Le spectacle vivant sous tension : le Syndeac au Congrès des Maires

Pour la deuxième année consécutive, le Syndeac est intervenu lors du Congrès des maires de France. Deux sujets au programme : les enjeux budgétaires et les problématiques croissantes liées aux libertés de création et de programmation. Premier financeur du spectacle vivant, le bloc communal (communes et intercommunalités) est confronté, comme les autres collectivités, aux économies importantes demandées par le Gouvernement. Dans ce cadre, les politiques culturelles sont souvent sollicitées pour “participer à l’effort” global, ce qui se traduit de manière très concrète par de nombreuses annonces de baisses de budget pour 2025. Les prises de parole des élues et élus présents lors du Forum “Les communes face à une offre de spectacle vivant sous tension” ont malheureusement conforté l’analyse syndicale que nous portons dans le cadre du projet de loi de finances 2025. En effet, les maires présents ont quasi unanimement indiqué que leur budget consacré à la culture allait être amputé l’an prochain. On ne peut qu’insister ici sur le fait que les élues et élus qui ont pris la parole dans ce Forum consacré au spectacle vivant sont des maires particulièrement en soutien du secteur culturel : cela ne peut que laisser présager des coupes budgétaires encore plus sombres dans des communes où la culture est moins défendue. À gauche, Nicolas Dubourg, directeur de La Vignette – Théâtre universitaire de Montpellier et président du Syndeac Florence Guinard, directrice adjointe du Théâtre national populaire à Villeurbanne, élue du Conseil national du Syndeac Dans le même temps, les professionnelles et professionnels du spectacle vivant rencontrent des difficultés croissantes à défendre leur liberté de création et de programmation. Les avis partagés des maires qui ont pris la parole sur le sujet doivent nous alerter. Le financement d’un lieu de spectacle par une commune justifie-t-il que le maire de ladite commune ait un droit de regard sur la programmation ? Le financement d’une équipe artistique par une collectivité justifie-t-il que ladite collectivité ait un droit de regard sur les thématiques abordées dans le spectacle de la compagnie ? À ces deux questions une seule réponse simple : non. Pourtant, cette réponse, dont les justifications se trouvent en premier lieu dans la loi LCAP, ne semble pas ou plus couler de source. La démultiplication des cas d’ingérences, de pressions voire de censures, est une réalité constatée par l’ensemble des professionnelles et professionnels de la culture, au-delà du seul champ du spectacle vivant. Alors que le résumé du Forum indiquait : “l’élaboration de la programmation par les professionnels doit désormais se nourrir d’un dialogue constant avec les élus afin de répondre aux attentes des habitants”, le Syndeac a tenu à rappeler quelques éléments clés : Les libertés de création et de programmation sont consacrées par la loi. Le fait qu’une collectivité finance une structure ne signifie en aucun cas qu’il existe une hiérarchie entre le financeur et le financé. Les structures culturelles et artistiques ont toujours été là pour interroger, bouger les lignes, changer les regards : elles constituent des contre-pouvoirs naturels que les élues et élus doivent respecter en garantissant leur autonomie. Un ou une élu n’aime pas un spectacle est tout à fait possible et normal ; il est sain que les avis divergent à propos d’une oeuvre et d’un spectacle : c’est le sens même de l’art. Les collectivités et l’État doivent mettre tout en oeuvre pour maintenir les représentations et avoir confiance dans la capacité des structures culturelles à créer les conditions d’une réflexion collective des habitantes et habitants, à développer leur regard critique. La soixaitaine d’élues et élus présents, quoique divisée au départ, a majoritairement adhéré à nos propos. Mais il s’agit d’un combat à mener au quotidien. Le Syndeac en est conscient et poursuit à ce titre son travail auprès des associations d’élus et des collectivités territoriales.
Alerte sur la liberté d’expression en Auvergne-Rhône-Alpes
Déprogrammation du spectacle « Apérotomanie » de la Cie Dérézo
« Danger : La culture, l’angle mort du budget européen ! »

Tribune rédigée par Sylvie Guillaume, Pierre Larrouturou,
Karine Gloanec Maurin.
Menaces sur la politique culturelle et de création en Hongrie

Le Syndeac est très inquiet de la proposition législative du Parlement hongrois qui vise à réorganiser le financement public des arts et notamment à renforcer la tutelle de l’État sur les nominations et la gestion des théâtres subventionnés. Dans un paysage culturel sous pression, ces institutions sont parmi les dernières à pouvoir créer librement sans l’influence du Fidesz, le parti de Viktor Orban. Cette proposition, qui risque d’être adoptée par le Parlement sans aucune négociation préalable avec les parties prenantes, a provoqué des contestations de plusieurs milliers d’artistes et de citoyens et quelques 50.000 personnes ont signé une pétition contre la réforme. Cette mobilisation puissante, à la hauteur de la gravité de l’attaque politique, a permis d’ores et déjà d’obtenir des modifications significatives. En revanche, la proposition de transfert du droit de nomination des directeurs des théâtres municipaux au Ministre est partiellement restée, dans une version modifiée, laissant cela à l’accord entre le Ministre et les maires. Ce nouveau projet législatif du gouvernement hongrois porte atteinte gravement à la liberté culturelle, et constitue une tentative d’étouffer l’indépendance artistique des théâtres en Hongrie. Au cœur de l’Europe, les mises en causes de la liberté de création et de diffusion se multiplient. Le Syndeac exprime son total soutien et sa solidarité aux artistes hongrois et au peuple victime de cette politique liberticide. Le respect de la liberté de création est essentiel pour la démocratie. Notre Europe commune doit y veiller scrupuleusement. Le communiqué en PDF
La pièce Les Suppliantes doit être jouée puis débattue

Communiqué de l’Observatoire de la liberté de création dont le Syndeac est membre.
Lettre de l’Observatoire de la liberté de création à l’attention du préfet de la Sarthe

L’Observatoire de la liberté de création dont nous sommes membres a adressé un courrier au Préfet de la Sarthe suite à ses positions au sujet du spectacle de Romeo Castellucci.
Liberté de création : ne nous trompons pas de combat !
Article de l’Observatoire de la Liberté de Création paru dans Libération le 4 janvier 2018 au sujet de la censure
Censurer les arts de la rue : un mauvais coup à porter au vivre ensemble
Communiqué de l’Observatoire de la liberté de création
« Golgota Picnic » de Rodrigo Garcia : la liberté de création triomphe contre les intégristes catholiques

L’Observatoire de la liberté de création se réjouit de la décision rendue ce 10 décembre par le tribunal correctionnel de Paris. Le Théâtre du Rond-Point, et son directeur, Jean-Michel Ribes, activement soutenus par la LDH et l’Observatoire de la liberté de création depuis que des catholiques intégristes ont tenté d’empêcher le spectacle « Golgota Picnic » de Rodrigo Garcia, a été poursuivi, avec l’acharnement qui les caractérise, par l’un de ces groupuscules, l’Agrif, proche du Front national.