Replay de la conférence sur la place des artistes et publics sourds dans la création

Dans la continuité de nos travaux pour une meilleure représentation de la société dans le spectacle vivant, nous avons organisé une conférence portant sur la place des artistes et publics sourds dans la création, en partenariat avec l’International Visual Theatre. richesse et autonomie de la culture sourde “Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la langue des signes n’a pas été inventée par des personnes entendantes pour communiquer avec les personnes sourdes. Ce sont les sourds eux-mêmes qui ont inventé cette langue : ils n’ont pas attendu les personnes entendantes pour parler”. Évidente une fois qu’on l’a entendue, cette phrase est en réalité loin d’être anodine. Elle montre la richesse de la culture sourde, son autonomie et sa créativité. Elle souligne aussi une forme d’a priori culturel de la part des personnes entendantes, pensant naturellement que les personnes sourdes ont besoin d’elles. L’International Visual Theatre, membre du Syndeac, est en même temps une salle de spectacles, un centre de formation et une maison d’édition dont le point commun est la mise en valeur et le soutien de la culture sourde. Évidente une fois qu’on l’a entendue, cette phrase est en réalité loin d’être anodine. Elle montre la richesse de la culture sourde, son autonomie et sa créativité. Elle souligne aussi une forme d’a priori culturel de la part des personnes entendantes, pensant naturellement que les personnes sourdes ont besoin d’elles. Au-delà de l’accessibilité : penser la création bilingue En embauchant des interprètes en langue des signes, on peut rendre “accessible” aux personnes sourdes un spectacle créé par des entendants pour des entendants. Mais se limiter à cette accessibilité, c’est restreindre le champ des possibles. Peut-on alors rendre “accessible” aux personnes entendantes un spectacle créé par des artistes sourds pour des personnes sourdes ? Peut-on plus largement imaginer que la langue des signes soit une langue de plateau et de création à part entière ? Après une introduction au format de sensibilisation, Emmanuelle Laborit et Jennifer Lesage-David, directrices de l’IVT, ont laissé la parole à plusieurs professionnelles et professionnels entendants qui ont travaillé avec des artistes et technicien(ne)s sourds. Comment créer un espace de travail commun où le dialogue entre personnes sourdes et entendantes est fluide ? Comment créer des spectacles bilingues langue des signes – français ? Faut-il changer la relation aux publics et les manières de communiquer pour que la communauté sourde vienne assister à des spectacles ? https://youtu.be/AWP1XLsdZqA

Conférence sur la culture sourde et la création artistique à l’IVT le 15 septembre

Le Syndeac, en partenariat avec l’International Visual Theatre, propose le lundi 15 septembre à 14h une conférence consacrée à la culture sourde et à son intégration dans les pratiques artistiques et culturelles : Accessibilité ou inclusion ? Pratiques et témoignages sur la place des artistes et publics sourds dans la création L’objectif de ce rendez-vous est d’inviter les compagnies, les responsables de lieux et l’ensemble des professionnel·le·s du spectacle vivant à repenser leurs pratiques. L’accessibilité ne doit pas être perçue uniquement comme une contrainte technique, mais comme une démarche artistique et culturelle à part entière. Parmi les questions qui guideront les échanges : Comment mieux comprendre les besoins des artistes sourds pour mieux travailler ensemble ? Comment faire de la langue des signes une langue de plateau et de création ? Un spectacle dit « accessible » suffit-il pour mobiliser et accueillir les publics sourds ? programme 14h00 : Introduction par Jennifer Lesage et Emmanuelle Laborit 14h15 : Sensibilisation aux problématiques de la culture sourde 15h00 : Témoignages de professionnel·le·s et exemples concrets pour outiller les adhérent·e·s du Syndeac 15h30 : Échanges avec la salle 16h00 : Fin de la conférence intervenantes et intervenants Yoann Lavabre – Glob Théâtre (Bordeaux) Nina Vallon – Cie As Soon As Possible Témoignages vidéo de Raphaëlle Girard – TAP (Poitiers) et Angélique Clairand – Théâtre du Point du Jour (Lyon) infos pratiques 📅 Lundi 15 septembre à 14h00📍 International Visual Theatre (IVT) – 7 cité Chaptal, 75009 Paris📡  Streaming : lien de connexion 🎟️ Entrée libre

La diversité est-elle un euphémisme ?

