|
|
| Vous êtes ici >> Accueil |
|
Monsieur le Président de la République, À la veille de l'examen par le Parlement du budget de la culture et de la communication, les employeurs du spectacle vivant public et privé, constatant l'existence d'un formidable élan créateur envié dans l'Europe et dans le monde, emblématique de la richesse artistique et culturelle de notre pays, souhaitent attirer solennellement votre attention sur l'inadéquation des moyens inscrits avec les engagements, concernant la culture, sur lesquels vous avez été élu par les Français. Le projet préparé par le Ministre du budget interdit en effet à la Ministre de la culture de mettre en place la politique que vous avez souhaitée. Les quelques chiffres qui suivent votre réponse à une lettre ouverte signée par de nombreux artistes et responsables culturels au candidat que vous étiez, démontrent assez cet état de fait: «Je propose que l'Etat se donne trois priorités: l'entretien et la mise en valeur de notre patrimoine, la démocratisation culturelle à travers l'enseignement culturel et artistique, et naturellement le soutien à la création.» Projet de budget 2008: Démocratisation culturelle -17,9% «Il m'apparaît à cet égard essentiel de donner au ministère de la Culture les moyens lui permettant d'assumer pleinement ses missions, notamment celle de soutien à la création, et de plus grandes capacités de réflexion et d'impulsion stratégiques car la culture est un univers en pleine mutation.» Projet de budget 2008: Création -0,5% «Tels sont les éléments que je souhaitais porter à votre attention. Mon ambition est que la culture soit aussi le moteur du dynamisme et de la fierté de la France. Votre soutien et votre confiance me sont, plus que jamais, indispensables et précieux pour engager cette action.» Outre ces chiffres, la mesure générale prévue de «mise en réserve» de 6% - à laquelle s'ajoutent d'autres paramètres notamment l'évolution de la réglementation qui pèse lourdement sur les budgets induisant l'érosion des sommes consacrées à la production, réduisant les capacités de coproduction et entraînant un effondrement des salaires des artistes - mettrait nos institutions et compagnies de toutes tailles, du secteur public et du secteur privé, dans l'impossibilité de mener à bien les missions qui sont les leurs. Sachant enfin que nos activités nécessitent une anticipation dans les engagements en matière artistique, non seulement des coupes claires devraient être faites dans les programmations, mais encore, des dédits coûteux et de nombreux licenciements seraient inéluctables, entraînant une fragilisation accrue de l'emploi dans nos professions et la disparition de bon nombre de structures légères, donc plus fragiles, qui participent au foisonnement et à la diversité de la création française. Compte tenu de ce que représente l'effort budgétaire nécessaire mais modeste au regard du budget de la nation, nous vous demandons de bien vouloir arbitrer en faveur de l'art et de la culture et donner ainsi les moyens nécessaires au ministère de la Culture de conduire une politique ouverte sur l'avenir:
Enfin, constatant l'urgence et afin d'engager le dialogue que vous appelez de vos vœux dans tous les domaines, nous vous demandons, comme vous l'avez fait pour l'environnement, de décider l'organisation d'un «Grenelle de la Culture», avant juin 2008. Cette rencontre verrait autour de la table les ministères de la Culture, de l'Education nationale, des Affaires étrangères, du Travail, des Finances, de la Jeunesse et des Sports, les représentants des collectivités locales et territoriales et les professionnels du spectacle vivant public et privé et permettrait de répondre aux questions récurrentes posées à nos professions depuis de nombreuses années. Monsieur le Président, vous êtes celui qui peut aujourd'hui, partant d'une situation dégradée, redonner espoir aux créateurs, artistes et techniciens qui constituent nos professions et faire de la création et du débat intellectuel dans notre pays un vecteur puissant contribuant non seulement à construire une politique culturelle exigeante, mais encore à placer la France, dans le cadre de l'Union européenne dont vous assurerez bientôt la présidence, au premier rang du dialogue interculturel et du progrès donnant à la culture une place déterminante dans l'Europe de demain. Sachez que, de notre part, la volonté sera sans faille de porter toujours plus haut la création et le dialogue entre les peuples. C'est la raison pour laquelle votre propre engagement nous est indispensable. Nous sollicitons une audience afin de développer nos propositions. Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l'expression de notre très haute considération. Signataires: PRODISS PROFEVIS SDTP SNES SNSP SYNDEAC SYNOLYR CSCAD SCC SMA SYNAVI Sont associées à cette lettre: AFO UFISC |
|
||||||||||||||||||||||