Lettre ouverte relative à la situation de Confluences

Le SYNDEAC a signé la lettre ouverte relative à la situation de Confluences et invite ses adhérents à apporter leur soutien à l’initiative de l’association Affluence et  à renvoyer directement leurs signatures par mail à Association Affluence : association.affluence@gmail.com(Ce sont les compagnies, les lieux ou autres associations qui doivent signer et non les personnes.)

 

Madame la Ministre, Madame la Maire, Madame la Présidente de la région Ile-de-France

 

Nous souhaitons vous alerter sur le risque de disparition de la création artistique indépendante à Paris. En effet, les lieux intermédiaires parisiens, lieux de création indépendants, sont extrêmement fragilisés : l’Avant-Rue, seul lieu de Fabrique arts de la rue sur Paris a fermé ses portes en 2014 ; la liquidation judiciaire de Confluences a été prononcée le 29 septembre 2016 ; la Générale n’a à ce jour pas de solution de relogement et est expulsable en juin 2017 ; la Maison d’Europe et d’Orient est contrainte d’abandonner ses locaux dans le 12e arrondissement, etc.

 

Ces lieux ont en commun d’être issus de la société civile, ils ont été créés et ils sont gérés par des artistes, des acteurs associatifs pour répondre à un besoin, à un manque de l’institution. Ils accueillent un nombre considérable d’équipes artistiques en résidence et sont essentiels au développement de la création artistique contemporaine locale, à l’essor de la création émergente, à l’essor d’une création différente et originale. Ces lieux sont également un vivier qui irrigue l’ensemble du réseau public français. Au-delà de l’accueil en résidence, ils proposent aux publics des projets artistiques libres, hybrides, hors cadres, etc.

 

La fermeture de ces lieux aura un impact énorme sur l’ensemble du réseau : où vont aller travailler les centaines d’équipes artistiques accueillies actuellement dans ces lieux ? Où se produiront-elles ? Si ces lieux ferment, Paris se verra privé de tout un pan de création, sa part la plus originale et la plus dynamique.

Cette situation est due à un ensemble d’éléments convergents. Les structures indépendantes parisiennes qui par nature sont interdépendantes de la multiplicité de leurs partenaires publics, pâtissent déjà d’un déficit structurel d’accompagnement public du fait de l’organisation territoriale spécifique de Paris qui recouvre à la fois l’échelle communale et départementale. S’ajoute à cela, depuis plusieurs années déjà, le gel de l’intervention du Ministère de la Culture et de la DRAC Ile-de-France sur le territoire parisien. De la même manière, la Région Ile-de-France interroge désormais son intervention auprès des structures parisiennes. Tout ceci serait justifiée par une trop forte concentration des structures artistiques et culturelles à Paris. Cette concentration est pourtant à relativiser : si concentration des moyens il y a, celle-ci est essentiellement fléchée sur des institutions nationales et de grands équipements. Les compagnies et artistes se trouvent donc confrontés à Paris à un déficit de moyens sur tous les fronts.

Il y a une urgente nécessité à défendre Paris comme étant aussi, au-delà de son axe rayonnant et commercial, un territoire de proximité. Ceci suppose de garantir une diversité d’espaces : des équipements institutionnels, des espaces marchands de fête, mais aussi des lieux de proximité, citoyens et de création émergente.

Nous appelons une prise de conscience et une politique volontaire de la part de la Ville de Paris, de la Région Ile-de-France, de la DRAC Ile-de-France et du Ministère de la culture pour défendre l’existence de ces lieux et l’ensemble des projets qui y sont développés, produits et présentés.

 

Nous vous demandons Madame la Ministre, Madame la Maire, Madame la Présidente de la région Ile-de-France, de trouver une solution pour que perdurent ces espaces de liberté artistique sur le territoire parisien. Confiants dans votre détermination, nous vous prions de croire à l’assurance de nos sentiments respectueux

 

 

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