Le Syndeac, avec l’appui de l’agence Norme et du cabinet Clyde&Co, a étrenné sa journée de formation dédiée à la lutte contre les discriminations ethno-raciales. Une première du genre dans le spectacle vivant, symbole de l’engagement du Syndeac pour toutes les égalitéS. Fort du succès d’une première “sensibilisation” menée l’an dernier à Avignon, le Syndeac a passé une étape importante en organisant une journée entière de formation à la lutte contre les discriminations ethno-raciales, à destination de ses adhérentes et adhérents. Les deux intervenants – Laure Ekani du cabinet Clyde&Co et Binkady-Emmanuel Hié  de l’agence NORME -, ont déroulé la journée en trois modules qui ont duré chacun deux heures : module 1 : LES MOTS Comprendre ce qui se cache derrière chaque mot, avoir l’éclairage nécessaire pour savoir avec quels mots on se sent le plus à l’aise, pour déterminer le mot qui convient le mieux dans une situation donnée : très interactif, ce premier module permet au groupe d’échanger des points de vue, de mieux se situer, et aux deux formateurs d’apporter du contexte. Quand est-ce que tel mot est apparu ? comment cette expression a-t-elle progressivement remplacé cette autre expression ? Parmi les mots étudiés, le fameux “diversité” : galvaudé, utilisé à outrance dans tous les secteurs de la société, et même institutionnalisé (quel ministère ou quelle grande multinationale ne revendique pas s’ouvrir à “la diversité” ou la promouvoir ?), on ne sait plus à quoi “diversité” se réfère vraiment. Et quand on parle de personnes “issues de la diversité”, c’est l’embrouillamini généralisé… À l’appui d’exemples dans la presse ou de situations concrètes, les formateurs démontrent avec brio que l’immense majorité des utilisations du mot “diversité” s’effectue pour parler de diversité ethno-raciale, et rien d’autre. Parle de “diversité”, c’est donc, très souvent, euphémiser. MODULE 2 : LES CHIFFRES Le deuxième module entre alors en scène avec un double objectif : 1 tordre le cou à l’idée selon laquelle, au choix : “on ne peut pas compter” ou “les statistiques ethniques sont interdites en France” ou “on n’est pas comme les Américains”  2 montrer que les statistiques ethno-raciales sont tout à fait possibles en France et, mieux, qu’elles existent déjà, dans un cadre juridique défini : ainsi, outre des institutions comme l’INSEE ou l’INED, l’État lui-même a déjà réalisé plusieurs études visant à connaître l’influence ou l’impact des origines ethno-raciales sur tel ou tel sujet. Laure Ekani (cabinet Clyde&Co) et Binkady-Emmanuel Hié (agence NORME) lors de la journée de formation au Syndeac module 3 : les règles Last but not least, le module sur les règles permet aux formateurs de donner au groupe les connaissances et outils juridiques nécessaires à l’activation de leur responsabilité employeur. Savoir différencier l’agression de la micro-agression, l’insulte de la diffamation raciste ; reconnaître une discrimination raciale et connaître ses conséquences pénales : plusieurs cas pratiques donnent l’opportunité de s’interroger sur des situations concrètes, de s’interroger sur la bonne façon d’agir. Les excellents retours des adhérentes et adhérents formés confirment à la fois la qualité de la journée mais aussi le réel besoin de formation sur ce sujet. De nouvelles sessions vont donc très bientôt être programmées et cette formation va s’installer dans la durée, à l’image des formations contre les violences et le harcèlement sexuel et sexiste.

