Cela fait maintenant plusieurs mois que nous n’avons plus vraiment de ministre de la Culture concentrée sur sa fonction. C’est probablement une des raisons majeures pour laquelle aucune des revendications essentielles portées par l’intersyndicale n’a été entendue ni suivie d’effets dans le projet de loi de finances qui a été adopté en janvier.
Pourtant nos préoccupations exprimées rejoignaient largement celles des services du ministère, aussi bien au sein de la DGCA (Direction générale de la Création artistique) que dans les DRAC (Directions régionales de l’action culturelle).
Pourtant grâce à notre travail syndical auprès des groupes parlementaires, un certain nombre de ces revendications avaient été soutenues par des propositions d’amendements au sein des commissions Culture à l’assemblée comme au Sénat.
Notre ministre, si tant est qu’elle ait eu la volonté de le faire, n’a visiblement pas pesé politiquement dans les discussions avec le Premier ministre et Bercy, lors de l’élaboration de la copie finale du budget. Elle n’a pas appuyé les amendements proposés par les parlementaires et n’a donc rien obtenu pour défendre « son » budget, qui est en fait le nôtre.
Mais soyons honnêtes, la ministre ne porte pas seule la responsabilité de ce budget catastrophique pour notre service public. Les partis d’opposition, qui ont pourtant activement participé aux discussions avec le Premier ministre afin d’aboutir à ce qui a été nommé « un budget de consensus » n’ont pas davantage porté les mesures d’ajustement nécessaires pour protéger et sauvegarder nos emplois et nos missions. Nous l’avons également dénoncé, en interpellant directement les responsables de ces partis, sur leur absence totale de prise en considération des enjeux de financement de la politique culturelle.
Fort de ce constat, nous avons pris l’initiative de nous adresser au premier ministre, par l’intermédiaire d’une lettre ouverte, afin qu’il prenne la juste mesure de la situation budgétaire alarmante de notre secteur et donc de sa grande responsabilité au moment de faire son choix pour nommer un ou une nouvelle ministre en remplacement de l’actuelle.sables de ces partis, sur leur absence totale de prise en considération des enjeux de financement de la politique culturelle.
Plus que jamais, la politique de soutien au spectacle vivant doit retrouver sa place dans la conception des projets des partis politiques. C’est l’ambition que porte notre campagne pour le service public de la culture, menée avec nos collègues de l’USEP-SV dans le cadre des élections municipales. Notre questionnaire a été adressé à plus de 500 candidates et candidats, dans 160 villes ciblées, dont nous analyserons les données. Il reste accessible, en quelques clics sur le site dédié, à tous les autres candidats et candidates qui souhaitent y répondre. La réussite de cette campagne dépend aussi beaucoup de vous. Nous avons besoin de votre relai pour transmettre le questionnaire au plus grand nombre et nous avons besoin de votre implication pour donner de la visibilité à notre communication, qui quotidiennement met en avant les engagements que nous portons durant les municipales. Au-delà d’un simple questionnaire pour mesurer l’engagement des différentes candidatures, la plate-forme impeccablement mise en œuvre par l’équipe permanente du Syndeac est un véritable outil de pédagogie pour sensibiliser les candidates et candidats aux enjeux de notre secteur.
Cette démarche est essentielle mais nous sommes conscients que le service public de la culture ne retrouvera pas toute l’attention qu’il mérite, sans s’engager par ailleurs solidairement dans un projet commun avec l’ensemble des autres services publics. C’est tout le sens de notre implication dans la campagne Pour les services publics locaux, portée par le collectif Nos services Publics aux côtés d’une coalition de plus de 25 organisations syndicales et d’ONG dont le SYNDEAC est devenu désormais un des acteurs moteurs.
Plus que jamais nous devons faire la démonstration qu’unis et solidaires, nous représentons une véritable force avec laquelle les élus des différents niveaux de collectivités doivent dialoguer et négocier. Et cette démonstration de solidarité, c’est en premier lieu à nous-mêmes que nous la devons. Car les difficultés individuelles auxquelles sont confrontées nos différents services publics comme nos différentes structures culturelles ne trouveront de résolution que par l’action collective.
C’est pourquoi nous vous donnons rendez-vous le 04 mars, à Aubusson, pour manifester en nombre, notre soutien à la Scène Nationale d’Aubusson, dont l’existence même est remise en cause, à compter de l’été prochain, si aucune solution n’est trouvée pour faire face à la volonté de désengagement du Département dans le financement de son bâtiment.
A travers cette première action de l’année, intitulée « Ensemble pour la Culture, Ensemble pour la Scène Nationale d’Aubusson », nous manifesterons également notre soutien à toutes les autres structures qui sont menacées dans leur existence, par la même remise en cause du financement de leurs bâtis. Ce jour-là, nous inviterons également celles et ceux qui ne peuvent pas venir sur place, à manifester leur solidarité, par une courte prise de parole et la réalisation d’une photo à l’issue des représentations et en présence du public debout.
D’autres actions sont en cours d’élaboration, pour les prochains mois. Ces actions seront toutes menées sous l’intitulé générique «Ensemble pour la Culture ». Elles s’inscriront ainsi dans la continuité de nos actions « Debout pour la Culture », menées la saison dernière. Elles en reprendront l’esprit et certaines modalités d’actions, mais elles se concentreront sur des problèmes ciblés et prendront donc la forme de rassemblements physiques, en des lieux définis et sur des motifs de mobilisation ciblés.
Restons mobilisés et solidaires.
Pour le bureau,
Claire Guièze et Joris Mathieu,
coprésidente et coprésident du Syndeac