Municipales 2026 : plus de 400 listes répondent à l’interpellation nationale du service public de la culture

Le Syndeac, Scène Ensemble et Les Forces Musicales ont lancé le 5 février 2026 une campagne nationale d’interpellation des candidates et candidats aux élections municipales des 15 et 22 mars 2026. Près de 600 têtes de liste ont été sollicitées dans un panel de villes sélectionnées par les délégations régionales des trois organisations. L’objectif : remettre la culture au cœur du débat municipal en demandant aux listes candidates de se positionner sur 27 engagements structurés autour de cinq axes : gouvernance, financements, liberté de création et de programmation, accès à la culture pour toutes et tous, et lien entre culture, territoires et transition écologique. La consultation s’appuyait sur une plateforme publique dédiée, www.culture-et-municipales2026.fr, permettant aux candidats comme aux structures culturelles de consulter le questionnaire et les engagements proposés. La collecte des réponses s’est clôturée le 9 mars 2026. Résultat : 407 réponses recueillies, soit 68 % du panel initial. Parmi elles : 239 listes ont répondu à l’ensemble des 27 engagements, 168 listes ont apporté des réponses partielles. Ces résultats témoignent d’une mobilisation importante des listes candidates autour des enjeux culturels locaux.Les premières analyses mettent en évidence une forte réactivité des listes de gauche qui ont davantage répondu en proportion aux engagements du questionnaire. Par ailleurs, l’initiative a suscité un nombre significatif de réponses spontanées, plusieurs listes candidates ont en effet, répondu sans avoir été directement sollicitées. Un autre point notable est celui de la représentativité territoriale des réponses. Elles couvrent de manière homogène l’ensemble des territoires, avec notamment des réponses dans les territoires ultramarins. Les effets d’entraînement sont concrets avec dans certaines villes (Lille, Paris, Strasbourg, Metz, Nantes et Lyon) l’intégralité des listes sollicitées qui ont répondu. Au-delà de cette forte mobilisation deux sujets structurants émergent particulièrement : la liberté de création et le financement de la culture. Si ces principes font largement consensus dans les discours, les réponses apportées révèlent des nuances sur la mise en œuvre de solutions concrètes. Nuances éclairées dans les commentaires laissés par les candidates et candidats aux questions ouvertes. Liberté de création : un engagement clair pour le respect de la loi, mais déjà des nuances dans l’application Un point d’attention ressort particulièrement de l’analyse des réponses : la question de la liberté de création et de programmation. La très grande majorité des listes candidates affirme son attachement à ce principe, inscrit dans la loi relative à la liberté de création, à l’architecture et au patrimoine (LCAP) de 2016. Ce cadre juridique garantit l’indépendance artistique des équipes et la liberté de programmation des lieux culturels. Cependant, certaines réponses – émanant de listes de différentes sensibilités politiques, à droite comme à gauche – introduisent des nuances ou conditions dans leur formulation. Des mentions telles que « selon les orientations de la politique culturelle municipale », « dans le respect de certaines priorités » ou encore des références implicites aux contenus programmés apparaissent dans plusieurs commentaires. Or, la liberté de création ne peut être conditionnée : elle constitue un principe protégé par la loi et un fondement essentiel du service public de la culture. Ce point fera donc l’objet d’une vigilance particulière dans les échanges avec les équipes municipales qui seront élues. Les organisations à l’origine de cette campagne entendent rappeler que le respect de l’indépendance artistique et de la liberté de programmation ne peut comporter de “si” et doit être pleinement garanti dans la mise en œuvre des politiques culturelles locales. Le financement de la culture est un autre point de vigilance qui se confirme Enfin, un autre point révélateur, jusque-là sous-jacent dans les discours, est celui du financement. Les positions exprimées par les candidates et les candidats révèlent des signaux d’inquiétude. Si beaucoup réaffirment leur attachement aux politiques culturelles locales, plusieurs réponses traduisent des hésitations voire une certaine frilosité à s’engager sur la stabilité ou le renfort des budgets municipaux consacrés à la culture. Cette campagne constitue donc une première étape, un outil pour le dialogue avec les futurs élus Un certain nombre de candidats et candidates ont choisi de s’exprimer de manière très directe, parfois sans détour, sur leur vision de la politique culturelle locale, leur regard sur l’indépendance artistique ou encore les aspects budgétaires. Ces prises de position constituent un matériau précieux pour comprendre les orientations et les priorités des différentes listes au-delà des réponses fermées au questionnaire. Les réponses recueillies seront transmises aux structures culturelles implantées dans les villes concernées, afin qu’elles puissent engager un dialogue avec les équipes municipales élues à l’issue du scrutin.À ce communiqué est joint un document de restitution qui présente quelques chiffres clés extraits du questionnaire et une sélection de commentaires libres, laissés par les candidats et candidates.
