DĂ©gel des crĂ©dits culturels et vigilance pour l’avenir – suite Ă notre courrier du 3 juillet 2026
Monsieur le PrĂ©sident de la RĂ©publique, Par un courrier en date du 3 juillet 2026, nous vous avons alertĂ© sur les consĂ©quences irrĂ©versibles des annulations de crĂ©dits envisagĂ©es pour le service public de la culture. Les mobilisations convergentes des organisations professionnelles, des Ă©quipes artistiques, des directions d’institutions, des festivals, ainsi que les prises de paroles inĂ©dites de nombreux Ă©lus locaux de tous bords ont ponctuĂ© ces dernières semaines. La ministre de la Culture a annoncĂ© le 21 juillet le dĂ©gel des crĂ©dits concernĂ©s et nous l’en remercions. En effet, cette dĂ©cision rĂ©pond en partie aux inquiĂ©tudes que nous avions formulĂ©es : Ă court terme, ce dĂ©gel permet d’éviter des fermetures de lieux, des reports de saisons, l’annulation de productions, de rĂ©sidences et de tournĂ©es, et contribue Ă prĂ©server l’emploi artistique et technique. Nous espĂ©rons que cette prise de conscience de telles consĂ©quences perdurera au-delĂ de 2026. Elle ne doit toutefois pas faire oublier que de nombreuses autres structures culturelles ont dĂ©jĂ subi cette annĂ©e des rĂ©ductions parfois très importantes de leurs financements, sans qu’aucune mesure comparable ne vienne en attĂ©nuer les effets. Cette rĂ©alitĂ© renforce l’urgence de donner au secteur des perspectives durables et une visibilitĂ© Ă la hauteur des enjeux. Car, Ă ce stade, aucun engagement n’a Ă©tĂ© pris au-delĂ de l’exercice en cours, en particulier en vue du projet de loi de finances pour 2027. Or, les dĂ©cisions prises aujourd’hui conditionnent dès Ă prĂ©sent la capacitĂ© des structures Ă programmer, coproduire, engager des Ă©quipes, et Ă maintenir un maillage culturel Ă©quilibrĂ© sur l’ensemble du territoire. Cet Ă©quilibre a dĂ©jĂ Ă©tĂ© largement mis Ă mal ces dernières annĂ©es pour nombre de structures dont la capacitĂ© d’adaptation atteint ses limites, tout particulièrement pour les Ă©quipes artistiques, mais aussi les festivals et scènes de territoire. C’est pourquoi nous souhaitons, par ce nouveau courrier, rĂ©affirmer la nĂ©cessitĂ© pour l’État d’affirmer une vision claire pour le service public de la culture. A ce titre, les demandes formulĂ©es le 3 juillet dernier demeurent pleinement d’actualitĂ© : la crĂ©ation d’une “cellule de crise interministĂ©rielle”, capable de prendre en compte la dimension transversale de la politique culturelle (Ă©ducation, cohĂ©sion des territoires, emploi, Ă©conomie, justice, tourisme, etc.) ; la mise en place d’une “confĂ©rence permanente rĂ©unissant l’État, les collectivitĂ©s territoriales et les organisations reprĂ©sentatives du secteur culturel”, afin de construire une stratĂ©gie partagĂ©e, Ă la hauteur de l’implication financière des collectivitĂ©s et des enjeux de cohĂ©sion sociale ; l’élaboration d’un “plan national de refinancement du service public de la culture”, permettant de sortir de la gestion au coup par coup et de redonner de la visibilitĂ© aux institutions comme aux Ă©quipes indĂ©pendantes. Nous restons convaincus que la pĂ©riode qui s’ouvre, marquĂ©e par la prĂ©paration de la loi de finances 2027 dans un contexte politique et budgĂ©taire incertain, appelle des signaux forts de l’État. Sans perspectives pluriannuelles ni consolidation des moyens, les Ă©quipes artistiques, festivals de territoire, lieux de crĂ©ation, de production et de diffusion et projets d’éducation artistique et culturelle continueront de se trouver en situation de survie, au dĂ©triment de l’emploi, de la diversitĂ© artistique et de l’accès de toutes et tous Ă la culture. Nous rĂ©itĂ©rons notre entière disponibilitĂ© pour contribuer Ă ces travaux, dans un esprit de responsabilitĂ© et de co-construction avec l’État et les collectivitĂ©s territoriales. La vitalitĂ© exceptionnelle des publics, la densitĂ© du tissu culturel français et l’engagement des artistes et des Ă©quipes appellent aujourd’hui des rĂ©ponses Ă la hauteur de ce qui constitue un dĂ©fi historique. Tout mandat prĂ©sidentiel lègue un hĂ©ritage. Vos dĂ©cisions des prochains mois seront Ă n’en pas douter dĂ©terminantes pour signifier ou non le rĂ´le de la culture dans notre sociĂ©tĂ© et la place que vous lui aurez attribuĂ©e. En vous remerciant de l’attention que vous porterez Ă la prĂ©sente et dans l’attente de la confirmation de vos engagements relatifs Ă la pĂ©rennitĂ© de l’effort public en faveur de la culture, nous vous prions d’agrĂ©er, Monsieur le PrĂ©sident de la RĂ©publique, l’expression de notre haute considĂ©ration. organisations signataires AJC – le rĂ©seau de la diffusion du jazz en France et en Europe Association des Centres chorĂ©graphiques nationaux – ACCN Association des Centres de dĂ©veloppement chorĂ©graphique nationaux – A-CDCN Association des Centres dramatiques nationaux – ACDN Association des Centres nationaux de crĂ©ation musicale – a/CNCM Association des Centres nationaux des arts de la rue et de l’espace public – A-CNAREP Association des Scènes Nationales – ASN Association française des orchestres – AFO FĂ©dĂ©ration des Ensembles Vocaux et Instrumentaux SpĂ©cialisĂ©s – FEVIS France Festivals – FĂ©dĂ©ration des festivals de musique et du spectacle vivant Futurs ComposĂ©s – rĂ©seau national de la crĂ©ation musicale Les Forces Musicales – Syndicat professionnel des opĂ©ras, orchestres et festivals d’art lyrique RĂ©seau EuropĂ©en de Musique Ancienne – REMA RĂ©union des OpĂ©ras de France – ROF Scène Ensemble – organisation professionnelle des arts de la reprĂ©sentation Syndeac – Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles Territoires de Cirque
