Dégel des crédits culturels et vigilance pour l’avenir – suite à notre courrier du 3 juillet 2026
Monsieur le Président de la République, Par un courrier en date du 3 juillet 2026, nous vous avons alerté sur les conséquences irréversibles des annulations de crédits envisagées pour le service public de la culture. Les mobilisations convergentes des organisations professionnelles, des équipes artistiques, des directions d’institutions, des festivals, ainsi que les prises de paroles inédites de nombreux élus locaux de tous bords ont ponctué ces dernières semaines. La ministre de la Culture a annoncé le 21 juillet le dégel des crédits concernés et nous l’en remercions. En effet, cette décision répond en partie aux inquiétudes que nous avions formulées : à court terme, ce dégel permet d’éviter des fermetures de lieux, des reports de saisons, l’annulation de productions, de résidences et de tournées, et contribue à préserver l’emploi artistique et technique. Nous espérons que cette prise de conscience de telles conséquences perdurera au-delà de 2026. Elle ne doit toutefois pas faire oublier que de nombreuses autres structures culturelles ont déjà subi cette année des réductions parfois très importantes de leurs financements, sans qu’aucune mesure comparable ne vienne en atténuer les effets. Cette réalité renforce l’urgence de donner au secteur des perspectives durables et une visibilité à la hauteur des enjeux. Car, à ce stade, aucun engagement n’a été pris au-delà de l’exercice en cours, en particulier en vue du projet de loi de finances pour 2027. Or, les décisions prises aujourd’hui conditionnent dès à présent la capacité des structures à programmer, coproduire, engager des équipes, et à maintenir un maillage culturel équilibré sur l’ensemble du territoire. Cet équilibre a déjà été largement mis à mal ces dernières années pour nombre de structures dont la capacité d’adaptation atteint ses limites, tout particulièrement pour les équipes artistiques, mais aussi les festivals et scènes de territoire. C’est pourquoi nous souhaitons, par ce nouveau courrier, réaffirmer la nécessité pour l’État d’affirmer une vision claire pour le service public de la culture. A ce titre, les demandes formulées le 3 juillet dernier demeurent pleinement d’actualité : la création d’une “cellule de crise interministérielle”, capable de prendre en compte la dimension transversale de la politique culturelle (éducation, cohésion des territoires, emploi, économie, justice, tourisme, etc.) ; la mise en place d’une “conférence permanente réunissant l’État, les collectivités territoriales et les organisations représentatives du secteur culturel”, afin de construire une stratégie partagée, à la hauteur de l’implication financière des collectivités et des enjeux de cohésion sociale ; l’élaboration d’un “plan national de refinancement du service public de la culture”, permettant de sortir de la gestion au coup par coup et de redonner de la visibilité aux institutions comme aux équipes indépendantes. Nous restons convaincus que la période qui s’ouvre, marquée par la préparation de la loi de finances 2027 dans un contexte politique et budgétaire incertain, appelle des signaux forts de l’État. Sans perspectives pluriannuelles ni consolidation des moyens, les équipes artistiques, festivals de territoire, lieux de création, de production et de diffusion et projets d’éducation artistique et culturelle continueront de se trouver en situation de survie, au détriment de l’emploi, de la diversité artistique et de l’accès de toutes et tous à la culture. Nous réitérons notre entière disponibilité pour contribuer à ces travaux, dans un esprit de responsabilité et de co-construction avec l’État et les collectivités territoriales. La vitalité exceptionnelle des publics, la densité du tissu culturel français et l’engagement des artistes et des équipes appellent aujourd’hui des réponses à la hauteur de ce qui constitue un défi historique. Tout mandat présidentiel lègue un héritage. Vos décisions des prochains mois seront à n’en pas douter déterminantes pour signifier ou non le rôle de la culture dans notre société et la place que vous lui aurez attribuée. En vous remerciant de l’attention que vous porterez à la présente et dans l’attente de la confirmation de vos engagements relatifs à la pérennité de l’effort public en faveur de la culture, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre haute considération. organisations signataires AJC – le réseau de la diffusion du jazz en France et en Europe Association des Centres chorégraphiques nationaux – ACCN Association des Centres de développement chorégraphique nationaux – A-CDCN Association des Centres dramatiques nationaux – ACDN Association des Centres nationaux de création musicale – a/CNCM Association des Centres nationaux des arts de la rue et de l’espace public – A-CNAREP Association des Scènes Nationales – ASN Association française des orchestres – AFO Fédération des Ensembles Vocaux et Instrumentaux Spécialisés – FEVIS France Festivals – Fédération des festivals de musique et du spectacle vivant Futurs Composés – réseau national de la création musicale Les Forces Musicales – Syndicat professionnel des opéras, orchestres et festivals d’art lyrique Réseau Européen de Musique Ancienne – REMA Réunion des Opéras de France – ROF Scène Ensemble – organisation professionnelle des arts de la représentation Syndeac – Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles Territoires de Cirque