Ensemble pour la culture à Aubusson : un cri de ralliement !

Ensemble pour la culture : entendez ici le cri de ralliement de tout le service public de la culture. Le premier rendez-vous a lieu le mercredi 4 mars 2026 à la Scène Nationale d’Aubusson située dans le département de la Creuse. Aujourd’hui menacée de fermeture, l’une des plus petites scènes nationales de France devient le point de ralliement de tout le secteur. L’Association des Scènes nationales se joint à cet appel pour affirmer une solidarité active : celle d’un système fondé sur le maillage territorial, la coopération et la responsabilité partagée. Chaque scène nationale, chaque lieu labellisé, chaque acteur du service public des arts et de la culture, agit pour son territoire, mais tous défendent un même principe — l’égalité d’accès à la culture partout en France. Le cas de la Scène nationale d’Aubusson illustre une problématique avant tout bâtimentaire. De nombreux autres exemples émergent à l’échelle nationale. La question de la vétusté des bâtiments culturels publics devient une urgence silencieuse. Toitures fragilisées, plafonds menaçants, équipements techniques obsolètes, normes de sécurité difficiles à garantir : au-delà des murs qui se fissurent, ce sont des projets artistiques, des équipes et des publics qui se trouvent fragilisés. L’entretien et la rénovation de ces bâtiments relèvent de la responsabilité des collectivités locales ou reposent sur des mécanismes de financements croisés. Or, certaines collectivités ne souhaitent plus en assumer la charge financière, ce qui fragilise durablement l’équilibre du service public de la culture. Ces lieux de création, de diffusion, de transmission et d’émancipation participent chaque jour à faire vivre le lien social et l’accès de toutes et tous aux œuvres et aux savoirs. Ensemble pour la culture dans la continuité de Debout pour la culture, cette mobilisation marque une nouvelle étape dans la défense du service public de la culture. Pour rappel, le Théâtre Jean Lurçat – Scène nationale d’Aubusson traverse une période critique. Entre la dégradation avancée du Centre Culturel et Artistique Jean Lurçat (CCAJL), l’absence de décision concernant sa rénovation et l’échéance fixée au 5 juillet 2026 de l’Autorisation d’Occupation Temporaire votée par le Conseil départemental de la Creuse, l’avenir du théâtre est aujourd’hui menacé. Sans solution arrêtée entre les collectivités et le Ministère de la Culture, c’est l’existence même de la plus petite Scène nationale de France qui pourrait être compromise, fragilisant son équipe, ses missions et les 15 000 spectateurs qui la fréquentent chaque année. Nous vous donnons rendez-vous sur place à compter de 12h pour un repas partagé entre professionnels et collectif d’usagers, puis un débat sur la situation générale des établissements culturels.
Communiqué de soutien à Phia Ménard
Le Syndeac dénonce, avec fermeté, l’attaque Ad hominem dont a fait l’objet l’une de ses artistes adhérentes, Phia Ménard, à l’occasion d’un communiqué de presse publié par Monsieur Foulques Chombart de Lauwe, candidat de l’union de la droite et du centre aux élections municipales à Nantes. La publication de ce communiqué, intitulé « quand la culture sert de caution à l’outrance et à la haine anti-police : une dérive inacceptable », est intervenue au lendemain de l’organisation d’un rassemblement, en soutien à l’actuelle maire de Nantes, au cours duquel plus de 150 artistes ont affirmé leur volonté de défendre la diversité culturelle nantaise et le respect de la liberté de création et d’expression. Ce rassemblement s’est tenu dans le plus grand calme. Son sujet était la politique publique culturelle. Aucune mention n’a été faite de la police et, évidemment, aucun message haineux de quelque nature que ce soit, n’a été prononcé. La seule « dérive inacceptable » est celle d’un candidat qui emploie dans sa communication « l’outrance » qu’il prétend dénoncer, pour associer sans fondement l’organisation d’une soirée de soutien au service public de la culture à des motivations de « haine anti-police ». Cet amalgame est non seulement mensonger mais il est aussi diffamant. Le Syndeac dénonce, sans réserve, l’emploi par une personnalité politique, de méthodes de désinformation qui