Lettre au prĂ©sident de la RĂ©publique – Urgence service public de la culture – moratoire immĂ©diat sur les rĂ©ductions budgĂ©taires

Monsieur le PrĂ©sident de la RĂ©publique, Nous apprenons avec une profonde inquiĂ©tude l’imminence d’annonces du Gouvernement qui entĂ©rineraient une annulation drastique de crĂ©dits allouĂ©s au service public de la culture. Ă€ l’orĂ©e des grands festivals, la culture dĂ©jĂ exsangue se trouve exposĂ©e Ă des dĂ©cisions dont les consĂ©quences sur l’emploi et sur tout un Ă©cosystème demeurent potentiellement irrĂ©versibles. Notre pays n’a jamais rassemblĂ© autant de spectatrices et de spectateurs. Jamais les Ĺ“uvres n’ont rencontrĂ© avec une telle intensitĂ© le public. Cette vitalitĂ©, loin d’être anecdotique, dit une vĂ©ritĂ© fondamentale : nos concitoyennes et concitoyens ne se dĂ©tournent pas de la culture, ils la recherchent, ils la revendiquent, ils la dĂ©fendent comme un bien commun essentiel. Les festivals, notamment d’étĂ©, sont interdĂ©pendants des autres maillons du service public de la culture : lieux labellisĂ©s ou non, Ă©quipes artistiques, des entreprises culturelles qui crĂ©ent, produisent et diffusent les spectacles. Nous lançons donc un signal d’alerte. Les nouvelles annulations de crĂ©dits que le Gouvernement s’apprĂŞte Ă annoncer font peser un risque sans prĂ©cĂ©dent sur le service public de la culture. Nous ne pouvons imaginer qu’un tel scĂ©nario se produise au moment mĂŞme oĂą s’ouvrent les festivals d’Aix-en-Provence et d’Avignon. Comment cĂ©lĂ©brer la vitalitĂ© de la crĂ©ation quand les acteurs qui la rendent possible vont ĂŞtre contraints de suspendre leur activitĂ© ? Après la fragilisation dĂ©jĂ Ă l’Ĺ“uvre de l’ensemble des structures – notamment les plus fragiles : Ă©quipes artistiques, festivals de territoire, projets d’éducation artistique et culturelle – soutenues par les crĂ©dits dĂ©concentrĂ©s, ces nouvelles annulations de crĂ©dits toucheraient tout particulièrement vingt-huit structures emblĂ©matiques, qui ont pourtant dĂ©jĂ largement contribuĂ© Ă l’effort demandĂ© ces derniers mois. Alors mĂŞme que le gel d’une partie de leurs crĂ©dits vient d’ĂŞtre confirmĂ© par le ministère de la Culture, elles seraient de nouveau mises Ă contribution en perdant une part substantielle du solde de leurs financements. Concrètement, nombre de ces vingt-huit structures risquent de ne pas pouvoir ouvrir leur saison avant janvier 2027. Les opĂ©ras et orchestres concernĂ©s, les centres dramatiques nationaux, les scènes nationales et les autres Ă©tablissements touchĂ©s verraient leur activitĂ© brutalement interrompue. Toute la chaĂ®ne de crĂ©ation serait affectĂ©e : rĂ©sidences annulĂ©es, productions suspendues, coproductions abandonnĂ©es, tournĂ©es compromises et centaines d’équipes artistiques, dĂ©jĂ largement en risque de disparition, privĂ©es de leurs principaux partenaires. Dans tous les cas, ces Ă©tablissements devront fermer au public en septembre 2027, seul moment encore possible d’annuler juridiquement des engagements budgĂ©taires. Cette perspective est d’autant plus prĂ©occupante qu’elle intervient Ă l’heure oĂą se prĂ©pare la prochaine loi de finances. Les dĂ©cisions prises aujourd’hui risquent de produire des effets irrĂ©versibles bien au-delĂ de 2026 et d’hypothĂ©quer durablement les capacitĂ©s d’action de l’État comme celles des collectivitĂ©s territoriales, dans un contexte budgĂ©taire et parlementaire dĂ©jĂ particulièrement incertain. La situation est d’une extrĂŞme urgence. Elle appelle des actions de rĂ©assurance fortes de la part de l’État. Nous demandons la crĂ©ation d’une cellule de crise interministĂ©rielle chargĂ©e de coordonner l’action de l’ensemble des ministères concernĂ©s par la dimension transversale de la politique culturelle, notamment les ministères de la Culture, de l’Éducation nationale, de l’Économie, de la CohĂ©sion des territoires, de l’IntĂ©rieur, de la Justice, du Tourisme et du Travail. Cette instance aurait pour mission d’élaborer, en concertation avec les organisations professionnelles, un nouveau pacte rĂ©publicain en faveur de la culture, capable de porter une refondation ambitieuse de notre politique culturelle. Nous demandons Ă©galement la mise en place d’une confĂ©rence permanente rĂ©unissant l’État, les collectivitĂ©s territoriales et les organisations reprĂ©sentatives du secteur culturel. Les collectivitĂ©s territoriales Ă©tant aujourd’hui les premiers financeurs publics de la culture, elles doivent ĂŞtre pleinement associĂ©es Ă la dĂ©finition d’une stratĂ©gie