Egalité entre les Femmes et les Hommes dans les arts et la culture : où en sommes-nous ?

gender-1674893_1280Le SYNDEAC s’est emparé de la question de l’égalité Hommes-Femmes il y a déjà plusieurs années et a intégré dans ses statuts la parité du Conseil national dès 2012.  

 

En mars 2016, suite à la proposition de Cécile Hamon, chargée d’une mission sur l’égalité Hommes-Femmes dans le spectacle vivant auprès du ministère de la Culture, un chantier s’ouvre visant à identifier les inégalités entre femmes et hommes dans de nombreux aspects de leur vie professionnelle :

  • Disparités de carrière, inégalités du nombre de directions confiées et de l’importance économique des établissements ;
  • Inégalités de salaires, et relative non mixité de plusieurs filières de métiers ;
  • Inégalités des moyens de production alloués (en particulier montant des conventionnement compagnies) ;
  • Inégalités de programmations (nombre de créations, nombre de représentations, jauges des salles) ;
  • Inégalités dans l’exercice de la parentalité ;

 

Le ministère s’empare dès l’été 2016 de plusieurs mesures concrètes portées par le SYNDEAC

  • L’adaptation aux CDDU de la prise en charge de la garde d’enfants dans le cadre de la Prestation d’accueil du jeune enfant (Paje) par le biais du fonds pour l’emploi – mesure annoncée par la ministre le 19 septembre 2016 dans le cadre du FONPEPS.
  • La prise en compte du congé maternité, paternité, d’adoption dans le conventionnement (allongement de la durée) – actuellement à l’étude à la DGCA
  • L’inscription dans les décrets concernés, de la nécessité d’assurer l’égalité de traitement des candidats et concourir à une représentation paritaire des femmes et des hommes lors procédure de sélection des candidats à la direction d’un établissement subventionné est acquise – décrets à paraître.

 

Le SYNDEAC demande au ministère de la Culture que s’ouvre une mission d’observation permanente sur cette question, la transparence des données et la mise en place d’indicateurs précis nécessaires pour établir des comparatifs des moyens confiés aux compagnies et aux lieux, ainsi que l’établissement d’objectifs précis en matière d’équilibrage en termes de moyens financiers alloués à la production, de nominations, de programmation.

 

L’observation en interne de nos pratiques est le meilleur levier de changement de représentations parfois intériorisées

Cependant, le travail du syndicat en faveur de la résolution des inégalités entre les femmes et les hommes ne peut se limiter à l’énumération de préconisations en direction de l’Etat. L’intégration de cet enjeu par le réseau des professionnels et dans ses pratiques est un élément clé de l’égalité Hommes/Femmes.

 

Le partage de ces outils d’observation, plus opérant qu’un contrôle a posteriori, était l’objet d’une réunion interne lors des journées du SYNDEAC à Avignon en Juillet 2016.

 

Auprès de ses adhérents, le SYNDEAC a pu observer des pratiques pouvant être rapidement mises en œuvre dans nos structures :

  • L’observation et l’astreinte à la parité dans les rendez-vous préliminaires à la programmation. En effet, on constate que le déséquilibre observé en termes de moyens de production a un impact sur les possibilités d’être vus par les programmateurs ;
  • L’observation et la mise en place d’une réflexion au sein de nos entreprises sur le rééquilibrage nécessaire concernant les inégalités salariales entre hommes et femmes. Ces inégalités sont rarement identifiées car dissimulées par des écarts de salaires entre les filières d’emploi qui ne sont pas toujours justifiés par la pénibilité, de plus en plus souvent équivalente entre filières ;
  • L’observation et l’équilibrage des recrutements au sein des structures et de la non mixité de certaines filières. Il est par exemple possible pour un établissement d’équilibrer la parité des équipes techniques en fonction de la composition de l’équipe reçue, par le recrutement des intermittent(e)s.

 

Auprès de la Branche, le SYNDEAC souhaite mettre en route un travail de négociation de nouveaux indicateurs H/F dans le rapport de Branche, ainsi qu’une réflexion sur les parcours de formation et les mobilités dans les filières « féminisées».

Par ailleurs, les données du secteur du spectacle vivant seront croisées avec celles disponibles dans le secteur des arts plastiques subventionnés, en relation avec le CIPAC, afin de percevoir les enjeux de l’ensemble du secteur de la création artistique.

 

Enfin en interne, le SYNDEAC observe la participation aux réunions organisées mais aussi de la représentation féminine de l’expertise :

  • 5 ans après la mise en place de la parité au Conseil national, on constate une moyenne de 42% de participation féminine lors des conseils nationaux et conseils nationaux élargis. La parité n’est pas tout à fait atteinte en raison du faible nombre de femmes déléguées en région ;
  • Lors des commissions 2015-2016, nous observons 54% de participation féminine ;
  • Pendant les journées d’Avignon 2016, les femmes représentaient 60 % des participants mais seulement 38% des intervenants en tribune : il est donc nécessaire de travailler davantage à une meilleure représentation de l’expertise féminine lors de nos interventions.

 

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