visent ici : à réduire la pensée et l’expression d’une personne à quelques déclarations isolées exhumées de ses réseaux sociaux, dans le but de la dénoncer publiquement et nommément, quitte à l’exposer à des menaces voire à des violences morales et physiques, qui pourraient découler de cette désignation. à tisser des liens inexistants entre une réunion d’expression collective organisée en février 2025 et une expression individuelle publiée en 2020 dans un tout autre contexte, sans aucun élément objectif pour relier ces déclarations individuelles aux enjeux et au contenu de ce rassemblement collectif. à amalgamer l’expression d’un individu à l’expression d’un groupe de 150 personnes, voire à tout un secteur auquel cet individu appartient. à intimider ses contradicteurs par l’invective et la diffamation, dans le but de réduire au silence ses oppositions. Le Syndeac, bien que n’étant pas à l’origine de l’organisation de cette soirée de mobilisation des professionnels du secteur culturel Nantais, entend en rappeler le contexte. Cette soirée de soutien à une candidate aux élections municipales a été en grande partie motivée par les coupes brutales opérées sur le service public de la culture, par la présidente du conseil régional, qui soutient la candidature adverse de Monsieur Foulques Chombart de Lauwe. Le candidat de l’union de la droite et du centre à la mairie de Nantes, a d’ailleurs lui-même récemment revendiqué la nécessité de la portée « idéologique » de ces coupes dans une tribune, publiée le 20 novembre 2025, sur le site du média Causeur. Il y déclare sa volonté de mener « une bataille culturelle » précisant qu’ « Il est temps d’en finir avec la propagande aux frais du contribuable. » Il affirme vouloir défendre « une culture de la liberté et du pluralisme, loin des oukases du tribunal de la bien-pensance. » Il y soutient qu’ « un nouveau souffle culturel est nécessaire pour libérer la culture de l’emprise politique » et que « Christelle Morançais, présidente du Conseil Régional des pays de la Loire, a eu raison d’annoncer la fin des subventions régionales automatiques à la culture, en évoquant « le monopole intouchable d’associations très politisées, qui vivent d’argent public ». Ainsi, dans cette tribune, Monsieur Foulques Chombart de Lauwe procédait déjà par accumulation d’affirmations péremptoires, présentant comme des « vérités » des théories tout à fait subjectives, sans jamais donner d’éléments probants pour légitimer ses propos, ni prouver en quoi les artistes seraient dans leur ensemble soumis « à l’emprise politique (…) d’un monopole d’associations politisées ». Le Syndeac entend rappeler ici que : Contrairement à ce qu’affirme régulièrement ce candidat, l’octroi de financements publics à une association ne conduit pas, aux yeux de la loi, à une obligation de neutralité politique. Au contraire, il est illégal d’user du pouvoir de subvention – par exemple en brandissant la menace de ne plus en attribuer – pour contraindre la liberté d’expression. La loi qui protège la liberté d’expression, permet tout à fait à Monsieur Foulques Chombart de Lauwe, en tant que personne, d’exprimer son point de vue subjectif dans des « tribunes » sur les médias de son choix. Cette loi ne l’autorise pas pour autant, en sa qualité de candidat, à publier des communiqués de presse officiels, siglés par son mouvement politique, qui contiendraient des propos manifestement diffamants, qui seraient susceptibles de contribuer à la désinformation de l’opinion publique et qui seraient susceptibles de mettre en danger physiquement ou moralement des personnes que sa communication attaquerait nommément ; A ce titre, le Syndeac se réserve la possibilité d’étudier toutes les voies de recours possibles, suite à ces déclarations que nous considérons diffamatoires, qui ont été publiées dans le cadre d’une campagne municipale sur un support de communication politique officielle, qui pourraient relever de la désinformation de l’opinion publique et qui portent atteinte à une personne en particulier mais aussi à l’ensemble des personnes présentes lors de ce rassemblement victimes d’un amalgame délibéré. Pour le bureau, Claire Guièze et Joris Mathieu, coprésidents du Syndeac
Fonpeps, une nouvelle menace sur l’emploi culturel !