nationale et Ă la prĂ©servation d’un bien commun qui dĂ©passe largement les frontières administratives de chaque territoire. Enfin, nous demandons que ces concertations dĂ©bouchent sur l’élaboration et la mise en Ĺ“uvre d’un plan national de refinancement du service public de la culture, Ă la hauteur des enjeux de cohĂ©sion sociale, d’émancipation et de vitalitĂ© dĂ©mocratique auxquels il contribue. Face aux dĂ©fis auxquels est aujourd’hui confrontĂ© notre pays, nous vous appelons Ă engager sans dĂ©lai cette dĂ©marche de refondation. Faire de la culture une prioritĂ© nationale, c’est investir dans la cohĂ©sion de la RĂ©publique, la vitalitĂ© de notre dĂ©mocratie et l’avenir de notre sociĂ©tĂ©. Nous sommes prĂŞts Ă prendre toute notre part dans ce travail collectif et attendons de l’État qu’il ouvre les conditions d’un dialogue Ă la hauteur de ces enjeux. Nous vous prions d’agrĂ©er, Monsieur le PrĂ©sident de la RĂ©publique, l’expression de notre haute considĂ©ration. liste des organisations signataires du courrier SYNDEAC – Syndicat National des Entreprises Artistiques et CulturellesLes Forces MusicalesScène Ensemble – organisation professionnelle des arts de la reprĂ©sentationACCN – Association des Centres ChorĂ©graphiques NationauxA-CDCN – Association des Centres de DĂ©veloppement ChorĂ©graphique Nationauxa/CNCM – Association des centres nationaux de crĂ©ation musicaleAFO – Association Française des OrchestresASN – Association des Scènes NationalesACDN – Association des Centres Dramatiques NationauxFEVIS – FĂ©dĂ©ration des Ensembles Vocaux et Instrumentaux SpĂ©cialisĂ©sFrance Festivals – FĂ©dĂ©ration des festivals de musique et du spectacle vivantFuturs ComposĂ©s – rĂ©seau national de la crĂ©ation musicaleREMA – RĂ©seau EuropĂ©en de Musique AncienneROF – RĂ©union des OpĂ©ras de FranceTerritoires de Cirque
Théâtre de Vanves : l’arrĂŞt d’un projet de trente ans, une perte majeure pour la crĂ©ation contemporaine

Le Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (SYNDEAC), l’Association des Centres chorĂ©graphiques nationaux (ACCN), l’Association des Centres de dĂ©veloppement chorĂ©graphique nationaux (ACDCN), Les ChorĂ©graphes AssociĂ©.es, L’Association des Professionnel·le·s de l’Administration du Spectacle (LAPAS), l’Association des Centres dramatiques nationaux (ACDN), l’Association des Scènes nationales (ASN), Futurs ComposĂ©s, Sillage/s et Territoires de Cirque expriment leur très vive inquiĂ©tude face Ă la dĂ©cision de la municipalitĂ© de transformer le projet artistique et culturel du Théâtre de Vanves. Le syndicat et les associations ont sollicitĂ© un rendez-vous avec la municipalitĂ© et appellent Ă l’ouverture sans dĂ©lai d’un dialogue avec l’ensemble des parties prenantes afin de prĂ©server l’expertise artistique du théâtre, dont le rĂ´le dĂ©terminant dans l’accompagnement des Ă©quipes a permis Ă de nombreuses compagnies aujourd’hui reconnues d’y trouver l’une de leurs premières scènes.Selon les informations communiquĂ©es aux artistes et aux compagnies, cette nouvelle orientation culturelle entraĂ®nerait une « saison blanche » en 2026-2027, avec l’annulation de l’ensemble des spectacles programmĂ©s, Ă l’exception du jeune public et du cinĂ©ma. Cette dĂ©cision marque une rupture brutale avec un projet reconnu nationalement pour son soutien Ă la crĂ©ation contemporaine et Ă l’Ă©mergence artistique. Le Théâtre de Vanves est, depuis denombreuses annĂ©es, un lieu de rĂ©fĂ©rence, particulièrement dans le champ de la danse contemporaine nationale et internationale, oĂą l’expĂ©rimentation, la prise de risque et l’accompagnement des artistes ont trouvĂ© un espace rare de dĂ©veloppement. Nombre de crĂ©atrices et crĂ©ateurs aujourd’hui reconnus y ont prĂ©sentĂ© leurs premières Ĺ“uvres ou bĂ©nĂ©ficiĂ© d’un soutien dĂ©terminant dans leur parcours. Parmi eux figurent notamment Julien Gosselin, Julie Deliquet, Caroline Guiela Nguyen, Olivier Dubois, Betty Tchomanga, Thomas Lebrun, Sylvain Creuzevault, Jeanne Candel, Thomas Quillardet, Lucie Berelowitsch, Boris Charmatz, Yves-NoĂ«l Genod, Aina Alegre ou Marion SiĂ©fert. Beaucoup dirigent aujourd’hui des institutions culturelles, sont accueillis dans les plus grands festivals et participent pleinement Ă la vitalitĂ© du spectacle vivant. Au-delĂ de ses consĂ©quences immĂ©diates pour les Ă©quipes, les artistes, les compagnies concernĂ©es et le public du théâtre, dont la grande majoritĂ© est vanvĂ©enne, l’arrĂŞt de ce projet fragilise un maillon essentiel de l’écosystème de la crĂ©ation contemporaine. Le travail pionnier engagĂ© par JosĂ© Alfarroba, puis poursuivi par Anouchka Charbey et Olivier Ryckebusch a fait du Théâtre de Vanves un lieu indispensable Ă la dĂ©couverte des artistes de demain. Si les collectivitĂ©s territoriales sont lĂ©gitimes Ă dĂ©finir leurs orientations culturelles, l’interruption d’une saison entière et l’abandon d’un projet construit sur le temps long ne peuvent ĂŞtre considĂ©rĂ©s comme un simple ajustement de programmation. Il s’agit d’un choix politique dont les consĂ©quences dĂ©passent largement le cadre de l’établissement.