Conférence « La couleur des rôles » – Le replay

Le 21 mars dernier, le Syndeac a organisé une conférence portant sur l’étude La couleur des rôles : l’origine perçue dans la distribution artistique (théâtre, cinéma, audiovisuel), réalisée par deux chercheurs, Maxime Cervulle et Sarah Lécossais, et commandée par la DGCA (Ministère de la Culture) Les co-auteurs de l’étude Sarah Lécossais Sarah Lécossais, maîtresse de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’Université Sorbonne Paris Nord et membre du LabSIC. Co-autrice de l’enquête Cinégalités : qui peuple le cinéma français ?,  elle travaille notamment sur les politiques des représentations dans les fictions audiovisuelles et sur les pratiques d’écriture des scénaristes. Elle a co-dirigé l’ouvrage En quête d’archives : bricolages méthodologiques en terrains médiatiques. Maxime Cervulle Maxime Cervulle, professeur en sciences de l’information et de la communication à l’Université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis et membre du Centre d’études sur les médias, les technologies et l’internationalisation (CEMTI). Il est l’auteur de l’ouvrage Dans le blanc des yeux : diversité, racisme et médias, coauteur de Cultural studies : théories et méthodes,  et vient de codiriger avec Bérénice Hamidi un ouvrage collectif intitulé Les damné·esde la scène : penser les controverses théâtrales sur le racisme. Il a également collaboré avec le collectif 50/50 et Sarah Lécossais pour l’enquête Cinégalités : qui peuple le cinéma français ? Principaux objectifs de l’étude 1) Évaluer la place qu’occupe la typification ethnoraciale dans le processus de la distribution des rôles. => quelles possibilités et quelles restrictions rencontrent les comédiennes et comédiens perçus comme non blancs ?=> quelle contribution la distribution des rôles a-t-elle dans la construction/la reproduction d’imaginaires ethnoraciaux=> quelles sont les modalités de recrutement propres au spectacle vivant public, où l’absence d’intermédiaires (directrices et directeurs de casting) rend moins palpables les mécanismes de discriminations ?   2) Faire entendre le vécu des comédiennes et comédiens perçus comme non blancs dans les processus de recrutement => quel regard ces comédien·nes portent-ils sur les modes de recrutement, sur les justifications ?=> perçoivent-iels des discriminations ? À quel point leur expérience professionnelle est-elle marquée par leur apparence ?=> comment les différences de sélection entre spectacle vivant public et audiovisuel sont-elles perçues et vécues ? Panel de l’étude 100 personnes ont été interrogées lors d’entretiens 0 comédiennes ou comédiens perçus comme non blancs 0 responsables de distribution artistique 0 metteuses ou metteurs en scène

Parité femmes-hommes : la pédagogie à ses limites

Cinq années de comptage, cinq années de données, et un premier vrai bilan : si les progrès depuis la saison 2020-2021 sont réels, ils sont insuffisants. La pédagogie semble avoir atteint son propre plafond de verre. La première édition de notre comptage ayant porté sur la saison 2019-2020, cette toute nouvelle édition 2024 permet d’avoir un recul et une comparaison sur cinq ans. Le constat est clair : à ce jour, aucun des quatre indicateurs que nous mesurons (mise en scène, texte, artistes au plateau et potentiel de public), n’est à parité. LIRE LA PUBLICATION De fait, sur la dernière saison évaluée (2023-2024), les statistiques sont les suivantes : 43% des spectacles sont mis en scène par des femmes 34% des spectacles sont écrits par des femmes 45% des artistes au plateau sont des femmes 40% de potentiel de public est alloué aux femmes Dans ce contexte, le Conseil national du Syndeac, à la suite du groupe de travail ÉgalitéS qui porte ce dossier, a débattu de ces résultats décevants et, il faut le dire, de cet échec.  Deux pistes d’actions sont envisagées. La première piste est connue et déjà utilisée dans certains secteurs. Il s’agit de l’égaconditionnalité, c’est-à-dire l’attribution de subventions et/ou l’application de bonus-malus en fonction et en contrepartie d’engagements paritaires.  La seconde piste, que le Syndeac nomme “égapolitique”, consiste à systématiser à la fois l’inscription d’objectifs paritaires dans les conventions pluriannuelles d’objectifs et la présentation annuelle des données collectées devant les partenaires lors des conseils d’administrations et autres comités de suivis. Les deux options ont leurs avantages et inconvénients : l’égaconditionnalité frappe directement au portefeuille là où l’égapolitique frappe sur la durée d’un mandat en engageant la responsabilité des directions devant l’ensemble des partenaires financiers et politiques (État, collectivités, organisations de salariés, etc.). Le Conseil national poursuivra très vite ce débat afin d’élaborer un consensus et d’avancer, unies et unis, dans la voie choisie. Parallèlement, le Syndeac fournit de nouveau au débat de nombreux éléments d’analyse et d’étude venant compléter le seul comptage : analyse genrée et régionale des aides déconcentrées, situation du secteur musical, lien entre genre de la direction et parité dans les programmations… Enfin, le Syndeac est fier d’annoncer qu’il sera le premier syndicat d’employeurs du secteur à proposer, dès 2025, une formation à la lutte contre les discriminations ethno-raciales dans le spectacle vivant.

