Recommandations du SYNDEAC égalité femmes-hommes – production programmation communication

La production et la programmation

L’observation en interne de nos pratiques est le meilleur levier de changement de représentations parfois intériorisées. Grâce aux premiers retours d’expérience adressés par les adhérents, un certain nombre d’outils utiles à l’observation de ces inégalités ont déjà pu être identifiés :

  • observation des rendez-vous en vue de programmation et des spectacles vus en amont des programmation (téléchargez un exemple de tableau de suivi ) ;
  • observation de la programmation effective ;
  • observation de la parité de la représentation de l’expertise, dans le cadre de l’organisation de table-rondes, de rencontres etc. notamment au regard de la participation à ces rencontres (téléchargez un exemple de tableau de suivi) ;
  • observation des montants et du nombre des parts de co-productions allouées ;

Le spectacle vivant peut-il s’exempter des stéréotypes liés au genre ? 

Le choix de répertoires reste clairement une question artistique mais il est aussi influencé par les contraintes (financières, d’équilibre esthétique etc) On peut également accorder une attention spécifique à la représentation des sexes parmi les acteurs employés, posant ainsi un choix conscient d’utiliser tous les acteurs et leurs talents de la manière la plus équilibrée possible.

Quels rôles de femmes au théâtre ? Combien de rôles féminins sont définis de manière indépendante et non par rapport à un rôle masculin (femme, fille, mère ou maîtresse de…) ? Les personnages « neutres » (postiers, médecins, enseignants, etc.) sont-ils répartis de façon équitable entre les acteurs masculins et féminins ? Dans quelle mesure les représentations d’hommes et de femmes renforcent-elles les stéréotypes liés au genre ?

  • observation des auteurs ;
  • observation des distributions ;

« le théâtre est un art de la convention et le fait de distribuer des hommes dans les rôles masculins et des femmes dans les rôles féminins est une pratique relativement récente, historiquement et géographiquement située. L’assignation ainsi faite aux femmes d’incarner le féminin, aux hommes le masculin, procède d’une vision essentialiste et différentialiste aujourd’hui contestée. Il revient au théâtre de questionner cette convention, d’interroger des systèmes de représentation qui n’ont pas encore pris en compte l’évolution de nos sociétés sur les questions de genre. Ce à quoi la danse déjà s’emploie » – Reine Prat

 

Autres outils

Le Syndicat suédois des acteurs (Syndicat du théâtre, des artistes et des médias – Teaterförbundet)  a élaboré une Gender Equality Checklist comportant des questions sur la manière de garantir l’égalité des genres dans tous les aspects liés au travail dans le secteur du spectacle vivant, depuis la planification des répétitions jusqu’aux méthodes de travail, en passant par la distribution des rôles, les costumes, le maquillage, le marketing, etc.

 

La communication

Dans le cadre de sa communication interne comme externe, le SYNDEAC recommande à ses adhérents la féminisation systématique des titres des fonctions quand elles sont exercées par des femmes, conformément à la nomenclature de la CCNEAC. Pour reprendre la citation employée par Cécile Hamon dans son rapport (p.13) « la néologie est dissonante quand elle est dérangeante » (Bernard Cerquiglini, professeur de linguistique à l’université Paris VII).

 

Les noms masculins terminant à l’écrit par un « e » muet ont un masculin et un féminin identique  :  une comptable.

Les noms masculins terminant par une autre voyelle ont un féminin en e : une chargée de production.

Les noms masculins terminant par une consonne, à l’exception des noms terminant en « -eur » ont un féminin identique au masculin (une médecin) ou un féminin en -e, avec éventuellement le doublement d’une consonne ou l’emploi d’un accent : une artificière, une comédienne.

Les noms masculins terminant en « -teur » ont un féminin :

– en -teuse quand le t appartient au verbe de base : une metteuse en scène, une conteuse, une danseuse ;

– en -trice quand le t appartient au verbe de base :  une directrice, une actrice, une productrice.

Les noms masculins dont le verbe est identifiable terminant en « -eur » ont un féminin en « -euse » : une régisseuse.

Si le verbe de base n’est pas reconnaissable, le masculin et le féminin sont identiques, selon l’académie. Cependant, on peut user de la forme récente (ex. une professeure).

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