Lettre ouverte au Premier ministre, Sébastien Lecornu

Monsieur le Premier ministre, Les organisations syndicales reprĂ©sentatives des employeurs et des salariĂ©s du spectacle vivant public souhaitent vous alerter solennellement sur la situation d’une gravitĂ© exceptionnelle que traverse aujourd’hui notre secteur. Le service public du spectacle vivant constitue l’un des piliers de la cohĂ©sion nationale. Il irrigue les territoires, soutient la crĂ©ation, structure l’emploi artistique et technique, garantit l’égalitĂ© d’accès Ă la culture et participe au rayonnement de notre pays. Ce modèle, patiemment construit depuis plus de soixante-dix ans, est aujourd’hui fragilisĂ© comme jamais. 1. Les effets dĂ©stabilisateurs de la loi de finances Les dĂ©cisions prises dans le cadre du projet de loi de finances ont produit des effets massifs et immĂ©diats.Si certaines lignes budgĂ©taires ont Ă©tĂ© formellement maintenues, les retards de notification, les gels et les incertitudes ont placĂ© de nombreuses structures dans des situations de trĂ©sorerie critiques. Le sous-financement du Fonds national pour l’emploi pĂ©renne dans le spectacle (FONPEPS), pourtant outil structurant de stabilisation de l’emploi, fait peser une menace directe sur les dispositifs d’aide Ă l’embauche et Ă la pĂ©rennisation des contrats. Ă€ ces fragilitĂ©s s’ajoute la contraction du programme 361, qui finance l’éducation artistique et culturelle, amputĂ© nationalement de manière significative, entraĂ®nant l’arrĂŞt de projets, notamment dans les Ă©tablissements scolaires. Ce sont les artistes, les Ă©quipes et les jeunes publics qui en paient le prix. Dans le mĂŞme temps, les annonces rĂ©pĂ©tĂ©es de nouvelles rĂ©serves ou annulations de crĂ©dits entretiennent une incertitude permanente incompatible avec la conduite de politiques culturelles exigeantes. 2. L’effondrement du financement croisĂ© territorial Le modèle français du spectacle vivant repose sur un principe clair : la compĂ©tence partagĂ©e entre l’État et les collectivitĂ©s territoriales. Or, les baisses massives dĂ©cidĂ©es ou annoncĂ©es par de nombreuses rĂ©gions, dĂ©partements et villes provoquent un effet domino d’une ampleur inĂ©dite. Certaines collectivitĂ©s rĂ©duisent brutalement leurs engagements, d’autres gèlent ou diffĂ©rencient leurs soutiens. Les consĂ©quences sont immĂ©diates : annulations de productions, rĂ©ductions de tournĂ©es, reports de crĂ©ations, non-renouvellement de contrats, et dĂ©sormais licenciements. Nous assistons, Ă bas bruit, Ă un plan social diffus. Le secteur ne licencie pas toujours massivement : il cesse d’embaucher, interrompt des projets, fragilise des Ă©quipes artistiques entières. La diversitĂ© des esthĂ©tiques, la recherche, l’émergence sont directement menacĂ©es. Quand 70 % des financements publics de la culture proviennent des territoires, l’affaiblissement du bloc local met en pĂ©ril l’ensemble de l’édifice. 3. L’inquiĂ©tude majeure autour des annexes 8 et 10 Dans ce contexte dĂ©jĂ extrĂŞmement tendu, la demande du MEDEF, hors de tout cadrage, sur l’ouverture d’une renĂ©gociation sur les annexes 8 et 10 de l’assurance chĂ´mage (rĂ©gime spĂ©cifique de l’intermittence du spectacle) avec l’ajout de 50 heures supplĂ©mentaires pour les artistes et techniciens, suscite une inquiĂ©tude profonde et une totale incomprĂ©hension. Ce rĂ©gime n’est pas un privilège : il est l’architecture mĂŞme de l’économie du spectacle vivant. Le fragiliser dans une pĂ©riode de contraction budgĂ©taire et d’effondrement de la diffusion reviendrait Ă dĂ©stabiliser dĂ©finitivement l’emploi artistique et technique. Nous ne pouvons accepter que l’intermittence devienne une variable d’ajustement budgĂ©taire. Nous demandons que toute discussion sur ce rĂ©gime s’inscrive dans une logique de sĂ©curisation et non de remise en cause. 