La danse ne disparaît pas brutalement, mais s’efface progressivement des priorités des politiques culturelles. Le Syndeac publie une actualisation des propositions en faveur du « Plan pour la danse », engagé en 2020 avec l’A-CCN, l’A-CDCN, LAPAS et Chorégraphes Associés. Ce document propose une série de 20 préconisations pour renforcer la place de la danse dans les politiques publiques culturelles.
Ce document propose une série de 20 préconisations pour renforcer la place de la danse dans les politiques publiques culturelles. Fruit d’un travail collectif élargi à l’ensemble des acteurs du secteur chorégraphique, cette actualisation sera présentée le 24 juin prochain à 15h dans le cadre du Festival Montpellier Danse.
Alors que la création chorégraphique n’a jamais été aussi vivante, inventive et présente dans la société, le secteur de la danse est dans une situation préoccupante.
Alors que le Syndeac alertait déjà le Ministère en 2020 sur les conséquences plausibles d’une situation systémique.
En 2026, il ne s’agit plus d’alerter mais d’engager une refondation urgente.
Fragilisation des équipes artistiques, recul de la diffusion, précarisation des artistes, concentration des moyens, visibilité réduite dans les scènes pluridisciplinaires.
C’est l’ensemble de l’écosystème chorégraphique qui est sous tension.
Et pourtant, les chorégraphes continuent de créer et les publics de répondre présents.
Cette vitalité masque une réalité plus silencieuse : la danse se développe dans des conditions de production de plus en plus contraintes, portée par l’engagement des artistes, des lieux et des équipes.
Un signal d’alerte avait déjà été formulé en avril dernier lors d’une audition à l’Assemblée nationale, lorsque le directeur du SYNDEAC évoquait la fuite croissante des talents artistiques français vers l’étranger, faute de moyens, de reconnaissance et de perspectives suffisantes.
Dans ce contexte, le document sera également proposé lors des rencontres du Festival d’Avignon. Ce travail s’inscrit dans une perspective de plaidoyer auprès des responsables publics et vise à porter des propositions concrètes dans le cadre des prochaines échéances électorales, notamment les élections législatives et présidentielle.
Trois des 20 priorités pour refonder la politique chorégraphique
Les trois axes présentés ici en constituent une synthèse, parmi un ensemble plus large de 20 préconisations, qui abordent également des enjeux essentiels tels qu’un rééquilibrage des financements, la parité, la santé des artistes, l’éducation artistique et culturelle (EAC), la recherche et la formation. Ces préconisations seront présentées aux ministères concernés et aux collectivités territoriales.
Une politique nationale ambitieuse pour la danse
La danse doit retrouver une place centrale dans les politiques publiques culturelles. Cela implique un rééquilibrage durable des financements en faveur du secteur chorégraphique, la sécurisation des moyens des structures et des compagnies, ainsi qu’une meilleure prise en compte des territoires ruraux et ultramarins.
Cette ambition suppose également une simplification de l’action publique, une harmonisation des dispositifs d’accompagnement et la mise en place d’un véritable plan national interministériel associant l’État, les collectivités territoriales et les ministères concernés.
Enfin, l’adaptation des dispositifs de soutien aux compagnies doit permettre de mieux répondre à la réalité des parcours artistiques et à leur inscription dans les territoires.
Mieux diffuser la danse sur l’ensemble du territoire
La présence de la danse dans les réseaux de diffusion doit devenir une priorité partagée par l’ensemble du spectacle vivant.
Cela passe par la généralisation de dispositifs tels que « Danse en territoire » et création des programmes de chorégraphes associés, par le renforcement du rôle des Centres chorégraphiques nationaux (CCN) et des Centres de développement chorégraphique nationaux (CDCN), ainsi que par une coopération renforcée avec les scènes nationales et les scènes conventionnées. L’inscription d’une véritable compétence danse dans les contrats d’objectifs (CPO) et les projets d’établissement doit permettre de rééquilibrer progressivement les programmations, de favoriser la circulation des œuvres et de garantir un accès plus équitable à la création chorégraphique sur l’ensemble du territoire.
A titre d’exemple, en 2023, la danse représentait seulement 19 % de la programmation des artistes associés dans les scènes nationales, loin derrière le théâtre (46%), le nombre de créations soutenues en danse était de 16%, contre 55% en théâtre, selon les données de l’Association des Scènes Nationales
Reconnaître et sécuriser les parcours des professionnels de la danse
La vitalité de la création chorégraphique repose sur la reconnaissance pleine et entière des artistes et des professionnels qui la portent.
Il est nécessaire de construire un continuum de soutien aux auteurs-chorégraphes, depuis la recherche et la création jusqu’à la transmission, en passant par la structuration des équipes, la formation continue et la reconversion.
Cette reconnaissance doit également se traduire par la création d’un référentiel métier du chorégraphe, une meilleure rémunération des interventions artistiques et une réforme globale des statuts des artistes chorégraphes, permettant de mieux prendre en compte l’ensemble des temps de travail, de sécuriser les parcours professionnels et de rééquilibrer la répartition de la valeur entre création, interprétation et transmission.
annexes chiffrées
| résidences(nombre en 2021 - nombre en 2024) | crédits 2021 |
moyenne/ résidence |
crédits 2024 |
moyenne/ résidence |
Trajectoire 21/24 |
|---|---|---|---|---|---|
| théâtre (242 - 270) | 3 951 000 € | 16 326 € | 4 495 000 € | 16 648 € | +14 % |
| danse (91 - 91) | 2 149 000 € | 23 615 € | 1 623 000 € | 17 835 € | -24 % |
| musique (100 - 107) | 1 766 000 € | 17 660 € | 1 274 000 € | 11 907 € | -28 % |
| structures non labellisées(nombre en 2021 - nombre en 2024) | // | moyenne/ structure |
// | moyenne/ structure |
// |
|---|---|---|---|---|---|
| théâtre (97 - 95) | 12 006 000 € | 123 773 € | 14 690 000 € | 154 632 € | +22 % |
| danse (16 - 17) | 2 756 936 € | 172 309 € | 2 742 000 € | 161 294 € | -1 % |
| musique (110 - 105) | 6 559 000 € | 59 627 € | 5 787 000 € | 55 114 € | -12 % |
Rapports annuels de performance - programme 131 Création (années 2021 et 2024)