Lutter contre les discriminations ethno-raciales

Dans le cadre de ses Journées professionnelles d’Avignon 2024, le Syndeac a organisé une première session de sensibilisation à la lutte contre les discriminations ethno-raciales. Terriblement d’actualité, cette expérimentation inédite a été largement plébiscitée. Pierre Affagard, Binkady-Emmanuel Hié et Mélanie Perrier, journées professionnelles à Avignon 2024  Pierre Affagard, Binkady-Emmanuel Hié et Mélanie Perrier, journées professionnelles à Avignon 2024  Le sujet des discriminations ethno-raciales est depuis de longs mois discuté au Syndeac, notamment au sein du groupe de travail ÉgalitéS. De nombreuses lectures et discussions avec des universitaires ont permis à ce groupe d’engager des réflexions de fond sur le sujet et de proposer des pistes d’actions. Outre son engagement à réaliser une étude onomastique sur les directions des lieux labellisés par l’État – engagement rendu public dans un courrier de décembre 2023 à l’ex-ministre de la Culture Rima Abdul Malak -, le Syndeac a souhaité expérimenter une session de sensibilisation à la lutte contre les discriminations ethno-raciales à destination de ses structures adhérentes. Dans le même esprit que la formation de lutte contre les violences et le harcèlement sexuel et sexiste (VHSS), l’objectif à moyen-terme est de donner à nos structures adhérentes les outils théoriques et juridiques pour qu’elles aient les moyens d’activer leur responsabilité d’employeur lorsqu’elles sont confrontées à ce type de discriminations. Les deux intervenants retenus – Binkady-Emmanuel HIÉ (agence NORME) et Pierre Affagard (Clyde & Co) – ont débuté la session par un dialogue nécessaire autour du vocabulaire et de plusieurs expressions clés (“issus de la diversité”, “issus de l’immigration”, “race”, “blanc/noir”, etc.) afin que les définitions de ces mots, qui cristallisent parfois les tensions, soient contextualisées et discutées. La sensibilisation s’est poursuivie avec un volet juridique. Agressions physiques ou verbales, micro-agressions ou phénomènes discriminatoires « inconscients » : les professionnelles et professionnels de la culture sont de plus en plus confrontés à des situations conflictuelles, avec les publics mais pas seulement. Alors, que faire si un spectateur injurie, sur la base de leur couleur de peau, des artistes pendant un spectacle ? Que faire si un membre l’équipe salariée tient des propos racistes envers un prestataire, par exemple une femme de ménage ou un agent de sécurité – des personnels souvent racisés ? Que faire si un programmateur indique ne pas vouloir acheter un spectacle car l’artiste principal est noir ? Autant de questions auxquelles ont répondu nos intervenants. Cette première sensibilisation devrait, dans les prochains mois, être dupliquée et devenir une formation à part entière proposée à l’ensemble des structures adhérentes.

Le Syndeac s’engage pour une meilleure représentation de tous·tes dans le spectacle vivant

À l’occasion de la rencontre “La scène française : des inégalités spectaculaires !” que son groupe de travail “ÉgalitéS” a organisée le lundi 23 janvier à la Cité internationale des Arts (Paris), le Syndeac a réaffirmé son engagement dans la lutte contre toutes les inégalités présentes dans le spectacle vivant, sur scène, en coulisses et dans le public.

LES ARTISTES FEMMES DANS LE SPECTACLE PUBLIC – SAISON 2020/2021

Un engagement syndical en faveur de la parité absolue Comme il s’y était engagé l’an passé, le Syndeac poursuit son travail pour la parité réelle dans les programmations des des structures de spectacle vivant public. Comme lors de la première édition, ce deuxième comptage analyse et déchiffre la place des metteuses en scène, autrices et artistes au plateau au regard de la place qu’occupent les hommes dans ce secteur. La notion du « potentiel de public », créée l’an passé, est à nouveau convoquée cette année. Les données, issues du travail en partenariat avec Les Archives du spectacle, concernent la saison 2020-2021. Les grands chiffres – édifiants – à retenir : – seuls 38% des spectacles programmés sont mis en scène par des femmes– seuls 33% des spectacles programmés sont l’oeuvre d’autrices– seules 42% des artistes sur scène sont des femmes– les femmes se voient allouer un public potentiel (33%) deux fois inférieur à celui des hommes (67%). Par notre engagement syndical, nous entendons contribuer à la mise en oeuvre de la feuille de route ministérielle pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Notre engagement se renouvellera année après année, tant que la parité réelle ne sera pas durablement et structurellement atteinte. Nous accompagnons cette année la publication de ces chiffres par l’organisation à venir d’une rencontre intitulée « Les scènes françaises : des inégalités spectaculaires ». Avec des universitaires, des institutionnels et des acteurs culturels, cette rencontre abordera tant la question paritaire femmes-hommes que celle de la représentation de la société sur les plateaux et dans nos « maisons ».