4. Retrouver un dialogue institutionnel normal et respectueux Au moment oĂą la ministre de la Culture, Madame Rachida Dati, a annoncĂ© son dĂ©part, nous souhaitons pouvoir engager un travail constructif avec le ministère de la Culture. Depuis l’arrivĂ©e de Madame Dati rue de Valois, le dialogue avec les organisations reprĂ©sentatives du spectacle vivant public a Ă©tĂ© profondĂ©ment altĂ©rĂ©. Les concertations ont Ă©tĂ© rares, les dĂ©cisions souvent unilatĂ©rales, et les paroles publiques Ă l’égard du secteur frĂ©quemment empreintes de mĂ©pris. Cette situation a contribuĂ© Ă dĂ©grader la confiance. Il est dĂ©sormais indispensable de rĂ©tablir des discussions saines, normales et apaisĂ©es. Le spectacle vivant public n’est ni un adversaire ni un lobby sectoriel : il est un partenaire de l’État au service de l’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral. Nous appelons Ă l’ouverture rapide d’une concertation nationale associant l’ensemble des partenaires sociaux, les collectivitĂ©s territoriales et l’État, afin de : sĂ©curiser le financement du FONPEPS et des crĂ©dits dĂ©concentrĂ©s ; stabiliser les financements croisĂ©s avec les collectivitĂ©s ; garantir l’avenir des annexes 8 et 10 ; rĂ©affirmer une stratĂ©gie nationale ambitieuse pour la crĂ©ation artistique.  Monsieur le Premier ministre, il ne s’agit pas seulement d’un dĂ©bat budgĂ©taire. Il s’agit d’un choix politique fondamental : celui de maintenir ou d’affaiblir durablement un service public de la culture qui constitue un socle dĂ©mocratique. Nous sommes prĂŞts Ă travailler, Ă proposer, Ă nĂ©gocier. Mais il faut dĂ©sormais se mettre au travail collectivement, dans un cadre respectueux, transparent et responsable. Dans l’attente de votre rĂ©ponse et d’une rencontre rapide, nous vous prions de croire, Monsieur le Premier ministre, en l’expression de notre haute considĂ©ration. Pour l’intersyndicale du spectacle vivant public LISTE DES ORGANISATIONS SIGNATAIRES FĂ©dĂ©ration nationale des arts de la rue – FNARFĂ©dĂ©ration Nationale des Syndicats du Spectacle, du CinĂ©ma, de l’Audiovisuel et de l’Action Culturelle CGT – CGT SpectacleLes Forces Musicales – Syndicat professionnel des opĂ©ras, des orchestres et des festivals d’art lyriqueSCC – Syndicat des Cirques et Compagnies de CrĂ©ationScène Ensemble – Organisation professionnelle des arts de la reprĂ©sentationSNAM-CGT – Musicien.nes – Enseignant.es et interprètesSyndicat des musiques actuelles – SMASyndicat français des artistes interprètes – SFA-CGTSyndicat national des arts vivants – SYNAVISyndicat national des entreprises artistiques et culturelles – SYNDEACSyndicat National des Metteuses et Metteurs en Scène – SNMS-CGTSyndicat National des Musiciens et du Monde de la Musique – SN3M-FOSyndicat National des Professionnel.les du Théâtre et des ActivitĂ©s Culturelles – Synptac-CGT Â
Lettre ouverte de l’intersyndicale Ă Rachida Dati

Lettre ouverte de l’intersyndicale du spectacle vivant public Ă l’attention de Madame la ministre de la Culture Rachida Dati Madame la Ministre, La parution au JO du 30 dĂ©cembre 2025, du dĂ©cret relatif au Fonds national pour l’emploi dans le spectacle (FONPEPS* ) a provoquĂ© une vive colère dans l’ensemble de la profession. Depuis des mois, nos organisations participent Ă des discussions avec vos services sur l’évolution des aides FONPEPS. Ces Ă©changes ont Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©s comme une concertation. Ils n’en ont jamais Ă©tĂ© une. Ă€ aucun moment les projets de dĂ©crets n’ont Ă©tĂ© transmis aux organisations reprĂ©sentatives. Les dĂ©cisions ont Ă©tĂ© prises hors de tout cadre de dialogue social, dans des Ă©changes exclusivement menĂ©s entre Bercy et le ministère de la Culture. La Direction gĂ©nĂ©rale de la crĂ©ation artistique s’était pourtant engagĂ©e Ă publier un dĂ©cret de simple prolongation du FONPEPS, laissant le temps d’un dĂ©bat rĂ©el sur l’évolution des critères. Cet engagement n’a pas Ă©tĂ© tenu. Le dĂ©cret publiĂ© prolonge le FONPEPS : mais en le transformant en profondeur. Il baisse les niveaux d’intervention des aides, rĂ©duit leur portĂ©e et verrouille par avance le dĂ©bat parlementaire sur la loi de finances pour 2026, alors mĂŞme que celui-ci est encore en cours. Ces dĂ©cisions ont Ă©tĂ© prises sans qu’aucune Ă©tude d’impact sur l’emploi artistique et technique n’ait Ă©tĂ© produite ou rendue publique, ce qui est politiquement irresponsable au regard du rĂ´le central du FONPEPS dans le soutien Ă l’emploi. Cette rĂ©vision brutale des dispositifs n’est que la consĂ©quence directe d’un choix budgĂ©taire assumĂ© : celui de l’insuffisance des crĂ©dits. Depuis deux ans, les aides FONPEPS ont Ă©tĂ© mobilisĂ©es Ă hauteur de 60 millions d’euros par an. Depuis deux ans, nos organisations demandent que cette rĂ©alitĂ© soit enfin prise en compte dans la loi de finances. Le projet de loi de finances pour 2026 n’inscrit pourtant que 36 millions d’euros. Ce sous-financement organisĂ© conduit mĂ©caniquement Ă une rĂ©duction des droits, Ă une destruction d’emplois et Ă une