Lettre au président de la République – Urgence service public de la culture – moratoire immédiat sur les réductions budgétaires

Monsieur le Président de la République, Nous apprenons avec une profonde inquiétude l’imminence d’annonces du Gouvernement qui entérineraient une annulation drastique de crédits alloués au service public de la culture. À l’orée des grands festivals, la culture déjà exsangue se trouve exposée à des décisions dont les conséquences sur l’emploi et sur tout un écosystème demeurent potentiellement irréversibles. Notre pays n’a jamais rassemblé autant de spectatrices et de spectateurs. Jamais les œuvres n’ont rencontré avec une telle intensité le public. Cette vitalité, loin d’être anecdotique, dit une vérité fondamentale : nos concitoyennes et concitoyens ne se détournent pas de la culture, ils la recherchent, ils la revendiquent, ils la défendent comme un bien commun essentiel. Les festivals, notamment d’été, sont interdépendants des autres maillons du service public de la culture : lieux labellisés ou non, équipes artistiques, des entreprises culturelles qui créent, produisent et diffusent les spectacles. Nous lançons donc un signal d’alerte. Les nouvelles annulations de crédits que le Gouvernement s’apprête à annoncer font peser un risque sans précédent sur le service public de la culture. Nous ne pouvons imaginer qu’un tel scénario se produise au moment même où s’ouvrent les festivals d’Aix-en-Provence et d’Avignon. Comment célébrer la vitalité de la création quand les acteurs qui la rendent possible vont être contraints de suspendre leur activité ? Après la fragilisation déjà à l’œuvre de l’ensemble des structures – notamment les plus fragiles : équipes artistiques, festivals de territoire, projets d’éducation artistique et culturelle – soutenues par les crédits déconcentrés, ces nouvelles annulations de crédits toucheraient tout particulièrement vingt-huit structures emblématiques, qui ont pourtant déjà largement contribué à l’effort demandé ces derniers mois. Alors même que le gel d’une partie de leurs crédits vient d’être confirmé par le ministère de la Culture, elles seraient de nouveau mises à contribution en perdant une part substantielle du solde de leurs financements. Concrètement, nombre de ces vingt-huit structures risquent de ne pas pouvoir ouvrir leur saison avant janvier 2027. Les opéras et orchestres concernés, les centres dramatiques nationaux, les scènes nationales et les autres établissements touchés verraient leur activité brutalement interrompue. Toute la chaîne de création serait affectée : résidences annulées, productions suspendues, coproductions abandonnées, tournées compromises et centaines d’équipes artistiques, déjà largement en risque de disparition, privées de leurs principaux partenaires. Dans tous les cas, ces établissements devront fermer au public en septembre 2027, seul moment encore possible d’annuler juridiquement des engagements budgétaires. Cette perspective est d’autant plus préoccupante qu’elle intervient à l’heure où se prépare la prochaine loi de finances. Les décisions prises aujourd’hui risquent de produire des effets irréversibles bien au-delà de 2026 et d’hypothéquer durablement les capacités d’action de l’État comme celles des collectivités territoriales, dans un contexte budgétaire et parlementaire déjà particulièrement incertain. La situation est d’une extrême urgence. Elle appelle des actions de réassurance fortes de la part de l’État. Nous demandons la création d’une cellule de crise interministérielle chargée de coordonner l’action de l’ensemble des ministères concernés par la dimension transversale de la politique culturelle, notamment les ministères de la Culture, de l’Éducation nationale, de l’Économie, de la Cohésion des territoires, de l’Intérieur, de la Justice, du Tourisme et du Travail. Cette instance aurait pour mission d’élaborer, en concertation avec les organisations professionnelles, un nouveau pacte républicain en faveur de la culture, capable de porter une refondation ambitieuse de notre politique culturelle. Nous demandons également la mise en place d’une conférence permanente réunissant l’État, les collectivités territoriales et les organisations représentatives du secteur culturel. Les collectivités territoriales étant aujourd’hui les premiers financeurs publics de la culture, elles doivent être pleinement associées à la définition d’une stratégie