Organisations signataires Lors du bureau du Conseil National des Professions du Spectacle, le ministère de la Culture a annoncé la reconduction du dispositif FONPEPS* par décret pour trois ans, avec une perspective budgétaire en baisse de 40%. L’intersyndicale du spectacle vivant public dénonce une rupture inédite du dialogue social et alerte les parlementaires dans le cadre des débats autour du Projet de la Loi de finances 2026 Nos organisations et syndicats se sont massivement mobilisés, notamment cet été, où le ministère de la Culture s’est vu contraint de suspendre temporairement le dispositif, faute de crédits disponibles. * Le FONPEPS (Fonds National Pour l’Emploi Pérenne dans le Spectacle) est un dispositif créé en 2016 par le ministère de la Culture pour soutenir activement l’emploi durable dans le secteur du spectacle vivant et enregistré, tant dans le secteur public que privé. Il constitue le premier fonds dédié spécifiquement à la réduction de la précarité dans ces secteurs en encourageant les structures employeuses à créer des emplois plus pérennes et à allonger la durée des contrats de travail. Alors que le refinancement du Fonpeps constitue un axe majeur d’interpellation auprès des parlementaires dans le cadre de la Loi de Finances 2026, nous apprenons que son sort serait scellé pour les trois années à venir. Le gouvernement, outrepassant les discussions parlementaires en cours sur le budget, annonce la reconduction du dispositif par décret avec une perspective budgétaire équivalant à une baisse de 40% de son financement. Le dispositif serait financé à hauteur de 35 millions d’euros, soit deux fois moins que le financement nécessaire. Cette annonce est inacceptable. À l’heure où les financements publics du secteur non marchand du spectacle vivant s’effondrent, cette nouvelle coupe budgétaire constitue une catastrophe annoncée pour l’activité et l’emploi de l’ensemble de la profession. Elle représente également une nouvelle provocation à l’encontre des organisations et syndicats représentatifs, ainsi qu’à l’égard du travail parlementaire en cours. La concertation, entamée au printemps 2025 avec l’ensemble des partenaires sociaux pour une révision du dispositif, est aujourd’hui à l’arrêt, dans un contexte où notre secteur n’a jamais été autant menacé. La méthode engagée est alarmante. Alors même que la Loi de Finances 2026 – et donc le budget du ministère de la Culture – est débattue au Parlement, la publication de ce décret porterait gravement atteinte au fonctionnement démocratique de nos institutions et au pouvoir législatif du Parlement. Nous interpellons en urgence l’ensemble des parlementaires pour leur rappeler leur responsabilité dans la pérennité et le financement durable de ce dispositif. La culture ne bénéficie aujourd’hui que d’un unique dispositif d’aide à la pérennisation de l’emploi, très loin des 211 milliards d’euros perçus par les entreprises, et ce sans contrepartie. organisations signataires CGT Spectacle FÉDÉRATION DES ARTS DE LA RUE FORCES MUSICALES SCENE ENSEMBLE SCC Syndicat des cirques et compagnies de création SFA CGT SMA SNAM CGT SYNDEAC SYNPTAC CGT
Culture en Grand Est : chronique d’une mort annoncée
Depuis plusieurs semaines, les acteurs et actrices de la culture en Grand Est alertent sur les conséquences humaines et structurelles des choix budgétaires et des orientations politiques annoncés par la Région Grand Est pour 2026. Le 4 novembre dernier, la présidente de la commission Culture et Mémoire du Conseil Régional du Grand Est annonçait un effort budgétaire de 10M€ sur le budget de la Culture pour 2026. Le 10 décembre, les organisations professionnelles, réunies en intersyndicale d’employeurs du spectacle vivant associés aux réseaux régionaux des arts visuels, ont été reçues par Franck Leroy, Président de la Région Grand Est. Lors de cet échange, le Président a reconnu toute sa considération pour l’engagement et la responsabilité du secteur culturel, affirmant qu’il n’avait jamais été question d’une économie de 10M€. Une chose est néanmoins confirmée, celle d’une baisse massive du budget de fonctionnement alloué au soutien à la création contemporaine et à la diffusion culturelle. Dans la balade des chiffres et la nébuleuse des calculs, cette baisse est estimée à 9%. Ces décisions auront dès 2026, des conséquences majeures pour la vie culturelle. Ces choix se traduiront par : • Un impact direct sur le soutien à la création et aux équipes artistiques et artistes soutenus, • l’annulation de 860 représentations, • plus de 8 000 contrats intermittents supprimés, privant plus de 110 000 spectateur·rice·s d’accès à l’offre culturelle régionale, • 60 emplois permanents en équivalent temps plein dans les structures culturelles, • 