fragilisation durable de l’ensemble du secteur du spectacle vivant et enregistrĂ©. Nous refusons que le FONPEPS, que nous avons gagnĂ© en 2016 suite Ă la lutte des intermittents contre la convention d’assurance chĂ´mage du 14 mai 2014, soit sacrifiĂ© sur l’autel des arbitrages budgĂ©taires de Bercy. Nous refusons que des dispositifs essentiels Ă l’emploi soient vidĂ©s de leur substance sans dĂ©bat, sans transparence et sans responsabilitĂ© politique. Le secteur a besoin d’une ministre de la Culture qui se bat pour son budget, qui dĂ©fend ses politiques publiques et qui assume la protection de l’emploi artistique, technique et administratif. En l’état, ce dĂ©cret traduit un renoncement politique. Si ces choix devaient ĂŞtre maintenus, vous porteriez l’entière responsabilitĂ© des consĂ©quences sociales, Ă©conomiques et culturelles qui en dĂ©couleront. Nos organisations ne s’y rĂ©signeront pas. Veuillez croire, Madame la Ministre, en notre dĂ©termination Ă dĂ©fendre l’emploi des salarié·es du spectacle ainsi que les moyens nĂ©cessaires Ă garantir la crĂ©ation et la diversitĂ© artistique.   *Le FONPEPS (Fonds National Pour l’Emploi PĂ©renne dans le Spectacle) est un dispositif créé en 2016 par le ministère de la Culture pour soutenir activement l’emploi durable dans le secteur du spectacle vivant et enregistrĂ©, tant dans le secteur public que privĂ©. Il constitue le premier fonds dĂ©diĂ© spĂ©cifiquement Ă la rĂ©duction de la prĂ©caritĂ© dans ces secteurs en encourageant les structures employeuses Ă crĂ©er des emplois plus pĂ©rennes et Ă allonger la durĂ©e des contrats de travail.
Lettre ouverte à Rachida Dati sur les coupes budgétaires
Dans cette lettre ouverte, les organisations professionnelles du spectacle vivant interpellent la ministre de la Culture sur les coupes budgĂ©taires de 210 millions d’euros prĂ©vues pour 2025, dĂ©nonçant un revirement incomprĂ©hensible, et exigeant le rĂ©tablissement des crĂ©dits essentiels Ă la crĂ©ation et Ă la transmission culturelle. Madame la ministre de la Culture, Mardi 14 janvier, vous receviez l’ensemble des organisations professionnelles du spectacle vivant et enregistrĂ© en CNPS – Conseil National des Professions du Spectacle, avec comme ordre du jour leur financement A cette occasion, vous avez assurĂ© vouloir garantir la stabilitĂ© du budget de votre ministère pour 20251. Vous nous avez aussi demandĂ© de vous faire confiance pour y parvenir, arguant que la culture devait ĂŞtre politique. Et vous nous avez aussi dit de ne pas hĂ©siter Ă venir Ă©changer avec vous lorsque nous Ă©tions en dĂ©saccord. 1 CommuniquĂ© de presseMme Rachida DATI, ministre de la Culture, a rĂ©uni le Conseil national des professions du spectacle vivant et enregistrĂ© Ă€ peine trois jours plus tard, dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances par le SĂ©nat, vous avez soutenu un amendement gouvernemental, dĂ©posĂ© dans la nuit prĂ©cĂ©dente. Ce dernier prĂ©sente une baisse de crĂ©dits de 130 millions d’euros sur la mission Culture, dont près de 42 millions en moins pour la CrĂ©ation et 30 millions affectant la mission Transmission des savoirs et dĂ©mocratisation de la culture. Vous avez aussi essayĂ© d’imposer 100 millions d’Ă©conomies Ă l’audiovisuel public. HĂ©las, au terme de dĂ©bats pour le moins confus, les crĂ©dits de la mission Culture ont Ă©tĂ© votĂ©s avec une baisse de 130 millions d’euros. L’amendement concernant l’audiovisuel public a lui Ă©tĂ© ramenĂ© Ă 80 millions d’euros par les sĂ©natrices et sĂ©nateurs. Le ministère de la Culture accuserait donc une baisse de crĂ©dits de 210 millions d’euros pour 2025 si le budget Ă©tait ainsi votĂ©. Comme vous nous y avez encouragĂ©, nos organisations professionnelles vous ont donc immĂ©diatement demandĂ© un entretien pour comprendre les raisons de ce revirement total de situation et travailler ensemble Ă un scĂ©nario de sortie de crise. Après nous avoir d’abord accordĂ© ce rendez-vous vendredi 24 janvier, vous avez finalement dĂ©cidĂ© de l’annuler. Aussi, nous vous demandons toujours un rendez-vous, impĂ©rativement avant que ne se tienne la commission mixte paritaire le 30 janvier prochain. Nous aurions prĂ©fĂ©rĂ© la solution du dialogue direct, comme vous aviez dit Ă©galement le privilĂ©gier. Nous n’avons pas d’autre choix aujourd’hui que de vous faire part, dans ce courrier, de notre incomprĂ©hension et notre colère. OĂą est la ministre pugnace qui se vantait encore la semaine