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Réunir les services publics de la culture, et livrer bataille !

Après les signaux des dernières années, maintenant nous y sommes. Partout sur le territoire, nos adhérents font face à des baisses de subventions parfois brutales, souvent imprévisibles, toujours déstabilisantes.

Des projets s’arrêtent, d’autres sont fragilisés, les équipes sont mises sous tension, des équilibres patiemment construits sont remis en cause. Le spectacle vivant public est dans une zone d’incertitude profonde. Combien de temps encore pourrons-nous tenir sans réponse structurelle à cette crise ?

Mais ce moment ne se résume pas à une crise budgétaire ; il est aussi celui d’une bataille culturelle inédite.

Nous subissons de plein fouet les effets de ce qui se joue aujourd’hui en France comme ailleurs : la droitisation supposée de la société, la concentration des médias entre quelques mains, les stratégies d’influence de groupes puissants dessinent un paysage où les récits se durcissent, où les simplifications l’emportent, où l’exigence artistique est parfois disqualifiée.

Le service public de l’art et de la culture est plus nécessaire que jamais.

Nécessaire pour lire le monde tel qu’il est, dans sa complexité. pour rassembler, dans des espaces partagés, des publics que tout pourrait opposer, nécessaire pour continuer d’alerter, de questionner, de déplacer les regards ou encore pour faire territoire, partout, de zones périphériques des villes, dans tous les quartiers, dans la ruralité en permettant à chacune et chacun de se sentir concerné.

 

Les attaques récentes et inédites – qu’il s’agisse du rapt des Éditions Grasset ou des travaux de la Commission d’enquête sur l’audiovisuel public de l’Assemblée nationale – montrent à quel point les enjeux culturels sont redevenus centraux. Ils ne sont plus périphériques. Ils sont politiques.

Face à cela, nous n’avons plus le temps des divisions.

Nous devons réunir les services publics de la culture entre eux. Nous devons, au sein même de notre profession, dépasser les clivages qui nous affaiblissent. Nous devons reconstruire des convergences, sans naïveté mais avec détermination.

C’est le sens d’un des moments de rassemblement et de débat que nous organiserons lors du prochain Festival d’Avignon.

Nous devons aussi livrer bataille des moyens.

Nous devons (re)convaincre les responsables politiques, les élus, les journalistes, les penseurs que le spectacle vivant – comme l’ensemble des services publics de l’art et de la culture – contribue pleinement à la démocratie. Il est un lieu de circulation des idées, y compris des idées non dominantes. Mais aussi, il participe à la construction de récits alternatifs, absolument nécessaires dans un monde saturé par les logiques algorithmiques. La baisse des budgets alloués à la culture et au spectacle vivant est inédite par son ampleur et elle nous affaiblit dans cette bataille des idées, elles en est complice.

Il nous faut aussi convaincre que nous avons un rôle à jouer dans la bataille culturelle à l’œuvre partout dans le monde.

Alors, oui le secteur est attaqué et la crise est réelle.

Mais n’oublions pas ce que nous sommes : un réseau unique, dense, engagé, présent sur l’ensemble du territoire, des artistes et des équipes qui, chaque jour, font vivre un service public de la culture accessible, volontaire et une capacité collective à tenir, à inventer, à résister.

Le Syndeac est prêt à livrer ces batailles. Avec vous

Pour le bureau,

Claire Guièze et Joris Mathieu, coprésidents

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