nationale et à la préservation d’un bien commun qui dépasse largement les frontières administratives de chaque territoire. Enfin, nous demandons que ces concertations débouchent sur l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan national de refinancement du service public de la culture, à la hauteur des enjeux de cohésion sociale, d’émancipation et de vitalité démocratique auxquels il contribue. Face aux défis auxquels est aujourd’hui confronté notre pays, nous vous appelons à engager sans délai cette démarche de refondation. Faire de la culture une priorité nationale, c’est investir dans la cohésion de la République, la vitalité de notre démocratie et l’avenir de notre société. Nous sommes prêts à prendre toute notre part dans ce travail collectif et attendons de l’État qu’il ouvre les conditions d’un dialogue à la hauteur de ces enjeux. Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre haute considération. liste des organisations signataires du courrier SYNDEAC – Syndicat National des Entreprises Artistiques et CulturellesLes Forces MusicalesScène Ensemble – organisation professionnelle des arts de la représentationACCN – Association des Centres Chorégraphiques NationauxA-CDCN – Association des Centres de Développement Chorégraphique Nationauxa/CNCM – Association des centres nationaux de création musicaleAFO – Association Française des OrchestresASN – Association des Scènes NationalesACDN – Association des Centres Dramatiques NationauxFEVIS – Fédération des Ensembles Vocaux et Instrumentaux SpécialisésFrance Festivals – Fédération des festivals de musique et du spectacle vivantFuturs Composés – réseau national de la création musicaleREMA – Réseau Européen de Musique AncienneROF – Réunion des Opéras de FranceTerritoires de Cirque
Théâtre de Vanves : l’arrêt d’un projet de trente ans, une perte majeure pour la création contemporaine

Le Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (SYNDEAC), l’Association des Centres chorégraphiques nationaux (ACCN), l’Association des Centres de développement chorégraphique nationaux (ACDCN), Les Chorégraphes Associé.es, L’Association des Professionnel·le·s de l’Administration du Spectacle (LAPAS), l’Association des Centres dramatiques nationaux (ACDN), l’Association des Scènes nationales (ASN), Futurs Composés, Sillage/s et Territoires de Cirque expriment leur très vive inquiétude face à la décision de la municipalité de transformer le projet artistique et culturel du Théâtre de Vanves. Le syndicat et les associations ont sollicité un rendez-vous avec la municipalité et appellent à l’ouverture sans délai d’un dialogue avec l’ensemble des parties prenantes afin de préserver l’expertise artistique du théâtre, dont le rôle déterminant dans l’accompagnement des équipes a permis à de nombreuses compagnies aujourd’hui reconnues d’y trouver l’une de leurs premières scènes.Selon les informations communiquées aux artistes et aux compagnies, cette nouvelle orientation culturelle entraînerait une « saison blanche » en 2026-2027, avec l’annulation de l’ensemble des spectacles programmés, à l’exception du jeune public et du cinéma. Cette décision marque une rupture brutale avec un projet reconnu nationalement pour son soutien àla création contemporaine et à l’émergence artistique. Le Théâtre de Vanves est, depuis denombreuses années, un lieu de référence, particulièrement dans le champ de la danse contemporaine nationale et internationale, où l’expérimentation, la prise de risque et l’accompagnement des artistes ont trouvé un espace rare de développement. Nombre de créatrices et créateurs aujourd’hui reconnus y ont présenté leurs premières œuvres ou bénéficié d’un soutien déterminant dans leur parcours. Parmi eux figurent notamment Julien Gosselin, Julie Deliquet, Caroline Guiela Nguyen, Olivier Dubois, Betty Tchomanga, Thomas Lebrun, Sylvain Creuzevault, Jeanne Candel, Thomas Quillardet, Lucie Berelowitsch, Boris Charmatz, Yves-Noël Genod, Aina Alegre ou Marion Siéfert. Beaucoup dirigent aujourd’hui des institutions culturelles, sont accueillis dans les plus grands festivals et participent pleinement à la vitalité du spectacle vivant. Au-delà de ses conséquences immédiates pour les équipes, les artistes, les compagnies concernées et le public du théâtre, dont la grande majorité est vanvéenne, l’arrêt de ce projet fragilise un maillon essentiel de l’écosystème de la création contemporaine. Le travail pionnier engagé par José Alfarroba, puis poursuivi par Anouchka Charbey et Olivier Ryckebusch a fait du Théâtre de Vanves un lieu indispensable à la découverte des artistes de demain. Si les collectivités territoriales sont légitimes à définir leurs orientations culturelles, l’interruption d’une saison entière et l’abandon d’un projet construit sur le temps long ne peuvent être considérés comme un simple ajustement de programmation. Il s’agit d’un choix politique dont les conséquences dépassent largement le cadre de l’établissement.
