dĂ©partementales, ce qui la contraint Ă  retarder l’ouverture de sa saison 2024-2025 en novembre et annuler 6 spectacles. Cela reprĂ©sente 6 Ă  8 semaines de dĂ©programmation sur les deux salles de la structure.  Le conseil dĂ©partemental de l’HĂ©rault annonce au dĂ©but du mois la fermeture du service de prĂȘts de matĂ©riels techniques et scĂ©niques (HMS) impactant plus de 300 Ă©vĂ©nements sur le territoire soit 500 000 spectateurs. En 2022, les prĂȘts via ce dispositif ont Ă©tĂ© chiffrĂ©s Ă  1,6 millions d’euros. Le Théùtre National de Nice – Centre Dramatique National Nice CĂŽte d’Azur est Ă©galement victime d’une coupe de 100 000 euros. La Commune – Centre dramatique national Aubervilliers a subi Ă©galement une baisse, certes plus relative mais non nĂ©gligeable de 25 000 euros.   Ce mouvement rĂ©cent dans les dĂ©partements confirme une situation analysĂ©e conjointement par le Syndeac et les associations d’élus dans le cadre d’une rencontre organisĂ©e le 10 avril dernier. La situation plus particuliĂšre des dĂ©partements, identifiĂ©e depuis prĂšs d’une dĂ©cennie, se confirme aujourd’hui en raison de l’explosion des dĂ©penses sociales non compensĂ©es par le budget de l’État et qui obligent ces collectivitĂ©s Ă  des coupes importantes ; la culture est souvent le premier facteur d’ajustement, ce que nous dĂ©nonçons Ă©videmment.  Ces coupes interviennent qui plus est dans un contexte inflationniste dont les effets sont aujourd’hui connus par le ministĂšre de la culture. 45 % des labels de l’État sont en effet en dĂ©ficit en 2023 – ce qui est totalement inĂ©dit – avec une certitude d’aggravation de leurs ressources au cours de l’annĂ©e 2024.  Le Syndeac demande aux dĂ©partements ayant procĂ©dĂ© Ă  des coupes de revenir sur ces dĂ©cisions lourdes de consĂ©quences pour les structures qui font vivre la culture sur le territoire français. Nous devons peser collectivement sur les dĂ©cisions du gouvernement qui ne peut espĂ©rer combler son dĂ©ficit en condamnant le service public de la culture. Les coupes budgĂ©taires, qu’elles proviennent de l’État ou des collectivitĂ©s, provoquent un seul effet redoutable : la suppression d’emplois artistiques et techniques dans le spectacle vivant. Couper des subventions Ă  la culture consiste Ă  mettre en place un plan social de grande envergure Ă  bas bruit, gĂ©nĂ©rant par ailleurs des consĂ©quences sur les dĂ©penses sociales.

Coupes budgĂ©taires… et le pass Culture ?

Depuis son origine, le Syndeac a critiquĂ© le dispositif du Pass culture, et notamment la part individuelle ainsi nommĂ©e aujourd’hui, par opposition Ă  la part collective plus rĂ©cemment créée. La politique des bons d’achat en lieu et place d’une politique publique de mĂ©diation et d’exigence artistique fragilise le service public de l’art et de la culture. La part budgĂ©taire consacrĂ©e Ă  ce dispositif prĂ©sidentiel a progressĂ© de maniĂšre exponentielle, passant en 6 ans de zĂ©ro Ă  plus de 250 millions sur le budget du ministĂšre de la culture. Ces montants sont complĂ©tĂ©s par une dotation de plus de 50 missions au ministĂšre de l’Éducation nationale. Plus de 300 millions consacrĂ©s Ă  ce projet, alors qu’en 70 ans de politique culturelle de la dĂ©centralisation, le budget allouĂ© par l’État au spectacle vivant (aide aux lieux et aux Ă©quipes artistiques) n’a jamais pu dĂ©passer 280 millions. Au-delĂ  de ce comparatif, le Syndeac, avec les organisations d’employeurs du spectacle vivant public, n’a de cesse de demander des comptes : → des comptes quant Ă  la structuration juridique du Pass culture, gĂ©rĂ©e par une sociĂ©tĂ© privĂ©e dite « sociĂ©tĂ© par action simplifiĂ©e » (SAS), pour porter une politique soi-disant publique. Les subventions exceptionnellement importantes mettent en cause ce modĂšle, la Cour des Comptes l’ayant  vertement critiquĂ©.  → des comptes quant aux personnels recrutĂ©s et Ă  leur rĂ©munĂ©ration. Les personnels affectĂ©s au Pass culture sont plus nombreux que ceux dont disposent la Drac Ile de France. Comparaison saisissante de l’affaiblissement de l’Etat et des dangers des externalisations Ă  rĂ©pĂ©tition que ce modĂšle sous-tend.   → des comptes enfin, sur le dispositif lui-mĂȘme. L’absence de concertation sĂ©rieuse avec les professionnels avant la mise en place du Pass et de ses plus rĂ©centes Ă©volutions, interpellent. Plus de 6 ans aprĂšs son dĂ©ploiement, l’absence de toute Ă©valuation indĂ©pendante constitue Ă  n’en plus douter, une forme de dissimulation publique. Alors que la politique des coupes budgĂ©taires menacent tout l’écosystĂšme du spectacle vivant public, ces questions ne peuvent plus rester sans rĂ©ponse.​ La Cour des comptes nous a entendu et y a largement fait Ă©cho dans sa mission ; le SĂ©nat, qui a lui aussi conduit un rapport sur le sujet, en a tiré des conclusions similaires. Mais rien ne se passe.  Certes, Ă  la surprise gĂ©nĂ©rale, la nouvelle ministre de la culture, Rachida Dati, a exprimĂ© des critiques vives quant Ă  l’inefficacitĂ© du dispositif. Mais alors que les coupes budgĂ©taires imposĂ©es par Bruno Le Maire s’attaquent Ă  la politique de la crĂ©ation artistique, aucun ciblage n’est fait sur le Pass culture.  C’est la raison pour laquelle, avec les Forces musicales, Profedim et le SNSP, le Syndeac a pris l’initiative de saisir Eric Coquerel, PrĂ©sident de la commission des finances Ă  l’AssemblĂ©e nationale. DotĂ© de pouvoirs importants de contrĂŽle de l’exĂ©cutif, nous souhaitons que la commission des finances se saisisse de cette question, et, le cas Ă©chĂ©ant, permette des redĂ©ploiements budgĂ©taires indispensables au spectacle vivant public.  LIRE LE COURRIER

Coupes budgétaires : déclaration commune de la branche du spectacle vivant public

Sur proposition du Syndeac, l’ensemble des organisations employeurs et salariĂ©s de la branche publique du spectacle vivant, ont signĂ© une dĂ©claration commune. A l’occasion de la rĂ©union du Conseil national des professionnels du spectacle (CNPS) qui s’est tenue le 13 mars 2024, nous avons dĂ©noncĂ© avec force les coupes budgĂ©taires sans prĂ©cĂ©dent imposĂ©es au ministĂšre de la culture. Nous travaillons Ă  des initiatives communes pour rĂ©pondre Ă  nos trois revendications. DÉCLARATION COMMUNE Paris, 13 mars 2024 Par les coupes budgĂ©taires massives que Bruno Le Maire a annoncĂ©es, le Gouvernement porte une attaque sans prĂ©cĂ©dent Ă  l’encontre des services publics au dĂ©triment de l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral. Car ce sont bien eux qui sont les victimes des arbitrages rendus, loin du Parlement pourtant chargĂ© de voter les lois de finances ou leurs corollaires rectificatifs. Le dĂ©cret du 21 fĂ©vrier dernier, “portant annulation de crĂ©dits”, publiĂ© au journal officiel du 22 fĂ©vrier dernier offre une liste Ă©difiante des abandons ainsi dĂ©cidĂ©s sous l’aune d’une austĂ©ritĂ© budgĂ©taire qu’une politique d’impĂŽts justes et efficaces auraient permis d’empĂȘcher. Les dĂ©clarations par voie de presse du 7 mars dernier, du mĂȘme ministre de l’Economie et des finances, confirment que les coupes de fĂ©vrier ne sont qu’une premiĂšre Ă©tape.  Les organisations de salariĂ©s et d’employeurs membres de la branche des entreprises artistiques et culturelles, ont dĂ©couvert ces annonces avec effroi. En effet, le service public des arts et de la culture que nous reprĂ©sentons ensemble est touchĂ© par cette premiĂšre vague “d’annulation de crĂ©dits” d’un niveau de plus de 202 millions d’euros, dont prĂšs de 96 millions visent directement le programme de la crĂ©ation artistique. Ce niveau de coupes budgĂ©taires est absolument inĂ©dit et menace l’ensemble de l’écosystĂšme dĂ©jĂ  largement dĂ©stabilisĂ© par les effets de la sortie complexe de la crise sanitaire, et des crises inflationniste et Ă©nergĂ©tiques plus rĂ©centes. ConcrĂštement, alors que nous Ă©tions en train de travailler Ă  notre nĂ©gociation annuelle obligatoire des salaires de la branche du spectacle vivant public, cette nĂ©gociation est momentanĂ©ment interrompue. Le dĂ©ficit financier qui est en train de se construire rend l’accord difficile Ă  atteindre assurĂ©ment car non financĂ©. Pourtant les demandes lĂ©gitimes des salariĂ©s devront obtenir une rĂ©ponse et donc les hausses de salaires