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> Les subventions publiques des réseaux et équipes en 2002
À l'occasion de l'audition du SYNDEAC par la mission d'information parlementaire sur les métiers artistiques, nous avons publié une enquête menée auprès de 605 structures financées par l'Etat et à partir des données relatives aux subventions 2002 de la DMDTS. Cette étude qui ne concerne pas les théâtres nationaux ni les théâtres municipaux démontre que le spectacle vivant est beaucoup plus largement subventionné par les villes qui apportent un peu plus de 50 % des moyens disponibles, que par les autres collectivités publiques. Elle démontre également l'extrême concentration de l'aide de l'Etat qui s'affirme comme facteur d'entraînement des autres financements


ÉLÉMENTS D'ANALYSE DU FINANCEMENT PUBLIC DES RÉSEAUX ET DES ÉQUIPES EN 2002
Source: données DMDTS



GÉNÉRALITÉS MÉTHODOLOGIQUES

L'ensemble des informations est issu des données relatives aux subventions publiques des réseaux et des équipes en 2002, de la DMDTS publiées en janvier 2004.
Ces données sont présentées par catégories de structures en valeur, en moyenne et en % par type de collectivités territoriales. Pour chaque catégorie de structures, une seule variable de localisation territoriale est présente:

Structure implantée en Ile de France (IDF),
Structure implantée hors Ile de France (hors IDF)
L'étude porte sur les différents niveaux de subventionnement public en fonction des institutions financeurs. Elle se décompose en deux parties, une première relative aux financeurs avec la répartition de leurs subventions en fonction des catégories de structures.
La seconde porte sur le niveau de financement des structures elles-mêmes.

L'analyse repose sur 605 structures financées par l'Etat qui sont répertoriées dans trois catégories:

• Les structures de création et production

Les centres dramatiques et chorégraphiques nationaux
Les orchestres régionaux et nationaux de régions
Les opéras nationaux de régions, les opéras et les scènes lyriques
Les structures de diffusion

Les scènes nationales
Les scènes conventionnées et anciens théâtres missionnés
Les SMAC structurantes
Les équipes artistiques

Les compagnies dramatiques et chorégraphiques conventionnées
Les ensembles musicaux et vocaux conventionnés
Il est à noter que les théâtres nationaux ainsi que les structures qui perçoivent des aides de l'Etat comme les aides aux projets, aides aux compagnies, … sont absents de l'étude.
De même, les structures qui sont subventionnées uniquement par les collectivités territoriales n'apparaissent pas dans cette analyse.


Les villes premier financeur public des établissements culturels et artistiques.

L'Etat apparaît en seconde position avec un montant total de subventions de 184,4 millions d'€.

L'Etat centralise ses aides publiques, 20,34% des fonds sont répartis en IDF alors que les structures implantées représentent 25,8% de l'effectif total (1)


Pour la globalité du subventionnement national, les villes octroient le montant moyen de subvention le plus élevé avec une valeur de 483 923 € contre:

328 000 € pour l'Etat
120 650 € pour les régions
et 79 440 € pour les départements.

Cependant les montants moyens varient en fonction de la localité. Excepté pour les départements, le montant moyen des subventions est plus élevé pour les structures localisées hors IDF. Les écarts sont très variables selon les institutions.


Le montant moyen de la subvention attribuée par l'Etat en IDF est inférieur à hauteur de 100 000 € toutes structures confondues et à hauteur de 40 000 € à l'exclusion des opéras et orchestres nationaux.

Rappel: le statut particulier de la Ville de Paris, également département implique que les compagnies ne trouvent en règle générale que deux niveaux de partenariat financier.

.Lorsque l'on exclut les orchestres nationaux et/ou régionaux et les opéras et/ou scènes lyriques, le montant moyen des subventions diminue considérablement quelle que soit l'institution.
Le montant moyen est également plus élevé pour les structures de diffusion (scènes nationales ou conventionnées) que pour les structures de création et production.