dernière, d’être capable d’aller dĂ©fendre ses budgets face Ă Bercy ou Ă Matignon ? Depuis votre arrivĂ©e Ă la tĂŞte du ministère de la Culture, ce ne sont pas moins de 410 millions d’euros de baisse qui sont Ă dĂ©plorer (200 millions d’euros par dĂ©cret en fĂ©vrier 2024 et 210 millions d’euros qui pourraient possiblement ĂŞtre votĂ©s dans le cadre du budget 2025). OĂą est la ministre dont la porte est toujours ouverte pour dialoguer ? Nous demandons que les crĂ©dits CrĂ©ation et Transmission des savoirs et dĂ©mocratisation de la culture soient intĂ©gralement rĂ©tablis, comme vous vous y ĂŞtes engagĂ©e. Nous demandons en outre que le fonds d’urgence soit rĂ©tabli dans les crĂ©dits de la mission Culture, pour ne pas davantage fragiliser le fonctionnement de l’ensemble des structures au profit de quelques-unes choisies arbitrairement. Par ailleurs, la prĂ©servation en intĂ©gralitĂ© des crĂ©dits du Fonpeps – le fonds pour l’emploi pĂ©renne dans le spectacle – est dĂ©sormais absolument vitale et ce, non seulement jusqu’au dernier jour de l’annĂ©e 2025, mais Ă©galement au-delĂ . Enfin, nous rejetons le projet de fusion/ holding pour l’audiovisuel public et demandons que ces nouvelles Ă©conomies demandĂ©es soient supprimĂ©es. Madame la ministre, lors de ce CNPS, vous avez aussi dĂ©plorĂ© l’attitude de certaines collectivitĂ©s qui diminuent de manière drastique leur budget. Que devons-nous en penser ? En vous remerciant pour vos rĂ©ponses et actions concrètes devant ce dĂ©sastre, veuillez croire, Madame la ministre de la Culture, en l’assurance de notre parfaite considĂ©ration, les signataires FĂ©dĂ©ration CGT spectacleFĂ©dĂ©ration nationale des arts de la rueLes Forces musicalesScène EnsembleSCC – Syndicat des cirques et compagnies de crĂ©ationSFA CGT – Syndicat professionnel des artistes dramatiques, chorĂ©graphiques, lyriques, de variĂ©tĂ©, de cirque, des marionnettistes et des artistes traditionnelsSMA – Syndicat des musiques actuellesSN3M-FO – Syndicat national des musiciens et du monde de la musiqueSNAM CGT – Union nationale des syndicats d’artistes musiciens (enseignants et interprètes) de FranceSNMS CGT – Syndicat national des metteurs en scèneSynavi – Syndicat national des arts vivantsSyndeac – Syndicat national des entreprises artistiques et culturellesSud cultureSYNPTAC CGT – Syndicat national des professionnel.les du théâtre et des activitĂ©s culturelles
Lettre ouverte sur la crise des salaires dans le spectacle vivant
Commission paritaire permanente de nĂ©gociation et d’interprĂ©tation (CPPNI) de la branche des entreprises artistiques et culturelles Mme Élisabeth Borne, Première ministre M. Olivier Dussopt, ministre du Travail Mme Rima Abdul-Malak, ministre de la Culture  Paris, le 18 dĂ©cembre 2023 Les organisations professionnelles de notre branche ont Ă©tĂ© destinataires d’un courrier en date du 28 novembre dernier adressĂ© par Monsieur le ministre du Travail et faisant suite Ă la confĂ©rence sociale organisĂ©e sous l’égide de Madame la Première ministre le 16 octobre dernier. Dans ce courrier, il nous est notifiĂ© la situation de non-conformitĂ© dans laquelle se trouvent les grilles de salaires de notre convention collective du fait de l’existence de coefficients devenus infĂ©rieurs au SMIC. Il nous est de ce fait enjoint de corriger cette situation en nous rappelant notre « responsabilitĂ© de jouer pleinement le jeu de la nĂ©gociation, en faisant en sorte d’éviter les situations d’enlisement et de blocage ». Loin de l’enlisement et du blocage, notre branche prend très au sĂ©rieux sa responsabilitĂ© quant Ă la rĂ©gulation des conditions dans lesquelles travaillent les personnels artistiques, techniques et administratifs. Rien que sur les salaires, notre branche a Ă©tĂ© amenĂ©e Ă conclure pas moins de trois accords dans les deux dernières annĂ©es du fait de l’inflation sans prĂ©cĂ©dent Ă laquelle notre pays fait face depuis le dĂ©clenchement de la guerre en Ukraine. Pour autant, nos dernières nĂ©gociations intervenues en octobre ont Ă©chouĂ© et nous nous apprĂŞtons Ă rouvrir des nĂ©gociations dès le mois de janvier prochain dans un contexte extrĂŞmement difficile. Nous sommes arrivĂ©s au bout d’un exercice et faisons dĂ©sormais face Ă une impasse sur laquelle nos diffĂ©rentes organisations ont dĂ©jĂ alertĂ© depuis longtemps votre gouvernement (et ses prĂ©dĂ©cesseurs) qui ne peut se contenter de nous renvoyer Ă notre responsabilitĂ© departenaires