15 à 20 millions d’euros de flux économiques locaux perdus, • une diversité culturelle qui se verra réduite et un déséquilibre accru entre les territoires. Le 15 décembre dernier, lors du conseil d’administration de l’Agence culturelle du Grand Est, une coupe de 1,2 million d’euros de son budget de fonctionnement a été confirmée, ramenant le budget à 750 000 euros contre 1,9 million auparavant. Malgré les demandes concernant le maintien du pôle spectacle vivant, un changement radical des missions de l’Agence et un plan social sont à venir : sur 23 salariés, une douzaine de personnes seront licenciées. Si la Région affirme que les discussions avec nos organisations restent ouvertes dans les mois à venir, cette annonce marque en réalité un arbitrage sans vision partagée, pris dans la précipitation, et sans dispositif d’accompagnement clair. Nous sommes favorables à la poursuite d’un dialogue, mais sous conditions Nous prenons acte de la proposition d’un second rendez-vous avec le Président Franck Leroy au premier trimestre 2026, que nous souhaitons avant le conseil d’administration de l’Agence culturelle, soit avant le 19 janvier. Au-delà, toute discussion serait privée de portée réelle. Reconnaître notre importance ne peut pas signifier reconnaître notre droit à disparaître. La dignité sans avenir n’est pas une politique culturelle : c’est une euthanasie budgétaire. organisations signataires FAREST – Fédération des arts de la rue Grand Est Les Forces Musicales Plan d’Est – Pôle arts visuels Grand Est SCC – Syndicat de cirques et compagnies de création Scène Ensemble – Organisation professionnelle des arts de la représentation SMA – Syndicat des musiques actuelles SYNAVI – Syndicat national des arts vivants SYNDEAC – Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles
Un vote de confiance unanime pour la coprésidence du Syndeac
Communiqué de presse du 4 décembre 2025 Le 1er décembre 2025, les membres du Conseil national du Syndeac ont réélu à l’unanimité Claire Guièze et Joris Mathieu à la coprésidence du syndicat pour un nouveau mandat de trois ans. Cette reconduction unanime témoigne d’une confiance pleine et entière accordée au duo pour conduire les travaux du Syndeac dans une période particulièrement décisive pour le spectacle vivant. Lors de l’Assemblée générale du 1er décembre 2025, les adhérentes et adhérents du Syndeac ont également procédé à l’élection des élus du nouveau Conseil national, représentatif de la diversité du secteur : équipes artistiques, lieux labellisés, festivals, bureaux de production et structures de toutes tailles y sont pleinement associés. Le Conseil national fraîchement élu se compose comme suit : Les 13 binômes élus dans les régions entre le 6 octobre et le 14 novembre : Délégation Hauts-de-France Joséphine Checco, La Faïencerie – Théâtre de Creil [Titulaire] Stéphane Frimat, Le Vivat – Scène conventionnée danse et théâtre [Suppléant] Délégation Occitanie Olivier Lataste, Le Cratère – Scène nationale d’Alès [Titulaire] Marion Muzac, MZ production [Suppléante] Délégation Grand Est Aurore Gruel, Compagnie Ormone / Laboratoire Chorégraphique [Titulaire] Stéphane Roth, Festival Musica [Suppléant] Délégation Centre-Val de Loire Cécile Loyer, Compagnie C. Loyer [Titulaire] Renaud Deback, Théâtre d’Orléans – Scène nationale d’Orléans [Suppléant] Délégation Ile-de-France Philippe Luciat-Labry, Théâtre Nanterre-Amandiers – Centre Dramatique National [Titulaire] Claire Nollez, Association Claude Vanessa [Suppléante] Délégation Normandie Julien Bourguignon, Le Tangram – Scène nationale d’Evreux [Titulaire] Anne-Sophie Pauchet, Compagnie Akté [Suppléante] Délégation Bretagne Marion Poupinet, Collectif FAIR-E / CCN de Rennes et de Bretagne [Titulaire] Jérôme Bardeau, ASAR [Suppléant] Délégation Provence-Alpes-Côtes d’Azur Marie Didier, Festival de Marseille [Titulaire] Robin Renucci, La Criée – Théâtre National de Marseille [Suppléant] Délégation Bourgogne-Franche-Comté Charles Mesnier, Nouveau Théâtre Besançon – CDN [Titulaire] Anne Monfort, Compagnie Day for Night [Suppléante] Délégation Nouvelle-Aquitaine Jean-Christophe Boissonnade, Les Trois T – Scène conventionnée d’intérêt national de Châtellerault [Titulaire] Emmanuelle Paoletti, Cie La Coma [Suppléante] Délégation Auvergne-Rhône-Alpes Josefa Gallardo, La Rampe [Titulaire] François Veyrunes, Compagnie 47•49 François Veyrunes [Suppléant] Délégation Pays de la Loire Marilyn Leray, Le Café Vainqueur [Titulaire] Guillaume Gatteau, Compagnie La Fidèle Idée [Suppléant] Délégation La Réunion Soraya Thomas, Compagnie Morphose [Titulaire] Teddy Jamois, Run Music association [Suppléant] 13 binômes élus lors de l’Assemblée générale du 1er décembre : Hauts-de-France et Pays de la Loire David