Lettre ouverte au Premier ministre, Sébastien Lecornu

Monsieur le Premier ministre, Les organisations syndicales représentatives des employeurs et des salariés du spectacle vivant public souhaitent vous alerter solennellement sur la situation d’une gravité exceptionnelle que traverse aujourd’hui notre secteur. Le service public du spectacle vivant constitue l’un des piliers de la cohésion nationale. Il irrigue les territoires, soutient la création, structure l’emploi artistique et technique, garantit l’égalité d’accès à la culture et participe au rayonnement de notre pays. Ce modèle, patiemment construit depuis plus de soixante-dix ans, est aujourd’hui fragilisé comme jamais. 1. Les effets déstabilisateurs de la loi de finances Les décisions prises dans le cadre du projet de loi de finances ont produit des effets massifs et immédiats.Si certaines lignes budgétaires ont été formellement maintenues, les retards de notification, les gels et les incertitudes ont placé de nombreuses structures dans des situations de trésorerie critiques. Le sous-financement du Fonds national pour l’emploi pérenne dans le spectacle (FONPEPS), pourtant outil structurant de stabilisation de l’emploi, fait peser une menace directe sur les dispositifs d’aide à l’embauche et à la pérennisation des contrats. À ces fragilités s’ajoute la contraction du programme 361, qui finance l’éducation artistique et culturelle, amputé nationalement de manière significative, entraînant l’arrêt de projets, notamment dans les établissements scolaires. Ce sont les artistes, les équipes et les jeunes publics qui en paient le prix. Dans le même temps, les annonces répétées de nouvelles réserves ou annulations de crédits entretiennent une incertitude permanente incompatible avec la conduite de politiques culturelles exigeantes. 2. L’effondrement du financement croisé territorial Le modèle français du spectacle vivant repose sur un principe clair : la compétence partagée entre l’État et les collectivités territoriales. Or, les baisses massives décidées ou annoncées par de nombreuses régions, départements et villes provoquent un effet domino d’une ampleur inédite. Certaines collectivités réduisent brutalement leurs engagements, d’autres gèlent ou différencient leurs soutiens. Les conséquences sont immédiates : annulations de productions, réductions de tournées, reports de créations, non-renouvellement de contrats, et désormais licenciements. Nous assistons, à bas bruit, à un plan social diffus. Le secteur ne licencie pas toujours massivement : il cesse d’embaucher, interrompt des projets, fragilise des équipes artistiques entières. La diversité des esthétiques, la recherche, l’émergence sont directement menacées. Quand 70 % des financements publics de la culture proviennent des territoires, l’affaiblissement du bloc local met en péril l’ensemble de l’édifice. 3. L’inquiétude majeure autour des annexes 8 et 10 Dans ce contexte déjà extrêmement tendu, la demande du MEDEF, hors de tout cadrage, sur l’ouverture d’une renégociation sur les annexes 8 et 10 de l’assurance chômage (régime spécifique de l’intermittence du spectacle) avec l’ajout de 50 heures supplémentaires pour les artistes et techniciens, suscite une inquiétude profonde et une totale incompréhension. Ce régime n’est pas un privilège : il est l’architecture même de l’économie du spectacle vivant. Le fragiliser dans une période de contraction budgétaire et d’effondrement de la diffusion reviendrait à déstabiliser définitivement l’emploi artistique et technique. Nous ne pouvons accepter que l’intermittence devienne une variable d’ajustement budgétaire. Nous demandons que toute discussion sur ce régime s’inscrive dans une logique de sécurisation et non de remise en cause. 