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Hommage à Élisabeth Carecchio

Nous apprenons avec une infinie tristesse la disparition de la photographe de théâtre Élisabeth Carecchio.

Nous apprenons avec une infinie tristesse la disparition de la photographe de théâtre Élisabeth Carecchio. Si la mort a eu raison de son inébranlable pulsion de vie, elle laisse, au-delà de nos souvenirs, les images des spectacles qu’elle accompagnait tout autant qu’elle les photographiait. Elle a participé aux aventures artistiques de nombreux metteurs et metteuses en scène, dans la durée et la fidélité. Présente autant que possible dès le début du travail de répétition, elle saisissait l’entièreté des spectacles, relatait par l’image leur processus, restituait leur esprit, leur construction scénique au delà de la seule émotion produite par les visages et les corps des acteurs. Grâce à son art et son talent, ses photos étaient plus que le témoignage fidèle de ces oeuvres. Elle les nourrissait de son propre point de vue, de son intelligence dramaturgique et de sa délicatesse à l’égard des actrices et des acteurs.

 

Depuis 1988, elle a ainsi photographié les spectacles de figures majeures de la scène artistique française, Bruno Boeglin, Patrice Chéreau, Jacques Lassalle, Luc Bondy, Georges Lavaudant, Régine Chopinot… De la scène internationale aussi, Kristian Lupa, Michaël Thalheimer, Simon Stone, Daria Deflorian et Antonio Tagliarini, Christiane Jatahy.

 

Au long cours, elle a travaillé notamment avec Stéphane Braunschweig (dont elle a photographié tous les spectacles depuis 30 ans), Bernard Sobel, Sylvain Maurice, Célie Pauthe, Guillaume Vincent et Joël Pommerat. Son goût pour la découverte et les jeunes artistes l’ont amenée à suivre Aurelia Guillet, Anne Monfort, Hedi Tillette de Clermont Tonnerre, et bien d’autres.

 

Elle a également beaucoup travaillé pour l’art lyrique, une autre de ses grandes passions, notamment à partir de 1988 au Festival d’art lyrique d’Aix en Provence, pendant plus de dix ans (elle y a photographié les mises en scène de Peter Brook, Klaus Michael Grüber et les master-classes de l’Académie du Festival avec Pierre Boulez, Georges Aperghis, Smon Rattle…), ainsi qu’au festival Musica de Strasbourg. 

 

Elle a aussi été la photographe attitrée d’importantes institutions théâtrales, les Théâtres Nationaux de Strasbourg, de La Colline et de l’Odéon, les CDN de Gennevilliers, Orléans et Besançon…

 

Parallèlement, Élisabeth a documenté comme photo-journaliste de nombreux sujets à l’étranger et en France, suivant les travestis indonésiens, brésiliens, napolitains, les adolescents gays sans-abri de Londres, les lesbiennes de Slovénie, les parents gays aux États-Unis… mais aussi le quotidien de la police moscovite, l’immigration dans le Nord de l’Isère, le Kosovo, Beyrouth, ou encore les vieux-croyants de Sibérie… Ses reportages ont été publiés dans la presse nationale et internationale ou exposés. Une publication internationale de ses travaux par ONUSIDA, sur les militantes et militants d’Act Up aux États-Unis, est en cours.

 

Le Syndeac tient à lui rendre hommage, toutes nos pensées vont à ses proches, à ses ami.e.s, à sa famille et à sa femme.

 

 

 

 

 

 

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