Bobée, Théâtre du Nord, Centre dramatique national de Lille, Tourcoing, Hauts-de-France [Titulaire] Phia Ménard, Compagnie Non nova [Suppléante] Auvergne-Rhône-Alpes et Centre-Val de Loire Céline Bréant, La Comédie de Clermont-Ferrand, Scène nationale [Titulaire] Mohamed El Khatib, Compagnie Zirlib [Suppléant] Martinique et Réunion Manuel Césaire, Tropiques Atrium, Scène nationale de Martinique [Titulaire] Lolita Tergemina, Centre Dramatique National de l’Océan Indien – Théâtre du Grand Marché [Suppléante] Auvergne-Rhône-Alpes Fabienne Chognard, Le Dôme Théâtre [Titulaire] Sébastien Valignat, Compagnie Cassandre [Suppléant] Pays de la Loire et Île-de-France Marion Colléter, Cndc d’Angers [Titulaire] François Ben Aïm, CFB 451- Compagnie Christian & François BEN AIM [Suppléant] Île-de-France Claire Dupont, Théâtre de la Bastille [Titulaire] Antoine Blesson, Le Grand Gardon Blanc [Suppléant] Occitanie Sandrine Mini, Théâtre Molière – Scène nationale de Sète et du Bassin du Thau [Titulaire] Samuel Mathieu, Lieu Neufneuf, Cie Samuel Mathieu [Suppléant] Auvergne-Rhône-Alpes et Bourgogne-Franche-Comté Joris Mathieu, Compagnie Haut et Court [Titulaire] Claire Guièze, Théâtre Dijon Bourgogne – CDN [Suppléante] Centre-Val-de-Loire Jérôme Montchal, Équinoxe – Scène nationale de Châteauroux [Titulaire] Élise Chatauret, Compagnie Babel – Élise Chatauret [Suppléante] Île-de-France et Nouvelle-Aquitaine Mélanie Perrier, Compagnie 2 minimum [Titulaire] Alexandre Bourbonnais, Mille Plateaux – CCN La Rochelle [Suppléant] Île-de-France et Grand Est Margot Quénéhervé, Compagnie Das Plateau [Titulaire] Edouard Chapot, La Comète – Scène nationale de Châlons-en-Champagne [Suppléant] Auvergne-Rhône-Alpes et Nouvelle-Aquitaine Bouba Landrille Tchouda, Compagnie Malka [Titulaire] Raphaëlle Girard, TAP – Scène nationale de Grand Poitiers [Suppléante] Bretagne et Pays de la Loire Elise Vigier, Compagnie Parmi les Lucioles [Titulaire] Marcial Di Fonzo Bo, Le Quai – CDN d’Angers – Pays de la Loire [Suppléant] Le nouveau Bureau du Syndeac sera, quant à lui, élu le 15 décembre prochain. Dans un contexte où les enjeux sociaux, politiques et économiques appellent un renforcement clair et déterminé de l’action syndicale, ce vote unanime constitue un signal fort. La Présidence, le Bureau et le Conseil national présenteront les grands axes d’action du Syndeac à la mi-janvier 2026, afin d’accompagner au mieux un secteur en profonde mutation. « C’est avec la conviction que la représentation et l’incarnation de notre force syndicale devaient évoluer que nous avons souhaité affirmer, dès notre prise de poste, le modèle de la coprésidence paritaire : Femme/Homme, Lieu/Artiste. Par souci que nos décisions soient les plus représentatives possible de la diversité des structures adhérentes » extrait de la profession de foi de Claire Guièze et Joris Mathieu.
Le Tribunal administratif de Lyon condamne la Région Auvergne-Rhône-Alpes pour refus irrégulier de versement de financement culturel

Communiqué de presse du 18 octobre 2025 Le Tribunal administratif de Lyon condamne la Région Auvergne-Rhône-Alpes pour refus irrégulier de versement de financement culturel. Le Syndeac se réjouit d’une décision de justice exemplaire qui fera jurisprudence. Le 14 octobre 2025, le Tribunal administratif de Lyon a condamné la Région Auvergne-Rhône-Alpes à verser une indemnité de 149 000 euros au Théâtre Nouvelle Génération – Centre dramatique national de Lyon (TNG). Cette décision reconnaît le caractère infondé du non-respect des engagements contractuels de financement opérée par la Région à l’encontre de la structure. Pour mémoire, cette suppression brutale de subvention était intervenue quelques jours seulement après que Joris Mathieu, directeur du TNG et élu au bureau du Syndeac avait exprimé publiquement son désaccord avec la politique culturelle menée par Laurent Wauquiez, qu’il jugeait « gouvernée par la peur » (mars 2023). Alors même que la Région Auvergne-Rhône-Alpes s’était engagée, avec l’État et la Ville de Lyon, auprès du TNG dans le cadre d’une convention pluriannuelle d’objectifs (2022-2024), cette décision de justice réaffirme la valeur d’engagement que comporte la signature d’une telle convention entre un financeur public et une structure bénéficiaire. Si en principe, il n’existe pas de droit acquis au versement d’une subvention, cela relève bien de la discrétion de la collectivité, en cas de convention pluri-annuelle d’objectif, celle-ci ne peut pour autant se désengager entièrement de ses obligations sans avoir préalablement rompu formellement la convention sur la base d’arguments objectifs et légalement recevables. Il est rappelé que ces subventions ont principalement pour objet de garantir l’accès de tous les