4. Retrouver un dialogue institutionnel normal et respectueux Au moment où la ministre de la Culture, Madame Rachida Dati, a annoncé son départ, nous souhaitons pouvoir engager un travail constructif avec le ministère de la Culture. Depuis l’arrivée de Madame Dati rue de Valois, le dialogue avec les organisations représentatives du spectacle vivant public a été profondément altéré. Les concertations ont été rares, les décisions souvent unilatérales, et les paroles publiques à l’égard du secteur fréquemment empreintes de mépris. Cette situation a contribué à dégrader la confiance. Il est désormais indispensable de rétablir des discussions saines, normales et apaisées. Le spectacle vivant public n’est ni un adversaire ni un lobby sectoriel : il est un partenaire de l’État au service de l’intérêt général. Nous appelons à l’ouverture rapide d’une concertation nationale associant l’ensemble des partenaires sociaux, les collectivités territoriales et l’État, afin de : sécuriser le financement du FONPEPS et des crédits déconcentrés ; stabiliser les financements croisés avec les collectivités ; garantir l’avenir des annexes 8 et 10 ; réaffirmer une stratégie nationale ambitieuse pour la création artistique. Monsieur le Premier ministre, il ne s’agit pas seulement d’un débat budgétaire. Il s’agit d’un choix politique fondamental : celui de maintenir ou d’affaiblir durablement un service public de la culture qui constitue un socle démocratique. Nous sommes prêts à travailler, à proposer, à négocier. Mais il faut désormais se mettre au travail collectivement, dans un cadre respectueux, transparent et responsable. Dans l’attente de votre réponse et d’une rencontre rapide, nous vous prions de croire, Monsieur le Premier ministre, en l’expression de notre haute considération. Pour l’intersyndicale du spectacle vivant public LISTE DES ORGANISATIONS SIGNATAIRES Fédération nationale des arts de la rue – FNARFédération Nationale des Syndicats du Spectacle, du Cinéma, de l’Audiovisuel et de l’Action Culturelle CGT – CGT SpectacleLes Forces Musicales – Syndicat professionnel des opéras, des orchestres et des festivals d’art lyriqueSCC – Syndicat des Cirques et Compagnies de CréationScène Ensemble – Organisation professionnelle des arts de la représentationSNAM-CGT – Musicien.nes – Enseignant.es et interprètesSyndicat des musiques actuelles – SMASyndicat français des artistes interprètes – SFA-CGTSyndicat national des arts vivants – SYNAVISyndicat national des entreprises artistiques et culturelles – SYNDEACSyndicat National des Metteuses et Metteurs en Scène – SNMS-CGTSyndicat National des Musiciens et du Monde de la Musique – SN3M-FOSyndicat National des Professionnel.les du Théâtre et des Activités Culturelles – Synptac-CGT
Lettre ouverte de l’intersyndicale à Rachida Dati

Lettre ouverte de l’intersyndicale du spectacle vivant public à l’attention de Madame la ministre de la Culture Rachida Dati Madame la Ministre, La parution au JO du 30 décembre 2025, du décret relatif au Fonds national pour l’emploi dans le spectacle (FONPEPS* ) a provoqué une vive colère dans l’ensemble de la profession. Depuis des mois, nos organisations participent à des discussions avec vos services sur l’évolution des aides FONPEPS. Ces échanges ont été présentés comme une concertation. Ils n’en ont jamais été une. À aucun moment les projets de décrets n’ont été transmis aux organisations représentatives. Les décisions ont été prises hors de tout cadre de dialogue social, dans des échanges exclusivement menés entre Bercy et le ministère de la Culture. La Direction générale de la création artistique s’était pourtant engagée à publier un décret de simple prolongation du FONPEPS, laissant le temps d’un débat réel sur l’évolution des critères. Cet engagement n’a pas été tenu. Le décret publié prolonge le FONPEPS : mais en le transformant en profondeur. Il baisse les niveaux d’intervention des aides, réduit leur portée et verrouille par avance le débat parlementaire sur la loi de finances pour 2026, alors même que celui-ci est encore en cours. Ces décisions ont été prises sans qu’aucune étude d’impact sur l’emploi artistique et technique n’ait été produite ou rendue publique, ce qui est politiquement irresponsable au regard du rôle central du FONPEPS dans le soutien à l’emploi. Cette révision brutale des dispositifs n’est que la conséquence directe d’un choix budgétaire assumé : celui de l’insuffisance des crédits. Depuis deux ans, les aides FONPEPS ont été mobilisées à hauteur de 60 millions d’euros par an. Depuis deux ans, nos organisations demandent que cette réalité soit enfin prise en compte dans la loi de finances. Le projet de loi de finances pour 2026 n’inscrit pourtant que 36 millions d’euros. Ce sous-financement organisé conduit mécaniquement à une réduction des droits, à une destruction d’emplois et à une fragilisation durable de l’ensemble du