Rechercher
Fermer ce champ de recherche.
Rechercher
Fermer ce champ de recherche.

Municipales 2026 : un outil construit, une vigilance à tenir, une mobilisation à amplifier

👉 Retrouvez ici l’ensemble de la newsletter publique

Les élections municipales qui viennent de se tenir constituent un moment de vérité pour le service public de la culture. Elles confirment ce que nous pressentions : la culture est désormais un terrain de tensions politiques fortes, où se jouent des choix structurants pour les années à venir — en matière de financement, de liberté de création et d’égalité d’accès aux œuvres. Dans ce contexte, le Syndeac n’est pas resté spectateur.

Nous avons collectivement construit, avec nos partenaires, un outil inédit à l’échelle du secteur : un dispositif d’interpellation, d’analyse et de positionnement face aux candidates et candidats. Cet outil, fondé sur des engagements clairs — budgets, politiques artistiques, éducation artistique et culturelle, respect de la liberté de création — a permis de remettre la culture au cœur du débat public local, là où elle était trop souvent marginalisée.

Ce travail est loin d’être anecdotique. Il marque une évolution stratégique de notre action syndicale. Il démontre que nous sommes capables, ensemble, de produire des instruments concrets d’influence, de peser dans le débat démocratique et de rendre visibles les enjeux du service public de la culture auprès des citoyennes et des citoyens.

Nous nous en réjouissons collectivement, mais nous ne devons pas nous tromper de diagnostic. Ces élections nous livrent aussi des enseignements exigeants.

D’abord, elles confirment la fragilité croissante de notre écosystème. Dans de nombreux territoires, les signaux sont préoccupants : annonces de baisses budgétaires, remises en cause implicites ou explicites des missions de service public, tentations de conditionnement politique de la programmation. Ce que nous observons depuis plusieurs mois — et que nous dénonçons — s’inscrit désormais dans des dynamiques locales concrètes.

Ensuite, elles révèlent une recomposition politique qui appelle à la lucidité. Là où des forces hostiles aux valeurs que nous portons accèdent à des responsabilités, les risques sont immédiats : atteintes à la liberté de création, pressions sur les équipes, fragilisation des projets artistiques et des lieux. Le Syndeac sera sans ambiguïté sur ce point. 

Enfin, elles nous obligent à renforcer notre capacité d’action collective. L’outil que nous avons construit n’est qu’un point de départ. Il devra être consolidé, enrichi, et surtout inscrit dans la durée. Il doit devenir un levier permanent de dialogue, mais aussi de rapport de force, avec les exécutifs locaux.

Dans ce moment, notre responsabilité est claire.

Nous serons pleinement aux côtés de nos collègues dont les situations pourraient se tendre dans les mois à venir. Le Syndeac exercera une vigilance active et organisée sur l’ensemble du territoire. Ni aucun établissement, ni aucune équipe ne doivent se retrouver isolés face à des décisions ou des pressions contraires aux principes fondamentaux du service public de la culture.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit.

Depuis sa création, notre syndicat porte un projet constant : celui de la vitalité et du développement du service public du spectacle vivant, au service de la création artistique et de son appropriation par toutes et tous. Ce cap ne varie pas. Il est aujourd’hui plus que jamais mis à l’épreuve.

Nous appelons donc à la mobilisation.

Mobilisation des adhérentes et adhérents, pour faire remonter les situations, partager les informations, organiser les solidarités.

Mobilisation des réseaux professionnels, pour construire des réponses collectives à la hauteur des enjeux.

Mobilisation des partenaires publics, pour rappeler que la culture n’est pas une variable d’ajustement, mais un pilier de l’intérêt général.

Le moment que nous traversons impose de conjuguer deux exigences : la clarté politique et la solidité professionnelle. Nous ne céderons ni sur l’une, ni sur l’autre.

Les municipales 2026 ne sont pas une fin. Elles ouvrent une séquence.

À nous d’en faire un point d’appui pour renforcer, partout, le service public de la culture.

Pour le bureau,

Claire Guièze et Joris Mathieu

Coprésidente et coprésident du Syndeac

Lisez aussi...

Rechercher
Fermer ce champ de recherche.