Le 4 mars, nous avons appelé à un large rassemblement à Aubusson pour défendre le Théâtre Jean-Lurçat – Scène nationale, menacé de fermeture. Notre alerte portait également sur la dégradation des équipements culturels publics en France et la nécessité de financer le service public de la culture.
pourquoi cette mobilisation ?
Construit en 1981, le bâtiment connaît de graves dégradations (problèmes structurels, infiltrations, risques de chute de plafonds) qui ont conduit à la fermeture de plusieurs salles pour raisons de sécurité, compromettant l’accueil des artistes en résidence, fragilisant les conditions de travail des équipes et affectant directement les élèves de la filière théâtre de la cité scolaire Jamot-Jaurès.
À cette situation s’ajoute une décision préoccupante du Département, dont le conseil a adopté une autorisation d’occupation temporaire (AOT) applicable à compter du 5 juillet 2026 et renouvelable sous conditions politiques, ce qui revient de fait à programmer une fermeture anticipée, sans qu’aucune garantie claire ne soit apportée quant à la rénovation du bâtiment. Or cet équipement de 240 places, intégré au Centre culturel et artistique Jean-Lurçat aux côtés d’une médiathèque et des classes théâtre, labellisé Scène nationale depuis 1991, accueille chaque année 15 000 personnes avec un taux de remplissage de 86 %
un moment fort, émouvant et digne !
Le 4 mars, à Aubusson, notre mobilisation syndicale et citoyenne était massive et exemplaire.
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Avec les associations de label Association des Scènes nationales, Association des centres dramatiques nationaux et les Centres chorégraphiques nationaux, nous avons publié un communiqué commun afin d’alerter les médias sur le point de bascule
Ensemble pour la culture : entendez ici le cri de ralliement de tout le service public de la culture.
Le premier rendez-vous a lieu le mercredi 4 mars 2026 à la Scène Nationale d’Aubusson située dans le département de la Creuse. Aujourd’hui menacée de fermeture, l’une des plus petites scènes nationales de France devient le point de ralliement de tout le secteur.
L’Association des Scènes nationales se joint à cet appel pour affirmer une solidarité active : celle d’un système fondé sur le maillage territorial, la coopération et la responsabilité partagée. Chaque scène nationale, chaque lieu labellisé, chaque acteur du service public des arts et de la culture, agit pour son territoire, mais tous défendent un même principe — l’égalité d’accès à la culture partout en France.
Le cas de la Scène nationale d’Aubusson illustre une problématique avant tout bâtimentaire. De nombreux autres exemples émergent à l’échelle nationale. La question de la vétusté des bâtiments culturels publics devient une urgence silencieuse. Toitures fragilisées, plafonds menaçants, équipements techniques obsolètes, normes de sécurité difficiles à garantir : au-delà des murs qui se fissurent, ce sont des projets artistiques, des équipes et des publics qui se trouvent fragilisés.
L’entretien et la rénovation de ces bâtiments relèvent de la responsabilité des collectivités locales ou reposent sur des mécanismes de financements croisés. Or, certaines collectivités ne souhaitent plus en assumer la charge financière, ce qui fragilise durablement l’équilibre du service public de la culture. Ces lieux de création, de diffusion, de transmission et d’émancipation participent chaque jour à faire vivre le lien social et l’accès de toutes et tous aux œuvres et aux savoirs.
Ensemble pour la culture dans la continuité de Debout pour la culture, cette mobilisation marque une nouvelle étape dans la défense du service public de la culture.
Pour rappel, le Théâtre Jean Lurçat – Scène nationale d’Aubusson traverse une période critique. Entre la dégradation avancée du Centre Culturel et Artistique Jean Lurçat (CCAJL), l’absence de décision concernant sa rénovation et l’échéance fixée au 5 juillet 2026 de l’Autorisation d’Occupation Temporaire votée par le Conseil départemental de la Creuse, l’avenir du théâtre est aujourd’hui menacé. Sans solution arrêtée entre les collectivités et le Ministère de la Culture, c’est l’existence même de la plus petite Scène nationale de France qui pourrait être compromise, fragilisant son équipe, ses missions et les 15 000 spectateurs qui la fréquentent chaque année.