secteur du spectacle vivant et enregistré. Nous refusons que le FONPEPS, que nous avons gagné en 2016 suite à la lutte des intermittents contre la convention d’assurance chômage du 14 mai 2014, soit sacrifié sur l’autel des arbitrages budgétaires de Bercy. Nous refusons que des dispositifs essentiels à l’emploi soient vidés de leur substance sans débat, sans transparence et sans responsabilité politique. Le secteur a besoin d’une ministre de la Culture qui se bat pour son budget, qui défend ses politiques publiques et qui assume la protection de l’emploi artistique, technique et administratif. En l’état, ce décret traduit un renoncement politique. Si ces choix devaient être maintenus, vous porteriez l’entière responsabilité des conséquences sociales, économiques et culturelles qui en découleront. Nos organisations ne s’y résigneront pas. Veuillez croire, Madame la Ministre, en notre détermination à défendre l’emploi des salarié·es du spectacle ainsi que les moyens nécessaires à garantir la création et la diversité artistique. *Le FONPEPS (Fonds National Pour l’Emploi Pérenne dans le Spectacle) est un dispositif créé en 2016 par le ministère de la Culture pour soutenir activement l’emploi durable dans le secteur du spectacle vivant et enregistré, tant dans le secteur public que privé. Il constitue le premier fonds dédié spécifiquement à la réduction de la précarité dans ces secteurs en encourageant les structures employeuses à créer des emplois plus pérennes et à allonger la durée des contrats de travail.
Lettre ouverte à Rachida Dati sur les coupes budgétaires
Dans cette lettre ouverte, les organisations professionnelles du spectacle vivant interpellent la ministre de la Culture sur les coupes budgétaires de 210 millions d’euros prévues pour 2025, dénonçant un revirement incompréhensible, et exigeant le rétablissement des crédits essentiels à la création et à la transmission culturelle. Madame la ministre de la Culture, Mardi 14 janvier, vous receviez l’ensemble des organisations professionnelles du spectacle vivant et enregistré en CNPS – Conseil National des Professions du Spectacle, avec comme ordre du jour leur financement A cette occasion, vous avez assuré vouloir garantir la stabilité du budget de votre ministère pour 20251. Vous nous avez aussi demandé de vous faire confiance pour y parvenir, arguant que la culture devait être politique. Et vous nous avez aussi dit de ne pas hésiter à venir échanger avec vous lorsque nous étions en désaccord. 1 Communiqué de presseMme Rachida DATI, ministre de la Culture, a réuni le Conseil national des professions du spectacle vivant et enregistré À peine trois jours plus tard, dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances par le Sénat, vous avez soutenu un amendement gouvernemental, déposé dans la nuit précédente. Ce dernier présente une baisse de crédits de 130 millions d’euros sur la mission Culture, dont près de 42 millions en moins pour la Création et 30 millions affectant la mission Transmission des savoirs et démocratisation de la culture. Vous avez aussi essayé d’imposer 100 millions d’économies à l’audiovisuel public. Hélas, au terme de débats pour le moins confus, les crédits de la mission Culture ont été votés avec une baisse de 130 millions d’euros. L’amendement concernant l’audiovisuel public a lui été ramené à 80 millions d’euros par les sénatrices et sénateurs. Le ministère de la Culture accuserait donc une baisse de crédits de 210 millions d’euros pour 2025 si le budget était ainsi voté. Comme vous nous y avez encouragé, nos organisations professionnelles vous ont donc immédiatement demandé un entretien pour comprendre les raisons de ce revirement total de situation et travailler ensemble à un scénario de sortie de crise. Après nous avoir d’abord accordé ce rendez-vous vendredi 24 janvier, vous avez finalement décidé de l’annuler. Aussi, nous vous demandons toujours un rendez-vous, impérativement avant que ne se tienne la commission mixte paritaire le 30 janvier prochain. Nous aurions préféré la solution du dialogue direct, comme vous aviez dit également le privilégier. Nous n’avons pas d’autre choix aujourd’hui que de vous faire part, dans ce courrier, de notre incompréhension et notre colère. Où est la ministre pugnace qui se vantait encore la semaine dernière, d’être capable