sociaux. Notre branche ne se trouve en effet pas du tout dans la mĂŞme situation Ă cet Ă©gard que celles caractĂ©risĂ©es par un modèle Ă©conomique de marchĂ©. Les entreprises de notre branche assument des missions d’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral qui sont financĂ©es par les collectivitĂ©s publiques, dont l’État, et leur Ă©conomie dĂ©pend donc avant tout de ces financements. Or, ces derniers ont dangereusement stagnĂ© au cours des annĂ©es passĂ©es quand ils n’ont pas Ă©tĂ© brutalement diminuĂ©s dans certaines collectivitĂ©s alors que les dĂ©penses des entreprises n’ont cessĂ© d’augmenter du fait de l’inflation, mais Ă©galement de la dĂ©multiplication des attentes vis-Ă -vis des structures. Dans ces circonstances, notre branche se trouve dans une situation très critique du fait : d’une paupĂ©risation et d’une prĂ©carisation des personnels qui travaillent dans notre branche (les salaires y sont en moyenne de 20% infĂ©rieurs Ă ceux des autres secteurs) ; d’une rĂ©duction drastique de l’activitĂ© (que l’on Ă©value autour de 30%) qui a pour effet de rĂ©duire le volume d’emploi global de la branche. Nos nĂ©gociations se dĂ©roulent donc dans un contexte extrĂŞmement tendu puisque la moindre augmentation des salaires minima dans notre branche aggrave mĂ©caniquement la destruction des emplois tandis que la stagnation des salaires rend les conditions de travail extrĂŞmement difficiles pour les Ă©quipes artistiques, techniques et administratives et entraĂ®nent des difficultĂ©s de recrutement majeures du fait de la faible attractivitĂ© salariale de nos mĂ©tiers. Alors que certains de nos voisins europĂ©ens n’hĂ©sitent pas Ă indexer le niveau de leurs subventions Ă la culture en fonction de l’inflation, votre gouvernement et ses prĂ©dĂ©cesseurs n’ont cessĂ© de nous opposer les contraintes budgĂ©taires pour justifier une stagnation de nos financements doublĂ©e d’un affaiblissement fiscal et budgĂ©taire des collectivitĂ©s territoriales qui sont nos premiers financeurs. Le ministère de la Culture nous propose aujourd’hui un plan « Mieux produire, mieux diffuser », dotĂ© d’un budget dĂ©risoire (si on le compare Ă celui du Pass Culture) qui n’est pas Ă la hauteur de la situation. En outre, il nous semble poursuivre une logique malthusienne qui s’assimile de plus en plus Ă un plan social et qui risque surtout de porter atteinte Ă la richesse et la diversitĂ© artistique de notre pays. Nous souhaiterions donc pouvoir Ă©changer avec vous sur cette situation (avant les BIS de Nantes, qui rĂ©uniront tous les professionnels du spectacle vivant les 17 et 18 janvier 2024) pour examiner ensemble les solutions qui peuvent ĂŞtre dĂ©terminĂ©es pour assurer la continuitĂ© du service public de la culture dans de bonnes conditions tant pour les entreprises que les salariĂ©s. Nous vous remercions d’avance de l’attention que vous prĂŞterez au prĂ©sent courrier et vous prions d’agrĂ©er, Madame la Première Ministre, Monsieur le ministre du Travail et Madame la ministre de la Culture, l’expression de notre considĂ©ration respectueuse. Les signataires : F3C CFDT – Communication Conseil Culture CFDT  FNAR – FĂ©dĂ©ration nationale des Arts de la rue FSICPA – FĂ©dĂ©ration des structures indĂ©pendantes de crĂ©ation et de production artistiques SYNAVI – Syndicat National des Arts Vivants SCC – Syndicat des cirques et compagnies de crĂ©ation LES FORCES MUSICALES – Syndicat professionnel des OpĂ©ras, Orchestres et Festivals lyriques PROFEDIM – Syndicat professionnel des Producteurs, Festivals, Ensembles, Diffuseurs IndĂ©pendants de Musique SFA CGT – Syndicat Français des Artistes-interprètes SMA – Syndicat des Musiques Actuelles SNAM CGT – Union Nationale des Syndicats d’Artistes Musiciens (Enseignants et Interprètes) de France CGT SNAPAC CFDT – Syndicat national des Artistes et des Professionnels de l’animation, du Sport et de la Culture  SNSP – Syndicat National des Scènes publique SUD – Culture – Syndicat « Solidaires, Unitaires et DĂ©mocratiques » de la Culture SYNDEAC – Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles SYNPTAC CGT – Syndicat National des Professionnel.le.s du Théâtre et des ActivitĂ©s CulturellesÂ
Lettre ouverte Ă Bruno Le Maire, ministre de l’Économie
Lettre ouverte Ă Rima Abdul Malak, ministre de la Culture

Pour une véritable parité femmes/hommes dans le secteur public de la Culture
Lettre ouverte au président candidat
Le 15 avril 2022,