risquent de se faire aux dĂ©pens de l’activitĂ© artistique elle-mĂȘme et du volume d’emploi, car pour beaucoup de structures les dĂ©sĂ©quilibres Ă©conomiques provoquent des licenciements voire des liquidations d’entreprises. Nous refusons de poursuivre dans cette voie mortifĂšre. ConcrĂštement, l’activitĂ© artistique est en berne, les Ă©quipes artistiques ne peuvent plus produire, les coproducteurs et les diffuseurs voient le disponible pour l’activitĂ© artistique fondre comme neige au soleil. Un plan social Ă  bas bruit est en Ɠuvre. Des milliers d’emplois sont directement menacĂ©s dans le silence assourdissant des Ă©lus de la nation.  Nous ne pouvons pas l’accepter sans rien dire. Nous ne pouvons pas par ailleurs laisser dire que l’affaire est rĂ©glĂ©e par des astuces budgĂ©taires, car nous sommes solidaires de tout l’écosystĂšme : toute coupe dans le programme 131 impacte directement ou indirectement nos adhĂ©rents et adhĂ©rentes. Nous resterons solidaires et dĂ©terminĂ©s Ă  empĂȘcher ces mesures gravissimes. ConcrĂštement, le plan « mieux produire mieux diffuser » sur lequel tous et toutes avons dĂ©noncĂ© une mise en Ɠuvre chaotique et au-delĂ  une logique de concentration dangereuse pour la diversitĂ© artistique, ne pourra pas se dĂ©ployer dans ce contexte nonobstant le maintien de cette ligne budgĂ©taire. Comment en effet chercher Ă  « mieux » produire ou « mieux » diffuser, quand plus personne ne parvient Ă  produire ni Ă  diffuser dans des conditions dĂ©centes ? ConcrĂštement, le Pass culture est totalement Ă©pargnĂ© des efforts de rĂ©gulation alors mĂȘme que la masse budgĂ©taire non consommĂ©e en 2023 est importante. Nous en contestons tous et toutes le modĂšle de soutien Ă  la seule demande, et continuons de dĂ©noncer le niveau de financement public qui devrait constituer la premiĂšre piste de redĂ©ploiement dans ce contexte budgĂ©taire.  L’attaque est tellement forte que notre conviction est de rassembler tous les opĂ©rateurs des services publics ainsi mis en cause : car cette politique ne vise pas seulement la culture, elle vise aussi l’éducation nationale, la recherche, la transition Ă©cologique dans des proportions totalement invraisemblables, les collectivitĂ©s territoriales, pour ne citer que les services publics indissociablement liĂ©s Ă  la politique culturelle. Mais la santĂ©, le logement, la politique de la ville, les affaires Ă©trangĂšres et tant d’autres encore, sont aussi impactĂ©es. Bruno Le Maire, premier comptable de ces dĂ©cisions, rĂ©pĂšte Ă  l’envi le tabou gouvernemental contre tout nouvel impĂŽt alors que les entreprises du CAC 40 affichent de nouveaux records de profits.  Pendant ce temps-lĂ , le Premier ministre parasite les nĂ©gociations des partenaires sociaux sur l’assurance chĂŽmage. Le ministre de l’Economie et des finances exprime mĂȘme son souhait dĂ©finitif de la fin du paritarisme social, et menace une nouvelle fois de s’en prendre Ă  celles et ceux qui, dans notre pays, se trouvent privĂ©s d’emploi. La mise en cause directe du paritarisme est une ligne rouge extrĂȘmement importante pour nos organisations respectives. Nous appelons d’ailleurs Ă  ce que l’accord que nous avons signĂ© le 27 octobre dernier dans le cadre des nĂ©gociations sur l’assurance chĂŽmage, soit repris par le Gouvernement. Le renoncement social et Ă©cologique de ce Gouvernement est hors de proportion. Nous ne l’acceptons plus. Tous et toutes, nous allons nous organiser pour que nos compatriotes mesurent les enjeux de ce qui est en train de se passer. Des Ă©lections ont lieu d’ici trois mois, c’est une bonne occasion de faire passer des messages. Nos salles de spectacles, de concert, d’opĂ©ra, nos pistes de cirque et tous les espaces de diffusion des crĂ©ations artistiques sont pleines d’électeurs et Ă©lectrices, nous allons nous adresser Ă  eux. Nous portons ensemble trois revendications prĂ©cises et urgentes :  le renoncement aux coupes budgĂ©taires annoncĂ©es sur le programme 131 ;  le refinancement du service public de la culture, des Ă©quipes artistiques et lieux indĂ©pendants, qui Ɠuvrent pour l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral et de la prĂ©servation des emplois,  par une mobilisation conjointe des partenaires publics ;  la mobilisation du ministĂšre de la