d’aller défendre ses budgets face à Bercy ou à Matignon ? Depuis votre arrivée à la tête du ministère de la Culture, ce ne sont pas moins de 410 millions d’euros de baisse qui sont à déplorer (200 millions d’euros par décret en février 2024 et 210 millions d’euros qui pourraient possiblement être votés dans le cadre du budget 2025). Où est la ministre dont la porte est toujours ouverte pour dialoguer ? Nous demandons que les crédits Création et Transmission des savoirs et démocratisation de la culture soient intégralement rétablis, comme vous vous y êtes engagée. Nous demandons en outre que le fonds d’urgence soit rétabli dans les crédits de la mission Culture, pour ne pas davantage fragiliser le fonctionnement de l’ensemble des structures au profit de quelques-unes choisies arbitrairement. Par ailleurs, la préservation en intégralité des crédits du Fonpeps – le fonds pour l’emploi pérenne dans le spectacle – est désormais absolument vitale et ce, non seulement jusqu’au dernier jour de l’année 2025, mais également au-delà. Enfin, nous rejetons le projet de fusion/ holding pour l’audiovisuel public et demandons que ces nouvelles économies demandées soient supprimées. Madame la ministre, lors de ce CNPS, vous avez aussi déploré l’attitude de certaines collectivités qui diminuent de manière drastique leur budget. Que devons-nous en penser ? En vous remerciant pour vos réponses et actions concrètes devant ce désastre, veuillez croire, Madame la ministre de la Culture, en l’assurance de notre parfaite considération, les signataires Fédération CGT spectacleFédération nationale des arts de la rueLes Forces musicalesScène EnsembleSCC – Syndicat des cirques et compagnies de créationSFA CGT – Syndicat professionnel des artistes dramatiques, chorégraphiques, lyriques, de variété, de cirque, des marionnettistes et des artistes traditionnelsSMA – Syndicat des musiques actuellesSN3M-FO – Syndicat national des musiciens et du monde de la musiqueSNAM CGT – Union nationale des syndicats d’artistes musiciens (enseignants et interprètes) de FranceSNMS CGT – Syndicat national des metteurs en scèneSynavi – Syndicat national des arts vivantsSyndeac – Syndicat national des entreprises artistiques et culturellesSud cultureSYNPTAC CGT – Syndicat national des professionnel.les du théâtre et des activités culturelles
Lettre ouverte sur la crise des salaires dans le spectacle vivant
Commission paritaire permanente de négociation et d’interprétation (CPPNI) de la branche des entreprises artistiques et culturelles Mme Élisabeth Borne, Première ministre M. Olivier Dussopt, ministre du Travail Mme Rima Abdul-Malak, ministre de la Culture Paris, le 18 décembre 2023 Les organisations professionnelles de notre branche ont été destinataires d’un courrier en date du 28 novembre dernier adressé par Monsieur le ministre du Travail et faisant suite à la conférence sociale organisée sous l’égide de Madame la Première ministre le 16 octobre dernier. Dans ce courrier, il nous est notifié la situation de non-conformité dans laquelle se trouvent les grilles de salaires de notre convention collective du fait de l’existence de coefficients devenus inférieurs au SMIC. Il nous est de ce fait enjoint de corriger cette situation en nous rappelant notre « responsabilité de jouer pleinement le jeu de la négociation, en faisant en sorte d’éviter les situations d’enlisement et de blocage ». Loin de l’enlisement et du blocage, notre branche prend très au sérieux sa responsabilité quant à la régulation des conditions dans lesquelles travaillent les personnels artistiques, techniques et administratifs. Rien que sur les salaires, notre branche a été amenée à conclure pas moins de trois accords dans les deux dernières années du fait de l’inflation sans précédent à laquelle notre pays fait face depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine. Pour autant, nos dernières négociations intervenues en octobre ont échoué et nous nous apprêtons à rouvrir des négociations dès le mois de janvier prochain dans un contexte extrêmement difficile. Nous sommes arrivés au bout d’un exercice et faisons désormais face à une impasse sur laquelle nos différentes organisations ont déjà alerté depuis longtemps votre gouvernement (et ses prédécesseurs) qui ne peut se contenter de nous renvoyer à notre responsabilité