publics à la culture, en permettant une réduction du prix des billets et le maintien d’une offre artistique accessible à toutes et tous. Le tribunal précise ainsi que « la Région n’est pas fondée à considérer que le théâtre n’a pas respecté ses engagements en matière de communication alors que les seuls engagements imposés au TNG par la convention consistent à communiquer sur le soutien financier apporté par les partenaires publics, engagements qui, au demeurant, ont été respectés ». Ce jugement rappelle de manière opportune les obligations contractuelles des financeurs publics dans le cadre des conventions pluriannuelles d’objectifs. Le tribunal ajoute que « la Région était tenue par son engagement à verser une subvention au TNG pour la période 2022-2024, et le refus d’accorder une subvention au titre de l’année 2023 constitue un manquement de la Région à son engagement, susceptible d’engager sa responsabilité ». En conséquence, et au-delà de la réparation indemnitaire prononcée pour l’exercice 2023, le Syndeac appelle la Région à tirer toutes les conclusions de ce jugement et à revenir sans délai dans le financement du Centre dramatique national de Lyon. Les arguments présentés par la Région au cours de la procédure, exclusivement fondés sur l’expression critique de son précédent directeur, ont été intégralement rejetés par le tribunal. Le Syndeac rappelle en outre qu’une nouvelle direction a pris ses fonctions au TNG depuis le 1er juillet 2025. La Conseil régional n’a donc plus aucune raison de ne pas participer au financement du Centre dramatique national. Le Syndeac se félicite de ce jugement, qui constitue un signal fort en faveur de la liberté artistique et de l’indépendance des institutions culturelles. Cette décision réaffirme que les financements publics ne peuvent être utilisés comme instruments de pression politique et qu’ils doivent rester fondés sur des critères transparents, équitables et respectueux du principe d’égalité entre les acteurs culturels. Le Syndeac veillera avec vigilance à ce que l’esprit de ce jugement soit pleinement respecté et que Joris Mathieu ne soit, à aucun moment, victime de discrimination dans l’accès aux subventions publiques dans le cadre de ses nouvelles activités en compagnie indépendante. Il se constituera, enfin, pour apporter un soutien juridique à l’ensemble de ses structures adhérentes confrontées à des difficultés comparables à celles rencontrées par le TNG.
Nomination au Centquatre : le Syndeac alerte sur la nécessité d’une procédure exemplaire
Le processus de nomination de la future direction du Centquatre-Paris soulève des inquiétudes. Les révélations de la presse exposent des tensions qui risquent de fragiliser la crédibilité de cette institution majeure. Les informations diffusées au mois de juillet dans la presse* font état de divergences et de difficultés de sélection qui nuisent à la crédibilité du processus de recrutement et fragilisent la confiance que les professionnels comme les citoyens attendent d’une gouvernance d’institutions culturelles publiques. Ce lieu est un point d’ancrage essentiel pour de très nombreux adhérents, artistes, associations et habitants qui trouvent au Centquatre un espace de travail, de création, de partage et de vie culturelle. C’est donc en toute légitimité que le Syndeac rappelle les règles auxquelles toute nomination doit se conformer pour le choix d’une candidate ou candidat : une transparence totale des procédures, permettant aux professionnels comme aux citoyens de comprendre et d’accepter les décisions prises ; des choix fondés sur des critères artistiques et professionnels incontestables, à l’abri de toute instrumentalisation politique ; une réelle attention à la diversité des profils, des parcours, des esthétiques et des origines, afin que la richesse de notre secteur soit pleinement représentée ; un climat serein et apaisé, garant de la légitimité et de l’autorité de la future direction. Le Centquatre mérite mieux que ce feuilleton médiatique. Cette institution emblématique doit retrouver la sérénité nécessaire à sa mission de service public de la culture. * sources : https://www.telerama.fr/theatre-spectacles/qui-dirigera-le-centquatre-le-feuilleton-rocambolesque-d-une-nomination-politique-7026766.php
Culture : le budget 2026 s’annonce funeste