Le montant moyen est également plus élevé pour les structures de diffusion (scènes nationales ou conventionnées) que pour les structures de création et production.

















































Effectifs


Etat


Région


Département


Ville


Autres


Ensemble collectivités


Total financement public


Moyenne IDF


143


241 423


7 360


81 915


179 564


0


268 839


510 263

Moyenne hors IDF
385

281 111
87 028


58 962


292 404


1 346


439 740


720 851

Moyenne Globale
528

270 363
65 451


65 178


261 843


981


393 454


663 817


La répartition globale des subventions publiques en 2002 fait apparaître une implication hétérogène des différentes institutions. Le subventionnement public des structures de création et diffusion est assuré pour
• 1/3 par l'Etat (32.35 %)
• 2/3 par l'ensemble des collectivités territoriales (67,65 %)
Le financement des collectivités territoriales se distribue comme suit:
• 70,55 % par les Villes,
• 17.6 % par les Régions,
• 11,58 % par les Départements.


Un financement hétérogène sur le territoire national
L'absence de compétences culturelles obligatoires pour le spectacle vivant dans les lois de décentralisation, la spécificité géographique des conventionnements et le niveau d'implication des tutelles engendrent un partage hétérogène du financement selon la situation géographique. Pour le spectacle vivant, ces compétences culturelles restent un choix politique de la part des collectivités territoriales qui peuvent ou non s'attribuer cette compétence considérée comme optionnelle et facultative.


La distinction structures localisées en Ile-de- France (IDF) et structures localisées hors IDF montre un partage du financement public très différent au niveau des collectivités territoriales.
En IDF, l'échelon Régional est quasi absent.
Rappelons, également que la présence des opéras nationaux qui représentent un volume de subventions publiques particulièrement élevé, peut fausser l'analyse des résultats.
La part de l'Etat passe de 32,35% en global à 44% en IDF. Cet accroissement de la part de l'Etat pourrait s'expliquer par la présence de l'Opéra national.
Inversement, les villes hors IDF assurent 50,04% du subventionnement contre 34,6% pour les communes d'IDF.
Les régions et les départements conservent une part de financement identique. Toutefois les partenariats diffèrent. En IDF, les départements sont plus impliqués que les régions dans le financement des structures, respectivement 13,74% et 7,68%. Inversement hors IDF, la part des régions est plus importante 12,64% contre 6,8% pour les départements.


Un subventionnement très concentré

L'Etat consacre 25,9 % de son subventionnement aux Centres dramatiques nationaux et 23,8% aux Scènes nationales. Ces deux catégories de structures représentent 49,7 % du subventionnement total, tout en représentant respectivement 5,3% (32) (3) et 11,6 % (70) des effectifs.
Les compagnies dramatiques conventionnées arrivent en 3ème position avec 9,7% du volume de subventions et 43,1% (261) des effectifs.


Les régions concentrent leurs subventions sur les orchestres nationaux de régions avec 24,6% du volume de subventions attribuées, 13,1% sur les scènes nationales et 12,1% sur les orchestres régionaux. La répartition sur l'ensemble des autres structures reste homogène avec environ 6%.

Les départements concentrent leur subventionnement sur les scènes nationales (36,4 %), scènes conventionnées (11,8%), les compagnies dramatiques conventionnées (10,6%) et les centres dramatiques nationaux (10,1%). Les autres acteurs se partagent les 31% de subventions restantes de manière homogène (environ 3 %).

La courbe de concentration (voir ci-dessous) montre les niveaux de concentration dans l'attribution du volume de subventions.


Que se soit l'Etat ou l'ensemble des collectivités, 70 % de l'ensemble des structures ne perçoivent que 20 % du montant global de subventions attribuées.
Et 10 % d'entres-elles perçoivent plus de 30 % du montant global des subventions.

(3) Les effectifs ou nombre de structures sont mentionnés entre parenthèses

Coefficients de corrélation: relations entre les financeurs

Une influence de l'Etat primordiale dans le choix et le montant des financements des collectivités territoriales.