Lettre paritaire à madame la ministre de la Culture

Pour la promotion du service public de l’art et de la Culture Madame Rima Abdul Malak Ministre de la Culture  3 rue de Valois 75001 Paris Paris, le 19 mai Madame la ministre, Notre vision du monde est fondée sur un socle de valeurs incarnées par la promesse nationale de liberté, d’égalité et de fraternité, aux antipodes absolues de ce que représente l’extrême droite nationaliste et anti-européenne. Nous sommes animés au quotidien par la volonté de réconcilier et élever notre société par le partage des connaissances, les échanges artistiques et le brassage des cultures sans entrave pour la libre circulation des œuvres et des artistes, par le débat ouvert, notamment permis par l’existence de médias publics et indépendants. Nous, organisations professionnelles d’employeurs et de salariés de service public de la culture, souhaitons vous alerter dès votre prise de fonction,  sur les grands enjeux que nous portons ensemble : le renforcement du service public : en consacrant enfin des moyens dignes de l’ambition que doit représenter le ministère de la culture dans l’architecture gouvernementale, tout comme la réactivation du comité intergouvernemental pour la culture (la culture étant une dimension transversale de l’action gouvernementale). A cet égard, pour les services publics de la création et du spectacle, il est impératif de redonner les moyens humains et financiers permettant de rayonner sur l’ensemble des territoires et d’assurer des conditions d’emploi et de salaires dignes des compétences et de l’exigence que requièrent nos missions : la garantie, par le gouvernement auquel vous appartenez, d’assurer les finances des collectivités territoriales qui constituent les premières contributrices aux politiques culturelles territoriales ; la garantie d’indépendance de l’audiovisuel public et la pérennisation de ses moyens, en renonçant à la suppression de la Contribution à l’Audiovisuel Public, et en mettant en place les outils anti-concentration nécessaires à la démocratie ; Au-delà de ses trois aspects fondamentaux qui constituent l’architecture d’une politique publique de la culture, nous portons ensemble des chantiers considérables qui ont besoin de la mobilisation forte du ministère de la culture : celui de la parité, de l’égalité Femme / Homme, de la lutte contre les violences sexuelles et sexistes et toutes les actions contre les stéréotypes sexistes ; celui de la transition écologique que nous souhaitons co-construire ensemble, dans une approche résolument nouvelle, refondant un modèle ayant au coeur d’associer les enjeux sociaux, écologiques et culturels ; celui aussi de la fort mal nommée « diversité » que nous voulons réinscrire dans nos priorités syndicales et qui doivent également devenir des priorités politiques gouvernementales ; celui enfin de l’emploi et de la garantie des droits sociaux des travailleurs du secteur qui doit être une priorité partagée et soutenue par votre Gouvernement. Ce chantier sera marqué notamment par la probable renégociation des annexes VIII et X ; nous attendons sur ce point, l’engagement de tout le Gouvernement qui devra se concrétiser dans la lettre de cadrage à l’interpro et dans la prise en charge du déficit de l’Unedic pour sa partie dette-covid. Nous ne manquerons pas de vous interpeller de nouveau sur le Pass culture, son modèle que nous contestons encore, et ses financements excessifs qui privent les opérateurs culturels de moyens pourtant indispensables aux actions de médiation qu’ils sont les seuls à pouvoir mener. Le Conseil national des professions du spectacle doit être mieux réinvesti, notamment dans sa formation plénière, pour être réuni plus régulièrement, avec un ordre du jour restreint permettant un véritable débat entre vous-mêmes et les organisations que nous représentons. Aline Sam-Giao, Présidente des Forces Musicales Nicolas Bucher, Président Profedim Frédéric Maurin, Président SNSP Nicolas Dubourg, Président Syndeac Denis Gravouil, Secrétaire général de la CGT Spectacle