Communiqué de presse intersyndical Après l’austérité et l’illusion de l’argent magique, la perspective d’un funeste budget 2026. Les organisations professionnelles dénoncent coup sur coup un effet d’annonce vide de sens et une menace existentielle pour la culture. Depuis des mois, les organisations professionnelles représentatives du spectacle vivant et des arts visuels – salarié·es comme employeurs – alertent la ministre de la Culture, Rachida Dati, sur la dégradation rapide du service public de la Culture. Malgré les mobilisations et les demandes répétées de dialogue, la ministre reste sourde aux signaux d’alerte.Alors que 150 millions d’euros ont été retirés du budget de la création artistique en deux ans, la ministre continue d’affirmer qu’aucun financement ne manquerait. Sur le terrain, la réalité est tout autre : effondrement des coproductions, chute de la diffusion, abandon de l’éducation artistique, fermetures d’écoles d’art, conservatoires fragilisés, suppressions d’emplois dans tous les corps de métier Mieux Produire Mieux Diffuser : un tour de passe-passe budgétaire Le 7 juillet, à la veille du discours de politique générale et en pleine saison des festivals, la ministre annonce un soutien de 6 millions d’euros supplémentaires via le programme « Mieux Produire, Mieux Diffuser ». Or cette enveloppe, déjà inscrite au budget, dépend de financements croisés avec les collectivités territoriales, lesquelles, étranglées par la loi de finances 2025, ont déjà procédé à des coupes massives dans leurs politiques culturelles. Comment pourraient-elles abonder à parité à ce programme à mi-année ? En l’absence d’une loi de finances rectificative, cette annonce fragilise d’autant plus les autres lignes budgétaires. L’aide promise à quelque 130 structures – choisies sans transparence et en excluant, une fois encore, les festivals et les équipes artistiques – se fera au détriment de milliers d’autres acteurs et actrices du secteur. De l’affichage, pas de politique Aucune réponse n’a été apportée aux sollicitations des organisations professionnelles face à la gravité de la situation. Aucun engagement clair pour des outils comme le Fonpeps. Aucun cap stratégique pour la Culture publique, dans un contexte où déjà, la moitié des collectivités territoriales ont réduit leur budget culture en 2025. Le moment de vérité : vers un budget 2026 de tous les périls Au moment où les premiers arbitrages budgétaires sont rendus par Matignon pour 2026, nos inquiétudes sont majeures voire redoublées : moins 200 millions sur la mission Culture, moins 900 millions sur la cohésion des territoires, un effort des collectivités territoriales – déjà exsangues – attendu à hauteur de 5,3 Mds€ (Dont 1,1Mds€ sur le concours de l’État à ces collectivités). Notre secteur a besoin d’une politique culturelle ambitieuse, cohérente et construite avec les acteurs du terrain. Réduire le financement de la culture n’est pas un gain budgétaire, ni même une économie immédiate, mais un pari perdant sur l’avenir de notre société.
Cet été, mobilisation renforcée !

Communiqué unitaire des organisations syndicales du spectacle vivant public ! Depuis maintenant des mois, l’intersyndicale du spectacle vivant subventionné est mobilisée pour lancer un cri d’alerte sur la crise qui pèse sur nos secteurs et nos professions. La situation est grave. Les attaques contre nos professions sont sans précédent. Les coupes budgétaires que nous subissons depuis deux ans conduisent à un plan de licenciement massif qui ne dit pas son nom. La remise en question idéologique de l’intérêt collectif et d’une politique publique en faveur d’une culture non-marchande est d’autant plus inquiétante que les réponses politiques sont rares. Pendant ce temps, la ministre de la Culture enchaîne les contre-vérités, polémiques, fait l’objet d’accusations graves sur sa probité et reste en tout cas bien silencieuse face aux revendications du secteur.Le budget pour l’année 2026 s’annonce catastrophique. Le gouvernement prévoit encore de faire de nos secteurs une variable d’ajustement ! C’est inacceptable. Nous devons amplifier la mobilisation et maintenir la pression lors de ce festival d’Avignon et des autres festivals à venir. Il est encore temps de se faire entendre. Nous appelons les professionnels et le public à rejoindre massivement les initiatives suivantes et en inventer d’autres :– 5 JUILLET 18H30 – Rassemblement contre les coupes budgétaires devant la Mairie d’Avignon– 6 JUILLET 16H30 – Meeting unitaire pour un service public de la culture , Cloitre saint Louis– 8 JUILLET 19H – Concert pour le service public de la culture / organisé par les artistes permanents de l’orchestre d’Avignon (avec des musiciennes et musiciens, enseignants et enseignantes artistiques de Lille , Toulouse, Marseille…)– 13 JUILLET 19H – Culture Boum Boum, avec Planète Boum Boum à la manœuvre et la présence de HK et les Saltimbanks ! organisations signataires Syndeac – Scène Ensemble – Synavi – Sud Culture Art Architecture – Les Forces Musicales – Sn3m FO – Syndicat des Cirques et Compagnies de Création SCC – Snam Cgt – Synptac CGT – SFA CGT – Syndicat National des Metteuses et Metteurs en Scène CGT