Un député occitan porte devant le Ministre les questions soulevées par le Syndeac sur le Pass Culture

Après une interpellation par les adhérents du Syndeac Occitanie dans le cadre des rendez-vous avec les parlementaires qui se sont multipliés en région – le député du Gard LREM Olivier Gaillard a interrogé le ministre de la Culture par une question écrite au gouvernement relative au Pass culture, publiée le 18 avril dernier sur le site de l’Assemblée nationale.

 

Le député Olivier Gaillard a porté auprès du ministre de la Culture les préoccupations principales du Syndeac : le changement de perspective politique qu’induit une “réponse à la demande”, une éditorialisation informatique méprisant la médiation humaine mise en place par le réseau institutionnel et enfin la question difficile du financement et de l’évaluation du projet. L’équipe parlementaire du député a par ailleurs assuré à la délégation Occitanie que cette question écrite serait doublée d’un courrier au Ministre, formulant une demande de rendez-vous sur cette question.

 

Nous espérons que d’autres députés, régulièrement sollicités sur cette question par nos adhérents, sauront suivre son exemple.

 

“M. Olivier Gaillard interroge M. le ministre de la culture sur les inquiétudes relatives à la mise en œuvre du « Pass culture ». Lancé le 1er février dernier sous forme expérimentale dans 5 départements français (Bas-Rhin, le Finistère, la Guyane, l’Hérault et la Seine-Saint-Denis) auprès de plus de 10 000 jeunes de 18 ans, le Pass culture vise à aider ces derniers à fréquenter les lieux artistiques et à acheter des biens culturels. Développé sous forme d’application mobile géo localisée, il peut être téléchargé par tout le monde, comme n’importe quelle application, mais est monétisé de 500 € pour les jeunes de 18 ans. Si l’objectif recherché par la mise en œuvre de ce pass – renforcer l’émancipation et l’autonomie culturelle des jeunes français, engagement fort du Président de la République–, est légitime, et s’il est urgent de construire conjointement (réseau institutionnel, compagnies indépendantes, État et collectivités) une nouvelle approche de la jeunesse qui réaffirme l’émancipation culturelle comme objectif, les conditions concrètes de la mise en œuvre du Pass soulèvent aujourd’hui quelques questions. Tout d’abord, le dispositif construit l’éditorialisation des contenus à un niveau national par des informaticiens et des statisticiens, là où les acteurs du secteur ont construit une véritable expertise de la médiation artistique avec tous les publics, en tenant compte de la spécificité des projets artistiques et des territoires. En outre, il instaure une politique de réponse à la « demande » et positionne les acteurs du service public de la culture dans une concurrence directe et frontale avec les grands opérateurs du privé et avec les industries culturelles de loisirs, avec un risque que cela renforce les inégalités entre les établissements culturels et profite d’abord aux grandes industries du spectacle et du divertissement et aux géants du numérique, au détriment des plus petits acteurs. Le risque est également présent de remettre en cause les politiques de développement des publics mises en œuvre par les opérateurs culturels subventionnés, dans le cadre de partenariats multiples, et notamment, celui avec les collectivités territoriale. Se pose enfin la question du financement du projet, qui, à budget du ministère constant, nécessitera des redéploiements importants et risque d’affecter les autres politiques et les autres acteurs culturels. Aussi, il souhaiterait savoir s’il entend organiser à l’issue de la phase d’expérimentation,  une concertation associant l’ensemble des organisations représentatives du secteur, les collectivités et l’Éducation nationale, afin de répondre à ces inquiétudes et inscrire le Pass dans une politique globale de démocratisation de l’accès à la culture.”

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