À la suite de son conseil d’administration du 9 octobre 2026, le Tangram a appris une baisse inédite de son budget et le non renouvellement de la nomination de sa directrice, alors même que son bilan a été unanimement salué. Une double peine, pour cette structure qui regroupe 3 entités à Evreux, une Scène nationale, une salle de musiques actuelles et un Palais des congrès. Un Établissement public de coopération culturelle (EPCC) qui fonctionne et qui a accueilli près de 70 000 spectateurs cette saison.
Ce sont 354 300 € de financements publics en moins, soit 11 % des contributions, qui fragilisent l’établissement et entraînent, compte tenu de l’annonce tardive, une baisse de 40 % de son budget artistique pour 2027. Le choix est donc fait d’amputer un projet artistique porté par une équipe soudée.
Ces coupes inédites, conjuguées au non-renouvellement du mandat de sa directrice, interrogent l’avenir de cet établissement culturel, dont le bilan a pourtant été largement salué par l’ensemble de ses partenaires. Une double décision dont les conséquences économiques, sociales et culturelles risquent de marquer durablement le territoire.
Le Syndeac appelle l’État et les collectivités locales à prendre leur responsabilité dans la préservation du service public de la culture et dénonce le désengagement collectif, malgré le respect du cahier des charges de la Scène nationale.
Le Syndeac appelle Madame la ministre de la Culture Catherine Pégard, Monsieur le maire et président d’Evreux Portes de Normandie Guy Lefrand, Monsieur le Président du Conseil régional Hervé Morin et Monsieur le président du Département de l’Eure Alexandre Rassaërt à se réunir et reconsidérer leurs décisions afin de rétablir les financements nécessaires lors du prochain conseil d’administration du 4 décembre 2026. Le Syndeac appelle également à un rassemblement le 19 novembre à Évreux, pour défendre l’avenir du Tangram et l’offre culturelle du territoire.
Cette décision sonne le glas du festival “Les AnthropoScènes, ampute la programmation de plusieurs mois et fragilise durablement l’offre culturelle présente sur la ville d’Evreux, son agglomération, le département de l’Eure et la région Normandie.
À cela s’ajoutent de réelles menaces sur l’emploi et l’économie locale : plus de 150 intermittents et vacataires fragilisés, des artistes et des compagnies privés de dates de représentations, mais aussi des retombées économiques en baisse pour les commerçants, restaurateurs et hôteliers, avec près de 430 nuitées et 900 repas supprimés dès 2027.
Face à ces conséquences en chaîne, une responsabilité collective est engagée. La compétence partagée non obligatoire de la culture telle que définie dans la Loi Notre ne peut pas devenir le contre argument qui viendrait organiser le désengagement unanime et concerté des collectivités. Aussi l’État doit coûte que coûte continuer à se porter garant de la politique publique de la culture et de l’ensemble des structures qu’il labellise. L’Etat, le ministère de la Culture est le garant de l’application du cahier des charges des Scènes nationales.
Cette situation dépasse largement le seul cas d’Évreux. Quel avenir l’Etat et les collectivités territoriales entendent-ils réserver au service public de la culture en Normandie et, plus largement, sur l’ensemble du territoire ?
Le Syndeac appelle l’ensemble du monde de la culture, publics, partenaires du Tangram, à se réunir le 19 novembre 2026 à Evreux.
LE TANGRAM EN QUELQUES CHIFFRES
Établissement public de coopération culturelle créé en 2016 330 événements annuels répartis sur trois lieux :
- La Scène nationale, la seule du département de l’Eure
- Le Kubb, salle de musiques actuelles
- Le Cadran, Palais des congrès
→ Le Festival Les AnthropoScènes festival pluridisciplinaire qui chaque année au printemps mêle arts et sciences ;
DÉCISIONS DU CONSEIL D'ADMINISTRATION DU 9 OCTOBRE
Le conseil d’administration a acté une coupe inédite et concertée des contributions statutaires :
- 354 300 € de soutiens publics amputés, soit 11 % des contributions ;
- 40 % du budget disponible pour l’artistique retiré pour 2027, en raison de l’annonce tardive de la baisse pour 2026 ;
- et ce, malgré un bilan unanimement salué par l’ensemble des partenaires au conseil d’administration du 31 août 2026.
CONSÉQUENCES DIRECTES DES COUPES BUDGÉTAIRES
Les coupes touchent directement l’accès de toutes et tous à la culture dans les territoires, mais aussi l’emploi et le dynamisme économique de la ville d’Évreux.
- Dès 2027, annulation du festival Les AnthropoScènes (10 892 entrées en 2026).
- Programmation de l’automne 2027 amputée : la Scène nationale et le Kubb ferment au public de juin 2027 à janvier 2028.
- Une double peine économique : la perte de recettes de billetterie aggrave encore les effets des coupes.
L’EFFET DOMINO SUR L’EMPLOI ET L’ÉCONOMIE LOCALE
Emploi
- 120 technicien·nes intermittent·es du spectacle et une trentaine de vacataires du territoire, majoritairement des femmes qui complètent leurs revenus par ces vacations.
Artistes et compagnies
- Des projets annulés et autant de dates de diffusion perdues, qui compromettent encore leur éligibilité aux aides de la DRAC, déjà particulièrement contraignantes.
Commerces d’Évreux
- 430 nuitées annulées dans les hôtels dès 2027 ;
- 900 repas en moins dans les restaurants dès 2027.