100 millions d’euros en moins pour la Culture : courriers aux parlementaires

A l’annonce d’une coupe budgĂ©taire inĂ©dite du programme 131 (crĂ©ation) du ministĂšre de la Culture, nous avons immĂ©diatement rĂ©agi en alertant d’une part le Premier ministre et la ministre de la Culture, mais Ă©galement les membres des commissions Culture de l’AssemblĂ©e et du SĂ©nat dont voici le courrier. Paris, le 23 fĂ©vrier Madame, Monsieur les dĂ©putĂ©(e)s et sĂ©nateur(trice)s de la Commission Culture, Les professionnels du spectacle vivant que le Syndeac reprĂ©sente ont appris hier avec stupeur que 95 961 028 € de crĂ©dits du programme 131 – CrĂ©ation allaient ĂȘtre annulĂ©s dans le cadre du plan d’économies 2024 de 10 milliards d’euros annoncĂ© par M. Bruno Le Maire. 95 961 028€ d’économies, cela correspond en rĂ©alitĂ© Ă  une baisse de 10% du budget de la crĂ©ation artistique en France.  10% de budget en moins consiste Ă  supprimer purement et simplement des spectacles, des milliers d’emplois, et aboutira Ă  faire tomber dans la pauvretĂ© des milliers de professionnels en situation dĂ©jĂ  trĂšs prĂ©caire, notamment celles et ceux qui bĂ©nĂ©ficient du rĂ©gime de l’intermittence.  10% de budget en moins consiste Ă  demander aux acteurs culturels l’impossible. À l’heure oĂč l’écosystĂšme du spectacle vivant est dans une crise financiĂšre et sociale profonde, Ă  l’heure oĂč l’inflation impose logiquement Ă  nos adhĂ©rents des nĂ©gociations salariales sans budget supplĂ©mentaire, Ă  l’heure oĂč les moyens dĂ©diĂ©s Ă  la crĂ©ation et Ă  la programmation de spectacles ont chutĂ© de 25% en un an, retirer prĂšs de 100 millions d’euros aux structures de la crĂ©ation artistique sonne l’hallali du service public de la culture que nous reprĂ©sentons. 10% de budget en moins ne peut pas se lire comme une simple Ă©conomie : c’est une coupe brutale et dĂ©raisonnable dont les consĂ©quences sociales, Ă©conomiques et artistiques vont ĂȘtre nombreuses.  L’État nous enjoint Ă  mener des politiques d’augmentation de salaires dans les structures et les compagnies sans le moindre refinancement. Le spectacle vivant public reprĂ©sente en 2023 une masse salariale de 1,283 milliard d’euros. Les revendications des syndicats de salariĂ©s dans le cadre de la nĂ©gociation annuelle obligatoire (NAO) 2024, lĂ©gitimes dans le contexte Ă©conomique et social actuel, coĂ»teront plus de 50 millions d’euros Ă  nos entreprises. Cette annulation de crĂ©dits est un nouveau coup de massue pour un secteur dĂ©jĂ  exsangue.  Dans le cadre du plan “Mieux produire, mieux diffuser” du ministĂšre de la Culture, seulement 9 millions d’euros ont Ă©tĂ© dĂ©gagĂ©s face aux besoins du secteur qui excĂšdent les 50 millions d’euros pour notre seul pĂ©rimĂštre syndical. Ce coup fatal casse la stratĂ©gie Ă©laborĂ©e dans le cadre de ce plan. Dans cette situation de crise sans prĂ©cĂ©dent, nous sommes abasourdis par cette prise de dĂ©cision en dehors du dĂ©bat lĂ©gislatif et sans la consultation des organisations professionnelles. Bien Ă©videmment, s’ajouteront aux effets de cette coupe historiquement Ă©levĂ©e pour le ministĂšre de la culture, les effets des autres annulations : cohĂ©sion des territoires, Ă©ducation nationale, politique de la ville, pour ne citer que ces trois exemples, qui sont tous impliquĂ©s dans les politiques culturelles publiques.  Nous vous demandons, en qualitĂ© de membre de la commission des affaires culturelles et de l’éducation, de relayer notre alerte pour faire ajourner cette dĂ©cision sur le programme 131 et pour dĂ©fendre les missions de service public dont l’État doit se porter garant.   Le Syndeac compte sur votre engagement en ce sens. Restant Ă  votre disposition, je vous prie de croire Ă  l’assurance de ma parfaite considĂ©ration. Veuillez agrĂ©er, Madame, Monsieur les dĂ©putĂ©(e)s et sĂ©nateur(trice)s de la Commission Culture, l’assurance de notre parfaite considĂ©ration. Nicolas Dubourg, prĂ©sident du Syndeacpour le bureau  Â