La part de subventionnement de l'Etat et le montant moyen de la subvention attribuée joue un rôle sur les volumes de financement des collectivités territoriales.

Le volume global de subventions des départements est fortement lié aux subventions attribuées par l'Etat. Pour les autres collectivités, les régions et les villes sont moins sensibles à la valeur totale de subventions attribuées par l'Etat pour une catégorie d'établissements.

En ce qui concerne le montant moyen des subventions accordées, les collectivités locales ont tendance à se référer au montant moyen attribué par l'Etat.
Ainsi, plus le montant moyen de la subvention attribuée par l'Etat sera élevé, plus celui de la subvention attribuée par les collectivités territoriales le sera également, et inversement …

Les collectivités territoriales entre elles s'influencent de manière différente sur leur choix de financement.
Les régions n'influencent pas les autres collectivités que ce soit sur les volumes ou les montants de subventions.

Cependant, on observe un lien relativement fort entre les départements et les communes que ce soit en volume ou montant moyen des financements.

Tableau 1 coefficients de corrélation (montant global de subventions)


















































Etat Région Département Ville Ensemble

collectivités(4)
Etat
1,00


0,54


0,70


0,53


0,62

Région


1,00


0,40


0,49


0,49

Département




1,00


0,69


0,69

Ville






1,00


0,68

Ensemble collectivités








1,00


Tableau 2 coefficients de corrélation (montant moyen de subventions)


















































Etat Région Département Ville Ensemble

collectivités

Etat
1,00


0,57


0,69


0,69


0,83

Région


1,00


0,06


0,15


0,15

Département




1,00


0,73


0,66

Ville






1,00


0,28

Ensemble collectivités








1,00


Définition du coefficient de corrélation:
Le coefficient de corrélation mesure la relation linéaire entre une variable et une autre. C'est à dire le degré de similitude des fluctuations de ces variables.
Plus la valeur de ce coefficient se rapproche de +1, plus la relation linéaire est forte et les 2 variables fluctuent dans le même sens,
Plus la valeur de ce coefficient se rapproche de -1, plus la relation linéaire est forte et les 2 variables fluctuent dans le sens contraire.
Et plus la valeur du coefficient est voisine de 0, plus la relation linéaire est faible.

(4) Les coefficients de corrélation sont calculés en excluant la collectivité territoriale spécifiée de l'ensemble des collectivités.

Les structures subventionnées

L'étude du financement public par catégorie de structures révèle une répartition hétérogène selon le type d'activités. (orchestres régionaux, orchestres nationaux de régions,..)


En fonction des conventionnements et des tutelles, la répartition des subventions est différente.

La part de l'Etat est plus importante pour les structures de création que pour les structures de diffusion, respectivement entre 45,5% et 62,4% des subventions publiques pour les structures de création contre 13,4% et 33,5% pour celles de diffusion.

Toutefois, les montants moyens de subventions sont plus faibles pour les équipes artistiques.

L'analyse par secteur révèle des différences de répartition. Le secteur musique montre une implication des villes plus importante que pour les structures de création en général.


Ce graphique présente le montant des subventions attribuées par l'Etat et par l 'ensemble des collectivités territoriales selon les catégories de structures.
Plus un point du graphique se trouve à droite, plus le montant moyen de sa subvention attribuée par l'Etat est élevé. Plus le point est en haut, plus le montant moyen de sa subvention attribuée par l'ensemble des collectivités est élevé.
La taille du point est proportionnelle à l'effectif présent dans la catégorie de structures.
Il fait apparaître un écart énorme entre les établissements de type orchestres et /ou opéras et les autres structures.

A l'exception des centres dramatiques ou chorégraphiques nationaux, l'ensemble des structures de création et production ont un montant moyen de subventionnement inférieur à la moyenne.

Les politiques culturelles
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* Des mots & débats n°14 - janvier 2005