departenaires sociaux. Notre branche ne se trouve en effet pas du tout dans la même situation à cet égard que celles caractérisées par un modèle économique de marché. Les entreprises de notre branche assument des missions d’intérêt général qui sont financées par les collectivités publiques, dont l’État, et leur économie dépend donc avant tout de ces financements. Or, ces derniers ont dangereusement stagné au cours des années passées quand ils n’ont pas été brutalement diminués dans certaines collectivités alors que les dépenses des entreprises n’ont cessé d’augmenter du fait de l’inflation, mais également de la démultiplication des attentes vis-à-vis des structures. Dans ces circonstances, notre branche se trouve dans une situation très critique du fait : d’une paupérisation et d’une précarisation des personnels qui travaillent dans notre branche (les salaires y sont en moyenne de 20% inférieurs à ceux des autres secteurs) ; d’une réduction drastique de l’activité (que l’on évalue autour de 30%) qui a pour effet de réduire le volume d’emploi global de la branche. Nos négociations se déroulent donc dans un contexte extrêmement tendu puisque la moindre augmentation des salaires minima dans notre branche aggrave mécaniquement la destruction des emplois tandis que la stagnation des salaires rend les conditions de travail extrêmement difficiles pour les équipes artistiques, techniques et administratives et entraînent des difficultés de recrutement majeures du fait de la faible attractivité salariale de nos métiers. Alors que certains de nos voisins européens n’hésitent pas à indexer le niveau de leurs subventions à la culture en fonction de l’inflation, votre gouvernement et ses prédécesseurs n’ont cessé de nous opposer les contraintes budgétaires pour justifier une stagnation de nos financements doublée d’un affaiblissement fiscal et budgétaire des collectivités territoriales qui sont nos premiers financeurs. Le ministère de la Culture nous propose aujourd’hui un plan « Mieux produire, mieux diffuser », doté d’un budget dérisoire (si on le compare à celui du Pass Culture) qui n’est pas à la hauteur de la situation. En outre, il nous semble poursuivre une logique malthusienne qui s’assimile de plus en plus à un plan social et qui risque surtout de porter atteinte à la richesse et la diversité artistique de notre pays. Nous souhaiterions donc pouvoir échanger avec vous sur cette situation (avant les BIS de Nantes, qui réuniront tous les professionnels du spectacle vivant les 17 et 18 janvier 2024) pour examiner ensemble les solutions qui peuvent être déterminées pour assurer la continuité du service public de la culture dans de bonnes conditions tant pour les entreprises que les salariés. Nous vous remercions d’avance de l’attention que vous prêterez au présent courrier et vous prions d’agréer, Madame la Première Ministre, Monsieur le ministre du Travail et Madame la ministre de la Culture, l’expression de notre considération respectueuse. Les signataires : F3C CFDT – Communication Conseil Culture CFDT FNAR – Fédération nationale des Arts de la rue FSICPA – Fédération des structures indépendantes de création et de production artistiques SYNAVI – Syndicat National des Arts Vivants SCC – Syndicat des cirques et compagnies de création LES FORCES MUSICALES – Syndicat professionnel des Opéras, Orchestres et Festivals lyriques PROFEDIM – Syndicat professionnel des Producteurs, Festivals, Ensembles, Diffuseurs Indépendants de Musique SFA CGT – Syndicat Français des Artistes-interprètes SMA – Syndicat des Musiques Actuelles SNAM CGT – Union Nationale des Syndicats d’Artistes Musiciens (Enseignants et Interprètes) de France CGT SNAPAC CFDT – Syndicat national des Artistes et des Professionnels de l’animation, du Sport et de la Culture SNSP – Syndicat National des Scènes publique SUD – Culture – Syndicat « Solidaires, Unitaires et Démocratiques » de la Culture SYNDEAC – Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles SYNPTAC CGT – Syndicat National des Professionnel.le.s du Théâtre et des Activités Culturelles
Lettre ouverte à Bruno Le Maire, ministre de l’Économie
Lettre ouverte à Rima Abdul Malak, ministre de la Culture

Pour une véritable parité femmes/hommes dans le secteur public de la Culture
Lettre ouverte au président candidat
Le 15 avril 2022,